PÉRIODE DE LA RENAISSANCE
derrière le rempart & la moïadre alerte. Il y a ea outre des ruines et quelques constructions cà et là.
En face de chacune des portes se trouvent les ébauches des faubourgs,
Le faubourg des Oirauds. — Au sud-est est celui des Girauds (Bouchers) dont la corporation devenue puissante, fut d'un grand secours pour l'établissement des Cordeliers. Ce fouboui^ se nomme aujourd'hui Gironde.
Un peu plus k l'est du faubourg de la Gironde se trouvait une inaladrerie que la charité de ces temps avait élevée à la lèpre, rejetée honteusement hors d'une société saine et bien portante.
Cette maladrerie était située presque en face de l'emplacement oti se trouve aujourd'hui le moulin Crachepeau, quartier du Diénat.
Tout au nord de ce point, bien au dessus de la ville et sur la route qui conduisait à Paris se dressait encore le fort de Ch&teau- Vieux et le clocher de sa petite abbaye.
Le mont de l'Hennitage. — En redescendant vers le fauboui^ des Girauds, on rencontrait, sur la voie reliant Néris à Montiuçon, & quelque distance de la porte des Forges, à l'intersection de la rue de Rimard et de l'avenue de Néris, un petit oratoire appelé le mont de l'Hermitage. Un saint homme s'était creusé un logis dans les flancs d'un ancien tumulus où, dès le XV* siècle, des chapelains avaient déjà élevé un oratoire ; on y remarque encore quelques vestiges et ruines.
Les anciens ponts. — Plus au sud était jeté sur le Cher le pont t Bufecié d déjà mentionné, lequel était flanqué à chaque extrémité d'une petite tour. A quelque distance en aval, sur la rive gauche de la rivière, se trouvait un moulio, celui de la Roche Noire (I) qui faisait tourner ses deux roues nourricières. Un souterrain partait du Château et débouchait en aval de ce moulin.
Sur l'emplacement du pont actuel, plusieurs fols reconstruit, qui relie le quartier neuf à la vieille cité, le moyen âge avait jeté six arches élancées. II fellait passer sur ce pont pour atteindre la Porte St-Pierre. Avant d'y arriver, on rencontrait l'ancien pont gdlo-romaio du château, dit Pont-Vieux .
Dessus, dessous, tout était vie et mouvement. Les bourgeois avaient bâti des maisons sur ses arcades, ce qui avait donné lieu & un prdcès dont Agnès leur donna quittance.
Les armuriers y avaient établi leurs foyers et leurs boutiques et mutelaient, plissaient et façonnaient les armures de nos chevaliers. Ils trempaient dans les eaux du Cher les : ■ tant renommés bracquemards de
(1) Ea amonl du lieu dénommé actuellemeut Moulin de 1& Roche.
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ta Histoire de Montluçon
Montluçon s doDt les boaoes lames, dit un écrivain de l'époque, étaient célèbres presque à l'égal des lames espagnoles de Tolède ou de Bilbao.
A la surface du pont, les balnetiers travaillent, les mendiants chantent ou s'assoient sous la croix de pierre qui décore l'entrée.
Allongé et étriqué, noyant ses extrémités dans les fentes de vieilles maisons, le pont vieux a sa chronique. Il s'agit d'une redevance de quatre deniers que les ribaudes ou femmes de mauvaise réputation étaient obligées de payer ou qu'elles remplaçaient par une monnaie qui n'avait guère cours qu'en cette ville, c'est-à-dire un soupim éclatant.
Du vieux pont Saint-Pierre on pénètre dans la ville par la porte Saint- Pierre. Cette porte, qui a soulTert d'une attaque dirigée contre son mur de front par quelque baliste en son jeu puissant, fut réparée.
L'if^ise 3t-Pierrd. — Après avoir traversé la Porle St-Pierre, apparaissait à sa gauche l'église de ce nom. De style roman, elle date des premiers siècles de la période romane. La partie haute de l'église est digne de remarque. Le chœur, le sanctuaire et l'abside, ou plutôt les absides, ne forment qu'un seul tout, nettement séparé de la nef et presque clos par des dispositions architecturales, comme un lieu réservé et interdit aux fidèles.
Deux piliers énormes, singulièrement rapprochés l'un de l'autre et surmontés d'un arc romin très étroit et qui parait un fardeau bien léger pour deux semblables athlètes ouvrent l'entrée du sanctuaire ; par derrière, deux autres piliers pareils et surmontés d'un arc roman complètent le sanctuaire en le faisint paraître fort resserré, sans doute à cause du diamètre presque monstrueux des piliers.
Un effet très curieux à signaler, c'est l'elTet de profondeur qui résulte de l'inégalité des deux arcs posés sur ces piliers. Trois ou quatre arcs cintrés placés à la suite l'un de l'autre font croire qu'ils sont en succession infinie, tant le lointain obtenu est profond. Ce qui complète l'impression de mystère de ce sancluaire c'est l'obscurité qui y règne, la lumière n'y pénétrant que par deux chapelles absidiales placées aux deux côtés de l'autel et que l'on ne découvre qu'après avoir franchi les piliers.
Celte église avait également un prieuré. 11 était à la collation des religieux de Sainte-Geneviève d'Evaux.
Tout autour de l'église régnait une chaîne de médaillons qui soutenait la corniche. En montant la rue que nous appelons la Fontaine, se trouve l'église Notre-Dame dont nous avons parlé précédemment et à côté de laquelle existait un cimetière.
Un peu plus bas que celte église, se trouvait l'ancien atelier monétaire des Seigneura de Montluçon. Son toit était surmonté d'une petite croix qui s'élevait au-dessus des maisons voisines.
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L'hôtel de Hessire Qaiohard. — Non loin de là, au Midi etaupied mèrae du fort apparaissait le superbe hdtel de Messire Guicbard de la Garde, chevalier, seigneur de Puyvelat et autreslieux. Cethdtels'éteodait de la Porte des Forges à celle du Château (1), C'était la plus vaste maisoo de la cité. La tëodalité y trouvait toute sou ordonnance et ses serviteurs.
Un peu à l'Est, on apercevait la coilTure imbriquée du grenier d'abondance, non loin de la maison de charité. Ce grenier était confié & une petite garnison qui l'habitait.
Les ancienneB rues. — Les rues delà villeélaientétroites, tortueuses et ravinées par les pluies. Au dessus, de longs toits noirs se demandant un mutuel appui et se penchant les uns sur les autres.
Les noms les plus bizarres désignaient les rues. La nature maligne du peuple en avait fait uo choix et rappelait sans doute quelque vieille histoire. Il y avait les rues de Ha, ha ! du Poêlon, des Soupirs, du Pet en l'air, du Pied coupé, etc.
Laplupartdes maisons possédaient un petit auventsouslequels'abritait un banc de pierre ob la fomille venait s'ébattre, le pauvre, le pèlerin ou le soldat de passage demander la charité ou la soupe du voyageur.
Les costumes. — Quelques mots sur les costumes à cette époque.
i" Costume féminin. — Lesfemmes passaient dessus une légère tunique courte, sans manches, la futsine ou blanchet, selon qu'elle était faite de laine ou de drap blanc Pendant la mauvaise saison, on la remplaçait par la pelisse fourrée. Puis venait la cotte, robe longue et ample, sur laquelle on plaçait le surent, qui était recouvert, pour les femmes nobles, des armoiries. La jupe traînante comportait une ceinture dont l'extrémité retomt>ait par devant. On suspendait de riches aumànières&cetteceinture qui servait à l'étalage du plus grand luxe. La toilette féminine était rehaussée par des bagues, des brillants, des bijoux. Unebroche,incru3tée de pierreries, ferme la fente de l'encolure du surcot. Le cou reçoit un collier ; des bracelets entourent les poignets. Pour compléter l'habillement de corps, les femmes revêtaient parfois une sorte dechape. Les bords sont alors retenus par un cordon que la dame tient d'une main, et dont les extrémités se trouvent arrêtées dans l'étoffe par une pièce d'orfèvrerie. La chape était doublée de fourrures.
Pour la coiffure, tantôt les cheveux sont relevés en un gros chignon derrière la tète, tantôt séparés en deux chignons. Les cheveux sont pris dans une résille, appelée crépine. On la fixait à la coifle au moyen d'ua tressoir enrichi parfois de perles, de rubis et d'émeraudes.
Quant aux jeunes filles, leurs cheveux flottaient sur leurs épaules
(!) Quartier de la Ciraude-Rue.
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^Période de la Renaissance 67
jusqu'à leur mariage. On posait sur la chevelure une petite toque ou mortier qui prenait toutes les formes et on la recouvrait de fleurs naturelles etaussi d'un diadèmeformé de plaques d'or.IiyavaitaussilacoiiTure devillejonlanommait couvre-chef. Parfois, elle s'employait avecla toque.
Dansle veuvage, on employait la guimpe. Pendant la pluie, on mettait un chapeau. Ln chaussure était la mfime que celle dont se servait les hommes.
Habillement des hommes. — hea vêtements étaient à peu près les mêmes : chemise blanche ou futaioe, cotte, aurcot, chape, cotardie, souvent crépuis pour retenir les cheveux et tressoirs d'orfèvrerie, chapeau de soie, parfois des fleurs, chapeau d'or, chaperon. Le tout est pareil et comme les hommes sont rasés, la ressemblance entre les deux sexes se trouvait assez complète dans les sceaux et mouvements pour embarrasser les archéoli^ues. Cependant, pour les hommes, l'habit est plus court que pour les femmes, surtout pour les cavaliers.
On trouve dans le costume des hommes, des brayes ou laiges caleçons flottants et très courts, attachés à la taille par un cordon. Les bas ou chausses étaient collantes et de couleur éclatante, quelquefois garnies de semelles ou prises dans la chaussure. Celle-ci consistait en un soulier découvert d'empeigne, pointu, avec un quartier élevé et garni de chaque cdté d'oreillettes qui s'attachaient sur le cou-de-pied. Les cavaliers portaient des estivaux, espèce de brodequins.
Pour la coifiure, les hommes avaient la toque. Quelquefois ils mettaient sous la coiffe un bonnet aux bords retroussés, ce bonnet était de feutre, de coton ou de poil, suivant la saison. C'est également sur la coiffe que reposait le capuchon de mailles des gens d'armes.
Costume de gtterre. — La principale pièce était une tunique de mailles descendant au genou. Une courroie la serrait à la taille. La jupe était fendue jusqu'à la ceinture. Les manches se terminaient en une poche enveloppant les doigts, le pouce restait isolé. La cerveliëre servait k protéger le crâne. Le cou était défendu par la gorgerette ou cravate en mailles cousues sur une étoffe. Chausses et chaussures de mailles. Tout ce réseau de mailles constituait le grand haubert, il se passait sur le justaucorps à manches rembourrées. Par dessus le grand haubert, se plaçait la cotte d'armes, tunique de toile ou de soie.