‹ Histoire de MontesquieuChapitre 42 sur 274 · Éloge historique de M. de Montesquieu, infra · texte numérisé non relu

Éloge historique de M. de Montesquieu, infra

SES SUCCES8EDRS. 39

On a remarqué ^ que, depuis i 749, les cours portèrent dans leurs remontrances une théorie de droit public plus élevée que celle dont jusque-là elles s'étaient prévalues. Le fait a été attribué à la lecture de Y Esprit des lois. Ce livre dit en effet :

« Que serait devenue la plus belle monarchie du a monde, si les magistrats, parleurs lenteurs, par leurs ii plaintes, par leurs prières, n'avaient arrêté le cours a des vertus mêmes de ses rois, lorsque ces monar- « chies,'ne consultant que leur grande âme, auraient * voulu récompenser sans mesure des services rendus a avecuncourage'etunefidélitéaussi sans mesure^. 9

Mais il n^a pas un mot en faveur des prétentions politiques de ces corps.

Quelques historiens ont supposé que Montesquieu aurait suivi ses anciens collègues dans leur opposition contre le chancelier Maupeou et même dans la demande des États-généraux, parce qu'il a écrit : a Gomme dans tout État libre, tout homme qui est « censé avoir une âme libre, doit être gouverné par « lui-même... il faut que le peuple fasse par ses re- « présentants tout ce qu'il ne peut pas faire par lui- « même '. » En 1771 et en 1788, les parlements étaient bien changés. D'abord, ils avaient secondé

1. Gamoin de Vence, Magistrature française, m- 8. Paris, 1862; — Alf. Maury, les Parlements au dix-huitième siècle (Revue des cours publics, 1867); — Lacretelle, Histoire du dix-huitième siècle, 1812, 3« édit.,t.lll, p. 128.

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