‹ Histoire de MontesquieuChapitre 249 sur 274 · MONTESQUIEU PENDANT LA CONVENTION · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU PENDANT LA CONVENTION

bre 1792.) La parti le plus brillant ' qui, comme tçus les partis, après avoir fait de Topposition avec les doctrines démocratiques, gouvernait avec les doctrines monarchiques, savait par cœur ï Esprit des Lois, mais . s'en montrait le disciple républicain. Les ennemis de Vergniaud lui reprochaient ses lectures de Montesquieu. Buzot le cite souvent dans ses mémoires, et on en trouva un volume dans la cave où les Girondins s'étaient réfugiés pour échapper à la proscription : ils l'invoquaient, en s'écriant contre la France qu'elle avait mérité ses malheurs, puisqu'elle avait oublié ou dédaigné ses leçons ^.

Pendant le règne de la Convention (du 21 septembre 1792 au 26 octobre 1793), le fils de MontesquieuS déclaré suspect à quatre-vingts ans, est jeté vingt-sept jours dans un cachot de Bordeaux et gardé à vue chez lui. Tous ses revenus sont arrêtés et ses biens séquestrés. Il est réduit au plus horrible dénùment et les manuscrits de son père sont profanés. A la tribune, Saint- Just parle sans cesse du système de la vertu répubUcaine, et Robespierre parodie Montesquieu, en disant: « Le principe du gouvernement démocratique c'est la

1. \iïie\, Charlotte Corday et tes Girond'mx^ Z vol, in-8, 1864- 1872 ; — ejusdem, Vergniaud^ 2 vol. in-8.

2. Pendant 1* Assemblée législative, le petit-ûls de Montesquieu émigra.

3. Le Républicain françaity Dructidor an 111, p. 4173. A cette nouvelle, le petit-ûls de Montesquieu prit du service sous le comte de Puisaye et débarqua à Quiberon, où il fut du petit nombre de ceux qui échappèrent à la mort.

a vertu, et son moyen, pendant qu'il s'établit, c'est la « Terreur '. » Du reste, les Jacobins le traitent de robin, d'aristocrate, d'imbécile et d'enfant en législation. C'est l'honneur de ce g^rand esprit que sa voix calme et modérée ne peut être entendue ni pendant la dicta-, ture du peuple ni pendant celle des despotes.

Quand la Constitution de l'an m (26 octobre 1795) confia le gouvernement à un directoire, assisté de deux conseils, Montesquieu redevint à la mode. Sa fille ^, à Ageû, dans une fête officielle, fut mise « au nombre des vieillards dont l'âge et les vertus devaient être offerts à la vénération publique. » En quatre ans, il parut quatre éditions de ses œuvres ; une même, imprimée in-folio, ornée de vignettes, enrichie de morceaux inédits, fut présentée ^ aux deux Chambres, qui l'acceptèrent avec respect. Même Pasr toretaux Cinq cents et Goupil de Prefeln aux Anciens, proposèrent de lui rendre les honneurs du Panthéon.

Sous le Consulat (1799-1804), la vogue se prolongea, mais enMécroissant. Chateaubriand invoqua l'autorité de Montesquieu dans le Géîue du Christianisme^ et La Harpe lut encore au Lycée une dissertation sur

t. Le ^février 1794.

2. Décade philosophique^ aD V, n(> 2, mercredi 11 octobre t797i p. 114. — La Gazette nationale du 26 ventôse an VllI dit qu^elIe mourut à Agen le 8 ventôse an VIII, à 73 ans. Son fils meurt en 179'C à Bordeaux, et son petit-fils propose au Directoire les manuscrits de son grand^père pour obtenir la levée du séquestre qui pesait sur La Brède.

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