REÇU A L'ACADEMIB DB BORDEAUX
ranatomie, ragriculture, rastronomie/ la météorologie; on Tit surtout se multiplier les herbiers, les eollections d'insectes, d'oiseaux, de minéraux et les cabinets de physique.
C'était à la fin de 171 S, le dix-septième siècle venait de disparaître et le dix-huitième de se lever. Louis XIY avait encouragé les lettres eties arts de l'imagination; selon l'usage, la protection de son successeur fût ac- ^se aux sciences et aux essais de la raison. Le duc d'Orléans était un prince fort inteUigent et d'un esprit très-dé veloppé, que l'ennui de la vieille cour avait jeté dans les curiosités de l'aldfaimie ' et que la révocation de l'Édit de Namtes avait rendu irréligieux. Aussi, comme les savants de son temps, aspirait-il à deviner les causes plut6t qu'à observer les faits, et son désir de connaître les phénomènes de la nature n'était-il que l'espoir piquant de démentir la Bible.
Bientôt les connaissances pratiques ne tardèrent pas à l'emporter dans l'Académie de Bordeaux. C'est alors que Labrède, qui devait bientôt s'appeler Montesquieu demanda à y entrer. Ses titres étaient sa réputation de travailleur et son désir d'embrasser l'histoire naturelle, civile et poUtique.
Admis le 3 avril 1716, et reçu le T' mai, il fût installé le 18 du même mois. Peu de membres furent aussi dévoués, aussi assidus^; aucun ne fut plus distingué. 11
1. Il avait, tant qaMl avait pu, cherché avoir le diable, dit Saint- Simon, Mémoires, 1707.
2. Actes de T Académie de Bordeaux, 1 8 3S.— ArchivjBide la Gironde.
fonda d'abord pour sabien venue, unprixd'anatomie, accompagné d'une médaille qui porte d'un côté ses armes, avec ces mots : C. L. Secondât de Montes-quteUf senattis Burdigalensis^ prœses infulatus a secre-^ tis officiarius. Plus tard c'est une collection d'objets de physique qu'il donne, et en 1723, une action de la Compagnie des Indes. Les intérêts de l'Âcadé-ï mie le préoccupaient sans cesse. Vous le verrez y pensant à Bordeaux, à Paris, à Versailles, en voyage, présentant de nouveaux membres, attirant des érudits étrangers par une place de bibliothécaire, comme l'abbé VenutiS lui cherchant un protecteur, comme le cardinal de Polignac^, soutenant ses procès contre tous, forçant enfin ses collègues à s'épargner le plus possible les uns les autres. Une lettre inédite' du 17 décembre 1754 nous donne son programme à ce sujet : c ... Dans, le fond, les Académies sont instituées « comme une alliance entre les gens de lettres et « peut-être comme le temple de la paix. Il n'y en a « jamais eu aucune qui ait permis que, dans ses mén moires, quelque chose pût offenser quelqu'un de « ses membres. En effet, dans ce cas l'Académie se « déchirerait elle-même et serait continuellement juge « et partie dans mille procès, et il serait absolument .< impossible qu'un tel corps pût subsister. On ne peut « pas dire que cela décourage la critique ; si un cri-
1« En 1789.