MONTLUÇON AUX W^ ET XVI» SIÈCLES
Il reçut ainsi, avant le 20 mai, les députations de tout le pays : Murât Gannat, Aigueperse, Montpensier.
La duchesse douairière de Nevers, Marie d'Albret, prise & Saiat- Amand par les troupes du roi, et madame de Ciiaumont, sœur de l'amiral de France, destitué par Louis XI, s'étaient rendues auprès du roï.
On raconte qu'on se flattait d'y voir la duchesse de Bourbon. Louis XI avait même envoyé à sa sœur un exprès chargé de lui offrir un sauf-conduit, pour elle et pour ceux qui l'accompagneraient, si elle acceptait.
Celle-ci neflt pas de difficultés. Robert dé Balzac, neveu d'Antoine de Chabanne, comte de Dommartin, lieutenant-général du duc de Bourbon, à Moulins, eut missioa de conduire la duchesse h son père.
L'entrevue fut des plus amicales. La duchesse promit de taire ce qu'elle pourrait pour dissoudre la Ligue, resta la journée & Montluçon et s'en alla sous la garde de Balzac, que Louis XI avait en vain cherché de gagner à sa cause.
Le 16 mai, le roi reçut la visite du sieur de Ghaumont et de Pierre d'Amboise, venus à Montiuçon avec le duc de Nemours et le chancelier du Bourbonnais, Louis de Vernade, pour traiter de la paix.
Le duc de Nemours obtint des compensations qui sont mentionnées dans une lettre du maréchal de Gamaches au chancelier et datées de Montiuçon, 16 mai 1465. Quatre jours plus tard, le roi accordait par une autre lettre, également datée de Montiuçon, l'exemption des tailles k la ville d'Aigueperse.
Enfln, après avoir admis à baiser sa main, les bourgeois de Montiuçon, parmi lesquels Geoffroy Brictoure, Louis XI quitta la ville et reprit le chemin de sa capitale.
En 1467, les consuls firent édifier un hôpital qui est l'un des plus anciens du Bourbonnais.
Pavage des rues de la ville. — En 147!), eut lieu le pavage des principales rues de Montiuçon. Les consuls en confièrent l'exécution h Geoffroy, le même dont nous avons parlé plus haut.
Commencés au mois de juin, les travaux étaient terminés deux mois plus tard.
En 1481, mourut àMontIuçon le chfltelain d'épée du duc de Bourbon, Jean de Franchelleu ou de Monteneu.
En 1484, sur un ordre des consuls, furent entrepris les travaux de restauration du pont du Cher, qui tombait eu ruines ; ils ne furent achevés qu'en 1488.
Cette même année, mourut le l*'' avril, en son ch&teau de Moulins, à l'Age de 62 ans, le duc Jean, au moment o ii il allait se mettre à la tète de
M Histoire de Montluçon
l'armée qui devait combattre l'archiduc Maxirailien, dans sa guerre contre la France.
Inutile de dire qu'après la dissolution de la Ligue, le duc de Bourbon a'était rapproché de la cour, qui l'avait comblé de faveurs et d'honneurs.
Le duc Jean ne laissait pas d'enfants ; ce fut son frère Charles, qui lui succéda sous le nom de Charles 11. Il était archevêque de Lyon, après avoir été prieur de Notre-Dame de MontluçoD, quand il recueillit cette succession. Il ne la conserva que cinq mois et mourut & son tour à Lyon, la même année.
Il eut pour successeur son frère Pierre, déjà duc d'Auvergne, comte de Clermont, de la Marche, etc., qui, né en 1439, avait épousé Anne de France, fille de Louis XI et bien connue sous le nom d'Anne de Beaujeu.
Installation de l'horloge sur la plus haute tour du ch&teau. ~ C'est sous son administration que le Collège, qui était installé au presby* tère Notre-Dame, fut transféré dans un local de la rue Montpeyroux, et que les consuls ordonnèrent la translation de l'horloge sur la plus haute tour du château.
Pierre II avait été chargé par Louis XI de l'éducation du dauphin Charles VIII. Au moment de l'expédition d'Italie, il se retira avec Anne de Beaujeu, surnommée la grande dame, dans ses terres du Bourbonnais, à Moulins.
C'est là que furent rédigées les Coutumes du Bourhonnait, qui, commencées en 1500, ne furent terminées que 20 ans plus tard par les soins d'Anne de Beaujeu.
Le duc Pierre mourut en 1503, à l'âge de 61 ans, et fut enseveli dans l'église de Souvigny, Il laissait une (llle, Suzanne, qui, liancée d'abord au duc d'AlencoD, épousait plus tard, en mai 1505, le comte Charles de Bourbon, qui fut dans la suite le fameux connétable de Bourbon.
Ecoles de la paroisse Saint-Pierre. — La certitude historique des écoles de cette paroisse ne commence guère qu'au xv< siècle, époque à laquelle on trouve dans les archives une charte de Jean de l'EcIuze, prévdt de la prévauté du couvent de Saint- Pierre d'Evaux et prieur commandataire du prieuré de Saint-Pierre de Montluçon, datée du 8 juin 1494, nommant Fabien Pormus, maitre-ès-arts, en qualité de recteur et ainsi conçue :
a Ainsi voulant el ddsiranl que la jeunesse de notre paroisse de Saint-Pierre s de Montluçon soit instruite aux mœurs et aux sciences, en considéralion de vos
0 mérilcs, nous conférons el donnons, avec tous les droits et ddpendanccs, à vous a présent el acceptant, comme suffisant et propre à cette chaîne, en écoles de notre
1 paroisse Saint-Pierre, pour une année seulement, à quoi nous pourvoyons, mais
MONTLUgON AUX XV» ET XVI" Sll'XLES 57
< sur Ja présenUtian dca vénârabics et discrètes persoDoes Claude de Lion, Pierre a Copia e( Louis Purelle, consuls do la ville de MoïKluçoii vous investissant, etc ■,
Actes et Ordonnances
8 mars 1467. — Monseigneur te duc a donné et octroyé puissanco aux bour-
■ geois, marchans et habilaos de la ville de Montluçon, de faire prendre par leur
■ commis doresnavanl sur chacune charreclée de bois, une perche, et sur chacune « beste char^ de bois, une pièce de bois qui sera amenée pour vendre en ladite
< ville de Montluçon, et ce, pour leur aider à supporter les char^s et dispense « qu'ils ont ft supporter pour nectoyer les entrées, yssues et boullevars des quatre
■ portes de lad. ville et aussi les places publicques appelées de Nostre-Dame et de
• Sainct-Pierre, avecques les conduitciz et accoutuinens des eaux d'icelle ville.
10 décembre 1402 . — « Acte mentionnant le prix bit par les consuls Pierre « Pointe, Jean Bezard et Hugonin Clioderon, moyennant I6S H t. ■ de toute la « pierre menue, ensemble de tout le sable nécessaire i faire mortier de toute la
■ massonoerie de ta porte de Alarchion il y a cinq ou six ans environ. ».
La porte des Cordeliers avait donc été édifiée vers l'année 1457, (Archives de t'Altier, série £., YiUe de Montluçon, Parchemin.