‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 35 sur 113 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

PÉEtiODB Révolutionnaire (sditb)

Première réunion du Conseil au oh&teau. — Punition d'un faussaire. — La disette de 1792. — Une condamnation à deux heures de prison. — Visites domiciliaires. — Prestation de serment des fonctionnaires et des membres des congrégations religieuses. — Cherté des grains. — Départ des Ursulines. — Destruction des loups. — Insuffisance des revenus communaux. — La tenue des registres de l'état civil est enlevée au clergé. — Fêtes patriotiques A l'occasion des victoires remportées par nos armées. — Changement de nom de plusieurs rues. — Le pain & sept sous la livre. — Élection et prestation de serment. — Nomination des membres du tribunal. ^- Les boulangera. — Transfert du cimetière Saint-Pierre sur la rive gauche du Cher, (place Denis Papin). — Troubles à l'église Notre-Dame. — Règlement concernant la boulangerie. — Transfert de la mairie et de la gendarmerie au couvent des Ursulines. — Les volontaires de 1792. — Démission du maire Faviéres (de). — Le conseil prend des mesures pour atténuer la disette. — La fête de la Fédération. —Les déserteurs prussiens. — Certificat de civisme délivré aux sœurs de la Charité.

La salle de l'bAtei communal, situé porte des Cordeliers, devenue trop étroite, le conseil pour la première fois, se réunit le 15 juillet 1792, dans la salle d'audience du château, dont l'entrée fut gardée par un garde national.

Punition d'un faussaire. — Deux cabaretiers de Chamblet, les sieurs Delaplace et Michel lils déuoDcèrent, le 18 juillet, un nommé Drioche, d'Évaux, qui, pour payer une chopine de vin consommée chez eux, leur avait dooné un mandat de vingt sols faux. Arrêté et traduit devant le tribunal criminel du département, Drioche y fut condamné à quatre années de fer et exposé pendant six heures au poteau, sur la place publique de Montlucoo.

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La, disette de 1792. — L'année 1792 ne fut pas de celles dont nos ancélres aient pu garder un bon souvenir.

A la suite de fortes gelées survenues au mois de février, qui dégradèrent quantité d'objets mobiliers et immot)ilier3, détruisirent les grains et récoltes, la moisson fut des plus mauvaises et la disette, à la fin d'août, était telle que le Conseil général se voyait dans la nécessité de s'adresser au département, auquel il exposait la déplorable situation de lacommune et réclamait des secours.

A ces calamités, vinrent se joindre d'épouvantables inondations du Ctier et du Lamaron. Tous les jardins de Saint-Pierre furent inondés.

la misère était affreuse, et, d'après les officiers municipaux, le nombre des pauvres devait encore augmenter, si les Bernardines et les Sept-Fontistes étaient obligés d'évacuer la ville.

La municipalité, le 31 août, prétait le serment > d'être Mêle & la Nation et de maintenir la liberté et l'alité ou de mourir en les défendant. *

Condamna à deux heures de prison. — M. Ferruge, chargé du service des étapes, avait oublié de fournir de pain le bataillon du Lot, de passage à Montluçon.

Il fut, pour ce Mt, poursuivi le 4 septembre, devant le tribunal municipal, qui le condamna à deux heures de prison.

Le tribunal municipal jugeait en matière civile et criminelle. Dans ce cas (c'est celui qui nous occupe), il était composé du juge de paix président, et de deux assesseurs.

Visites domiciliaires. — Un décret de l'Assemblée nationale du 28 août ayant ordonné qu'un inventaire serait dressé des armes possédées par chaque citoyen, le 7 septembre, il fut procédé k la nomination des commissaires chargés de fïiire les visites domiciliaires. Furent désignés : MM Fourneau, Bagard et Perceau, pour le quartier St-Pierre (ville). Joye, Benoit et Duval, pour St-Pierre (faut>ourg). Thévenet, Vid^J et Petit, pour les Forges. Faugeret, Ducbet et Belia, pour Notre-Dame (ville). Michel, Cornereau et Jacques, pour les Cordeliers. Cette visite eut lieu trois jours plus tard. Le 18, les commissaires Joye, Benoist, Gilbert et Duval, perquisitionnèrent dans la maison des Trois Ayards, appartenant au sieur Jeannot Bartillat, occupée par Leiieur, ci-devant gardien des Capucins et la veuve Legay. Leurs recherches restèrent infructueuses.

Ils se rendirent, de là, chez le citoyen Gilbert Mazeron, chapelier, où ils avaient trouvé, le 10 septembre, deux pistolets de poche et environ deux ou trois coups de poudre et plombs, appartenant au fils Mazeron, qui leur an fit remise sans difRculté.

Us allèrent ensuite en la maison du sieur Gilbert de Montaignac, commaudeur de Villefranche, chevalier et membre souverain de Malte, qui fut trouvé absent. La gouvernante leur remit un fusil simple sans baïonnette^ un fleuret et une vieille épée, le tout oublié dans ua grenier. Elle leur déclara que M. de Montaignac était en campagne depuis deux ou trois jours ; qu'il avait emporté avec lui son fusil à deux coups et son épée, et qu'à l'^rd de ses deux pistolets et son couteau de chasse, qui avaient été trouvés chez lui lors de la première visite, elle ne savait oii ils étaient. Elle promit de bire part h son maître de la visite des corn-

Inondations. — Des inondations survenues lin août ayant causé de grands dégâts, en conséquence, l'assemblée dans sa réunion du 14 septembre demanda le rétablissement de la levée des Nicauds, de l'ancien pont en pierres des Forges, da pont de Bretonni, du ruisseau des Etourneaux, du pont de la Belette et de la planche de la Preste.

Il fut également décidé dans la même séance, que des réparations seraient exécutées à l'église Saint-Pierre, Le devis de ces travaux s'élevait à dix-huit mille livres.

Preatatioti de sarment des fonotionnaîrea et des membres des congrégations. — Les articles 1 et 2, titre V, de la loi du 18 août 1792 ayant édicté que tout fonctionnaire ou pensionné de l'Etat devait prêter serment ou renoncer à la pension, le Conseil général y procéda le 14 septembre et reçut le serment d'un grand nombre des fonctionnaires ou assimilés.

Le 18 septembre, la municipalité se transporta au couvent des Bernardines pour la prestation de serment. Toutes les religieuses étaient réunies dans une salle et la supérieure demanda un délai de trois jours qui lui fut accordé.

Même scène se passa au couvent des Ursulines, où les officiers municipaux s'étaient rendus en quittant l'établissement des Bernardines.

Le 21, les officiers municipaux retournèrent chez les Ursulines; quinze acceptèrent de prêter serment, dix-neuf refusèrent. Une demanda un nouveau délai.

Chez les Bernardines, trente-quatre religieuses refusèrent de prêter le serment. Trois demandèrent un délai pour réfléchir et se renseigner.

Chez les Sept-Fontistes les onze religieux de chœur et les neut frères coDvers qu'ils y trouvèrent, refusèrent le serment, déclarant que n'étant pas pensionnés de l'Etat, on ne pouvait exiger d'eux le serment imposé par la loi.

Philibert Boulet, curé de Saint-Pierre et Sigismard Leiieur, ci-devant

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capucin, prêtent sennent. Il ea est de même de Gabriel Sacrot, vicaire ; Perrot Pierre, prêtre ; Berthonnet, sacristain, etc.

Cherté des grains. — La cherté des grains persistait, résultat de la mauvaise récolte. Aussi la municipalité, outragée grossièrement dans un placard qu'elle avait fait saisir et craignant des troubles pour le marché du lendemain, décida le âl septembre qu'un détachement de cinquante hommes de la garde nationale serait envoyé sur la place du marché aux blés où un rassemblement de femmes était à redouter. I^e commandant de la gendarmerie et les commissaires furent donc invités à se tenir sur ladite place, pendant toute la durée des transactions.

Départ des Ursulines et des Bernardines. — Le 24 septembre, ta municipalitéreçut la déclaration des religieuses Bernardines et Ursulines se retirant dans leurs familles.

Cet exode de religieuses ne se lit pas, comme bien on pense, en un seul jour. Les départs s'échelonnèrent, devenant de jour en jour plus nombreux pour se terminer le premier octobre.

MM. Lespioard et Philippe furent nommés le 28 septembre : le premier maire et le second officier municipal, en remplacement de MU. Cornât et Fourneau, dont les fonctions nouvelles de juges au tribunal du district, étaient incompatibles avec le mandat dont ils avaient été investis.

Destruction des loups. — Montluçon et ses environs étaient loin d'être en 1792, ce qu'ils sont aujourd'hui, tant s'en faut.

Il y avait un peu partout des bois et des taillis, repaires de nombreuses bêtes dangereuses ou nuisibles,que les rigueurs de la saison sortaient de leurs fourrés et qui infestaient la plaine et jetaient la terreur dans les

Au nombre de ces animaux malfaisants, Qéau permanent, se trouvaient les loups. Ils étaient en si grande quantité qu'on allouait des primesi ceux qui les détruisaient : témoin le bordereau dressé le premier octobre par M. Duché, secrétaire du district de Montiuçon, portant que, durant l'espace de deux ans, il avait été payé à diverses personnes de Bizeneuille, Chamblet, Frontenat et Terjat, cent quarante et une livres pour trois loups, une louve et trente-et-un louveteaux, soit à raison de trois livres par louveteau et douze livres par loup ou louve.

Abolition de la Royauté. — Le 5 'octobre, la municipalité adhère au décret qui aboi issait la royauté.

Insuffisance des revenus communaux. — La ville, dont les revenus étaient saisis par le prince de Condé, ne pouvait solder ses

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créaDciers. Aussi, dans le but de mettre An à pareille situation, elle déléguait le 12 octobre, & l'administratioii départementale, les citoyens Meillet et Thévenet, avec mandat de demander :

1' Le renvoi à l'Etat des charges locales, afin de h&ter le cours de la justice et de désintéresser ses créanciers.

2" La main-levée provisoire des revenus saisis parle prince de Gondé, sous le prétexte qu'il avait le droit de feu sur chaque cheminée de la ville de Montluçon.

Comme suite à la démarche faite par ses commissaires, la municipalité, malgré les saisies du prince de Condé, autorise son trésorier, le citoyen Durin, & réclamer les arrérages des fermiers de la ville, et, en cas de refus, à les poursuivre.

La tenue des registres de l'état-oi-vil est enlevée au clergé. —

Une loi du 20 septembre 1792, ayant confié aux municipalités le soin de tenir les registres de l'état-civil, le 26 octobre, Belin, pour la paroisse Notre-Dame et Joye, pour la paroisse Saint-Pierre, furent chargés de cet important service.

A cette même date, les curés des deux paroisses qui, seuls, jusqu'alors, avaient eor^istré les divers actes de l'état-civil, furent invités à opérer le dépât des registres qu'ils possédaient,

M. Durieux, curé de Notre-Dame, fit dépAt à la mairie de tous les registres des baptêmes, des décès et des mariages de sa paroisse, à partir de l'année 1612.

Pareillement, M. le curé de Saint-Pierre, effectua le dépét de ses registres, dont le plus ancien porte la date de 1593,

Ces registres furent remis entre les mains du secrétaire, pour être déposés dans les archives de la maison commune, et sont encore actuellement & la mairie de Montluçon, où chacun peut les consulter.

Fête patriotique. — L'Assemblée Nationale ayant décidé qu'on fêterait par toute la France, le succès obtenu par les armées françaises, la muDicipalité, réunie le 26 octobre, délibéra que des réjouissances seraient organisées et qu'un Te Deum serait chanté à l'églisede Notre-Dame, par M. Durieux, curé de la dite paroisse, à l'issue des vêpres.

Le clergé de la ville était convié à cette cérémonie, à l'issue de laquelle, les musiciens ordinaires de la ville chantèrent autour de l'arbre de la Liberté, l'hymne des Marseillais.

A cette occasion, les citoyens Arménant, les frères Vendursenne, Mulet et autres furent invités & venir faire usage de leurs talents et de leur patriotisme, afin de donner plus d'éclat à la solennité.

Des coups de canon furent tirés de loin en loin au coure de la fête.

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La garde nationale et tous les corps coDstitués s'y trouvèrent réunis ; et les sacristains de chaqueparoiase annoncèrent la fête par trois volées de cloches la veille, c'est-à-dire le samedi, el le leademain dimanche à midi.

Un feu de joie fut, de plus, dressé sur la place publique.

Le 2 novembre on enleva de la salle de l'auditoire du château les tapisseries portant les emblèmes de la royauté.

Changement de noms de plusieurs rues. — Le même jour vit le quai Favières changer de dénomination et s'appeler quai républicain.

La place Saint-Pierre prit le nom de l'Egalité.

Le quai Favières tenait son nom du maire sous l'administration duquel il avait été construit. Il le reprit plus tard et le conserva.

Le pain à sept sous la livre. — Par suite de la mauvaise récolte de l'année, la forine avait augmenté considérablement et le pain de froment, le 16 novembre, valait sept sous la livre ; le pain de seigle quatre sous la livre.

Les boulangers ayant refusé de foire du pain, l'assemblée leur enjoignit d'avoir leur boutique ouverte < sous peine de quinze jours de prison, d'une amende et de ta démolition de leurs fours •.

Election et prestation de serment. — Le 18 novembre, il fut procédé à l'élection des membres du directoire, du tribunal et du bureau de paix du district.

Les électeurs du district se réunirent dans la chapelle des Ursulines, sous la présidence de Georges Chabot. Ils avaient préalablement prêté le serment d'être fidèles à la nation et de maintenir la liberté et l'alité ou mourir en les défendant. Puis en roettantson bulletin dans l'urne, chacun prononça cet autre serment :

< Je jure et promets de ne nommer que ceux que j'aurai choisis en mon âme et conscience, comme les plus dignes de la confiance publique, sans avoir été déterminé par dons, promesses, sollicitations ou menaces >.

Furent élus pour l'administration du district : M. Maugenest, juge de paix, procureur syndic ; MM. Raby, Josset, Bouithaud et Clautrieri membres du directoire ; Administrateurs du Conseil, MM. Guilhomet, juge de paix ; Detmasse, curé de Lignerolles ; Lépinard, administrateur; Chabot, Lesclache, Guérin, notaires ; Meillet, Musset, ex-maire d'Huriel.

Nomination des membres du tribunal. — Le 19 novembre, les électeurs du district procédèrent à la nomination des membres du tribunal. Furent élus :

Commissaire national près le tribunal, Pierre Duchet ;

Premier juge, Georges-Antoine Chabot ;

SecoDd juge, Alerandre Raby ;

Troisième juge, Chartes Duprat ;

Quatrième juge, Gaspard Regoard ;

Cinquième juge, Sébastien Cornât ;

Suppléants, Charles Vidal, J.-B. Fargiii, avoués ; Jacques Lépinard, Gilbert Benoist ;

Greffier, M. Grozieux François- Augustin.

Le même jour on procéda k la nomination des membres du bureau de conciliation ou de paix établi près le tribunal du district. Furent élus : Joye, Fradel Mathieu, avoués ; Benoist, homme de lettres ; Bnigière, cégociant ; Gaboret père.

Le 30 novembre, les mômes électeurs, réunis au môme lieu, nommèrent Jean Guérin, directeur de la poste aux lettres.

Le 23 novembre, le Conseil nomma une commission de deux membres chargés de donner des noms aux rues. Les propriétaires furent invités en même temps 6 faire numéroter leurs maisons.

Le 25 novembre, il fut procédé à l'élection du juge de paix : M. Fargin fut élu.

Le 2 décembre furent renouvelés les membres du Conseil général :

Maire : M. de Favières ; officiers municipaux : MM. Fourneau de Crebert, Philippe, Cornereau, Godignoa, Jabin, Meunier-Dessagne, Benoit, Cantat ; procureur de la commune : Boisrot-Lacour,

Les boulauffers. — Le pain débité par les boulangers était en général mauvais et peu nourrissant ; sur les plaintes qui lui furent portées, le maire décida, le 12 décembre 1792, qu'à l'avenir il ne seraitconfectionné que deux espèces de pain : le pain mollet et le paia bis.

Le 14 décembre, il fut ordonné à tous les citoyens de prêter le serment, dit de la liberté et de l'égalité, prescrit à tous les fonctionnaires et par eux prêté.

Le 16 décembre, un arrêté fixa le pain de froment à sept sous la livre et celui de seigle à quatre sous.

Transfert du oimetière Saint-Pierre sur la rive gauche du Cher. — Le cimetière de la paroisse Saint-Pierre se trouvait, avons-nous dit, place de la Poterie, c'est-à-dire accolé à l'église, selon la coutume du temps, et comme il. est encore d'usage dans nombre de communes de" notre département.

Ayant été désaffecté, la municipalité décida, le 21 décembre, que des arbres seraientplantéssur cet emplacement, que l'on entoura de barrières.

Le cimetièrd-de cette paroisse fut transféré sur la rive gauche du Cher, actuellement place Denis Papin, où, lors des constructions édifiées, on trouva de nombreux ossements.

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Logement des Troupes. — Les passages de soldais se renoaTelant fréquemment, certains membres du corps municipal avaient jugé à propos de s'exonérer de la corvée de loger ces militaires.

Le 28 décembre, & l'unanimité, il fut décidé que personne ne serait exempt de cette obligation. Il fut en même temps stipulé que les matelas des Ursulines seraient employés au couchage des troupes de passage.

Le même jour, sur la demande des prisonniers détenus à la prison, M. l'abbé Chapelle, aumdnier de la garde nationale, fut chaigé d'aller chaque semaine dire la messe & la prison.

Troubles & l'Âglise Notre-Dame. — Des troubles s'étant, è. dtlTérentes reprises, produits dans l'église Notre-Dame, au moment où un religieux sept- fon liste, non assermenté, disait la messe, en même temps que d'autres prêtres qui avaient prêté le serment prescrit par l'Assemblée Nationale, le curé de la paroisse fut invité k prendre les mesures nécessaires pour que pareils foits ne se renouvelassent pas et & faire la police dans son église (4 janvier 1793).

Règlement oonœmant la boulangerie. — Le même jour, défense fut faite aux boulangers d'avoir chez eux de la farine de seigle passée ou du son de seigle. Il leur fut également défendu d'avoir du pain, appelé miche ou miche longue, ni d'en faire à leur tour.

L'espècede pain,ditmic/ie longw,^eal conservée. Plusieurs boulangers en (6nt encore et le vendent aux aubeiicistes.qui le servent aux clients sur les labiés de leurs établissements, le samedi spécialement.

Les miches longues (1) ont surtout de la vogue le jeudi saint. De nombreuses fkmilles en font bénir une à la cérémonie de ce jour. EJle est ensuite mangée en commun, sauf l'une des extrémités, conservée religieusement chaque année, et & laquelle on donne le nom poétique de " part du Bon Dieu ".

L'assemblée décida, en même temps, que le préposé chargé du service des étapes, aurait le droit de faire faire des miches à tous les boulangers. La qualité qu'il était tenu de fournir était déterminée. Dans un cas imprévu, il était cependant autorisé à donner aux militaires de passage du pain dont il se servait lui-même. Dans le cas de refus par les soldats de prendre de ce pain, le boulanger devait leur payer cinq sous six deniers par livre de pain, le pain de troupe servant de milieu entre le pain mollet et le pain bis.

Transfert de la mairie et de la gendarmerie au couvent des Ursiilines (11 janvier 1793). — Le 11 janvier 1793, la mairie et la

(I) Pain de [lOO grammes eaviron, un peu saté.clelormepluUt ronde, que quelques boulADgers fabriquont encore actuellement.

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geodarmerie turent transférées de la porte des Cordeliers, dans le couvent des Ursulines.

Le conseil ne tenait plus ses réunions depuis plusieurs mois déjà dans la salle de la porte des Cordeliers, reconnue trop étroite, et avait fait choix du local du prétoire au château.

Quant à la brigade de gendarmerie, elle était casernée dans la niaison de Lebel du Plot, moyennant un loyer de deux cents livres & la charge du département.

La municipalité, constituée en tribunal de police, condamne à deux journées de travail et trente sols, Joye et Debloux qui n'ont pas voulu monter la garde.

Les Volontaires d6 1792. — Le 24 février, la Convention décrétait une levée de trois cent mille hommes pour faire face aux ennemis qui, de toutes parts, se ruaient sur nos frontières.

Cette loi fut proclamée le 10 mars sur toutes les places et dans les carrefours, par les officiers municipaux et le procureur de la commune, assisté du secrétaire-greffier, d'un appariteur et des tambours de la ville. Montluçon devait, pour sa part, fournir un contingent de quarantecinq volontaires. Un registre fut donc ouvert h cette intention. Mais comme en trois jours, il n'avait reçu que cinq adhésions, le M mars, l'assemblée des habitants fut convoquée & l'effet de désigner les quarante hommes destinés à compléter le contingent exigé.

L'eathoueiaame, OD le voit, n'était pas très grand et à peine la réunion était>elle ouverte que la foule devint houleuse. Deux gendarmes furent donc placés en faction à la porte d'entrée de la salle où se trouvaient réunis les officiers municipaux, et oti ne furent admis que les hommes de dix-huit à quarante ans, célibataires, susceptibles par conséquent d'être enrôlés.

On discute tout d'abord les cas d'exemption, chacun faisant valoir les raisons qui pouvaient militer en sa faveur. Les curés eux-mêmes furent inscrits sur les listes de tirage au sort.

Les cas d'exemption examinés et jugés, on dressa la liste de tous les

citoyens réunissant les conditions prévues par la loi, pour porter tes

armes. Ils étaient au nombre de deux-cent-huit. Il fut ensuite procédé au

lirase au sort des quarante citoyens devant compléter le contingent des

taires.

lette opération terminée, des protestations s'élevèrent ; c'est pourquoi sida que de nouveaux renseignements seraient pris, armi ceux qu'avait désignés le sort, se trouvait M. Gabriel Sacrot, e de Notre-Dame. Celui-ci ayant pu établir que son état de santé ne rmettait pas de voler à la frontière, fut remplacé bénévolement par

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Léonard Couvretat, 38 ans, tailleur de pierres, qui s'offrit & partir h sa place et fut agréé par la municipalité.

Plusieurs autres citoyens, pareillement désignés, se iirent remplacer dans des conditions analogues.

Il convient de dire qu'à propos de ces enrôlements, des listes de souscription avaient été ouvertes à la maison commune pour l'équipement des volontaires et les lirais de la guerre, et que M. Meillet, procureur de la commune, avait donné un équipement complet de volontaire, ce qui lui avait valu les félicitations de la municipalité.

La réunion où furent désignés les hommes devant partir pour la frontière, n'avait pas été, ainsi que nous le disons plus haut, des plus paisibles et des désordres s'y étaient mAme produits. Le tribunal municipal, te 15 mars, condamnait donc & huit jours de prison, le citoyen Lattaya, qui s'était rebellé contre le maréchal-des-logia de gendarmerie Garlet et l'avait désarmé.

DimisBion du maire FavièreB. — DâlîbérationB diverBes. — M. de Favières, maire, ayant donné sa démission, sous prétexte qu'il tombait sous le coup de la loi qui ordonnait l'arrestation des parents qui avaient des enfants dans l'année de Dumouriez, l'assemblée, & l'unanimité, le 12 avril, invite son président à rester en fonctions, en lui faisant connaître que le bataillon dans lequel son fils servait ne Eaisait pas partie de l'armée de Dumouriez.

A la même séance, il fut fait défense formelle aux enfants de jeter des pierres dans les terriers du ch&teau et d'y mener pattre les moutons (1).

Les abords du vieux manoir n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui. A cette époque, quelques vieilles bâtisses, s'élevaient du cAté de la place des Sabots, mais par endroits seulement.

La superbe esplanade du château, très boisée, était libre et servait de promenade. Elle ne fut supprimée que soixante ans plus tard, lors de la construction des casernes actuelles.

Le 20 avril, la municipalité accorda aux boulangers, l'autorisation de fabriquer trois espèces de pain : le pain mollet, la miche et le pain bis.

Le Conseil prend des mesures pour atténuer la disette. — Comme le blé manquait à raison toujours de la mauvaise récolte, qui avait, à sa suite, entraîné la disette, des commissaires reçurent mission, le 26 avril, d'acheter du blé pour la ville, afin d'enrayer le fléau.

Cest pour ce motif que la municipalité délibéra de &ire fabriquer, chaque semaine, pour le compte de la ville, trente septiers de froment.

seigle et orge mélangés. Le pain en provenant, était vendu aux habitants de la ville et du district, les mardi, jeudi et dimanche matin, aux prix de la taxe.

Indépendamment de cette distribution de pain, il fut fait, chaque jour de marché, aux indigents, une ventedeSOseptiers de grain, pareillement mélangés, au prix de 38 livres le septier.

Malgré tout, la disette persistant et les dépenses de la ville n'augmentant pas, les corps administratif du district et la municipalité réunis, décidèrent, le i" mai, l'envoi de deux citoyens auprès de l'Assemblée Nationale pour solliciter une somme de 200.000 livres destinée à acheter du grain et remtioursable en i ou 10 ans.

Dix jours plus tard, le Conseil général du département approuvait cette délibération, constatant que le district de Hontiuçon se trouvait dans la plus complète disette et que le seigle était hors de prix.

Cette haute assemblée faisait en même temps ressortir que la populationavait été fort éprouvée par les gelées et la grêle de l'année précédente, et que, malgré ces calamités, les habitants toujours caJmes, avaient payé leurs contributions.

Le 19 mai, on fit < passer le tambour s à l'eSet de (aire savoir aux boulangers de tenir le lendemain et jours suivants, leurs boutiques garnies de toutes espèces de pain, sous peine en cas de refus, d'une amende de dis livres d'abord, puis de la prison et de la démolition de leurs fours.

Le maire, accompagné de deux officiera municipaux, visita les boulangeries le lendemain. Il se dt suivre de deux huissiers de police et de deux maçons pour fkire exécuter l'arrêté de la veille, s'il y avait lieu.

Le 31 mai, la municipalité fixa ainsi qu'il suit la taxe des grains :

Le boisseau de froment, neuf livres, un sol, trois deniers,

— de seigle, neuf livres, douze sols, 6 deniers.

— d'orge, sept livres.

Les mesures les plus rigoureuses furent en même temps prises pour empêcher l'accaparement des graine. Le marché devant avoir lieu le lendemain premier juin, la garde nationale fut requise et chargée d'établir un poste de surveillance chez le cabaretier, dont l'établissement, situé sur le marché, était le rendez-vous ordinaire des meuniers et des accapareurs.

A ce marché, il fut interdit de vendre du vin pendant toute la durée des transactions. Il fut en même temps décidé que les canons seraient amenés sur la place, qu'une sentinelle serait placée à l'entrée du marché et une autre à la sortie ; qu'avant d'entrer au marché, on déposerait toute arme ou bâton et que le grain, eu sortant, serait déclaré, etc.; que les meuniers seraient logés hors de l'enceinte du marclié, etque les boulangers et marchands étrangers ne pourraient entrer qu'à midi.

PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE (Slli(e) l73

LelijuiD, Venet, dit Berry, qui avait refusé de monter la garde, li'aduit devant le^tribunal municipal, fut condamné à deux journées de travail, peine qui fut portée à vingt-quatre heures de prison, pour insolence de la part du prévenu.

M.M. Yves et Tantôt, chirurgiens, s'offrirent, le 19 juillet, & soigner gratuitement les malades de l'HAlel-Dieu.

F6t« de la Fddâration — Le 10 août, eut lieu la célébration de la fête de la Fédération, aux lieu et place de celle du 14 juillet. Elle débuta par une cérémonie autour de l'arbre de la Liberté. Des salves d'artillerie furent tirées, des discours prononcés et un hymne à la Patrie chanté par les corps constitués et les citoyens .

Un feu de joie et des coups de canons terminèrent cette journée de fête.

Déserteurs prussiens. — Trois déserteurs prussiens, prisonniers de guerre, détenus dans les prisons de la ville, furent signalés & cette même date comme étant presque nus. L'un d'eux avait même, paraît-il, un appétit tel, qu'il était impossible de le rassasier.

La municipalité décida qu'il serait donné une chemise à chacun d'eux, que leur ration serait augmentée et qu'on les emploierait dans les ateliers de Charité, pour qu'ils puissent gagner de quoi se vêtir et améliorer leur ordinaire.

Le décret du 30 août 1793 qui Usait une levée de trente mille cava* liers pour repousser les envahisseurs, fixait à quatre cavaliers et un canonnier, le contingent imposé à la ville. Deux seuls cavaliers se présentèrent. Les deux autres furent désignés par le sort.

Quant au canonnier,ce fut un volontaire, le sieur Forichon, de Néris.

Certificat de oivisme dâlivré aux sœurs de la Charité. — Le 5

septembre, des certificats de civisme furent délivrés aux sœurs de la Charité dont les noms suivent : AnneSchmitt, Marie-Françoise Lignercux, Anne Poïsel, Catherine André, Anne Richeton, Uaris-Marguerite Maillot, Marie Prévost.

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