Duc de Nivernais. Œuvres posthumes, 2 vol. in
triote et devancier. Voici du moins ce que Montaigne ' nous raconte dans son curieux Voyage en Italie :
Ce jour, au soir, me furent rendus mes JEssazs, cMliés selon l'opinion des docteurs moines. Le maître du sacré palais se contentoit tant des excuses que je faisois sur chaque article d'animadversion que lui avoit laissée un frater françois, qu'il remit à ma conscience de r'habiller ce que je verrois estre de mauvais goust... (En partant) ils me prièrent de n'avoir aucun égard à la censure de mon livre, en laquelle d'autres François les avoient avertis qu'il y avoit plusieurs sottises; ajoutant qu'ils remettoient à moi-même de retrancher en mon livre, quand je le voudrois réimprimer, ce que j'y trouverois de trop licencieux et, entre autres choses, les mots de fortune,
L'afiFaire de Montesquieu eut une suite bien difiFérente. Monseigneur Aimaldi, nommé au mois d'avril 1751, mit presque une année avant de déposer son rapport. Attendait-il des éclaircissements qui n'arrivèrent pas ou qui parurent insuffisants ? fl y eut une nouvelle édition du chef-d'œuvre, mais elle ne contenait pas de corrections sérieuses.
Alors la Congrégation rendit un décret de censure, daté du 2 mars 1782 ^, contre les deux ouvrages intitulés : l'un a de V Esprit des Loix, ou du Rapport que « les loix doivent avoir avec la constitution de chaque « gouvernement, les mœurs, le climat, la religion, le « commerce, etc. ; » et l'autre « Spiriti délie Leggiy
t. Montaigne, Voijage en Italie,
2. Index librorum pohibitoram, Mechliniae, Hanicq, 1838, in- 12