‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 42 sur 113 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

montluçon sotjs le directoire Le 18 Fructidor

Manifestation patriotique. — Arrachage det arbres de la Liberté. — Evasion de prisonniers. — Suspension des Administrateurs municàpaux. — Le 18 Fruotidor. — Adresse de félicitations au Directoire. — Actes de Vandalisme. — Fête anniversaire de la mort de Louis XVI. — L'ex -prêtre Pélioat. — Compte administratif de la ville en 1798. — Salaire des tambours, joueurs de fifres et musiciens. — Construction d'un autel de la Patrie. — Le temple décadaire. — Loi militaire du 5 septembre 1798. — Fondation d'un bureau de bienfaisance. — Tribunal de Commerce. — Marché aux toiles. — Navigation du Cher. — PoUoe de la boucherie. — Demande d'octroi. — Rapport sur la situation de la ville. — Echange de b&timents. — Prisonniers de guerre. — Le Sous-Préfet Amelot.

Manifestation patriotique. — Le i mai 1797, une proclamation fut faite annonçant, au nom du département, la signature des préliminaires de la paix.

A cette occasion, il fut décidé que cette bonne nouvelle serait annoncée au son des cloches, des tambours et du canon et l'arquebusier Pérasse reçut, dans ce but, neuf livres de poudre à canon et de la poudre fine pour des salves.

A deux heures, la municipalité se rendit sur toutes les places publiques,en corn pagniedesautoritésconstituéespourpubliercette proclamation.

Arrachage des arbres de la Liberté. — Le 14 mai, la municipalité décida l'arrachage de tous les arbres de la Liberté, à l'exception de celui de ta place de la Fraternité. Le bois en provenant fut employé à chauffer les bureaux de la mairie ; il fut cependant convenu qu'on en replanterait un sur la place de l'Unité.

Évasion de prisonniers. — Le 25 juillet 1797, l'administration municipale réunie au lieu de ses séances ordinaires a été prévenue que

MONTLUÇON SOUS LE DîBECTOlHE. — LE 18 FrUCTIDOB 211

le 23 du même mois, au momeotoù plusieurs particuliers arrôtésàNevers et conduits en cette commune y sont arrivés, les citoyens Thévenet, notaire public, et Bompois, se sont trouvés sur leur passage ; que Thévenet leur a dit : ■ Bonjour, frères et amis, nous irons vooa voir et boire avec vous, soyez tranquilles. » Que le même soir Thévenet et Bompois se sont rendus à la maison d'arrêt ; que Thévenet, parent de l'un des prévenus, non arrêté, en la même affaire, y a tenu des propos tendant à occasionner des troubles en cette maison, et que le 24 juillet, le citoyen Gosard, officier de gendarmerie qui commandait le détachement qui les a conduits, est parti sur les trois ou quatre heures du soir pour se rendre à sa résidence, et a été provoqué et insulté par le citoyen Thévenet.

L'administration municipale, > eu égard k la gravité des faits s, décida qu'ils seraient dénoncés et que copie de la délibération serait adressée au juge de paix du canton, en même temps qu'une pétition du citoyen Thévenet « annonçant son intention bien marquée de manquer de respect aux autorités constituées et de les calomnier. >

Le 12 août, les prisonniers dont il est question ci-dessus, s'évadèrent de la prison. Mais ils furent repris le soir, ainsi qu'on va le voir :

A. ta nouvelle de leur évasion, la municipalité, accompagnée du commissaire du gouvernement, du commandant de la garde nationale, du chef d'escadron et du brigadier de gendarmerie, se- transportèrent dans l'auberge du citoyen Nuret, dit Leboo, située au foubourg des ci-devant Cordeliers, ob. les évadés s'étaient retirés. Plusieurs gendarmes conduisirent les autorités dans une chambre oii l'on trouva les nommés: Guillaumeau, Vincent, Jabin, Bocard, Vazon,. Bertaud et Olivier ; ce dernier couché dans un lit pour avoir reçu, au moment de son évasion, un coup sur la tête.

Les détenus demandèrent à être jugés de suite. Le président du jury. Rossignol, leur répondit qu'il ne pouvait accélérer la procédure. Ils écrivirent noe pétition dans le sens de la demande.

De chez Nuret, les autoritésse transportèrent à la prison et y interrogèrent les autres détenus de l'affaire de Nevers : Denis et Louis Gayon, Dominique, Vatade, Jousselin, Perret, Gbauveau et Vilain.

Ce dernier s'était également évadé, mais un citoyen de la commune l'avait rencontré près le fouboui^ des Forges, et, sur le bruit de l'évasion de tous les détenus, l'avait arrêté et réintégré à la maison d'arrêt.

Suspension des administrateurs municipaux. — Le 26 septembre, les administrateurs municipaux, résilièrent leurs fonctions, à la suite d'un arrêté de l'administration centrale, en date du 22 septembre, ainsi conçu:

• L'administration centrale, con»déranl que dans le canton de Hontluçon,

t l'espriL républicain esl teltement comprima que l'on n'oae y manifeslcr des scnli- ( ments favorables au gouvernement, ni se quatifter des noms de patriolc, de répu-

• blicain ou de citoyen, et que l'adminUt ration municipale n'a rien fait pour " l'inslniclion publique; qu'au contraire, elle a tenu depuis son installation une

• conduite peu conTorme à cet esprit de républicanisme, de justice et de paix, qui « doit diriger les actions de tous les administrateurs et les rendre dignes de la con-

• fiance du peuple et du gouvernement, suspend de leurs fonctions les adminisira-

• teurs municipaux et les remplace par les citoyens Thévenet, notaire; Vidal fils,

• homme de loi ; Desmaresl, maître de poste ; Comereau, officier de santé cl André

• Jabin, père ».

Vidal et Coroereau n'acceptèrent pas et furent remplacés, le 30 septembre par Gilbert Aupetit, ancien avoué et Deplaigne ftls. Deux jours plus tard, ce dernier démissionna lui-même comme n'habitant plus le canton et eût comme successeur J.-6. Petitjean.

Les nouveaux élus prêtèrent, en conséquence, le serment de haine à la royauté et à l'anarchie, attachement et fidéUté &la République et à la Constitution de l'an III.

Le 18 Fructidor. — Au mois de septembre, les partisans de la royauté déchue voulurent tenter un dernier eflbrt, auquel prirent part plusieurs directeurs et journalistes. Bonaparte investit le Corps législatif, le 18 fructidor, fit pénétrer un fort détachement de troupes dans la salle et arrêta 5] députés qui furent condamnés ft la déportation, avec deux des directeurs et un grand nombre d'autres personnes, parmi lesquelles les rédacteurs de quarante-deux journaux.

Adresse de fdUcitations au Directoire. — A la suite de ces faits, l'administration municipale Qt parvenir, le 4 octobre, au conseil des Cinq- Cents et au Directoire, une adresse de félicitations. Voici le texte de celle adressée au Directoire :

* Citoyens Directeurs, • Vous l'avez enlin tranché, citoyens Directeurs, ce fil de la conspiration contre a la liberté qui, de même date que la Révolution, s'attachait au premier jour de sa « naissance et s'étendait jusqu'au IS fructidor. Elle sera immortelle, cette journée, a et vous en partagerez l'immortalité. Votre vigilance a prévenu les conspirateurs, « votre courage les a terrassés et vous avez été véritablement grands et forts, car K vous avez été modérés. Quoique remportée par les armes, le sang n'a pas arrosé i votre victoire. Au lieu de la mort, vous avez laissé aux ennemis de la République

• une existence en proie, que ne pouvons-nous dire A de justes remords, mais plutôt

• empoisonnée par la rage et la conviction de leur crime et de leur impuissance.

a Vainqueurs de la conspiration, citoyens Directeurs, vous consolidez la République t que VOUS avez sauvée, en arrachant aux perfides partisans de cette ccuvre machia- ■ vélique les fonctions publiques qu'ils avaient usurpéos, et en les laissant ou les

ïGooglc

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« donnant aux républicains soûls Vous complâtcz par lA votre mémorahlo ouvrage et < le rendez inébranlable.

■ Recevez donc, magnanimes Directeurs, nos hommages, nos actions de grâces

• et nos serments ».

Acte de Tandalisme. — Dans la nuit du 16 au 17 décembre, un arbre de la Liberté fut coupé place Notre-Dame. Cet acte ayant jeté la consternation dans la ville, la municipalité se réunit le 17 décembre et prit la délibération suivante :

* Consldârenl qu'un pareil allentat ne peut que jeter le deuil et la conslemalion

■ dans une commune où, depuis la Révolution, les malveillants n'avaient pas osé « commettre un pareil délit ; que ce délit a été commis la veille d'un dimanche. Cl

■ qiio des ranatiqnes, d'accord avec les royalistes, peuvent bien avoir exercé leur

• vengeance ; aussi et enfin que des militaires et réquisitïonnaires, dans le cas do a rejoindre, sont plus facilement roncontrés la nuit que le jour.

t Par ces motifs, délibère : qu'il sera sur le champ fait avec un détachement do

• la garde nationale et de la 56" demi-brigade pour servir d'oscorte, une proclamation

• à tous les citoyens de la commune londnnl i les consoler de ce malheur commun

• et à les inviter A découvrir les coupables par tous los moyens possibles : qu'avant

• déplanter un nouvel arbre de la Liberté, pour lui éviter un nouvel affront, attendu t que Ib corps de garde actuel est placé auTanbourg Saint-Pierre, éloigné de l'em-

• placement du dit arbre, il sera établi un corps de garde sur la place Notre-Dame ; « que le service y sera îait ponctuelle ment, et que l'arbre qui sera planté sera donné

■ pour consigne >.

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