LES ÉDITIONS ORIGINALES DE MONTESQUIEU
Les éditions originales de Montesquieu ont été l'objet de beaucoup d'erreurs; pour ma part surtout, j'en ai commis sous l'anonyme, sous un pseudonyme et sous inon nom.
Des recherches et des acquisitions nouvelles viennent sans doute de me permettre de les réparer. Je m'empresse de puplier ce que je crois la vérité ; mais après l'avoir fait précéder, et pour cause, de quelques observations qui aideront à la recevoir.
Il y a plusieurs manières de faire des corrections à un livre imprimé : les principales sont d'y mettre des errata ou des cartons.
Les errata sont les relevés des fautes typographiques, échappées au prote : ils se placent au commencement ou à la fin des ouvrages; et, en général, ils émanent de l'auteur.
Les cartons, comme on l'a vu plus haut, sont des feuillets substitués à d'autres qui contenaient des phrases ou des mots désagréables au gouvernement. Les cartons sont visibles quand l'imprimeur a remplacé un feuillet par un autre, de façon à ce qu'il ait l'air monté sur onglet. Il sont faciles à reconnaître lorsque, en remplaçant les deux feuillets sur l'un desquels se trouvait une correction à faire, on a ajouté une astérisque à la signature. Faute de cette formalité les cartons sont presque impossibles à voir.
La présence de cartons dans un livre indique, d'ordinaire,
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' qu'il a été soumis à la censure et qu'elle a exigé des change-
ments avant de le laisser paraitre. C'est l'indice fréquent d'une édition originale.
Il peut se faire pourtant qu'une seconde étition (ou du moins le second tirage d'une première édition) ait plus de cartons que le premier. Le motif est que les uns représentent les exigences de la censure et les autres les errata absents.