Cabinet de M. le comte Sclopis
2. Montesquieu, lettres du 8 octobre 1750 et 8 avril 1752, avec les notes jointes de Guasco.
292 CHAPITRE XXIf.
j'avoue que des explications dans une édition suivante ne devraient pas empêcher la condamnation des premières; mais ici ce n'est point du tout le cas : il est question de quelques termes qui, dans certains pays, ne paraissent pas assez modérés, ou que des gens simples regardent comme équivoques. Dans ce cas, je disque des modifications ou des éclaircissements dans une édition suivante et dans une apologie, déjà faite, suffisent...
Cependant la Défense de FEsprit des Lois avait paru au mois d'avril 1750*. La Congrégation eût en décembre une nouvelle séance qui devait être décisive. La minorité disait que l'assemblée du clergé de France avait refusé de condamner le livre de Montesquieu, que la Sorbonne allait l'absoudre et que l'auteur adhérait aux objections. La majorité demandait la censure de la première édition et de la traduction italienne faite à Naples. Par bonheur, le cardinal Quirini, préfet de la Congrégation et le plus important des prélats romains, dit qu'il avait été satisfait de la Défense de I'Esprit des Lois. Et sur les instances du duc de Nivernais, Benoît XIV défendit à la Congrégation de statuer*
Le souverain pontife était de l'école de saint Vincent de Lérins : In certis veritas^ in dubiis libertas^ in omnibus caritas. Il confirma la bulle Unigeniius, et il accepta de Voltaire la dédicace de Mahomet. Son mot le plus fréquent était : « Sachez que le pape n'a la main libre que pour les bénédictions. » Même il
4. Les Nouvelles eccléiiasdques des 2t avril et l*^' mai 1750.