‹ Histoire de Montferrand, l'athlète canadien [microforme]Chapitre 2 sur 5 · PR EE RE · texte numérisé non relu

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son reste, Cela mit fin aux fanfaronnades de plusieurs fiers-à-bras qui imitaient Collins. |

Pourtant, les amis de Collins intervinrent et une rencontre sur la grève fut décidée. C'était en 1830. A la première passe, Montferrand appliqua un vigoureux coup de poing sur l'oreille de Collins — et on erut le malheureux assommé pour jamais, Il se rétablit cependant. En 1832, le choléra lui valut la chance d'être compté un instant pour mort. Avant que @e parvenir à la Pointe à Callières, (aujourd’hui place de la Douane) où l'on jettait, dans une fosse commune creusée à cet effet, les cholériques que l’on ramassait sur la route, ce grand tapageur sauta à bas de la voiture et fit un pied-de-nez au charretier, qui resta tout stupéfait de voir Bill se sauver sans même lui payer sa promenade. Le cahotage du véhicule avait dégrisé mon homme. On le vit encore faire les cent coups durant quelques années. C'était un métis.

Parvenu au plein développement de sa croissance, Montferrand était très bien proportionné et d’un port imposant. Ses bras, longs et nerveux, descendaient jusqu'aux genoux les doigts étendus, avantage précieux qui lui per-

. mettait de tenir un antagoniste à distance. D'ailleurs, ses

bras étaient pour la force et la vigueur, hors de comparaison avec ceux d'aucun homme.

Un jour il hâla par la chaîne une chaloupe qui flottait derrière un bâtiment et l'embarqua. Il fallut cinq hommes pour ia remettre à ieau,

Un champ de combat, vaste et curieux à étudier,

c'était la vallée de l'Ottawa, de 1806 : à 1850. Montfer-

. rand l’a parcouru en dominateur et son histoire est inti- 4 mement liée à cette région du pays. De Montréal à Hull,

. distance de plus de quarante lieues, les habitations étaient clair-semées. Le commerce de bois attirait des Canadiens

et des Irlandais, ces derniers, orangistes pour la plupart

et ennemis jurés de tous ceux qui parlaient français * ou a

appartenaient à la religion catholique. Sur cette longue

ligne de communication, point de loi, dans les premiers

temps, nulle police, aucun recours à la justicé des tribu-

naux, Le droit du plus fort prévalait partout. Aussi ; 3

choisisait-on les voyageurs parmi les plus robustes ; le chef * de chaque escouade ou bande était de préférance un 4 | maître homme qui avait fait ses preuves. Montferrand se ‘1 voyait, à vingt ans, tout désigné pour de telles fonctions. Guide, de cage contremaître de chantier, il déployait, à part ses qualités d’athlète, un jugement sain, un esprit pratique et une entente des affaires de sa profession qui le

rendaient précieux à ses ‘“ bourgeois.” L’estime dont il jouissait le faisait autant rechercher que ses prouesses lui attiraient d'offres de gros salaires. En peu d'années il f devint le protecteur attitré des Canadiens de l'Ottawa. Si une bande de ses compatriotes subissait une défaite, c'était à lui de prendre la revanche. Il a parfois combiné ”

1 Le premier radeau de bois flotté descendit l’Ottawa en 1806,

? Plusieurs anciens résidants de Bytown m'assurent que la rivalité était beau. coup plus nationale que religieuse et que les Irlandais catholiques se joignaient assez 3 fréquemment aux orangistes contre nous, fi

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des plans pour surprendre les orangistes, qui feraient honneur à un général d'armée. Les meilleurs chefs canadiens se plaçaient d’un commun accord, avec leurs hommes, sous ses ordres, dans ces occasions. Le va-et-vient des travailleurs engagés par les diverses maisons de commerce qui opéraient dans ces territoires, nécessitait une stratégie et des calculs multiples afin d'éviter le danger des surprises. Le parti le plus faible était traité sans merci dans ces engagements féroces où succombaient toujours quelques hdfhmes. Les orangistes prenaient le nom de s#zxers, que personne ne peut nous expliquer. Nos gens prononçaient ‘“ chêneurs ” ou “ chaîneurs ” — ché- * neurs à cause des guet-apens qu’ils dressaient aux abords du pont de chêne, de Hull à Bytown, dit-on ; et chaîneurs parceque la plupart de ces massacreurs avaient été employés par les arpenteurs du gouvernement. Les anciens résidants d'Ottawa ne tarissent pas dans le récit des horreurs commises par les chaîneurs. Il y aurait une longue étude à faire sur ce sujet. Brûler une maison, emplumer hommes et femmes, briser les meubles, dise perser les funérailles, troubler le service divin, bâtonner les passants, tout cela entrait dans le programme des s#se aers. Chacun de ces inéfaits provoquait des représailles. La guerre subsistait en permanence. Le Bytown canadien frémit encore au souvenir de ces jours d'oppression.

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