Loiiirs d'un ministre. Liège, 1787, in-8, t. II, p
4. Corresfondance de Montesquieu» Lettre du 5 décembre 17 50. Notes.
dire : « Le P. Toumeminet Qu'est-ce que le P. Tourc nemine? Je n'en ai jamais entendu parler. »
Tous ces dégoûts, ajoutés à son projet de voyager pour son grand ouvrage^ le décidèrent à accepter la chaise de poste d'un de ses amis, qui 8*en allait à Vienne.
Voyages en Allemagne » en Hongrie, en Italie, en Hollande et en Angleterre : leur influenoe. — Retour.
Montesquieu aimait inâniment les voyages et parlait avec éloquence de leur agrément et de leur utilité ' . Aussi son dernier mot était-il toujours : c II y a beau* k coup de personnes qui payent les chevaux de poste, mais il y a peu de voyageurs. ^ » Les seuls pour lui, avaient été Platon, Démocrite, Aristote ou Cicéron, s'expatriant afin d'étudier un pays étranger, le physique et le moral des habitants, leurs mœurs et leurs lois, les causes de leur grandeur ou de leur décadence, et de visiter les célébrités dont l'entretien vaut des années d'observation. C'est que son but, comme le leur, était de rectifier, par la pratique des hommes et par l'évidence des choses, les préjugés nationaux et les systèmes préconçus ,, enfin de tirer de la conq)a-> raison entre les peuples et leurs institutions des idées
1. Fr. Hardy, Memoirs oJCharlmont, 1812* 2« Correspondance y 16 juin 1745^
générales, capables de servir d'instruction aux diplomates et de méditation aux législateurs.
Une si haute théorie, mise en œuvre par un si grand génie, fait bien regretter la non-publication de son journal de voyagea
Montesquieu se mettait en route dans des conditions exceptionnelles.
Son compagnon était le comte de Waldegrave^, neveu du maréchal de Berwick, homme fort distingué, ministre plénipotentiaire qui avait été envoyé d'Angleterre en France en 1 725, et qui allait de là à Vienne, d'où il devait revenir à Versailles en 1730.
Le titre d'académicien assurait alors la considération et les avantages d'un ambassadeur ; la gloire des Lettres persanes le précédait et la bienveillance de son caractère l'accompagnait. « Quand j'ai voyagé dans « les pays étrangers, disait-il *, je m'y suis attaché « comme au mieû propre ; j'ai pris part à leur fortune, <r et j'aurais souhaité qu'ils fussent dans un état plus « florissant. »
Il ne faut pas oublier qu'il emportait beaucoup d'argent; du moins il s'est plaint* d'en avoir beaucoup dépensé ainsi ; mais c'est partout le meilleur moyen de bien voir et d'être bien vu.
Les deux amis partirent de Paris, le 5 avril 1728.