‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 39 sur 113 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Fin de: la Terreur

MONTLUÇON sous LE DIRECTOIRE

Visite du maire & Moulins. — Cession du oouTent des Cordeliers & la ville. — Interdiction aux pâtissiers et aux boulangers de faire de la pâtisserie et du pain de luxe. — Réclamation de la citoyenne Rochedragon. -' Les tableaux des églises. —Réclamation de la famille Legroing de Treignat. — La confrérie de l'Assomption. — Les biens du prince de Coudé. — Le député Chabot. — Démolition des auvents des boutiques. — Arrêté contre la divagation des cochons. — Compte des confréries. — Enfants de la patrie. — Logement des instituteurs. — Sonnerie des cloches. — Le pain des pauvres. — Les cloches de Châteauvieux et de Blanzat. — Eglises rendues au culte. — MoDtluçon sous le Directoire. — Le Conseil tient ses séances an Chfttéau. — Lesréfractaires. — Soulèvements royaUstes. — Inventaire des orgues des églises. — Départ des prisonniers de guerre. — Projet ds vente des biens nationaux. — Règlement des écoles primaires. — Aliénation des biens du clergé et des communautés religieuses.

Visite du maire i. Moulins. — M. de Favières, maire, s'était readu & Moulips pour traiter avec l'admiaistralion départementale de plusieurs afTaires conceraaat la commuae.

Quelques jours plus tard, il recevait, le 5 décembre (15 frimaire, an III), DotiflcatioQ des arrêtés suivants, intéressant la commune et signés du citoyen Boisset, représentant du peuple, délégué par la Ckinventton dans l'Allier, par décret du 22 vendémiaire, an 111.

1» Attribution à la commune d'une somme de dix-sept mille vingttrois livres, cinq sols, trois deniers, prise sur les cent trente-neuf mille vingt-quatre livres provenant des tases révolutionnaires et des offrandes philanthropiques.

2" Augmentation des appointements des employés de la ville.

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Cession du oouTent des Cordeliers & la ville. — 3* Mise & la disposition de la commuDe, pour y installer rhftpital, du couvent des ci-devant Cordeliers.

4° AfTectation aux réunions de la Société Populaire de la ci-devant église des Ursultnes, trop étroite pour le marché des grains qui s'y tenait alors.

Comme conséquence de cette transformation, le marché des grains se tint, dès lors, devant l'ancienne église de Saint-Nicolas.

Pfttissiers et boulangers. — L'agent national remontra à l'assemblée, le 5 décembre, que la pAtisserie étalée sur les boutiques des traiteurs insultait àla pénurie de tous les particuliers manquant de grain, et que cet air d'abondance pourrait nuire aux réclamations que le district devait fikire, auprès du comité des subsistances.

Le Conseil, ouï ces observations, prit une délibération défendant à tous pfttissiers d'étaler dans leur boutique aucune pâtisserie de luxe ; et aux boulangers, de débiter des petits pains, appelés mollets, d'une demilivre et d'une livre, toute espèce de farine devant être pétrie eu masse et débitée de même.

Riolamatlon de la citoyenne Roohadragon. ~ Le 12 décembre ('22 frimaire,an III), la citoyenne Rochedragon, rangée parmi les suspects et détenue comme telle, réclama l'assistance de la citoyenne Gasteao, ex-religieuse détenue.

Après explications, la municipalité prend la délibération suivante :

« Pénétrée des principes d'humaniié qui doivent guider les bons républicains, • la muaîcipalité permet à ta citoyenne Gastcau de se rendre au chevet de la malade,

> mais A la coudîtion de réintégrer la prison dés que tout danger aura disparu. Elle

> sera, pendant ce te mps, surveillée par ud gardien, à ses frais et aux frais de la « solliciteuse ■■

Les tableaux des églises. — Les citoyens Verd, de Moulins, et Mathivet, de Gusset, chaînés par le représentant du peuple Pointe Noël d'inspecter le district de Montlucon, s'étaient acquittés de leur mission d'une manière néfaste pour les tableaux et ceuvres d'art des églises, dont ils ordonnèrent la destruetioD.

Quand la tourmente se fut apaisée, l'année d'après, le 23 janvier 1795 (4 pluvidse, an III), l'agent national du district réclama l'état des tableaux qui auraient pu échapper à la destruction et, sur sa proposition, deux membres furent chargés de faire des recherches à ce sujet.

Du rapport qu'ils présentèrent quelques jours plus tard, il apprit

que ces tableaux étaient au nombre de vingt-sept et l'état en fut envoyé au clictrict.

RâoUniation de la famille Legroing de Treignat. — Le 6 février 1795, le citoyen Legroing de La Romagère, parent d'un citoyen préveau d'émigration et dont les biens avaient été séquestréset administrés parla commune, réclama une pension de deux mille livres pour lui et une de deux mille quatre cents livres pourAimée et Françoise-Amélie, ses sœurs.

Le parent dont il est question ci-dessus, était te fits du citoyen Legroing de Treignat ; il avait disparu et ses parents affirmaient qu'il était mort, alors que la municipalité prétendait qu'il n'avait que passé la frontière.

Dans la suite, Gilbert Legroing père, Jacques-Jean-Marie de Rochefort, Aimée-Ursule Legroing, son épouse et Amélie-Françoise Legroing, sollicitèrent la radiation sur la liste des émigrés, du nom de JérAme Legroing, fils de Gilbert, joignant k leur pétition un certificat attestant que Jérôme était décédé & Ville-Vacance dans l'Ardèche, le 15 avril 1792, à l'âge de dix-neuf ans • espérant que devant cette preuve, on ne les persécutera plus et on ne les traitera plus en parents d'émigrés.

Le département répondit qu'il y avait lieu de rayer te nom deJérôme Legroing et chargea le commissaire du directoire exécutif de contrâler les renseignements donnés sur lui.

Les domestiques et le vigneron du citoyen Legroing réclamèrent Rament à la municipalité le paiement de leurs salaires ou de leurs gages.

Une réclamation analogue h celle du citoyen Legroing, fut faite le même jour, par le citoyen Garreau-Buffeix, père d'émigré, dont les biens avaient

Il demanda d'abord une pension de deux mille livres pour lui ; puis, plus tard, la pension de ses deux filles, Marie-Anne et Charlotte, précédemment Bernardines.

Cette seconde demande fut rejetée par la municipalité, sous prétexte que ces ex-religieuses étaient détenues cpour n'avoir pas prêté serment. •

La Confrérie de l'Assomption. — Le 6 mars, le citoyen Michel, apothicaire, ci-devant receveur de la Confrérie de l'Assomption érigée en l'église Notre-Dame, déposa sur le bureau du grelTe son livre de recettes, l'étendard de sa confrérie, ainsi que la couronne d'argentdu roi de ladite confrérie .

La royauté de la confrérie était dévolue à celui qui s'engageait à fournir la plus grande quantité de vin pour la fêle annuelle.

Le compte, une fois la vérification faite, fut envoyé au citoyen Villeton, receveur de l'enregistrement. Michel restait débiteur d'une somme de btiO livres, 17 sous.

Fin de la Tebbeub. — Montluçon sous le Dibectoire 191

Le 22 mars, les citoyens J.B. Duchet et Vidal, notaires, Turent chargés de dresser ua état de toutes les parties des biens nationaux, patrimoniaux et ecclésiastiques du ci-devant prince de Condé.

Le député Chabot. — A cette même assemblée du 22, Georges Chatot, suppléant du département de l'Allier à la Convention Nationale, se présenta et déposa sur le bureau du conseil le procès-verbal de la Convention du 15 mars 1795, contenant le décret en vertu duquel il devait se rendre de suite au sein de l'Assemblée Nationale, en remplacemenl du citoycD Vidales, un de ses membres décédé.

DAmolttionduaQventsdeaboutiquos.— Une vieille b&tisses'étant elTondrée, l'assemblée nomma une commission chaînée de visiter tous les immeubles qui, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, menaçaient ruines, et de mettre les propriétaires en demeure de les réparer.

Celle inspection eut une autre conséquence: la démolition de tous les auvents des boutiques et des autres maisons. Cette opération qui devait être faite dans les trois mois qui suivirent la prise de cet arrêté (10 avril) prévenaitde nombreux accidents et contribuait puissamment à l'embellissèment de la ville, à l'élargissement et à l'assainissement des rues.

Arrêté contre la divagation des codions. ~ Le 12 septembre 1794, ainsi que nous l'avons vu, un arrêté avait été pris concernant ta divagation des cochons sur la voie publique, divagation qui n'était tolérée qu'à certaines heures de la journée. Mais cette tolérance faillit avoir des suites fâcheuses, ainsi qu'en fait foi la délibération ci-contre, du 24 avril 1795:

* Sur la plainte portée par l'agent aalional de ce que la plupart des citoyens * avaient des cochons eL les laissaient courir tout le joar dans tes rues sans gardes,

< qu'un de ces animaux vorsces avait failli manger les bras do la tille de Patroclc t Laurent, clontier ; qu'il l'avait cruellement mordue à la main pt la lui aurait « mangée sans les voisins qui sont accourus aux cris de l'enfant ; qu'en conséquence, « il iavitait la municipalité à Taire une proclamalion A cet égard. Il est arrôté que te

< citoyen maire fera une proclamalion portant défense à tous tes citoyens qui ont des I codions, de les laisser courir dans les rues k compter du premier avril jusqu'à 6 « heures du matin en étd et jusqu'à 8 heures du matin en hiver sous peine de ■ confiscation. ■

Comptes des confréries. — Les citoyens Aupetit et Moreau furent nommés, le 24 avril, commissaires pour vérifier les comptes de la confrérie . du Saint-Esprit. Le citoyen maire et le citoyen Godignon furent désignés pour vérifier ceux de la confrérie du Saint-Sacrement.

(Les confrères du Saint-Esprit étaient ceux qui célébraient chaque année, le lundi do la Pentecéte, la fôte du Chevau-Fug, dont nous avons

parlé eo sod tempa. — La confrérie du Saiot-Sacretnent s'a^)pet»it primitivemeat coafrérie du corps de Dieu et de Monueur Saiot4eaii- Baptiste : elle était érigée en l'église Saint-Pierre, et tes plus anciens règlements qu'on en connaisse, datent de 1543.

Notre concitoyen, H. A. Giraud, a publié sur les confrères du Corps de Dieu une étude très intéressante et très documentée, dont nous avoas donné un extrait à la fin du chapitre IX.

Enfants de la Patrie. — La nation accordgùt à cette époque cinquante livres par mois et par entant aux nourrices chargées des tt entants de la patrie ■ que nous désignons aujourd'hui sous te nom d'enfants assistés. Certaines de ces femmes avaient même deux nourrissons.

Sur la proposition de son président, le Conseil géaéral décida le 26 juin, qu'& l'avenir, chaque nourrice ne recevrait qu'un seul enfant, ce qui permettrait à un plus grand nombre de femmes de bénéficier de ces secours.

liOgsmrat des Institiiteurs. — Le 10 juillet, l'assemMée accorda des indemnités de It^ment aox institateors dont les noms suivent : trois cents livres à Bartmn ; trois cents & Viviant ; quatre cents aux époux Vilette et deux eentt & la dame Bernard.

Il fat ifipulé en même temps que deux Instituteurs seraient logés dsine le ci-devant presbytère de Saint-Pierre et les trois autres dans la maison de l'ancien collège.

Sonnerie dea oloohea. — Le 24 juillet, un arrêté fut pris, interdisant jusqu'à nouvel ordre, la sonnerie des cloches pour les exercices du culte.

Pain des pauvres. — Le 11 septembre 1795, l'assemblée prit une délibération relativement au pain à donner aux pauvres sur les deniers de la commune. Il fut stipulé que seuls y aumient droit :

1" Les malheureux infirmes porteurs d'un certificat de l'officier de santé de leur quartier ;

2* Tous les enfants au dessous de dix ans moins un, de chaque femme veuve vivant de son travail ;

3° Tous les enfants au dessous de dix ans moins un, de chaque journalier vivant de son travail et ayant une femme valide.

Les cloohas de ChAteauvieux et de Blanzat. — Les cloches des anciennes communes de Chikteauvieux et de Blanzat furent, par décision du 9 octobre 1795, déposées au district de la commune de Montiuçon.

Ces deux paroisses ayant été réunies à la commune le premier novem" bre de l'année précédente.

Fin de la Terreur. — Montluçon sous le DiftECTOiHE 193

âglises rendues au culte, — C'est le 19 octobre 1795, que l'élise Notre-Dame fut rendue au culte catholique. Le &it est alusi meotioané aux archives :

1 Jean Dnchet, curé de la paroisse, pour se conformer à l'article 17 de la sect lion 111 du d^ret sar la police extérieure des cultes du 30seplenibro, déclare qu'il < choisit pour l'eiercice d'un culte connu sous lo nom de catholique, l'onceintc de « la ci-devant église de Notre>Dame, n

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