chapitre xii Démolition des Portels des Cordeliers
ET DE BRETONNI
Dotation de Rosières
Effondrement de la porte des Cordeliers. — Dotation de deux rosiàres. — Reoonstruotion du pont sur le Cher. — Le budget de la TîUe. — Elections diverses. — Impôt du don gratuit. — Tremblement de terre. — H6tel-Dieu. — Elections et nomina> tions diverses. — FontalneB publiques. — Droit de maille. — La première caserne. — La première élection des Notables. — Démolition d'une galerie du ohâteau, — Nomination du maire. ~ Les boulangers demandent la diminution du droit de maille. — L'hiver de 1767. — Traitement et attributions du principal du collège. — Le premier gouverneur de Montiuçon. — Le droit de quart-fmlt ou u des Carpots ». — L'horloge du Chftteau. — Répartition du droit de blairie et protestation du Conseil de ville. — Démolition de la porte de Bretonni. — Curieuse répartition de l'impôt de don gratuit. — Refus des boulangers de payer le droit de maille. — Le fermier des droits sur les vins intente un procès aux habitants de Montiuçon. — Condamnation d'un montluçonnaîs pour délit de péohe dans le Cher. — Protestation des habitants. — Autres actes du XVIIIo siècle.
Effondrement de la porte des Cordeliers. — L'aanée 1751 vit s'eflondrer le poot de l'aDcieuDe porte Marchio, nommée alors porte des Cordeliers ; une partie des mura voisins s'abattit également. Le fossé se trouva de ce fait comblé et une entrée libre dans la ville subsista depuis & cet eadrolt.
Dotation de deux rosières. — Le sept février 1752, les conseillers de ville, pour participer à la joie publique de la naissance de Me le duc de Bourgogne, furent d'avis de doter deux filles des plus pauvres de la ville, à la condition qu'elles se marieraient.
Les deux rosières devaient élre Dées&Montluconetyètre domiciliées.
Démolition des Portes des Gordeuers et de Bretonni 113
A chacune d'elles on donnait une somme de 50 livres et celle de 10 livres pour leurs frais de noces.
Les deux premières rosières furent : Marie Dessalle, âgâe de 23 ans, qui épousa, trois jours plus tard, Joseph Deneuvy, 25 ans, garçon boucher, La cérémonie se fit en l'église Saint-Pierre; et la seconde, Labonne. Il n'est pas trouvé trace de son mariage dans les registres paroissiaux.
Le 16 avril, le conseil décide la construction d'une fontaine i. l'Hdtel- Dieu, attendu que les pauvres ne peuvent puiser de l'eau des puits, qui sont infectés par les latrines qui en sont proches et y communiquent. L'eau sera prise à la fontaine, vulgairement dite des Religieux Cordeliera.
Reoonstraotion du pont sur le Cher. — Cette année vit également ta reconstruction du pont sur le Cher. C'est le seul monument édifié en notre ville au xvui" siècle.
Le Budget de la Ville. -- 11 faut bien dired'ailleurs, que les revenus de la ville ne permettaient pas de faire de grandes améliorations. En effet, le 25 septembre, le budget, tel qu'il avait été établi par M. de Bernage, intendant de la généralité de Koultaa, s'élevait à 741 livres, ainsi fixées :
Honoraires du prédicateur de l'A vent elduCarême. 160 livres.
Traitement du principal du collège 300 —
Gages des deux clercs de ville 60 —
Gages de l'horloger 30 —
Gages du fontainier 30 —
Gages du sieur Benoit, échevin 30 —
Dépenses des torches et cierges pour les cinq processions annuelles .*'..,. 50 —
Mêmes dépenses de l'Hôtel-de- Ville 75 —
Mais si la ville n'avait que de faibles revenus,ellen'eQétaitpas moins grevée de lourds impôts qui furent encore augmentés en 1753, en vertu d'un édit royal instituant un offîce de gouverneur delavilledeMontluçon, emploi qui donnait une foule de droits à son possesseur.
ElectioiLa diverses. — Le 14 janvier de cette même année, il fut procédé à une élection de conseillers. Furent élus : Pour la paroisse Notre-Dame, Martinet de la Croze, Robinet du Teil, Bandeau de la Faye, Carreau du Planchât et Grailtot, officiers de l'élection ; Fourneau, Foucault des Gourinats, officiers au grenier à sel ; des Volives, receveur des eaux et forêts ; Guérin, avocat ; Baurel, marchand ; Raby de la Buxerolle.
Pour la paroisse Saint-Pierre : Perrot, Dechaud de ta Vallas, officiers de l'élection ; Fourneau de la Grange ; Méténier de la Bussiëre ; Duprat de Marcoin, officiers des traites foraines ; Aujay de Grosbost, président
du grenier à sel ; Tardé l'alaé, substitut ea l'élection ; Destnary, Lespinard, procureurs ; Pourrade, huissier ; Duché, Dessalle, orfèvre.
Le lendemain de cette réunion, les conseillers se réunissent pour élire deux échevins en remplacement de MM. Robinet du Teil, décédé (paroÙBc Notre'Dame) et Paul Benoist, échevin sortant de la paroisse Saint-Pierre.
Sont nommés : Bourel de Labussiëre, pour la paroisse Notre-Dame et Tardé l'aioé, pour la paroisse Saint-Pierre.
Robinet des Gourinats et Berthomier de la Grange sont maintenus administrateurs de l'Hôtel-Dieu.
Impôt du don gratuit. — Un édit du roi Louis XV, du mois d'août
1758, réclamait aux villes et faubourgs et aux bourgs du royaume un don gratuit à offrir pendant six années conséculives à partir du l"* janvier
1759. La contribution imposée à Montluçon était de vingt-quatre mille fr. soit de quatre mille fr.paran. On nomma des receveurs et des commis pour la perception de cet impdt.
Ce furent : Claude Lamodiëre, receveur des deniers communs, pour foire la régie et recevoir les sommes qui en proviendront ;
Jean Girard Desmary pour le vin ; pour le bois et le foin à la porte des Cordeliers, Alexandre Thévenet ; & la porte des Foires, Joseph Roger ; k la porte Saint-Pierre, François Debloux ; à la porte de Bretonni, Louis Bouchardon.
Trembleiaeiit de terre. — Lel" novembre 1758 se produisit un violent tremblement de terre. Il fut tel, au dire de plusieurs auteurs, que les fondements du grand puits de Néris furent dérangés et qu'il fit jaillira trois pieds de terre, de la grosseur d'un tonneau, une des sources, entraînant avec un bruit effroyable une grande quantité de pierres et de sable qui encombrèrent les bains des pauvres.
Hfitel-Dien. —Le 21 janvier 1759, il fut procédé à la nomination des administrateurs de l'HAtel-Dieu. Furent désignés : Gilbert Fourneau, contrôleur du grenier à sel, qui remplaçait Graillot Jacques, à fia de mandat ; et Duprat de Marcoin, procureur aux traites foraines, remplaçant Perrot, décédé.
La délibération dont s'agit avait été autorisée le 18 décembre "de l'année précédente. Les maire et échevins, on le sait, ne pouvaient se réunir sans en avoir sollicité et obtenu l'autorisation de l'Intendant.
Voici à titre d'échantillon le teste de la lettre qu'ils adressèrent à l'intendant :
a A Monseigneur l'Intendant de la généralité de Moulins >
* Monseigneur, supplieiU très bumblcmciil les maire et échevins de la ville da
ïGooglc
DÉHOLITION DES PORTES DES CotIDELIERS ET DE BRETONNr 115
I Honlluçon et vous rcmoDtrenl qu'il esl d'usage de nommer tous les deux ans deux • administra teuis pour l'Hôiel-Dieu de leur ville, qu'il est à propos d'en nommer « deux au lieu et place, de ceux dont le temps de leur administration est Uni, d'au- ( tant plus que l'un d'eux est décédé, pourquoi ils ont été conseillés de recourir i
< votre autorité. A ce qu'il vous plaise, Monseigneur, permettre aux suppliants de
< convoquer le conseil de ville à l'cffel de nommer deux nouveaux administrateurs, « l'un à la place de celui qui est décédé, et l'autre au lieu de celui qui a fait son ( temps. Les suppliants continueront leura vœux pour voire conservation *.
Signé : Aujay de Grosbost, Roche, Rocliette, Benoist >.
Elections et nominations diverses (1761). — Une décisioa du Conseil de villedul"' février noaintient: Aujay de Grosbost comme maire; Paul Benoit, comme premier échevia ; J.-B. llochette et Etienne Roche, comme échevins.
Les revenus de la ville, ainsi que nous l'avons vu, étaient modiques et nombre de privil^iés étaient exonérés d'impôts, ce qui n'était pas fait, on en conviendra, pour augmenter les ressources de la ville.
Aussi, les conseillers, par délibération en date du 14 juin, demandentils à l'intendant que les ecclésiastiques, nobles et autres, soient compris au réle.
Le22 juillet suivant eat enregistrée l'ordonnance royale du SO juin 1761 qui réunit l'ofAce d'échevin en titre de Montlucon au corps de )a communauté, pour être eiet^ par telle personne que la communauté jugera à propos d'élire.
Un mois plus tard, le 23 août, il estprocédéà l'élection desconseillers de ville. Sont nommés : de Favières, président en l'élection ; de la Bussiëre, lieutenant ; Fourneau, contrôleur au grenier ù sel ; Méténier de Bussière, Duprat de Marcoin, Piron et Mensurier, avocats ; Chevalier, procureur; I^spinard et Coulon, notaires; Grosbost ills, Lagarde, de Laguérenne, Raby, Laurence!, marchands ; Fougère, apothicaire ; Grozieux, chirui^ien ; Jacques Luilier, perruquier ; Belin, cordonnier ; Bompois et Cachot, boulangers ; Lebeau, menuisier; Debloux, chapelier et Michelon, huissier.
Ces nominations Giites, il est procédé le lendemain è. la nomination des échevins. Gilbert Renard, notaire royal et Graillot sont désignés.
Le même jour, Hyacinthe Berthon, marchand drapier, est nommé receveur des revenus de la commune, et Rochette, médecin, administrateur de l'Hétel-Dieu, à la place de Claude Deschamps, dont les quatre années sont expirées.
Le 22 novembre, Aujay de Grosbost, à la demande des conseillers, consent & conserver ses fonctions de maire.
La même assemblée adjuge à Benoist, ancien échevin, une somme de 1383 livres 5 sols, pour le remboursement du montant de son office.
Gilbert Duria est en tnëroe temps nommé secrétaire de ville.
Le 31 janvier, la maison de la Charité fut réunie à celle de l'Hôtel- Dieu. La maison de la Charité fut abandonnée au curé et, de ce fait, la ville fut dégrevée du loyer de la maison-presbytère de Notre-Dame.
Fontaines publiques. — Le 28 février 1762, les habitants adressent au subdélégué de l'intendant une pétitionparlaquelle ils demandent qu'en ce qui concerne les réparations & faire aux fontaines publiques, on aïnadonne le devis dressé sur l'ordre de M. de Bernage par le sieur Benoist, sous-ingénieur des ponts et chemins de la province, pour adopter celui établi par le sieur Rolland, fontainier à Riom. Celui-ci, passant par Montluçon, et se rendant k Evaux pour y diriger les travaux de l'entreprise des conduites d'eaux minérales, avait été appelé à donner son avis sur le projet de fontaines publiques.
Droit de maille. — Le 24 avril 17^, les conseillers de ville et les principaux habitants convoqués autorisent le maire et les éctievins k traiter avec Cibot, directeur des Aides, pour foire la régie du droit de maille, dû à la commune par les boulangers qui vendent du pain blanc, quelques-uns ayant refusé de s'abonner proportionnellement à leur débit.
Le droit de maille, nous l'avons dit, était de un denier par livre sur le pain blanc, de seigle, dit tourte blanche, et de deux deniers par livre sur le pain de froment.
Cet impAt, au rapport des officiers de police de Montluçon de l'année 1763, n'était pas < onéreux aux habitants i attendu, disent les magistrats :
■ Qu'il se foil dans ladite ville, une troisième espèce de paia, appelée bis, dont H ils vivent et qui est exemptée da droirde maille >.
La première caserne. — En 1763, Montluçon n'avait pas de caserne. Il n'en eut d'ailleurs qu'un siècle plus tard, et nombreux étaient les militaires de passage que l'habitant était obligé de loger et d'héberger.
Les conseillers de ville songèrent donc à cette époque à alléger les charges de leurs commettants. Aussi, le 21 août, ils décidèrent l'acquisition d'un niagasin, d'une petite maison et d'un jardin appartenant à Alaroze de Breust, écuyer, au prix de mille livres, payables deux cents livres par année, ailn d'y aménager des écuries pouvant loger vingt-quatre chevaux. Il s'agissait de loger une compagnie de gendarmerie.
La première élection des Notables. — L'année 1764, ne figure pas dans nos annales, du moins pour quelque fait notable intéressant notre cité ; mais en 1765, le 6 août, les habitants sont assemblés, en exécution des édits du même mois de l'année précédente, en vue de l'élec-
DÉMOLITION DES POBTES DES COHDELIERS ET DE BhETONNI 117
tioo des notables ; EtieoDe Roche, lieutenant particulier et Louis Villatte de Coutine, procureur du roi, assistent à la séance.
Sont élus : Pour l'ordre ecclésiastique : Jacques de Durât, abbé commandataire de l'abbaye royale de Beilaigue, doyen du chapitre de Saint-Nicolas.
Pour la noblesse et les officiers militaires : M. de Villars, chevalier.
Pour les officiers de la chAtellenie et autres juridictions du lieu : Beaudeau de la Faye, élu en l'électioa.
Pour les avocats, médecins et bourgeois ; Rochette, conseiller, médecin du roi ; Perrot des Modiôres l'alné, avocat au Parlement.
Pour les notaires et procureurs : Chevalier père, procureur.
Pour les n^ociants, marchands, ayant boutique ouverte, chirurgiens et autres exerçant les arts libéraux : J. J. Raby, marchand drapier et Grozieux, chirui^ien Juré.
Pour les artisans : Comereau, tanneur et Barthonnet, tailleur.
Le lendemain, le conseil de ville présente au roi trots candidats pour l'offlce de maire. Sont désignés :
Le marquis de Treignat, ancien lieutenant aux gardes françaises ; de Faviëres, président en l'élection ; Boisrot, lieutenant général de police en lach&tellenie.
Il est ensuite procédé & difTérentes nominations :
1° A celle des échevins, Alaroze de Breust, Bourel de Labusstère ;
2» A celle de Hyacinthe Berlhon, marchand drapier, syndic ;
3^ A celle de Gilbert Durin, secrétaire-grefSer.
La 9 août, il est procédé à la nomination de quatre conseillers de vilie. Sont élus : Perrot du Trayet, chanoine de Saint-Nicolas ; Pierre Martinet de la Croze, licencié ès-lois ; Duprat de Marcoin, procureur du roi aux traites ; Etienne Laurencel, marchand drapier.
Le 10 septembre, notification est faite aux notables de la ville de l'édit par lequel le roi a désigné, le 16 août, M. de Favières, pour exercer pendant trois ans les fonctions de maire.
Il est, en même temps, dressé inventaire des titres relatifs aux droits et privilèges de la ville.
Quelques jours plus tard, le 16 septembre, les conseillers de ville décident que le droit de maille sera perçu par abonnement sur les boulangers. Le directeur des Aides, chaîné de ce soin, prélèvera comme remise deux sols par livre, soit dix pour cent.
Pareille remise lui sera faite pour la recette des octrois.
Le 30 septembre, les conseillers protestent contre l'établissement au collège de la ville, d'un bureau d'administration dont les membres ne seraient pas choisis et nommés par les habitants.
Le 8 décembre, les médecins font l'olTre, acceptée d'ailleurs avec
empressement, nous n'avons pas besoin de le dire, de donner gratuitement leurs soins aux malades de l'hôpital.
Cette louable coutume s'est conservée, et de nos jours encore, nos médecins ne marchandent aux malheureux admis dans cet établissement hospitalier, ni leurs soins éclairés, ni leurs peines.
Démolition d'une galerie du Ch&teau. — Le Conseil d'Etat arait, par arrêt, autorisé la démolilion de la salle Bernard et de la chapelle du Château, qui venait d'être interdite, afin de donaer plus d'aisance et d'agrément à la promenade publique dont la création remontait en 1749.
M. de Fermé, chargé de la démolition de ces b&timents, dépendances du Ch&teau, allait se mettre 6. l'œuvre, quand le conseil s'y opposa et se pourvut auprès du rot et du prince de Condé, le 11 mars 1766, trouvant suflisante la démolition d'une vieille galerie du Ch&teau et autres bâtiments en dépendant, démolition précédemment opérée.
l^ vent en était alors aux démolitions. C'est, en efTet, cette même année, le 21 août, que fut décidée et votée la démolition des murettes qui se trouvaient au-dessous des meurtrières régnant tout autour de la plateforme établie au-dessus de la porte de ville des Cordeiîers {ancienne porte Marchiou) et dont la chambre servait d'hûtel de ville.
On vota également la démolition des murettes de l'avaot-porte, doat M. M. les Trésoriers de France avaient constaté le mauvais état. Cette démolition devait avoir pour effet de rendre plus commode l'entrée de la ville.
Le cooseil décida en même temps que les matériaux devant provenir de cette démolition seraient employés à des travaux de ville.
Nomination du Maire. — Le 16 septembre, le conseil est invité & présenter au choix du roi trois sujets capables de remplacer H. de Faviêres qui, en raison de son grand Sige et de ses infirmités, a résigné ses fonctions de maire. Sont désignés : de Chacaton de Réaux, avocat, ancien lieutenant général en la châtellenie de Murât ; Deschamps de Lavarenne, chevalier de Saint-Louis et Boisrot, lieutenant général de police à Motitluçoa.
C'est Boisrot qui, par édit royal du 1 1 octobre, est choisi ; mais il ne semble pas qu'il ait exercé ses fonctions, car le 3 novembre suivant, une lettre du secrétaire d'Etat invitait à nouveau le conseil de ville à présenter trois nouveaux sujets pour remplir les fonctions de maire.
Le Conseil réuni propose : Alaroze de Breust, écuyer, l'f échevin ; de Roohedragon, écuyer, et Legroing de Treignat, écuyer.
Le choix du prince se porta sur Alaroze ; dans cette même réunion, furent nommés échevias; Martinet de la Croze; Bandeau de la Faye, conseiller de ville et Dechaud de Lavallas, notable.
DÉMOLITION DES PORTES DES CORDELIERS ET DE BrETONNI 119
Les boulangers demandent la diminution du droit de maille. —
Le 3 février 1767, les boulangera, prétextant le prix élevé du bois et de la main d'œuvre des ouvriers qui ont enchéri, s'adressent au conseil pour obtenir la suppression du denier en sus imposé pour le droit de maille, tout en déclarant vouloir respecter le tarif établi en 1693.
Le Conseil rejette cette demande.
Le 19 novembre, il est procédé i. la nomination : 1° d'un échevin, en remplacement de M. Bourel de Labussière ; Baudeau de la Faye est élu ; 2° d'un conseiller ; Jacques de Durât, abbé de Bellaigue est nommé ; 3« d'un notable, Jacques-Augustin Brugière de Lamotte, prêtre communaliste de St-Pierre, est élu.
Lliiver de 1767. — L'hiver de cette année fut un des plus terribles et des plus rigoureux qu'on ait vu et la mortalité fut prodigieuse.
L'année 1768 débute également par le froid, suite inévitable des rigueurs du mois de décembre précédent. La température s'adoucit ensuite sensiblement, la pluie succéda aux gelées, puis la neige à la pluie et enfln la pluie au froid et k la neige.
Traitement et attributions du principal du oollège. — Lia 7 octobre, le conseil est appelé & s'occuper du collée, à en régler les charges et attributions.
Le principal, jusqu'à cette époque, avait été Laurent Matroux.
Ce dernier, ayant obtenu une cure, donna sa démission. Ce fut Renevier André, prêtre du diocèse de Bourges, qui lui succéda.
Les Ijonoraires à lui attribuer étaient fixés à trots cents livres par an, pris sur les revenus de la ville, conformément à l'arrêt du Conseil d'Etat du 1" juillet 1681, De plus, il devait jouir de la prébende préceptoriale accordée par le chapitre de l'élise collégiale de Saint-Nicolas. Chaque écolier devait lui payer un droit d'entrée de vingt soua et une contribution mensuelle fixée à quinze sous pour les écoliers de la ville et à vingt sous pour les écoliers forains * & la réserve des enfants de chœur servant au chapitre Saint-Nicolas, lesquels ne devaient payer que le droit d'entrée > .
Le nouveau principal devait enseigner les éléments de la langue . latine et les humanités jusqu'à la rhétorique inclusivement. Il était tenu d'avoir continuellement à cet effet, deux régents au moins, de capacité connue et agréés par la ville. Le principal devait leur payer anDuellement trois cent cinquante livres et était chargé des réparations locatives du collège. Il était en même temps stipulé ■ que les doyens du chapitre de Saint-Nicolas, le maire et les échevins auraient la permission d'aller tous les mois au collège y passer une visite et s'assurer que tout s'y fait en ordre ■
130 Histoire de Montloçon
Le premier gouTerneur de Montluçon. — C'est le 7 décembre que fut agréé te premier gouverneur de Monlluçon, Eléonore deLamothe, comte d'Aprémont. Il avait été nommé par édit royal du 15 septembre précédent.
Le d décembre, le roi agrée comme maire Bourel de Labassièra.
Les vignerons, le droit du quart-fruit. — Après difTéreutes nominations d'échevins, conseillers, etc., sur lesquelles il n'y a pas lieu de s'arrêter, le 22 mars, l'assemblée de ville accepte, sur la proposition des propriétaires de vignes, la transformutioQ du droit de quart-fruit appelé A les carpots * appartenant à la ville, eu un cens de dix sols par chaque journal de vigne.
La même assemblée décide d'imposer le tènement, situé & la cAte de Villemorte, dont plusieurs propriétaires, qui n'y avaient aucun droit, se sont emparés.
L'horloge du château. — Le 12 septembre, le serrurier François Martin, est char^ de la conduite de l'horloge publique.
Cette horloge, d'api^s un acte publié de 1505 qui est aux archives, avait été placée en 1495 aux frais de la ville, sur la plus haute tour du château.
(Archives de VHôtet-de-Villc, i" volume des délibérations).
Répartition du droit de blairie et protestation du Conseil do Tille. — En 1770, une contestation se produisit à propos du droit de blairie. En vertu d'une commission de la Chambre des domaines, le sieur Gelé, receveur des droits de la chàtellenie pour le prince de Goodé, avait invité les maire et échevins à opérer la levée d'un droit à percevoir sur chaque feu, soit : six sols pour les habitants les plus riches, quatre sols pour ceux de la classe moyenne et deux sols pour les pauvres.
Le Conseil s'y oppose disant avec raison que c'était une nouveauté ; que, de mémoire d'homme, aucun droit de cette nature n'avait encore été perçu dans cette ville, et que * par l'alTranchissement fait par Henri Il en 1548, de cette chAtellenie, le prince ne s'était réservé que deux sols par feu, dont tous nobles, êcclésiastiqueset privilégiés serontaffranchis»
Démolition do la porto de Bretonni. — La démolition de la porte de Bretonni et de plusieurs murs donnant sur le fossé de la Cave et joignant l'Hàtel-Dieu ayant été décidée, le Conseil se réunit à l'efTet d'en délibérer et autorisa le maire et les échevins à s'opposer à la requête faite à ce sujet au bureau des finances de Moulins, ajoutant que dans le cas où ladite démolition serait ordonnée, il en demanderait l'adjudication, afm de pouvoir utiliser les matériaux. Cette délibération porte la date du 18 mars 1770.
DÉMOLITION DES PORTES DES CORDELlEitS ET DE BrBTONNI 121
Le )4 jiiin, le lieutenaat général de police de la châtellenie édicté une ordonnance portant que lea grands et petits cercles pour futailles seront vendus dorénavant au public en dehors de la place de Bretonni; les sabots, pelles et vaisseaux de bois sur la place du marché au blé.
Le Ck)nseil consulté, approuve cette ordonnance.
Le 27 juillet, le prince de Coudé nomme Marien Plaatadis, copciprge boilier et garde du ch&teau.
Le 17 août, le Conseil décide que le marché des toiles, qui se tenait place Saint- Pierre, sera transféré à la place de l'ancien marché au blé.
GurieuBe répartition de l'impdt de don gratuit. — Nous avons dit précédemment comment la ville était redevable d'une somme de six cents francs en raison de l'impût de don gratuit établi sur le bois et le foin.
Le 7 février, Parent, le directeur des Aides, réclame cette somme à la ville. Aussi l'assemblée des habitants autorise le Maire et les échevins à passer avec le dit sieur Parent, un nouvel abonnement de troisannées qui partirait du premier octobre 1771. Le paiement de cette somme devait être fait par le clei^é, la noblesse et tous les corps, arts et métiers. Voici comment était répartie cette somme :
Les deux communautés de religieuses, quatre-vingts livres.
Le clergé, trente livres.
Le corps de la noblesse, deux cent vingt livres.
Les ofBciers de la cb&tellenie et police, quinze livres.
Les ofSciers de l'éleclion, vingt-quatre livres. , Lea officiers du grenier à sel, quinze livres.
Les oftlciera des traites, douze livres.
Les avocats, trois livres.
Les procureurs postulants, douze livres.
Lee notaires, dix livres ; les huissiers, quinze livres.
Les médecins, deux livres ; les veuves privilégiées, vingt-sept livres.
Les bourgeois vivant noblement, douze livres.
Les chirurgiens et apothicaires, douze livres.
Les cavaliers de maréchaussée, trois livres.
Les marchands drapiers, dix livres.
Les marchands épiciers et autres, quarante livres.
Les perruquiers et les tailleurs, trois livres.
Les cabaretiers, trente livres ; Duchet, aubergiste, trente-six livres.
Les boulangers, cinquante-cinq livres ; les chapeliers, cinq livres.
Les orfèvres, vingt sols ; les arquebusiers vingt sols.
Les menuisiers, charrons, charpentiers, tourneurs, quatre livres.
Les tanneurs et chamoiseurs, quarante sols ; les scelliers, deux livres.
122 îttsTOlBE DE MONTLUÇON
Les cordonDÎers, trois livres ; le nommé Lacroii, dix aola.
Mesdames Verdun et Lagrandeur, marchandes de modes, vingt sois.
Sacrot, dix sols ; les maitrea d'école, douze sols; Mademoiselle Rillat, dix sols.
Les maréchaux, serruriers et cloutiers, trois livres.
Les couteliers, trente sols ; les sergers, tisserands et chanvreurs, trente sols.
Pour chaque corps, compagnie ou métier, il fut choisi descoUficteurs qui devaient remettre leur recette entre les mains du directeur des Aides.
Refus des boulangers de payer le droit de maille. — Les
boulangers refusant de payer le droit de maille perçu au pront de la ville, le conseil décide qu'ils seront exercés par deux commis assermentés devant le tribunal, et qui verseront leur recette entre les mains du receveur de la ville.
L'année 1772 fut très abondante en vin.
Le 29 octobre, Petitjean, avocat, est nommé par édit royal, procureur du roi. Le 30 décembre, Bourel de Labussière nommé maire, par édit royal du 29 octobre précédent, prend possession de ses fonctions.
Le même jour Antoine DeplaigueetJ.-B.Berthet, président du grenier à sel, prêtent serment en qualité d'échevins.
Le fermier des droits sur le vin intente an procès aux habitants de Hontluçon. — Cette année (1772), fut marquée par un procès qui eut un grand retentissement et qui avait trait aux droits à percevoir sur tes vins.
Voici les faits, tels qu'ils sont rapportés par notre concitoyen M. A. Giraud (vicies des Assemblées délibérantes de Montluçon).
< Le régisseur du don gratuit(c'est-&-dire le fermier ou adjudicataire des droits « du don gratuit et droits réservés), François Noul, se basant sur deux arrêts rendus ( en 1770 par la cour des Aides, veut exiger, comme cela se pratique pour les autres « objets assujettis aux droits, le paiement du droit sur le vin à son entrée en ville, • sans attendre qu'il soit consommé, offrant de rendre les sommes qu'il aura refîtes « pour raison du vin qui ne sera point consommé, mais vendu aux étrangers pour f être façonné ailleurs, en rapportant par les particuliers tes billets de remuage, « enlèvement ou conduite. »
Le 23 janvier, il obtient deux contraintes contre les habitants de la Tille, poursuites et diligences d'Anselme Parent, directeur des Aides, son fondé de pouvoir, pour faire payer immédiatement les droits sur les vins récoltés en 1771 et 1772.
Sur les plaintes portées aux maire et échevins, le procureur du roi du fait commun, Petitjean, forme opposition, le i février, devant les
DËHOUTION DES PORTES DES CORDELIERS ET DE BrETONNI 123
officiers de l'élection, au nom des officiers muaicipaux et des tiabitauts, s'autorisant de l'esprit des nouveaux édita royaux sur les fonctions municipales, pour ne pas attendre l'assemblée des habitants qui aura lieu le 7, ni recourir à l'autorité de l'intendant. Il soutient que « les dispositions de l'édit d'août 1758 et du tarif ou fixation arrêté en conséquence portant qu'il doit 6tre perçu, pour chaque muid de vin, mesure Paris, entrant dans les villes et dépendances pour y être façonné ou consommé, la somme de 30 sols, le droit n'est dû qu'à raison de la consommation et que c'est aux commis, après l'inventaire des vins, àveilleràcette consommation, les portes des citoyens ne pouvant jamais, aux termes des règlements, leur être fermées. »
Le 25 mars 1773, il intervient une sentence qui déboute Noël dosa demande et le condamne aux dépens et cependant assujettit les habitants et propriétaires à donq^r caution.
Cette sentence qui renferme une contradiction évidente, détermina les officiers municipaux, corpscommunet habitants de la ville, aux poursuites et diligences du procureur du roi du fait commun à en appeler au conseil supérieur de ClermontJ'adjudicataire des droitsayant de son côté interjeté appel devant la même Juridiction, c Si le régisseur des droits, disaient les intimés, ne peut être payé qu'à raison de la consommation, le vin vendu à l'étranger ne doit rien et cependant le propriétaire qui l'aura façonné, en le supposant aisé, aura supporté des frais considérables entraînés par le cautionnement, pour un droit qu'il ne devra pas. ■
Condamnation d'un Hoattuçonoais pour délit de p6che dans le Cher. — Le 27 juin 177i, la maîtrise des eaux et forêts de Montluc-on rendait une ordonnance par laquelle elle condamnait à 50 livres d'amende le sieur Beaulieu « habitant et manan > pour avoir péché dans certains endroits de la rivière.
Protestation des habitants. — L'assemblée du 2 octobre suivant protesta contre cette sentence, invitant le Maire à faire enregistrer en la maîtrise de Montmarault les titres au droit de la chasse et les privilèges pour le droit de pèche dans les détroits de la rivière accordés aux dits manants et habitants par diverses concessions de nos rois et confirmées par Louis XV.
Plusieurs documents relatifs à cette affaire se trouvent d'ailleurs dans les Archives de l'Allier.
Nous en extrayons ce qui suit :
1776, — Mémoire pour la ville de Montlufon contre le rece'-eur de la cfiâtellenie de celte ville.
« De lous les temps, ou du moins depuis près de ijualre siècles, la ville, c'est-
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n Mire ses hahitanls jouissent du droit de pesche et de cbasso à une licuc de ses
■ Au mois d'aoust dernier, un habiUnt alla à la pesche el prit un saulmon.
< Il revenait à la ville pour le vendre, lorsqu'il rencontra un homme qui, se disant « i^rdede M. le Prince de Condé, seigneur engagiste du Bourbonnais, lui amcha « par force et violence le saulmon.
■ Les échevins, instruits de ce trouble à leur possession, revendiquèrent ce
• poisson et le tirent saisir et vendre par des huissiers.
« Le prétendu garde dressa procés-vcrbal ou du moins le receveur de la
• châtellcnie pour lui contre le pescheur du saumon, qui fut assigné en la maitrise
• des eaux et forêts, et on inséra dans le procès-verbal qu'il s'était servi d'un HIet ■ d'une maille prohibée, sans que le filet ait été pris ou saisi.
« Le défenseur a comparu .. les- ofticiers des eaux-et forêts l'ont condamné
• néanmoins à payer 18 livres pour la valeur du saulmon, et à SO livres d'amende, i » rapporter son Hlet au greffe et aux dépens. *
■ La ville instruite a fait part aux ofScicrs des eaux cl forêts de ses privilèges
• qui sont en bonne lorme, qui ont été confirmés par Henri IV, Louis XIV et XV el
I par le Roy régnant, suivant l'édit général qu'il a fail publier aussitôt son avêne-
< ment au trône.
L'alïaire traîna eo longueur, le Ck>Q3eil d'Etat fut appelé k donner son avis, mais nous n'avons trouvé nulle trace de la solution définitive du procès.
(AtuUifîe. Archives de l'ÀUier.- Série £. Montluçon. Papier J.
8 février 1784. — Supplique des maire et éekevins à l'intendant de Moulins : a Ils ont appris avec peine le changement ou translation du marché aux étoffes,
a droguets, toiles el Bis de l'ancienne place au bled en celle de l'église de Saint-
B Pierre, sans qu'ils aient été consultés ou plutôt prévenus. •
■ Ils demandent l'aulorisalion de s'assembler à ce sujet. » Permis d'assembler, 21 janvier 1784.
« Délibération des habitants approuvant l'altitude des maire et échevins et les f autorisant à se pourvoir au Conseil pour demander la translation du marché atx « toiles à la place de l'ancien marché aux blés.
■ Ils font valoir entre autres que « la place de Saint Pierre est un passage à « plusieurs rues très fréquentées, qne ce passage serait gêné el que n'y ayani ni
• magasins ni halles suCfisantca, on a pu voir avec scandale les marchands en cas de
• pluie se retirer dans l'église. >
(2 papiers. Archives de l'Allier. C. 29}
• kViii" siècle t Les armes de Montluçon sont un champ d'argent, d'unegrande « tour flanquée de deux touniclles maisonnées de sable, la grande tour ayant deux
II girouettes, en chef au soleil aussy de sable, les deux tournellcs ayant également
• chacune leur girouette, et un feuillage h. chaque côté d'icelles. »
(Papier. Archives de l'Allier. C. 30}
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