‹ Histoire de MontesquieuChapitre 230 sur 274 · Pensées diverses · texte numérisé non relu

Pensées diverses

sévère et son accent humain. V Esprit des Lois même renferme quelquefois du badinage, au lieu de raisonnement. La faute en est à la bonne humeur de Montesquieu et à son tempérament, qui lui faisaient voir les choses du côté gai. C'était aussi une nécessité du temps et un moyen de faire accepter des vérités à un public frivole. Néanmoins, il y a dans cet ouvrage, des cris d'indignation contre le despotisme, la traite des nègres et les fortunes faites par les traitants sur le peuple. Rien n'est plus élevé que ses paroles sur la philosophie stoïque, l'amour de la patrie, les avantages de la vie sociale et l'utilité de la reUgion chrétienne.

Du reste il s'est trahi dans une lettre à Guasco ^ : a Vos recherches vous feront lire des savants, et un trait de galanterie vous fera lire de ceux qui ne le sont pas. » Ce mélange de tons était si bien une habileté d'écrivain et un moyen de plaire, que dans la Grandeur des Romains, il est resté sérieux, sachant que ceux qui aiment l'histoire n'ont pas besoin d'être amusés. C'est à eux qu'il a dit (chap. xvi) :

On sent en soi-même un plaisir secret lorsqu'on parle de cet empereur (Marc-Aurèle). On ne peut lire sa vie sans une espèce d'attendrissement : tel est refîet qu'elle produit, qu'on a meilleure opinion de soi-même, parce qu'on a meilleure opinion des hommes.

> M. Guizot ^ à fort bien remarqué quelle influence

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