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A partir de 1840, il n’alla plus dans les forêts audessus de Bytown. Il guidait les radeaux de bois flotté, depuis cette ville jusqu'à Québec. Un jour, près de la rivière du Nord, il laissa échapper quelques paroles assez vives contre l’un de ses hommes appelé ordinairement le grand Baptiste Dubois. Rendu à l’Abord-à-Plouffe, Dubois songea à se venger.
— Monsieur Joe, dit-il, j'aimerais à prendre une leçon de boxe selon les principes.
— C'est bon, mais il ne faudra pas te fâcher.
— Soyez certain que je ferai attention.
/ Dubois était par la taille et la force l’égal de Monty
ferrand ; il a raconté à M. J. B. Lamontagne que son intention était de frapper un bon coup, afin de donner à réfléchir à Montferrand. ‘Le coup fut tel (en pleine poitrine) que Montferrand culbuta et faillit perdre connaissance. Il se remit et marcha sur son adversaire. Dubois, | 4h étonné de cette prompte résurrection, n'eût que le temps Asurs de lui dire : à profi
—— Pas avec les pieds !: 1M{telle:
— Tiens-toi bien, grand Baptiste | :
Et dépliant son bras droit, il attira l'attention de Dubois sur la garde de gaughé, mais aussitôt le poing gauche de Montferrand s’abima sur l'oreille droite du grand Baptiste, qui n'entendit plus jamais rien de ce côté de la tête. Quand on le releva, il balbutiait :
— Ça vaut un coup de pied de cheval !
Lorsque Dubois eut amassé cinq cents piastres, il alla finir ses jours chez les Sœurs de la Longue-Pointe disant toujours aux gens qui lui parlaient de sa santé :
— Mon oreille droite est sourde. C’est une claque
‘À 1 ferra
par
de Montferrand. Il ne fendait pas la peau, mais il assom- | mait, Il frappait comme un pied de cheval. Li | #% : # *
M. Etienne Crépeau, qui vit encore, raconte que son père avait battu le célébre Letendre, de Sorel, qui conçut l'idée d’agcomplir une action d'éclat pour rétablir sa réputation compromise. Un dimanche, vers 1843, Montferrand était resté seul sur sa cage, devant Sorel, tandis que ses hommes étaient à la messe. Letendre l'aperçut et
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L s'approcha à pas de loup. Montferrand vaquait à la cam- D: lbuse. Letendre lesurprit par derrière et lui serra la gorge & l'étouffer. Néanmoins, par un effort suprême il se : / dégagea. En se relevant, ses pieds glissèrent entre deux
nor et il ne put les retirer à temps pour se retourner L. sur son adversaire qui s'était aussi relevé. Letendre en 4 Eprofita pour le renverser de nouveau, mais il redoutait M tellemer:: d'être saisi par les terribles pinces de, Mont-
! ferrand, qu'il se retira comme un fuyard.
Quelques semaines après, une personne qui passait : par la rue des Allemands, à Moñtréal, avertit Montfer- JM rand que Letendre était dans le port, racontant sa 4 | victoire. | |