‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 34 sur 113 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Période Révolutionnaire (suite)

InsUtllatton des juges du district. — Départ des Capucins du monastèr» du faubourg Saint-Pierre (Janvier 1 791 ). — Serment oiTique du clergé. — Vente de la propriété des Bernardines.

— Le cimetière Saint-Pierre. — Projet de création d'un hôpital général. — Le cimetière des Hollandais. — Suppression des annoîriea sur les monuments publics. — Le P. cordelier Sonchard rétracte son serment civique. — Les moines de Sept-Fons s'installent & Hontluçon. — Départ des Tolontaires pour la frontière. — Prodamatioii solennelle de la Constitution.

— Les Ursulines hésitent à prêter le serment prescrit par la loi. — Navigation du Cher. -- Une fabrique de cotonnade. — Fermeture des chapelles des communautés. — Régime de la prison. — Plantation d'un arbre de la Liberté. — Pétition des. bouchers. — Inauguration de la halle de la boucherie. — Fête civique sur la Place du Ch&teau (15 juillet 1792).

Installation des juges du district. — L'année 1791 débuta par rinstallation des juges du district qui eut lieu le 10 janvier. Le tribunal se composait de MM. Alexandre Raby, Gaspard Renard, Jacques Boirot, de Lacour, Gilbert Chevalier, de la trugne, Gilbert-François Meunier, Dessagne.

A cette occasion, une messe fut célébrée, le lendemain en l'église Notre-Dame.

Le 14 janvier, M. Petitjean, nommé juge de pais, prêta serment devant la municipalité.

Le même jour fut installé le tribunal de première instance du district de Montluçon. •

C'est en novembre 1790 que Montluçon avait été érigé en district. lA ville fut alors divisée en cinq sections : quatre extra muro» : celles de Châtelard, de l'Ermitage, des Isles ou Saint-Jean, du faubourg Saint- Pierre, et la cinquième, intra muras, dite section ville.

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Départ des Capucins du faubourg Saiut-Pierrs. — Nous avons vu qu'en 1600 avait été bâti un couvent de Capucins, daa3 un terrain sis Eaubourg Saint-Pierre.

Une partie de ces bâtiments existait encore il y a un demi-siècle. On les désignait sous le nom d'Hôtel des Arts, qualification prétentieuse qu'ils ne justifiaient guère, car il n'y avait aucune peinture, point de sculpture, et aucunes proportions architecturales.

Les Capucins évacuèrent leur couvent au moins de janvier 1791,

Deux de ces religieux, cependant, prêtèrent, le 23 janvier de cette année, le serment prescrit par le décret du 27 novembre précédent, de l'Assemblée Nationale.

Ce furent : Martin Eloy et Macadier Claude.

Serment du clergé. — Le même serment fut prêté également devant la municipalité par : Georges Durieux, curé ; Gr^ire Petit et Louis Berroyers, vicaires; Benoist Paul, es-chanoine de Saint-Nicolas; Pierre Brandely. Anne-Joseph Soucbard, cordeliers, tous de la paroisse Notre-Dame; et par: Boulet, curé; Claude Michelon, Paul Mazure et Jean-Baptiste Gozard, vicaires ; François Gourdon, prêtre communaliste, tous les quatre de la paroisse Saint-Pierre.

Trihunal de Commerce. — L'institution de la juridiction consulaire qui date du règne de Henri H, se développa lentement en France. Néanmoins dès 1791, nos concitoyens caressaient l'espoir d'obtenir une juridiction de ce genre et en faisaient la demande au département, auquel ils déléguèrent deux commissaires, UM. Philippe et Meillet, le 28 janvier. La question fut ajournée.

Le 5 février fut fondé le club des Amis de la Litierté. Le règlement en fut déposé sur le bureau de l'assemblée communale par MM. Chabot, Martinet de la Croze et Thévenet.

Le même jour, une subvention de 4.200 livres fut Clouée par le département en faveur des Ateliers de Charité de Montluçon.

Sur la proposition de Talleyrand de Périgord, évêque d'Autuo, l'Assemblée Nationale, après avoir proclamé la liberté absolue de conscience et de culte, avait décidé que le clergé n'était pas propriétaire, mais simplement administrateur des biens ecclésiastiques ; que l'État, en conséquence pouvait disposer de ces biens, à la charge par lui de pourvoir aux frais du culte, à l'eutretien des ministres du culte et du soin des hôpitaux.

Vente de la propriété des Bernardines — A Montiuçon, comme ailleurs, en vertu de cette décision, les biens ecclésiastiques furent mis en vente, et M. de Favières, maire de cette ville, fit l'acquisition de la propriété du Ch&telet, qui avait appartenu aux Bernardioes, ce qui lui valut

de la part du district, le vote d'uae cocarde d'honneur d'une valeur de trente livres, le 12 février.

Le 25 février 1791, la commune demanda à être autorisée, par décret, & emprunter 24.000 livres destinées & faire l'acquiailion des bâtiments des Cordeliers, des Capucins et db Saint-Nicolas.

Le 17 mars, le conseil vote de nouveau la démolition de l'avant-porte Saint-Pierre qui menaçait la sécurité des habitants.

Le 8 avril, l'assemblée décide que toutes armoiries placées, soit & l'hâtel communal, soit à la tour de l'horloge et autres lieux publics, soient rayées et supprimées, en exécution du décret du 19 juin 1790.

Le cimetière Saint-Pierre devient le marché des toiles. — A la mâme date, le marché des toiles et poteries fut établi sur l'emplacement de l'ancien cimetière Saint-Pierre, aujourd'hui place de la Poterie.

Le 1'"' mai, il est procédé, au ch&teau, à la nomination des officiers, sous-ofiiciers et caporaux de la garde nationale.

Le sieur Berny, de Moulins, avait été chaîné en 1780, des travaux de réparation de l'horloge du chAteau.

Le montant de l'entreprise s'élevait à 1.200 livres, sur lesquelles le soumissionnaire avait déjà touché les trois quarts. Les travaux traînant en longueur; le conseil, le treize mai, prit une délibération sommant l'entrepreneur de terminer ses travaux.

Il est bon d'ajouter d'autre part que pour des réparations h la tour de l'horloge, les habitants avaient été mis à contribution et qu'ils avaient donné une somme de 600 livres.

Projet de création d'an hôpital général. — La maison de la Charité, avons-nous dit, était desservie par des sœurs de Saint-Lazare, dites de ( la Marmite •.

La supérieure de la maison étant venue à mourir, le conseil prit le 27 mai 1791, une délibération tendant à la réunion de l'Hdtel-Dieu & la Charité ; dans ce but, 11 décida qu'une somme de 5.000 livres, destinée à la création d'un hépital général, serait demandée & l'administration centrale.

Le 14 juillet 1791, la seconde fête de la Fédération fut célébrée. Un coup de canon fut tiré avant la messe; un second, à la préface; deux pendant l'élévation et trois à l'issue de la messe.

On chanta même les versets : Domine, salvam foc gentem, Domine, aalvam fac legem, Domine, salvam fac regem.

Une souscription pour l'acquisition de fusils destinés à la garde nationale ayant produit plus que la somme à ce nécessaire, l'assemblée décida, le 5 août, que l'excédent serait affecté k la fonte de quatre canons, nécessaires à la défense de la ville.

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Le Cimetière des HollandaiB.— Le même jour fut cédé à la ville, le terrain dénommé « Cimetière des Hollandais > situé près du couvent des Capucins, où avaient été inhumés les prisonniers de guerre hollanilais.

Le Conseil vota également l'élargissement du chemin des Conciles, dévalant à la rivière.

L'assemblée, le 9 août, prenait une nouvelle délibération tendant & acquérir le couvent et l'église des Cordeliers, mais en spécifiant bien que c'était pour en faire un hépital.

Suppression des armoiries sar les monuments publies. — Le 16 septembre 1791, une somme de 18 livres est allouée au couvreur Chevalier, chargé par la municipalité * d'ellacer les armoiries inscrites sur les portes

Le P. oordeller Souchard rétracte son serment. — Le père Anne-Joseph Souchard, gardien du couvent des Cordeliers, rétracte par lettre adressée à la municipalité, le serment civique qu'il avait prêté au mois de février précédent.

Les moines de Sept-Fons s'installent & Hontluçon. — Les Capucins, ayant quitté leur couvent dans le courant du mois de janvier 1791 ; un arrêté du 6 septembre de~ la même année, du directoire du département de l'Allier, l'assigna pour résidence aux trappistes de Sepl-Fons, qui avaient préféré la vie commune^ la liberté. Ils y arrivèrent quelques jours après et ne repartirent de Montluçon qu'en janvier 1793.

Ils étaient au nombre de vingt.

Tous refusèrent de prêter serment à la constitution civile du clergé, ce qui n'empêcha point les habitants de Montluçon de les estimer, car ils faisaient aux pauvres de grandes auménes, et d'essayer de les garder, ainsi qu'il résulte d'une délibération du 4 septembre 1792.

Le bréviaire de ces trappistes existe toujours h la bibliothèque municipale. C'est la seule chose qui puisse nous les rappeler ici.

Départ des Tolontaires. — Le 30 septembre 1791, les volontaires allant défendre la patrie aux frontières, se rendirent, suivant les prescriptions du directeur du district, k l'église Notre-Dame, oii étaient également convoqués en corps toutes les autorités locales. A l'issue de la cérémonie, chacun d'eux reçut du maire, M. de Favières, la cocarde civique confectionnée à leur Intention.

Proclamation da la Constitation. — Le 9 octobre fut solennellement proclamée, à l'issue de la messe de chaque paroisse, la loi de la Constitution française. A cet effet, un Te Deum fut chanté au lieu ordi-

naire de l'autel de la Patrie. Des salves de canon furent tirées, ua teu de joie fut allumé, et beaucoup d'habitants illuminèrent.

Le 21 octobre 1791, cinq nouvelles foires furent établies, ce qui portait le nombre total à douze.

Le 15 novembre, il fut procédé au renouvellement du Conseil général. M. de Favières fut élu maire. Il ne conserva cette fonction que trois jours et donna sa démission.

Aussi le 20 novembre, il était remplacé par M. Deroiville, homme de loi, qui lui-même démissionnait cinq jours plus lard.

Beaucoup de prêtres, à la suite de nouvelles mesures prises par la municipalité en exécution des décrets de l'Assemblée Nationale, avaient quitté la ville. Gourdon, le dernier communaiiste de Saint-Pierre, ayant exprimé son intention de renoncer à son minisLèrej les officiers municipaux, en vue d'assurer le service du culte, prennent un arrêté le 3 décembre pour l'obliger > à faire fonction de diacre, porter la croix et les images, etc. >, jusqu'à l'arrivée de son successeur, à peine de deux sols par jour ordinaire et cinq sols chaque dimanche et fête.

Le curé de Saint-Pierre n'ayant touché que sept cents livres, au lieu de douze cents qu'il devait recevoir et qui ont été allouées à son confrère de Notre-Dame, adresse une lettre de réclamation à l'assemblée.

L'abbé Jean-Baptiste Gozard, vicaire de Saint-Pierre, rétracte le serment fait par lui au mois de février précédent.

La salle de l'hêtel commun (porte des Cordelier») était beaucoup trop étroite pour les délibérations du Conseil ; aussi, le 23 décembre, le Conseil général demande à tenir ses séances, soit dans l'édiâce Saint- Nicolas ou dans les b&timents des Cordeliers.

Ce même jour (23 décembre), le Conseil fit faire par l'entrepreneur Barjaud, le devis de la tonlaine des Forges.

Le 10 janvier 1792, l'administration départementale alloua à la commune une somme de sept mille neuf cent quarante-quatre livres destinée aux Ateliers de Charité.

Le 14 janvier, le Conseil vota trois cent quatre-vingt trois livres destinées à l'acquisition de poudre et de plomb, en vue de la défense de la ville contre les incursions et les traîtres.

Les Ursulines hésitent à prêter le serment prescrit par la loi. — Le 29 janvier, les officierd municipaux se rendirent au couvent des Ursulines pour recevoir d'elles le serment prescrit par les lois des 26 décembre 1790 et 27 mars 1791.

Au nom des trente et une religieuses présentes, la supérieure. Madame Antoinette de Lyonoe {dite Sotn(e-Procwle), demanda un mois pour se renseigner, alléguant que les Ursulines, jusqu'à présent soumises

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h la loi, instruisaieat gratuitement la jeunesse, ne croyaient pas que l'Assemblée Nationale ait entendu les comprendre dans la classe des fonctionnaires publics chargés de l'instruction.

Nous croyons bon de reproduire, à cette occasion, la liste des supérieures des Ursulines de Montluçon, qui ont présidé à cette importante communauté :

De 1647 à 1656, Hère de la Visitation de Langlée ;

De 1656 à 1658, Mère de Saint-Louis Guyet ;

De 1658 à 1665 on ne connaît pas de Supérieure ;

De 1665 à 1680, Mère Françoise-Marguerite de Lai<itre.

C'est elle qui a b&li le monastère. Elle mourut en 1701.

De 1681 à 1691, Mère Blanche des Anges ;

De 1691 & 1699, Mère Anne de Saint-Joseph ;

De 1699 à 1707, Mère Claude de Saint-Charles d'Airon ;

De 1707 à 1718, Mère Jacqueline Soûlaud de Saint-Michel ;

De 1718 à 1725, Mère Antoinette de BroD ou de Brou de Sainte- Geneviève ;

De 1725 à 1739, Mère Silvie Desternes de Saint-Gabriel ;

De 1739 à 1759, Mère Marte -Jean ne- Ursule Perethoa de !a Châtre de Sainte-CIotilde ;

En 1759, Mère Pétronille de Basqueville de Sainte-Thérèse ;

De 1759 & 1765, Mère Rose de la Roche de Sainte-Geneviève ;

De 1765 à 1771, Mère Marie de Ghacaton de Sainte-Félicité ;

De 1771 à 1777, Mère Marie-Anne-Michel Dessales de St-Ambroise ;

De 1777 à 1784, Mère Antoineite de Lyonne de Sainte-Procule ;

De 1784 à la fin, Mère Louise de Chambon Desternes, dite de Sainte- Victoire.

Le 3 février, les mêmes ofQciers municipaux reçurent !e serment de Claude Duval, abbé Villette, Viviant, Sandrin, Ferruge, Barbon, Dumont et de dame Lécuyer, maîtres et maltresse d'école.

M. l'abbé Renevier, principal du collège, déclara inutile de prêter de nouveau serment comme professeur, faisant remarquer que le serment qu'il avait précédemment prêté comme prêtre devait l'en dispenser. Il demanda donc un délai avant de se prononcer.

Navigatioii du Cher. — Le 3 février 1792, le Conseil émit le vœu que le Cher fut rendu navigable de Vierzon au pont de Montluçon, et que les routes fussent achevées, conformément aux conclusions du rapport d'une commission composée de MM. Deplaigne, Garreau du Planchât, Meillet et de Favières.

Voici un résumé de ce rapport :

I l" La ville de Montluçon, chef-lieu de district de l'Allier, située sur

156 Histoire de Hontluçon

les bords du Cher, est placée au point de réunioa de quatre grandes routes presque Unies : celles d'Autun, Limoges, Bourges et ClermoQt.

« Navigation du Cher. — 2» Un autre moyen de communication, encore plus précieux, plus économique, serait de rendre le Cher navigable, depuis le pont de Mootlucoa jusqu'à Vierzon. ■ La ville de Montlucon peut obtenir par la navigation du Cher des débouchés capables de la vivifier et de tirer les habitants, actifs par caractère, de l'état de stagnation où ils se trouvent forcés de languir. C'est un moyen assuré de faire fleurir dans ce district et ceux voisins, l'agriculture, le commerce et les arts. ■

I Les frais de transport sur ce terrain montagneux sont si élevés que le propriélaîre est à peine dédommagé de ses avances et qu'il tiésite à faire des dépenses pour défricher les parties non cultivées, au grand détriment de la classe indigeate, i. laquelle une exportation facile procurerait le travail et l'aisance. Or, le Cher rendu navigable, serait une excellente voie pour le débouché de l'excédent de la production.

ir Avant d'arriver à Vierzon, cette rivière passe & Meaulne, St-Amand, Chftteauneuf et la Madeleine des Bouix. Elle arrose des plaines assez fertiles et coule entre des * coteaux plantés en vignes qui produisent du vin d'assez bonne qualité. « La pente jusqu'à Vierzon est suivie et le nivellement du terrain est exact. Les bateaux abordentaisément jusqu'à la Madeleine des Bouix, à dix-huit lieues environ de distance de Montluçon. Des citoyens, animés du vrai désir du bien public, ont démontré la possibilité de les faire remonter jusqu'au pont de Montluçon, et ils l'ont elTectivement fait avec peu de travaux, ce qui nous prouve la facilité de l'entreprise. * Depuis longtemps on y fait Hotter des bois de merrain tirés des forêts de Tronçais et de Lespinasse. Il n'est point besoin de faire des ports et des écluses, de couper des montagnes ou de les percer. Un seul chemin de halage suflirait pourfendre le Chernavigable pendant six mois. Les pierres nécessaires au glacis se trouvent partout. On tirerait le gravier du Cher. La construction serait peu coûteuse et fournirait des ateliers de secours où seraient admis au travail des hommes à qui le besoin le rend bien nécessaire. Elle aurait le double avantage de former une chaussée qui opposerait un rempart à la fureur des eaux qui, lors de la fonte des neiges dernières, ont désolé nos campagnes, i

« On pourrait ■ réunir au dessus du pont de Montluçon, la rivière qui coule au pont de Borre, ce qui rendrait le Cher navigable huit à neuf mois de l'anuée. < La dépense serait un peu plus considérable ; mais cela ne doit pas arrêter si l'on considère que l'on travaille pour l'éternité, pour l'utilité publique et générale, que l'on applanit & un million d'àmes la route de la félicité, en multipliant à l'infini le commerce des habitants de dilTéreats départements. *

• L'excédent de seigle du district de Chambon et d'Evaux est amené à

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do3 de cheval au marché de Mootluçon, où ilest échangé contre le froment de Saint-AmaDd de la même façon.

( Acheté bon marché, ce seigle est revendu cher par les voituriers. Il en serait autrement si le Cher portait bateau et «i si jamais on construisait un canal en Berry, ainsi que le projet en a été arrêté en 1545, 155i, 1587 et 1603. .

■ Les habitants du département de la Creuse tirent également leurs vins du vignoble de Hontlucon ; on nous reprochera peut-être sa faible

, qualité ; mais le reproche cessera d'être fondé, la qualité deviendra bien supérieure quand le débit sera assuré, parce que les propriétaires seront intéressés à faire cultiver avec plus de soins leurs vignes, à choisir l'espèce du raisin et à s'occuper plus attentivement de la manipulation. L'expérience nous prouve déjà cette vérité ; ils s'en procureront aussi d'une qualité supérieure en le tirant des vignes plantées sur les montagnes qui côtoient le Cher où les propriétaires se trouvent forcés de le vendre aujourd'hui à des voituriers qui le conduisent à dos de cheval. Dans les temps de disette, ces habitants de la Creuse le tireront aisément de Saint-Amand ; dans les cas de défaut de récolte, Saint- Amand et Boui^es pourraient en tirer de Montluçon.

■ Si donc le Cher était navigable, nous verrions bientôt des bruyères immenses cultivées et rapporter avec abondance des seigles ; noua verrions des ceps de vigne prendre sur nos montagnes la place des ronces et des genêts ; car, on le répète, rien ne remue les hommes comme l'espoir du proBt.

f Amenés par voie d'eau, les fers de Bigny, Charenton et Saint-Jean-de- Bouis coûteraient à Montluçon, presqu'aussi bon marché qu'à la forge.

t On pourrait taire en cette ville, un- dépôt des épiceries, savons, oranges et de toutes les marchandises tirées du Languedoc et de la Provence, du Lyonnais et du Forez. Ils seraient de là exportés à Bourges, Tours, etc. d'oîi les conamer^ants pourraient ramener de la marée, ainsi que toutes autres marchandises, dont nous manquons, et qui nous deviennent nécessaires.

■ Les villes de Saint-Amand et Bourges conduisent des chanvres qui se vendent au marché de cette ville, lesquels réunis à ceux qui se récoltent dans le pays, se fabriquent en toile et drc^uet dans les différentes localités du Puy-de-Dôme et de l'Allier. Ces toiles fabriquées, sont vendues en très -grandes quantités pour la marine ; les droguets pour vêtir les gens de la campagne dea départements de la Creuse, du Cher, de l'Indre et ainsi de suite. Les frais de voiture augmentent énormément le prix de ces marchandises, dont il se f^it un commerce étonnant et jusqu'à ce jour inconna. Si le transport pouvait se faire à meilleur prix, on verrait

bientôt s'établir des manufectures de toile, de serge et de droguet et des filatures de chanvre et de laine.

• Après les productions ordinaires, ies plus précieux de nos trésors sont des mines fécondes de charboa de terre qui, suppléant à la destruction des forêts, fourniraieut au plus grand besoin du genre humain. Il est d'un usage journalier et des plus utiles, puisque sans lui on ne saurait forger les instruments de l'agriculture et dâs fabriques. Cependant, faute d'un débit assuré, le produit de ces mines est négligé.

• L'iucertitudedudébit, le défaut d'exportation ODtfaitnégligerjusqu'& ce jour les moyensd'augmeuter nos richesses, parceque daas l'état actuel, la vente ne s'en fait qu'àdesouvriersdu pays; en conséquence, les puils, bientôt abandonnés par les petites exploitations se comblent, se remplissent d'eau, ce qui formeun nouvel obstacleà une exploitation avantageuse.

■ Les charbons de Commentry le disputent en qualité àceux de Feix. Eloignées de Montluçon de deux petites lieues, ces houillères fourniraient aisément par leur abondance aux départements de l'Indre, du Cher, etc. Les mines de Doyet dont le charbon ne parait pas d'aussi bonne qualité, mais très bon pour faire cuire la tuile, terre et pierre calcaire, sont très abondantes, et ce charbon pourrait devenir en creusant davantage, d'aussi bonne qualité que celui de Feix-Ies-Mines ; cas mines ne sont éloignées de cette ville que de trois lienes. La navigation du Cher encouragerait l'exploitation, parce qu'elle assurerait le débit.

< It existe aussi une mine d'antimoine sur les bords de la rivière du Cher, & trois petites lieues du pont de Montluçon, dont on a déjà fait des extractions pour le conduire à Orléans. Les frais de transport ont aussi fait négliger la continuation des fouilles nécessaires pour cette extraction . Ce canton, enfm, abonde en mines de plomb et autres minéraux dont on n'ose entreprendre l'exploitation, à défaut de communication.

• Les bois de marinedela forôt de Tronçais, distante de Meaulne d'une petite lieue ; ceux de Lespinasse, éloignés de la rivière du Cher de deux lieues, sont conduits à Urcay, deux lieues de Tronçais et cinq de Lespinasse. Ils y sont embarqués avec beaucoup de peine et non sans danger, . faute de quelques réparations. Il en coûterait beaucoup moins pour le transport s'ils étaient embarqués : ceux de Tronçais à Meaulne, ceux de Lespinasse à Reugny, trois lieues de Montluçon.

■ On conduirait également à Meaulne ceux des forêts de DreuiUe, de Soulongis et autres que l'on conduit à Moulins, huit lieues de distance.

■ Quels avantages, quelles dépenses de moins, si les bois de ces forêts et toutes celles qui les avoisinent étaient embarqués sur le Cher !

• 11 se trouverait encore une quantité considérable de bois de marine dans différents bois et forêts des départements de la Creuse, de l'Indre, du Cher, du Puy-de-Dôme et de l'Allier, qui seraient facilement conduits

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sur les dilTéreDts porta du Cher et au poot de Moutlaçon. Tels sont les bois de Lépaud, de la Ghapelaude, de Chambérat, de Saint-Sauvier, de la forôt de Gouzod> de Piousat, de Moataigut, etc. Ces bois, ne pouvant être exportés à cause de l'éloignement, sont coupés en bois de merrain, lattes et bois de charpente, perte précieuse pour l'Etat qui manque de bois de marine.

• Le but que nous nous sommes proposés, conclut le rapporteur, a été de préparer des voies pour obtenir un établissement praticable et

• Nous demandons avec insistance et au nom du bien public, que le bureau central de l'adminisl ration du commerce veuille bien s'en occuper et nommer des commissaires ingénieurs pour en constater la vérité, l'utilité, la focilité.

< Forcés aujourd'hui dans les derniers retranchements de la pénurie, nous l&cherons, par une activité soutenue, de provoquer fortement la fécondité de la terre, afin d'être un jour k même d'aider plua amplement nos frères de notre excédent. Ce sera par nos efforts multipliés, que nous chercherons à témoigner notre recoooaissaace à nos bienfaiteurs et notre attachement respectueux à la Constitution. *

I^s commissaires, ainsi qu'il est facile de s'en convaincre par le rapport qui précède avaient passé en revue toutes les branches de commerce, capables de faire de notre cité un grand centre industriel. Grains, vins, fers, chanvres, toiles, mines de charbon et d'antimoine, bois, etc., ils n'avaient rien oublié, se bornant à attendre la réalisation de ces pro< jels à la canalisation future du Cher, qu'ils considéraient comme une source de grands revenus.

Ceux qui vinrent après eux, profitèrent des idées qu'ils avaient émises ; et, s'ils n'obtinrent pas la canalisation de la rivière, ils furent assez heureux cependant, pour voir se réaliser des projets qui firent de Montluçon une ville importante, qui n'a pas encore dit son dernier mot.

Assignats. — Certains habitants refusèrent les assignats. Aussi, le 10 février 1792, la municipalité prit une délibération en obligeant l'échange, chargeant en même temps la garde nationale de prêter mainforte en cas de besoin.

Une fabrique de cotonnade, — Il existait èMontIuçon une filature établie par les soins et sous les auspices de la municipalité, et où étaient employées les jeunes filles du pays. La directrice était H""" Couturier, qui, pour sa chaîne, touchait 300 livres par an.

Le 24 mars, les citoyens de Favières, Vidal et Durin, furent chargés, en qualité d'administrateurs de la dite filature, d'en vérifier les livres de comptes.

Il fut établi que, du 19 mars 1791 au 24 mars 1792, la vente des colonnades, mouchoirs, bazins, mousselines, avait produit 3280 livres et celle des cotons et Ris de dilTérenles espèces, 1033 livres.

Le 16 avril, soixante livres furent allouées au sieur Bardonnet, sacristain de l'église Notre-Dame, pour luminaire des processions et réjouissances publiques.

Fermeture dea chapelles des communautés. — Le premier mai furent fermées : l'église des Ursulines, celle des Capucins et la chapelle del'HAtel'Dieu.

La prison était installée dans une des tours du château. La nourriture des prisonniers se composait esclusivement de pain ; mais le règlenient ne s'opposait pas à ce quedesadoucissemeatsfussentapportésàcerégime par trop rigoureux, et des quôtes étaient faites dans ce but en ville par des âmes charitables ; c'est ainsi que Mademoiselle Martinet du Goudray fut chaînée, le 19 mai, d'en percevoir le produit et prit le titre de « receveur charitable ». Uo chirurgien était affecté à la prison. C'était alors M. Lespinard, nommé le 11 mai, en remplacement de M. Pradiae. Celui-ci qui était officier municipal, donna sa démission le 25 du même mois, & la suite d'une querelle avec ses confrères.

Plantation et b&nédiction d'un arbre de la Liberté.— Le 26 mai, tous les fonctionnaires, accompagnés du corps municipal, après avoir assisté aux vêpres, se rendirent sur la place Notre-Dame pour assister à la plantation d'un arbre de la Liberté, qui fut béni par M. Durieux, curé de Notre-Dame. Une estrade avait été élevée pour les autorités. Des discours lurent prononcés par le maire et le procureur de la commune.

Pétition des bouchers. — Les bouchers, qu'une ordonnance de police obligeait à abattre dans la tuerie et à débiter leur marchandise dans la nouvelle halle, refusèrent de se soumettre plus looglempa & ces règlements. Aussi, le 22 juin, ils députèrent à l'assemblée communale cinq délégués, les sieurs Carry, Vincelet, Villeneuve, Chapes et Trochier, avec mandat de réclamer pour eux et leurs confrères le droit d'abattre et de vendre chez eux.

L'assemblée repoussa cette demande et chargea M. Faugeret, dans le cas oii les bouchers persisteraient dans leurs prétentions, d'acheter les bestiaux nécessaires à l'approvisionnement de la ville et de les vendre au public dans la halle.

Le 29 juin fut fermée la filature établie par la municipalité pour occuper les jeunes filles du pays. Les marchandises qui restaient en magasin furent vendues aux enchères le premier février suivant.

Quatre délégués furent nommés le 8 juillet 1792, pour aller repré-

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senter la gsrde nationale de Montlucoo & la cérémoaie de l'anDiversaire de la Fédération générale, qui devait avoir lieu h Moulins.

Inauffuratioii de la halle de la boucherie. — L'inauguration de ia nouvelle halle de boucherie avait eu lieu en grande pompe et solennité. Des tambours et joueurs de fifre accompagnaient les bouchers lors de leur entrée dans le nouvel édiQce, battant et jouant de leurs instrumenta- Mais comme ils n'avaient rien touché, pour les dédommager de leur perte de temps, les instrumeatlstes réclamèrent une allocation et le 13 juillet, on leur alloua dix livres.

Fdte oiviquft sur la place du oh&teau. —Le 15 juillet1792, toutes les autorités, tant eccléatastiqueâ que municipales et administratives, ainsi que les gardes nationaux, prirent part & une fête civique. Le Te Deum fut chanté par M. Durieux, curé de Notre-Dame, devant l'autel dressé sur la place du château. Des discours furent prononcés par le maire et par MM. de Chabot ills, procureur syndic du district; Raby, juge du tribunal et le commandant de la garde nationale. La fête se termina par de nombreuses salves d'artillerie.

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