L'ESPRIT DES LOIS CONDAMNÉ
c tradotto del francese in toscano, con alcune noté dei c traduttori. » C'étaient la première édition de V Esprit des Lois et sa traduction en italien, avant les corrections de l'auteur.
Du reste les canonistes sont formels et unanimes : il n'y a aucun déshonneur à avoir un livre condamné par la congrégation de Y Index. Seulement l'écrivain frappé doit accepter de cœur et d'esprit cette censure, comme on accueille un blâme de la part d'une personne autorisée et plus éclairée que soi.
Les Encyclopédistes riaient de ce tribunal et faisaient trophée d'obtenir ses arrêts, dépourvus de sanction pénale.
La conduite de Montesquieu pendant ce procès avait été pleine de déférence et de soumission envers l'Église. En échange le décret de Y Index fut, pour ainsi dire, gardé secret, à ce point même qu'aucun de ses contemporains n'en parle, et que l'homme * qui connaissait le mieux le dix-huitième siècle en niait encore l'existence en 1857.
Depuis cette sentence jusqu'à la mort de Montesquieu, qui n'eut lieu que trois ans après, il ne parut plus d'Esprit des Lois. A qui la faute ? aux libraires, au public, aux événements ou à l'auteur ?
Cependant les veiUes que lui avaient coûtées son ouvrage ; la correspondance qu'exigeaient de lui ses admirateurs, ses critiques et ses juges, les soupers et
1. Sainte-Beuve, Le duc de Nivernais ; Causeries du lundi, t. XIII.
la ooDvenatioD, FaTaienl beaucoup fiaigné. La perte presque OMii^ète de la Tue l'avait aussi très-vieilli, qumqn'il dit gaiement : v Je sais être aveugle '. > Il qirouYait le besoin de se fixer définitiveiiiâit à la cairyagne.
9f êtrd CkaiaJÊM^ aettioeiT. 1711
Pèlerinages des étrangers à La Brède. ~- Ëduoatîon de Latapie. — Retour de Montesquieu à Paris: La Beaumelle tiré de la Bastille; Piron; madame de Pompadour ; Buffon. — Eloge de Montesquieu par Suard ; dernières paroles de Montesquieu à ses disciples.
Peu à peu les critiques contre Montesquieu s'apaisèrent en France et à l'étranger. On vit bien encore quelques écrivains, tels que Holberg, Cataneo, Pecquet et Forbonnais, s'occuper de YEsprit des Lois, mais c'était moins pour le critiquer que pour le vulgariser.
Après le succès de l'ouvrage, il y eut celui de l'auteur. Ce furent les poètes qui, bien entendu, se mirent d'abord à lui adresser leurs hommages dans le Mercure de France^ ou directement. Montesquieu, grâce au goût des salons du temps et peut-être par rivalité contre Voltaire, était un peu atteint de métromanie, si j'en juge par quelques pièces heureusement inédites. Il a dû, selon la mode du temps, répondre à ses enthousiastes en vers qui n'ajouteraient certainement rien à sa gloire si on les publiait.