CHAPITRE XXÏ
Administration municipale. — Réquintion de Bouilers. — Fête du 10 août. — Enfants de la patrie. — Fôte de la vieillesse. — Bfttiments nationaux. — Fàte de la fondation de la République. — Taxe de la viande. — Prix du bois et de la paille. — Vente de la porte des Cordeliers. — Commission de l'hospice. — Gardes champétreB. — Brigandage. — Médecins de l'hospice. — Uétal des cloches. — Taxe du bois. — Infirmières de l'hôpital. — Uesures pour assurer la sécurité publique. — Le couvent des Cordelière. — Prix de la viande pendant les années 1793, 1794 et 1795.— Taxe du pain.— Prisonniers de guerre. — Aliénation des édifices communaux (Uémoire sur la question). — Protestation de la municipalité. — Description de la porte des Cordeliers.
Administration municipale. — Le d3 juillet, il fut procédé k la composition de l'administratiOD municipale. 'M. Comereau fut nommé président; MM. Godignon, Jabin, Yves, Brugière et Jacques, membres.
Réquisition de souliers. — Le 2 août, l'administration départementale invita tous les cantons à verser au magasin militaire de Moulins, tous les souliers dont ils pourraient disposer et k passer de nouveaux marchés avec les cordonniers. Cette décision avait été prise à la suite d'un rapport du commissaire des guerres, constatant s que les passages fréquents de militaires, avaient absorbé presque tous les souliers qui étaient dans les magasins militaires, et que ce qui restait était à peine suffisant pour chausser les batallloos qui devaient passer dans quelques jours. 1
L'administration municipale répondit au département, le 2 août, qu'elle ne pouvait lui envoyer de souliers, parce que le magasin militaire de la commune avait été vidé par son ordre et « que les cordonniers du canton n'étaient pas assez aisés pour faire des souliers à crédit ; que si le gouvernement veut leur avancer les cuira, ils sont prêts ft travailler. ■
F6te du 10 août. — Le 8 août, la muoicipalilé délibéra que les autorités constituées, ainsi que les commandants de la garde nationale et de la gendarmerie se trouveraient, le 10 août, à 4 heures, en la salle commune, pour de là se rendre au Temple de la Raison y célébrer la" fête annoncée.
Enfants de la patrie. — Les nourrices des enfants de la patrie n'ayant pas été rétribuées depuis plusieurs mois, s'adressèrent à la municipalité, réclamant les salaires qui leur étaient dus.
Le Directoire auquel fut expédiée la supplique, répondit, le 25 août, engageant la municipalité à exhorter les nourrices ft la patience : elles recevront du blé, en échange de Tai^nt qui leur revient.
F6te de la vieillesse. — Par arrêté du Directoire, la fête de la vieillesse fut fixée au 27 août.
BAtiments nationaux. — Un arrêté du Directoire du 26 août désigna les bAtiments communaux qui devaient être exceptés de la vente. Ce furent : le Château et ses dépendances, le bâtiment de Saint-Nicolas, la Boucherie, le couvent des Cordeliers, les maisons d'arrêt et de police correctionnelle.
F6te de la fondation de la République. — La fête de la fondation de la République fut célébrée, le 18 septembre, en grande pompe et solennité. Les gendarmes y assislèreot à cheval, ainsi que les instituteurs, accompagnés de leurs élèves et les musiciens.
Taxe de la viande. — A dater du 30 septembre 1796, le bœut, veau et mouton, furent taxés h raison de quatre sous la livre.
Prix du bois et de la paille. — Le 20 octobre, le citoyen Desmarest fut déclaré adjudicataire, au prix de 27 livres la corde et 3 livres, cinq sou8,le quintal, de la fourniture de bois et de paille pour les prisonniers de guerre.
Vente de la porte des Cordeliers. — Le département après avoir refusé d'excepter de la mise en vente la porto des Cordeliers, qui servait précédemment d'Hûtel-de-ville, en ordonna la mise en adjudication, et Jacques Bompois, marchand, soumissionna à l'effet de s'en rendre acquéreur.
La ville protesta énergiquement, le 22 septembre, contre cette décision, protestation qui néanmoins resta lettre morte.
ComniisBÎon de l'hospice. — La création de l'hospice civil et militaire dans les b&timents de l'Hûtel-Dieu date du 27 octobre 1796.
C'est également & cette époque que fut organisée la commission administrative chargée de la diriger.
Cette commission fut nommée par la municipalité et les membres pris en dehors de ceux de la municipalité. Furent élus ; Pierre Cornereau, médecin ; Charles Mathieu et Marien Meillet, assesseurs du juge de paix ; Antoine Nivelon, notaire ; Jean-Baptiste Pinthon, capitaine de la garde nationale.
Gardes champêtres. — Le 30 octobre, la municipalité fit choix, comme gardes champêtres, de Claude Lsbbaye et Louis Camus et leur alloua une somme annuelle de 200 livres chacun.
Brigandage. -- Le ministre de la police générale ayant adressé aux départements une circulaire où it disait que ■ presque toutes les grandes routes étaient infestées de brigands, que sur tous tes points de la République les courriers et voyageurs étaient arrêtés, assassinés et volés, soit de jour, soit de nuit, par des bandes armées >, le département écrivit à l'administration municipale, le 17 novembre. Il l'invitait • à faire parcourirde jour et de nuit les grands chemins par une force importante, à ne jamais laisser partir un courrier la nuit qu'il ne soit accompagné de deux gendarmes qui le conduiront d'une brigade à une autre dans tous les endroits couverts ou dangereux, etenfinbengagertouslescitoyensarmés, et surtout ceux qui composent la garde nationale mobile, & arrêter tous les étrangers trouvés sans passeports. *
En conséquence, le capitaine de gendarmerie Debrest reçut les ordres les plus sévères et fit faire des patrouilles toutes les nuits, faisant arrêter, dans les auberges, les étrangers non munis de passeports.
Les mideoias de l'hospice. — Le citoyen Cornereau, ayant donné sa démission, est remplacé comme administrateur de l'hêpital par le citoyen Deplaigne fils, médecin.
En prenant possession de son nouveau poste, le citoyen Deplaigne fit connaître qu'il donnerait gratuitement ses soins aux malades. Il ne faisait que suivre en cela l'exemple de Cornereau, qui avait fait abandon de deux années de visites à lui dues pour soins donnés aux malades indigents hospitalisés.
Du registre des délibérations de la commission administrative, nous extrayons ce qui suit :
Nourriture. — « La ration journalière est d'une demi-livre de viande et une « livre et demie de pain.
Literie. — « En raison de la détresse de l'établissement, quinze lits seulement
< seront conservés pendant l'hiver pour les civils. Cent quintaux de seigle furent
< rédamés à Moulins au commissaire des (Euerres.
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Soiiis médicaux. — c Les qu&lre médecias de l'hdpilai, tes ciloycns Deptaigne * père et 6b, Boyrol et Comereau, furent invités i visiter les malades à tour de rôle, < chacun pendant un trimestre et ce gratuitement. »
Il ne fout pas s'étonaer de l'étatde détresse de l'hôpital à cette époque. Cet établissement ne devait sa subsistance qu'au produit des quêtes foites eu sa faveur et aux dons des personnes charitables. Les revenus qu'il se &dsait(deus mille cinq cents fraDcs)étaJeat pris par la nation qui, en retour, ne lui donnait aucune compensation.
Cet état de choses, déplorable à tous égards, se prolongea longtemps encore jusqu'au jour ou l'hApital fut transféré dans les b&tlments qu'il occupe actuellement.
Métal des (doohes. — Parsuite de mesures prises par la Convention, les cloches des diverses églises et chapelles de la commune, avaient été arrachées de leurs clochers, descendues et remisées dans les dépôts de l'arrondissement.
Elles furent livrées le vingt-neuf décembre k la Société Goste, Caylus et C", devenue concessionnaire à la suite d'un marché passé avec le ministre des finances.
Taxe du bols. — Le 2 janvier 1797, à la demande de Desbrest, capitaine de gendarmerie, le prix de la corde de bois fut fixé par la municipalité, & quatorze livres en été et à seize livres en hiver.
Infirmières de l'hApital. — Le 6 janvier, la municipalité, en présence d'une plainte nouvelle de la commission administrative de l'hApital, protestant contre l'exiguité et l'insalubrité des locaux, s'adressa de rechef au département, lui réclamant l'exécution de l'arrèLé du représentant du peuple, qui accordait à la commune le couvent des Cordelière, pour y installer l'hôpital.
Le 10 janvier, les citoyennes Dechaut, Dessalle et Richard, directrices et inflrmiàres de l'hApital, furent remplacées par deux ci-devant religieuses, Anne Poissel et Félicité Arbonneau.
Elles furent installées dans leurs fonctions d'infirmières, le 13 février suivant, et pourvues d'un traitement annuel de cent livres chacune.
La municipalité prend des mesures pour assurer la sécurité publique. — Le même jour, la municipalité fit mettre la garde nationale en activité et obligea les aubergistes à tenir un registre de tous les voyageurs qu'ils auraient à loger, leur défendant de servir à boire et à manger après dix heures du soir. De plus, tous les citoyens obligés de circuler dans les rues après onze heures du soir, devaient porter un falot, sous peine de se voir arrêter par la patrouille.
Ces mesures furent prises à la suite de l'assassinat de plusieurs républicains des arrondissements de Cérillyet de Cusset,et sur l'invitation du département.
Le couvent des Cordeliers. — Le département, longtemps sourd aux demandes réitérées de l'administration municipale, s'était eoSn décidé à lui concéder la propriété de l'ancien couvent des Cordeliers où devait être installé l'hôpital.
Mais la commission administrative de cet élablissement hospitalier, qui n'agissait pas à la légère et voulait que tout fut en règle, adressa le 5 février, à la municipalité, une requête relative au procès-verbal qu'elle entendait rédiger de l'état de cet ancien couvent.
Prix de la Tiande pendant les années 1798-94 et 95. — Le 22 février 1796, furent vérités les comptes du citoyen Ferruge, étapter à Montluçon.
Du rapport dressé par cet adjudicataire, tel qu'il est mentionné au registre conservé à la mairie, nous constatons que pendant les mois d'octobre, novembre et décembre 1793, la livre de pain coûtait trois sous ; la pinte de vin, sept sous, six deniers et le lioisseau d'avoine, vingt-huit sous, dix deniers.
La livre de viande a coûté :
Dix sous, du premier octobre au 31 décembre 1793 ;
Douze sôus, du 31 décembre au premier janvier 1794 ;
Quatorze sous en janvier et février 1794 ;
Dix-huit sous, du 21 mars au 22 septembre 1794 ;
Vingt sous, du 22 septembre au 21 décembre 1794 ;
Vingt-cinq sous, du 21 décembre 1794 au 16 janvier 1795.
En ce qui concerne les fourrages, la ration a été, au 13 Juin 1794, de vingt-trois livres de foin et d'un demi-boisseau d'avoine.
Taxe du pain. — A partir du 3 mars 1797, le pain fut taxé comme suit : pain de froment, trois sous, neuf deniers la livre ; pain de seigle blanc, deux sous, 1 denier ; gros pain, 1 sou, 1 denier.
Priaonniers de guerre. — Le 17 mars, un détachement de mille prisonniers passa à Montluçon ; la commune lui fournit les vivres et le logement pendant une journée.
Aliénation des édifices communaux. — Le 21 avril, lecture fut faite à l'assemblée, d'un mémoire sur l'aliénation des édiiices publics de la commune de Montluçon et sur les moyens qui pouvaient laire annuler ces mêmes aliénations. La rédaction de ce mémoire fut approuvée et on
MoNTLUÇON SOUS LE DIRECTOIRE 20S
décida qu'il serait imprimé pour être distribué et produit aux autorités constituées, auprès desquelles il y aurait lieu de se pourvoir.
Voici ce mémoire, qui a été imprimé chez Thibault et Falanchère, rue du Temple, à Moulins :
AUénatioa des édiâoes publics de Hontluçon.— o I^r commune de Mont- « lucon, ci-devant chef-lieu de district, a pour elle seule une administration municit pale, conformément à l'article 118 de la Constitution, comme ayant plus de 5.000 t habitants. Sa population, son tribunal de police corrcctLonncllc, sa gendarmerie, < sa position sur quatre grandes routes, le passage continuel des troupes, lui rendent « Décessaires plusieurs ëditices publics ; elle vient d'en perdre trois par l'effet des ( soumissions ; comme il parait que l'adjudication a été faite contre la disposition
• de la loi, il y a lieu de croire qu'elle les recouvrera ; c'est dans les faits, dans le « texte mime des lois, que son administration puisera ses moyens.
t La maison commune, les casernes et les écuries qui en dépendent, le seul ( presbytère qu'il y eut à Mon tlucon, la halle de boucherie et la place' publique, appe. t lée le foirail, ont été soumissionnés en vertu d'une loi ; le département de l'Allier ( n'a adjugé ni la halle de boucherie, ni le foirail ; mais la maison commune, les c casernes et écuries qui en dépendent et le presbytère, ont été déclarés propriétés
■ nationales, comme venant d'un patrimoine national, conformément à l'article 9i « de la loi des '15-16-17 et ^4 août 1793 et adjugés conformément à celle du2S ven- 4 lAse. Ces cinq objets formaient également des établissements publics, et si trois « ODt pu être vendus, il y a lieu d'être surpris de ce que les deuï autres ne l'ont € pas été. »
Adjadioatlon du presbytère. — « Différentes lois ont déjà réservé les a presbytères et les ont destinés au logement des instituteurs ; une loi délinitive est
• attendue sur cet objet et la question de savoir si, dans les chefs-lieux de canton, « ils seront vendus ou conservés pour y placer l'administration municipale, ou tout
* autre établissement public, a été récemment envoyée à l'examen d'une commission 1 dans le conseil des Cinq-Cents ; cette question, plus importante maintenant pour » notre commune que pour une autre, peut-elle s'y trouver résolue provisoirement ( par l'adjudication qui a été faite de cette maison, et peut-elle l'être déHnitivcmcni, « si la résolution du conseil des Cinq-Cents, approuvée par celui des Anciens, est « contraire à celte décision rendue prématurément f
« Les casernes onl été vendues parce que Montlui^n n'est point au nombre des
* villes classées, et comme n'étant pas un établissement public. Tels sont les motifs
• consignés dans l'adjudication. Nous ignorons si .Montiuçon n'est pas au nombre des
* vilIcH classées ; nous ne connaissons aucune loi qui porte que les casernes des villes « non classées seront vendues, il n'est pas vraisemblable que le gouvernement ait « ordonné celle vente : est-il croyable que dans le temps de guerre où se trouve la » République, il veuille se priver de ce qui peut être utile aux militaires ï »
Passage de tronpes. — n Montluçon a souvent, en garnison, des troupes de t cavalerie pendant la paix et toujours des prisonniers en temps de guerre. Dans les
■ grands mouvements de troupes à pied et d cheval, cette commune se trouve sur leur
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I passage dans l'intérieur, et en raison de sa position sur la route qui conduit des ci-
• devant provinces du Poitou et du Limousin dans le Nord de la France, elle voit a passer et séjourner les remontes destinées aux régiments de cavalerie ».
Lea casernes. — > Les casernes de Montluçon sont un bAtimenl peu considé-
• rable, les écuries sont ce qu'il y a de plus important ; elles furent augmentées, il E y a quelques années, pour le service public et i une époque où la gendarmerie K élail en garnison i Honlluçon ; elle s'était ainsi procuré le moyen de loger tes
• chevaux qui ne pouvaient l'Être chez l'habiianl, attendu qu'il en est peu qui aient
• des écuries dont ils puissent disposer ; ainsi les écuries sans lesquelles on ne peut
< loger la cavalerie au delà d'un seul jour, forment un établissement indispensable
• pour le service public »
Zjfi corps de garde. — « Nous avons déjà dil que le bâtiment, autre que les
!■ écuries, était peu considérable ; en effet, la pièce principale est un rez-de-chaussée,
>< et cette pièce n'a jamais porlé d'autre nom que celui de corps de garde ; c'est là
t que se trouvent placés le lit de camp, les râteliers pour les armes, la guérite, enfin
• le mobilier nécessaire dans un corps de garde ; dans les passages de troupe, elles y ■• trouvent les matelas, les mahniles et autres objets qui y sont encore ; c'est 1&
• qu'elles montent la garde ; c'est là que les gardes nationales, depuis leur création, ' l'ont montée constamment et la montent encore, et c'est de là, enfin, qu'un adjudi-
> cataire prétend les expulser comme d'une propriété déclarée aliénable ».
Iiooal de la mnalcipalité. (1) — ^ Tout ce qui a été dil va s'appliquer à t la maison commune, soumissionnée et adjugée. Cette maison n'est pas nommée « autrement, dans l'adjudication, que maiton de ville ; de toute ancienneté, en effet,
• il n'y en a pas d'autre dans Montluçon, elle en a constamment servi, même depuis t la Révolution et la création des municipalités et conseils généraux des bommunes.
• Il y a environ trois ans que le couvent des Ursulines Tut employé à loger tous les <■ grains qu'on recevait des réquisitions, soit pour le compte du district, soit pour
> celui des déparlements voisins; on y déposa en même temps tout ce qui était t relatif à l'équipement des troupes, et comme tous ces objets exigeaient une surreil-
• lance active et continuelle de la part de la municipalité, le district, pour sa plus
< grande commodité, lui assigna, à cette époque, un local dans le même couvent,
• qui était 1res vaste, soit pour la tenue de ses séances, soit pour recevoir et distri-
> buer les grains, soit enfin pour la surveillance de tout ce qui concernait les troupes.
« Dans cette même maison, ont toujours resté déposés les archives de la corn-
• mune, les bureaux, les boulets, les canons, trophées d'armes pris dans les victoires
■ sur les Anglais, qui sont toujours en dép6t à la mairie (9).
• L'ancienne administration municipale, le commissaire du Directoire ont fait
■ différentes demandes pour s'opposer à ces adjudications ; elles sont restées infmct tueuses. Des délibérations ont été prises, des lettres écrites ; le commissaire du
• Directoire exécutif a même fait un voyage à Houhns, auprès de l' administra ti ou
(I) Porte des Cordelière.
(i) Il en subsiste encore des vesiigesi
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MûNTLUÇON SOUS LE DiRECTOIHE 207
• CGDlrale du dâ parlement. C'est dans uae des séances de cette administration, qu'au
• moment où il s'opposait à ces ventes, un membre de cette même administration
• dit hautement qu'il fallait se délier de ce qu'il avançait ; le commissaire du Direc-
■ toire exécutif, indigné de cette observation, répliqua qu'il allait soumissionner les « places publiques de Moulins.
"Paind pToteBtattoa de la mnniolpallM oootre le projet d'aliénation de la porte deiOordeliers (Maison commune). — Enlin, le tS octobre 1T96, l'administration municipale de Montlui^n demanda au département qu'il soit sursis à la vente de la maison commune ; elle fait surtout valoir la médiocrité du prix de l'estimation, qui était faite malgré ses réclamations. Voici cette lettre :
« Le 3 brumaire, l'an V de la République (25 octobre 17!)T), « Citoyens,
* Par notre lettre du {•" courant, nous vous avtins demandé la surséance à la
• vente de l'édilice, dit la Maison commune, soumis par le citoyen Bompois ; de justes t observations nous ont autorisés & le faire :
• 1° Le citoyen Bompois, par sa soumission, a déclaré vouloir acquérir tant
• ladite maison que les portes en dépendant, sans nulle autre distinction ; cependant » il existe une porte de fer quadrillée qui, dans les anciens temps, servait à assurer «L la tranquillité des citoyens.en la faisant abattre lors des anciennes guerres qui, même t peut-être encore aujourd'hui, poul garantir les habitants de la commune de tonte > incursion des ennemis de la République ; cette porte, très bien construite, et d'une c hauteur de trente pieds au moins, sur vingt de tat^e, et qui est, par conséquent,
■ d'une valeur considérable.
€ 2° Les deux grandes portes qui régnent sous le dit HA tel>de- Ville servent de
■ passage continuel au public, qui se rend des routes de Moulins et de Bourges ;
• que si ledit citoyen Bompois devenait adjudicataire, se décidait A les faire démo- « lir, il en résulterait, qu'autre qu'il détruirait l'édifice le plus remarquable par sa € construction que nous offre l'antiquité, il obstruerait nécessairement par U, la
• communication de la ville avec les faubourgs et les communes voisines.
( 3° Enfin, si, contre notre attente, vous vous décidiez i l'adjuger, nous ne pou- « vons nous empdcher, pour l'intérêt de la chose publique, de réclamer contre la L médiocrité de l'estimation, qui est seulement portée à la somme de neuf cent f cinquante livres, tandis que la porte de fer vaut au moins deux mille quatre cent
• livres, quatre-vingt-quatre escaliers (1) en belle pierre pour y monter, de valeur a de plus de six cents livres, et enfm, six mille beaux quartiers en pierre de taille,
• sans y comprendre les autres matériaux et la belle charpente qui règne au-dessus,
• tous lesquels objets sont de valeur de plus de six mille livres, valeur métallique.
• Sous vous prions donc de vouloir distraire de ' la vente cet ancien monument; k l'intérêt public te demande et l'exige >.
(1) Ce qui imptiquerait que la porte des Cordeliers avait bien la hauteur d'une 4uainn d'an moins k quatre étages.
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âOS Histoire de MontluçoK
Le départemeat mit sur cette pétition un reovoi au soumissionoaife, pour foire ses observations.
On y verra que le soumissionnaire renonça au mobilier contenu dans la maison commune. 11 vit de la politique dans cette vente, il s'élaya sur l'intérêt qu'il y trouvait «et finit par trouver plaisant, qu'il fût contrarié dans cette acquisition, tandis qu'un des ofTicicrs municipaux, adjudicataire des écuries des casernes et autres objets plus utiles, ne l'avait pas été dans les siennes. C'est avec douleur que nous répétons ce reproche et que nous sommes lorcés de convenir qu'un de nos prédécesseurs (il voulait désigner M. Cornereau), a provoqué la vente des écuries et du prebystère que nous revendiquons, quoiqu'il eût signé les délibérations pour s'y opposer ».
Le 27 octobre, le receveur de l'enregistrement de Mootluçon, réclama contre cette aliénation.
Il écrivit au directeur & Moulins, dont l'avis devait être donné avant qu'elle pût être eflectuée.
La réponse du directeur, qui parvint douze jours plus tard, est remarquable. Il mande au receveur que > ce n'est pasl'Hôtel-de-VilIe qui est soumissionné, mais seulement une tour qui lui parait vendable, la commune de Montlucon ayant obtenu te ci-devant Château, plus que suffisant pour ses établissements ; il promet, au surplus, de foire ses observations lorsque l'affaire se présentera >.
Mais le lendemain, quand l'affaire se présenta, ce ne fut pas le directeur qui donna son avis. Il était malade et c'est l'avis du receveur de Moulins qui ligure sur l'arrêté du département et dont voici la teneur :
• Vu l'opposition de l'adminUtralion de Montlucon, et la réponse du soumis- I sioannire, ensemble l'avis du receveur dos domaines nalioDaux, à cause de la ( maladie du dirceleur.
* Considârant que les portes cl autres effets mahi lie rs ne faisant pas partie de la
• soumission, la vilelé du prix de l'estimation cesse.
a Considérant que l'estimation n'étant point arguée de vol, fraude, surprise ou I erreur, ne saurait être rcjeléc. Considérant, enfin, que Montlucon n'étant point du
• nombre des villes qui doivent être classées, et que la démolition de l'édîlice dont « il s'agit, n'obstruera (|ua momentanément la voie publique.
Arrête que, sanj s'arrêter i l'opposition de l'administration municipale de Mont' n luçon, le citoyen Bompois demeure maintenu dans sa soumission, cl que, consé- I quemment acte de vente lui sera passé de l'êdilice qui en fait l'objet, sous les « réserves des portes de fer et autres effets mobiliers qui s'y trouvent placés et < déposés.
n L'administration municipale dudtt Montlu^:on demeure chargée d'eu faire a reiilèvemcnt, conformément à notre arrêté général du î septembre.
■ l'ar les administrateurs ; signé : Verd, président ; Uolial, Delaire cl Rouycr, s (lu Directoire exécutif ».
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MONTLUÇON SOUS LE DiRECTOIHE
L'auteur du mémoire répond à ces coosidéraats et démontre f&it des estimations fausses et pour cela s'appuie sur la descripti' maison de ville.
Ce qu'était la porto des Cordeliers.— I C'est uaédince très dit-il, et bâti, presqu'en totalité, en beaui quartiers ; il forme un carrée dans laquelle se trouve l'escalier qui a quatre-vingt-quatre i en belle pierre ; au premier et sur la voâte sous laquelle est la [ ville, est une salle voûtée dont on peut se figurer la grandeur p du bâtiment sur lequel elle règne entièrement ; il y a quelque: petites pièces destinées à conserver certains objets apparient commune >.
On voit, par cette description que ce bâtiment n'était dispo l'habitation d'aucun particulier ; que ce n'était point par le pri location qu'on pouvait en déterminer la valeur et que, parsaconst comme par l'usage auquel il était destiné, il était inaliénable. Ce les experts ont supposé qu'en 1790 il pouvait produire un reveut 55 livres et lui ont déterminé une valeur de 900 livres. Il est reux pour la nation que l'estimation de cet édifice ait été fai légèrement, car l'acquéreur, sans déranger la couverture, a faitdt les seules pierres de taille qui couronnaient en dehors les murs, des experts, qui n'a porté sa valeur qu'à 990 livres, dont les trois payables en mandata, et l'autre quart en numéraire, a acheté ces pierres 1.600 livres.
La municipalité put croire à un moment donné qu'elle fini avoir gain de cause, car, par arrêté du 13 fructidor, an V, l'admini centrale du département annula la vente consentie à Bompois. I arrêté était de pure forme, Bompois y fit d'ailleurs opposition, et I de ses amis & la municipalité leva tous les obstacles ; il put con en paix son œuvre de destruction. La démolition commencée longtemps déjà, se continua aussitôt jusqu'à complet achèvement