‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 32 sur 113 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Période Révolutionnaire

Nomination des d416sa6s pour le choix des députés. — Le clergé et la noblesse abandonnent leurs privilèges. — Le oahîer du Tiers Etat. — Les douze députés de la sénéchaussés du Bourbonnais. — Le budget de Hontluçon en 1789. — Institution du Jury criminel. — Montluçoa aspire au rôle de oheflieu ds département. — Le Conseil communal édiote un règlement pour la tenue de ses séances. — Le grenier à sel de Montluçon. — Le serment civique, — Inventaire des biens du dergé. — La procession des vignerons. — Etablissement de la garde nationale. — Le sire de BartUlat. — La potence du marché au blé. — La serment fédératif. — Vente des biens des communautés. — Surveillance des maraudeurs. — Nomination du Juge de Paix. — Accident au gué des Iles. — Les assemblées provinciales.

Nomination des délégués pour le choix des députés. — Dans les premiers jours de l'année 1789, des lettre? de convocation furent adressées par Louis XVI & tous les baillis et sénéchaux du royaume. Ces lettres, dont OD donna lecture dans les villes au son des trompes, au prône dans les petites paroisses, ordonnaient au pays de nommer les députés appelés à composer l'assemblée nationale.

Chacun devait voter dans son baillage et élire des représentants des trois ordres pour l'assemblée de Moulins, chargée de rédiger les cahiers & présenter à l'Assemblée Nationale et choisir les députés.

On vota donc à Montluçon à l'bôtel de ville, comme d'ailleurs dans les paroisses voisines, et le 14 mars, la ch&tellenie envoyait h Moulins ses cahiers et ses délégués.

Ces délégués furent : Pour l'ordre du clergé, Boulet, curé. Pour la noblesse : Messire de la Dure, propriétaire, chevalier de Saint-Louis. Pour le tiers état : Gaspard Régnard, procureur du roi ; Gilbertin Perrot, bourgeois ; Gilbert Chevalier, échevin ; Jean Petitjean, avocat et notaire ;

Jean Govignon, marchand ; Jean-Baptiste Duchet, marchand; tous délégués de MontluçoQ et de la paroisse de Châteauvieux.

Le 16 mars, les délégués de chaque commune se réunirent dans l'élise des Augustins de Moulins.

Messire Philippe de Marcellanges, chevalier de justice de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et commandeur de cet ordre, fut élu président de l'assemblée.

Il fut procédé à l'appel des représentants de l'ordre de la Noblesse, puis de ceus du Clergé et enfin de Messieurs du Tiers-Etat.

Don Salmard de Moatfort, abbé de la Trappe de Sept-Fons, présidait l'assemblée particulière du clergé.

Z^e Clergé et la Noblesse abandonnent leurs privilègea. — Au nom de ceux qui les avaient dél^ués, les membres du clei^é et de la noblesse firent spontanément l'abandon de leurs privilèges, déclarant qu'ils n'ambitionnaient plus désormais d'autres titres, d'autres privilèges que ceux de citoyens français.

Le Tiers-Etat annonce alors qu'il se réunira avec le clergé et la noblesse pour rédiger un seul cahier qui serait l'expression du zèle unanime des trois ordres pour le bien publia.

M. le commandeur de Marcellaoges et les curés de Billy et de Jaligny se réunirent aux députés du Tiers-Etat pour élaborer en commun le tohîer des charges du ressort de la sénéchaussée.

Le cahier du Tiers-Etat. — Le Tiers-Etat, dans son cahier particulier, demandait aux Etats généraux :

Article 4. — Qu'il soit reconnu que le gouvernement monarchique est le seul admissible en France, que la couronne soit héréditaire de mâle en mftle, que la personne du roi est sacrée et sa sûreté inviolable.

Son cahier finissait en s'adreasant aux députés de l'Assemblée Nationale : ■ Nous vous recommandons surtout de porter aux pieds du trône l'assurance de notre amour, de notre reconnaissance, denolre fidélité, de notre profond respect pour le bon roi qui nous gouverne. •

Les douze députés du Bourbonnais. — Le 28 mars, l'Assemblée se sépare, après avoir fait choix des 12 députés de la sénéchaussée. C'étaient : 1" Pour le clergé ; MM. Tridon, curé de Boogères ; Aury, curé d'Hérisson ; Laurent, curé d'Huillaux. 2° Pour la noblesse : MH. Destut, comte de Tracy ; baron de Coiffier;Du Buisson, comte de Donjon. 3° Pour le Tiers-Etat : MM. Michelon, procureur du roi en lachàtellenie de Murât; Berthonnler de la Villette, procureur du roi à Cérilly ; Lomet, avocat au Parlement ; Goyard, avocat au Parlement ; Vernin, lieutenant particulier

civil et crimiael au siège présidial de Moulins ; Lebrun, sieur de la Motte- Vessé.

Suppléants: MM. Régnard, procureur du roi à Montiuçon. Lucas, procureur du roi à Gannat.

Ruel de la Motle, avocat au Parlement.

A cette époque, la situation du Bourbonnais n'était pas des plus heureuses. C'était sans contredit un des moins riches pays du royaume.

Le budget de Hontluçon en 1789. — Moatluçon ne faisait pas exception dans le sombre tableau que présentait la sénéchaussée. Aucune délbération de ce temps ne porte, il est vrai, trace de comptes ou budget ; on sait cependant que les dépenses de la ville étaient àpeu près les mêmes que celles existant en 1751 ; que tout se faisait encore par souscription : réparations, travaux neufs, achat de munitions, etc.

Fréquemment même, il n'y avait pas un sou en caisse, et on fut même obligé de vendre pour 30 francs de ferrailles ramassées dans les greniers de la ville, afin de pouvoir remettre en état les deux canons du cbiteau.

Quant aux revenus de la ville, il n'y fallait pas songer, saisis qu'ils étaient parle prince de Condé, en vertu d'unarrëtdu Parlement de Paria, qui avait condamné la ville à lui payer les arrérages du droit féodal de franche bourgeoisie,

La ville se vit donc souvent dans l'obligation de solliciter du département des avances et des secours pour les oeuvres de charité et autres.

Telle était en quelques mots la situation de Montlucon, au moment où s'ouvrirent à Versailles les Etats Généraux, le 4 mai 1789.

Le 21 août, les députés de la province du Bourbonnais adressent aux corps constitués de Montlucon, la lettre collective suivante :

( Messieurs, > L' Assemblée Nationale a reçu aver. satisiaclion vos hommages et votre adhéa sion & ses arrêtés ; le procès verbal de ce mois eo fait une honorable mention. < Nous sommes, en particulier, messieurs, très Haltes et très reconnaissants des

• marques d'approbaliou et d'estime que vous témoignez à vos représentants, et ■ Dous vous offrons la protestation sincère de répondre toujours à vos vœux en 1 coopérant avec le même zèle au bien public.

< Aury, curé ; comte de Tracy ; Tridon, curé de Rongèrcs ; T.ebrun ; Vernin ;

* Berthomierde Lavillalle -, Michclon, Goyard •.

Institutioii du Jury orimiDel. — A cette époque fut institué le jury pour l'inslructîon des aff lires criminelles. A cette occasion, tes officiers municipaux réunis le 3 novembre, nommèrent comme adjoint devant assister A l'instruction des dites afTaires :

Antoine Nivelon, notaire royal; Charles Ctiabot, notaire ; François Deroiville, commissaire en droits seigneuriaux et Antoine Mourlon, pour

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la paroiase Notre-Dame — Gilbert Vidal et Aaloine Petit, notaires ; François-Augustia Brugière de Lamotte et Antoine Cornereau, marchands pour la paroisse Saint-Pierre.

Deux jours plus tard, le 5 novembre, fut publiée et afQcbée par les soins des officiers municipaux, la loi martiale, décrétée par l'Assemblée Constituante.

L'Assemblée Nationale ayant divisé la France en départements, la ville de Montiuçon devint chef-tieu d'arrondissement de celui de l'Allier, qui comprenait presque toute l'ancienne province du Bourbonnais.

Montluçon aspire au rôle de chef-lieu de départemaot. — Aspirant au rôle de chef-lieu de département, Montlugon se crut lésé dans ses intérêts et fit tout son possible pourarriverà la tormatioa d'un département particulier dont il serait le chef-lieu et qui comprendrait la presque totalité du pays de Franc-Alleu ou Gombrailles, dont Chamboa était la capitale, le Haut-Berry, le Bas-Bourbonnais et la Basse-Auvergne, où se trouvait Montaigut,quidépendaitaulrefoi3 de l'élection de Montluçon.

C'est dans ce 'but, que l'assemblée générale des habitants, dans sa réunion duSjanvier 1700, décida l'envoi àTAssemblée Constituante d'une députation spéciale qui s'unirait à la délégation des habitants et aux députés de Chambon pour appuyer cette demande.

Chabot, avocat, depuis Membre de la Convention Nationale, et Pérethon de la Mallerée. officier municipal, sont choisis comme délégués auprès de l'Assemblée Nationale.

11 e^ décidé, en même temps qu'il sera ouvert une souscription civique pour payer leurs frais de voyage ; il est en même temps stipulé que dans te cas ou la somme nécessaire ne serait pas recueillie, il serait établi, par les officiers municipaux, un rêle où chaque habitant serait imposé au marc la livre, de ta cote à laquelle il était imposé aux rôles de

Drugière de Lamotte, négociant ; Duché, grever en chef de l'élection ; Martinet de laCroze, maire; Duprat père, premier échevin ; Cornât, avocat ; Duché, procureur du roi ; Thévenet, Lespinard, notaires ; sont nommés commissaires, et Grozieux de Laguérenne, trésorier de la souscription ; Etégnard, le seul député montluçonnais soutint cette pétition qui échoua.

Pour se consoler de cet échec, la ville demande qu'il ne soit créé dans le département que des districts dans les communes offrant une population de 5.000 âmes, c'est-à-dire à Moulins, Le DoQJOD, Cusset, Bourbon, Gannat et Montlu<jon.

Il en futcréé sept: à Moulins, Le Donjon, Cusset, Gannat, Montmarault, Montlaçon et Céritly.

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Le 26 janvier, les Assemblées Paroissiales procédèrent à l'élection des ofQciers municipaux. Le scrutin resta ouvert du 26 au 29 et deux bureaux de vote furent installés : l'un dans la salle de l'auditoire au château, pour les électeurs de la paroisse de Notre-Dame, et l'autre dans le réfectoire des Capucins, pour les électeurs de la paroisse Saint-Pierre.

Chevalier de la Prugne fut élu maire.

Furent nommés oHlcierB municipaux: Chabot, notaire royal ; Duchet, avocat; Goriiut,avocat; Vidal, notaire; Cantat, avocat; Deraiville, commissaire en droits seigneuriaux ; Brugière de Lamotte, négociant ; Peti^ean, avocat. '

Meillet, avocat, a été élu procureur de la commune.

Réglsment du Conasil Communal. — Le 6 février, le conseil général de la commune réuni par billets tnvitatoires signés du secrétaire, édicté le sage règlement suivant, concernant la municipalité :

• Considérant :

• I" Quo le temps est précieux, qu'il faut l'employer à l'utilité publique.

• i' Qne sans ordre dans une assemblée, la confusion s'en empare et on ne peut a parvenir t une sage discussion et même délibération.

f S" Que les membres de l'assemblée doivent la regarder comme une réunion

< de famille, se traiter en frères et amis, se rappeler à l'ordre, contredire leurs avis

• avec bienséance et honnêteté, et de cette manière ne le jamais trouver mauvais, t ouï le procureur de la commune, a arrêté :

« Article PREHiEa. — Que lorsque la séance sera ouverte par le président, cha-

< cun prendra sa place, la gardera et se tiendra dans un profond silence, sans pou-

• voir tenir de conversations particulières, ni par sections, jusqu'à son tour soit arrivé

< dé porter la parole s'il la demande et jusqu'à ce que la séance soit déclaréo levée ■ par le président. >

A cette époque les habitants montaient la garde la nuit et le jour, et ce dans deux postes, l'un paroisse Notre-Dame et l'autre paroisse Saint- Pierre, ce qui occasionnait à chaque citoyen un surcroit de dépenses et de fatigues,

Dans sa réunion du 5 février, l'assemblée décida qu'il ne serait plus monté qu'une seule garde la nuit et dans un seul poste, en alternant pour les deux paroisses.

Chaque citoyen devait monter la garde k son tour et, dans le cas d'im* possibililé, payer une somme de quinze sols pour chaque garde.

Le grenier & sel. — 11 existait à Montluc-on, ainsi que nous l'avons dit, un grenier à sel administré par un receveur et oii chacun devait s'ap* provisionner.

Le 5 février, paiement, des marchands s'installèrent sur la voie publique, derrière l'auberge du Dauphin, offrant ie sel k meilleur marché.

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Le receveur du grenier à sel, Boisrot de la Cour, témoin de ce &it, vint 60 informer les oillciers municipaux, réclamant leur intervention pour faire cesser ce scandale. Ceux-ci se rendirent sur les lieux, accompagnes du commandant de la milice. La marchandise fut saisie et portée à la mairie. Mais comme les esprils s'échauflaient et qu'une émeute était à craindre, le maire crut prudent de rendre la marchandise, à la condition formelle qu'il n'en serait plus vendu sur la voie publique. A.in8i se termina cet incident.

Le serment oivique. — Le i février, l'Assemblée nationale prescrivait la prestation du serment par tous les liabitanis. Aussi, le 14 février, l'Assemblée générale des habitants, convoquée r^ulièrement par les procédés ordinaires, arrêta ce qui suit :

( A compter de ce jour el jusqu'au dimanche 21, chaque ciloyco sera tenu de « prêter individuclicmenl dans la salle de t' Hôlel-de-ville, de deux t quatre heures < du soir, le scrmenl civique.

I II se tiendra le dimauche ii, une assemblée générale à laquelle le secrétaire c de la municipalité rapportera une liste de tous les citoyens qui ne l'auront pas « prôtc, sauf à l'égard de ces derniers à aviser en re qu'il appartiendra.

■ Outre le serment individuel qui sera prêté par les oRiciers et soldats de la

• garde nationale de celte ville, celte troupe renouvellera le serment en corps et » sous les armes, en présence des officiers municipaux.

< Les procès verbaux de prestation de serment seront envoyés i l'Assemblée R Malionalc el au roi, avec des adresses dans lesquels seront exprimés les sentiments n de respect et de fidélité dont est pénétrée la commune et il sera incessamment

* publié el anichâ aux portes des églises paroissiales el sur les places publiques a.

Les r^istres publient les noms de ceux qui ont prêté le serment du 14 au ^ février 1790.

(Notre compatriote Alexandre Giraud, secrétaire en chef de la mairie, en a opéré le classement par offices, professions et métiers, dans le remarquable ouvrage intitulé : Abrégé des actes des assemblées délibérantes de Montluçon de 1751 à 1799).

Inventaire des biens dn Clerg&. — Le 2 novembre 1789, l'Assemblée Constituante décrétait que « le clergé n'était pas propriétaire, mais administrateur de ses biens et que l'Etat, se déchargeant des trais du Culte, de l'entretien des ministres et du soin des hôpitaux, avait le droit d'en disposer t.

Aussi, le 23 février 1790, les ecclésiastiques allèrent faire aux officiers municipaux la déclaration de leurs revenus et bénéfices.

Les biens du chapitre de Saint-Nicolas furentdéclarésce môme jour, par le doyen Antony Bourguignon du Verger, et le chanoine-syndic^ Louis Aubergier.

Le 24 février, l'abbé Chapelle déclara les biens qui âépeDdaieot de ses bénéHces de Sainte-Madeleine, ta Purification et Saint-Loup, dont les titres sont déposés aux archives de Saint-Nicolas.

Le même jour, Benoit et Perrot, chanoines, déclarèrent leurs bénéfices : le premier de Sàinte-Calherine, érigé à Notre-Dame et le second, d'une petite vîcairie, dite des c chats-ouverts », de Bienassis.

Le 26 février, te doyen affirme qu'aucun des bénéfices déclarés n'existait dans les archives du chapitre, sauf celui du doyenné de Saint-Nicolas.

Enfin le même jour, Deschamps, vicaire de la Doyenne, Ht la déclaration de ses bénéfices.

Le 27 février, M. Durieux, curé de Notre-Dame et M. Michelon, vicaire de Saint-Pierre, au nom de son c uré, vinrent foire déclaration des deux cures.

Le i" mars les dames de Saint-Bernard déclarèrent les biens qu'elles possédaient, soit le domaine du Ghàtelet. L'une des religieuses de cet ordre, Madame de Carbonière, fit eu môme temps une déclaration pour le bénéfice de Saint-Hobsrt dont elle était titulaire.

Le 5 mars, l'atelier de la Charité commença le chemin de Bretonni aux Iles.

Le 8 mars, l'assemblée décida de présenter un mémoire sur l'état des revenus de la ville, joignant à sa délibération une lettre de M. Rëgnard, l'engageant à s'entendre avec le prince de Condé au sujet de l'afFaire du droit de blairie et bourgeoisie, dont il a été question précédemment.

Laproceasion dsBTigaerona. — La saison s'annonçant mal, et les gelées tardives inspirant des craintes pour les récoltes, les vignerons s'adressèrent au maire et aux officiers municipaux demandant que l'image de la Vierge fut descendue et des prières faites poilr implorer son intercession.

M. Durieux, curé de la paroisse Notre-Dame, fut, en conséquence, le 20 avril au soir prié, de descendre l'image de la Vierge, et une procession fut ordonnée pour le lendemain matin,à laquelle l'image de la Vierge fut portée.

La coutume de descendre la statue de la Viergeet de l'exposer pendant neuf jours à la vénération des fidèles, s'est conservée et existe encore. On le fait surtout à l'époque des grandes sécheresses.

Etablissement de la garde nationale. — C'est le 2 mai que fut constituée la garde nationale. Elle se composait d'un état-major, d'une compagnie de grenadiers et d'une compagnie de chasseurs. Les o^iciers et sous-officiers en furent nommés par une assemblée de volontaires réunis au château.

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Od ât partir, ce jour même, un détachement pour Hérisson, oii l'on craignait des troubles.

Le sire de BartiUat. — Le 15 mai, une députatioa d'ofnciers municipaux, composée de M. M. Cornât et Duché, et des notables Moreau, Durieux, Duprat Jacques, est chargée d'aller voir, sur place, si le sire de Ilartillat &isait réellement, en son chAleau de l'Aage, commune de Saint- Martinien, actuellement commune dépendant du canton d'Huriel, une collection de canons et des apprêts d'attaque ou de défense, aiosi que le bruit en courait.

Le sire de Bartillat se défendit énergiquement des faits dont l'accusait la rumeur publique.

La potenoe du toarohi au blé. — L'année n'avait pas été bonne ; aussi, le 28 mai, le bruit circula dans le public que le blé allait être taxé.

Le maire fit alors publier par le héraut municipal un avis contre ces bruits pessimistes et alarmants.

Les langues, cependant, ne s'apaisaient point, et le premier juin un détachement de la garde nationale se voyait contraint d'accompagner jusqu'à Montmarault la commission chargée d'approvisionner la ville de blé pour le marché du lendemain.

Pendant cet intervalle, le lieutenant général de police ordonnait la plantation, sur la place du Marché au blé,d'uDe potence destinée à effrayer ceux qui jetaient l'agitation dans les campagnes, répandant le bruit qu'on allait imposer les blés.

L'assemblée des habitants protesta contre cette mesure, et M. Perrot des Chalais, officier de la maréchaussée, s'offrit d'aller à Moulins requérir un détachement du régiment de Guyenne.

Le 25 juin, les habitants de Montlucon adressèrent è, l'Assemblée Nationale une pétitiou tendant à obtenir pour Montlucon un tribunal supérieur ou tout au moins un évéché.

Le deux juillet, la ville institua un bureau des pauvres chargé de la distribution du pain aux infirmes.

Le 4 juillet, l'assemblée prend une délibération relativement à l'enlèvement des boues et immondices de la ville.

Aux termes de cet arrêté, l'adjudicataire était tenu d'avoir un tombereau et d'attacher une sonnette au cou de son cheval. Il devait enlever les boues et fumiers tous les dimanches {sauf pendant les heures du service divin) et tous les jeudis, du lever du soleil k trois heures du soir, sous peine de trois livres d'amende.

Le serment fédératif. — l.e 14 juillet, eut lieu, au château, la cérémonie du serment fédéralif suivant :

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■ A dix heures du malio, le conseil se Iransporla bu cli&leau de la ville, lieu a indiqué pour ta cérémonie, à laquelle tous les corps eecléaiasliquesj civils el mili- « laires étaient invités.

a L'assemblée de tous ces corps, à laquelle tous les ciloyeas do l'un et l'autre t sexe, mâme les enfants, dont ceux du genre masculin formaient une compagnie de < volontaires à la suite de la garde nationale, etUH. Bonhomme, Joulaud,Toupriant,

* Doger, Yves, Benat et Chaumeton, rhéloriciens au collège do la ville, s'étaient *' réunis, une fois formée, on chanta l'hymne du Kern Creator. A lasuite de ce chant,

* M. Aubergier, chanoine et syndic du chapitre de Si-Nicolas, célébra une messe A •i l'autel dressé A cet effel au milieu du chtteau.

« H. Durteux, curé de Notre-Dame, y prononça un discours ; H. le procureur « de la commune en fit autant, ainsi que M le Maire, pai» le serment suivant fut

* prononcé :

> Nous jurons d'être fidèles è jamais A la Nation, A la Loi et au Rot, de main-

* tenir de tout noire pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée Nationale et

* acœptée par le roi ; de protéger, conformément aux lois, la sûreté des personnes, t la libre circulation des grains et subsistances dans l'intérieur du royaume el la t perception des contributions publiques, sous quelques formes qu'elles existent ; de

* demeurer unis A tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité.

( Co sonnent prêté, un Te Deum fut chanté, suivi des versets : Domine Salvam, " fac genlem... Domine Salvam fac iegem... Domine Salimm fac regem. b

Le procès-verbal de cette cérémonie est attesté par 650 signatures eaviroD.

Le 20 août, le district ordonnait la démolition d'une des tours du château, qui menaçait ruine.

La iDunicipatité protesta contre cette mesure et y mit opposition.

Le 2 septembre, il fut procédé, par les volontaires, à l'électtoo, au scrutin, des membres devant composer le conseil d'administration de la garde nationale.

Furent désignés: MM. de la JaumonI, de Grebert; de la Guérenne, de la Cour ; otficiers.

Coraereau, Constant, Camus et Neyraud, sergents.

Tavenot, Bagard, Tliévenet et Soumero), caporaux.

Pélicat, Philippe, Fradel, Bompais, Mory et Faugeret, volontaires grenadiers.

Valeton père, Guérin, Baillot, Favier l'atné, Michel, apothicaire, et Deron, serrurier, volontaires chasseurs.

Le 2 août précédent, le sous-lieutenant Coulon était allé à St-Etiennj acheter 50 fusUs.

Vente des biens des oommunautés. ~ Le 3 septembre, les biens des communautés religieuses furent vendus à l'exception de ta maison du prieuré, que le conseil d'administration se réserva pour en foire le près* bytère de l'église Notre-Dame.

Le même jour, le conseil iatroduit une demande en échange des bâtiments et enclos du collège avec les pères Cordeliers, o(i serait le dit collège.

Eglise Notre-Dame

Surveillstioe des maraudeurs. — Les vols, daos les vigaes, étaient alors des plus fréquents et nombreuse, sélaient les plaintes portées par les habitants.

Aussi, le 21 septembre, il est décidé que les citoyens seront invités & établir une garde dans chaque cantonnement de vigne.

Les gardiens désignés profèrent serment devant la municipalité et leurs noms enregistrés par le grefiier.

Le 30 septembre fut formée une garde nationale d'enfants patriotes. MM. Martinet et Raby fils en furent nommés officiers généraux et en prirent immédiatement la direction.

Le 20 octobre, Anne de Sainthorent, en religion sœur Sainte- Luce, demanda à sortir du couvent des Ursulines et se retira le lendemain dans sa famille.

Le 5 novembre, M. Chevalier donna sa démission de maire, par suite de sa nomination en qualité de juge au district.

Le 12 novembre, M. Cantal, qui venait d'être nommé premier suppléant au district, donna sa démission d'officier municipal.

Le même jour, le conseil général de la commune était renouvelé par moitié. Il fut procédé par tirage au sort à la désignation des quatre ofHciers municipaux qui devaient être remplacés.

PÉRIODE RÉVOLUTlONNAmE 147

Le sort désigna comme membres aorlants : MM. Vidal, BrugiËre, Desm&rest et Duché.

Quant aux notables appelés â faire partie de la même assemblée, le nombre en fut réduit h sept et les membres désignés sortants furent MM. Dupeyronx, Mourlon, Fretet, Renevier, Canillac, Jacques et Petit.

Le 14 novembre, it fut procédé à la composition du dit conseil et M. de Favières fut élu maire.

Nomination du Juge de Paix. — Le 24 novembre, on procéda à l'élection du Juge de paix et de ses assesseurs.

M. Petitjean fui nommé juge de paix, MM. Raby fils, Martinet de la Croze, Aupetitet Fat^in, assesseurs.

Cette élection ne se fit pas sans difficultés, témoin cet extrait du procès-verbal relatant le troisième tour de scrutin :

0 Nous soussigni^s, commissairoa députés par le présideol de la section do gau- > che, t l'effet do nous transporter, clicï Madame Boscq, épouse de M. le cammis- « saire do police, qui a déclaré que sa femme lui avait coolie que quelqu'un avait ■ offert UQC somme de six livres pour étro nommé juge de paix et pour raison de t qnoi l'assemblée a voté des rcmerciemcnls à M Boscq et pour tout & la fois savoir n la vérité précise du fait dénonce par son mari nous faisons lo rapport suivant :

( Madame Boscq nous a ingéaument déclaré de bonne foi qu'hier en causant avec

< sa voisine Madame Dechaud sur les affaires du temps, la question du juge de paix

< & nommer fut mise sur le tapis ; que Madame Dechaud lui dit : ■ Je vous dirais « que je sais de mon neveu Hichard qu'on lui a offert la somme de six livres et à' ( dîner pour lui donner les voix qu'il avait procurées à M. Fargin à cet effet. En foi « de quoi nous avons signé : Guérin père, Lespinard, Thévenel. >

Richard appelé à la barre de l'assemblée, nie que le propos lui ait été tenu, prétendant l'avoir vaguement entendu sur les places de Saint-Pierre, de Notre-Dame et du Château. Il a pu dire que M. Fargin était un homme instruit et capable de faire un juge de paix, mais il n'a reçu de lui aucune commission, directement ou indirectement.

L'oncle Dechaud, chirurgieu « poussé par le civisme le plus pur • s'avance et • dit que sa femme lut avait déclaré que Richard, son neveu, lui avait dît qu'un particulier lui avait offert six livres et à dîner pour avoir des voix. > De nouveau Richard nie mordicus.

Puis, c'est un autre qui prétend que l'abbé l'a engagé à faire voter pour Raby, et l'assemblée délibère gravement sur quelques autres ■ histoires * aussi graves, avant de procéder au scrutin.

M. Petitjean fut nommé juge de paix et l'affaire n'eut pas d'autres suites.

Le 17 décembre 1790, un membre propose la démolition de la Porte Saint- Pierre qui gênait la circulation, laquelle fut ajournée.

Cette proposKion futà maintes reprises l'objet de délibérations analogues de la part de l'assemblée communale, ainsi que nous le verrons par la suite.

Accident au gué des Hes. — Comme on le sait, il n'y avait pas & cette époque de pont sur le Cher, aux Iles, et on passait la rivière en barque, au lieu dit le gué des Iles.

L'endroit était dangereux et deux hommes y ayant trouvé la mort, l'assemblée se préocopa de cette question et prit une délibération en conséquence, mais sans résultat, car cet état de choses subsista longtemps encore, aussi aurons-nous dans la suite à mentionner plusieurs autres accidents.

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