LE TEMPLE DS ONIDE
de vertu. » Rien ne favorise plus la naissance d'une nouvelle passion que la fatigue d'une ancienne; la naïade de Natier semble avoir fait la galante avec Montesquieu.
L'amour ' est le même dans tous les temps, mais les moyens de plaire changent avec les époques. La mode en ce genre venait alors de la petite cour de Sceaux, avec ses fêtes galantes, pastorales et mythologiques, inspirées par Fontenelle, Saint-Aulaire et Lamotte. Chose remarquable : les littératures en décadence se plaisent aux idylles, comme les palais blasés recherchent les fruits verts. Le livre qui avait eu le plus de succès^ dans la haute société, était Daphnis et Chloéy enrichi par le Régent, de vignettes dignes de son règne.
Montesquieu fît donc le Temple de Gnide pour mademoiselle de Clermont', et le lut à sa société.
« Le dessein du poème, dit la préface, est de faire « voir que nous sommes heureux par les sentiments « du cœur et non pas par les plaisirs des sens. » L'ouvrage représente l'amour des champs opposé à celui des villes. Aristée et sa bergère. Antiloque et son amante, après être partis du temple de Vénus, avoir traversé l'antre de Jalousie et s'être cdmés à l'autel de Bacchus, arrivent à des buts différents. Chez le premier couple, le penchant de la nature l'emporte ;