CORRECTIONS DE SES OUVRAGES
malade, Montesquieu vola chez lui, le pressa vivement d'appeler un confesseur ; et l'ayant persuadé, il courut à minuit lui en chercher un. La confession achevée, il ne consentit qu'avec peine qu'on difTérât jusqu'au jour à lui administrer la Communion.
On sait* qu'à sa mort, Montesquieu préparait une nouvelle édition des Lettres persanes , et qu'il en donna le manuscrit, hélas ! perdu, à mesdames d'Aiguillon et Dupré de Saint-Maur, en leur disant : « Consultez avec mes amis et décidez si ceci doit paraître. » Une tradition a été recueillie dans le Comminges et rendue vraisemblable par M. le sénateur Sacase' : Montesquieu, dit-on, avait commencé à corriger son livre en 1752, à l'abbaye de Nizor, où les pieux solitaires, qu'il avait plaisantes avant de les connaître, l'avaient sinon converti tout à fait, au moins décidé à prendre cette grave et généreuse résolution.
Ce qui est plus précieux, il venait de remettre aux libraires une édition corrigée de V Esprit des Lois qui devait paraître en 1757. On y trouve des changements dont quelques-uns étaient d'admirables modifications de style et dont la plus grande partie donnait satisfaction à l'autorité rehgieuse '.
1. Collé, Journai, 10 fé?rier 1755; — Bernadau, Tableau de Bordeaux, 1810, iD-12; — Lettre de madame d'Aiguillon dans VÉloçe de Montesquieu par Maupertuis.