‹ Histoire de Montesquieu: sa vie et ses œuvresChapitre 17 sur 269 · SON ENFANCE · texte numérisé non relu

SON ENFANCE

vail jamais être six mois sans venir le voir avec ses échasses, fùt-il à Paris.

Pendant cette période, l'enfant ne parla que le patois : à quoi des hommes compétents attribuent les solécismes, les idiotismes et même les barbarismes qui se remarquent dans tous ses ouvrages *.

Le marquis de Mirabeau raconte : « Je disputai « même Montesquieu, et un jour que nous criions en « vrais méridionaux, il me dit, avec son accent gascon : « Que dé génie dans cette tèté-là ! et quel dommage « qu'on n'en puisse tirer que dé la fougue ^. » Telle était sa prononciation. « Et, ditd'Argenson^, il trouve « en quelque façon au-dessous de lui de s'en corri- « ger. » Il écrivit toujours Bourdeaux *, et prononçait son nom Montesquiou; aussi beaucoup * de ses contemporains le désignent-ils ainsi.

Ensuite ses parents le retirèrent au château et lui firent l'honneur de le prendre pour parrain de son frère, Charles-Louis-Joseph, le futur abbé.

1. Walckeuaer, Archives liuér, de l'Europe, t. H, 1804 ; -— M. Meyer, Etudes de critique, Paris, Didot, 1850, p. ^21 ; — Sainte- Beuve, ibid,; — Voltaire-Beuchot, Lettre du 28 novembre 1768 à Marmotitel; — J.-J. Rousseau, Lettre à Moultou, 1762; — Lettrepersnne 72.

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