‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 43 sur 113 · ANNÉE · texte numérisé non relu

ANNÉE

Fdte A roccasion de l'anniversaire de la mort de Louis XVI. —

Le 21 janvier, une grande fête de jour et de nuit fut donnée à l'occasion de la mort de Louis XVI. Un banquet réunit les autorités civiles et militaires, il y eut des illuminations et des transparents portant des inscriptions.

Au banquet, le citoyen Favier, récita la poësie suivante, de sa composition :

Quel heureux jour pour des Français !

L'Univers chante noire gloire.

Aux Germains nous donnons la paix ;

Nous allons jouir des bienfaits,

Fruits mérités de la victoire.

Sachons assurer nos succès.

Jurons A la Patrie

Haine A la royauté, mort A la tyrannie !

Les Batavcs sont affrancliis.

Le Cisalpin redevient libre

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El d'innombrables ennemU

Sonl forcés d'élre nos amis.

Des bords de l'Elbe jusqu'au Tibre,

Par nos armes tout est soumis

L'amour de la Patrie

Voit partout nos héros buer la tyrannie.

La Irop orgueilleuse Albion

Ose seule lutter encore

Contre la grande nation.

Malgré ses mers, ses trahisons,

Son ministère qu'on abhorre

Courbera devant nos canons !

Amour de la Patrie,

Vole avec nos guerriers, détruis la tyrannie.

JV

Le brave vainqueur de Lody,

L'Ajax français vere toi s'avance

Un Pitt, un lord Halmesbury

Te défendront- ils contre lui !

Pour résister i sa millance.

Leur intrigue est un triste appui !

Amour de la Pairie,

Vole avec nos guerriers, détruis la tyrannie.

Nous ne souffrirons plus de rois Guerre i mort & l'hydro anarchique '.

Le Français n'obéit qu'aux lois Ses Directeurs sont A son choix.

Nous voulons tous la République, Citoyens, unissons nos voix !

Jurons & la Patrie, Hnine & la royauté, mort à la tyrannie.

L'ex-prdtre Pélicat. — En février 1798, les citoyens Pélicat, ex-prëtre et Bidon, marchand cirier, furent dénoncés comme ayant tenu dps propos anti-républicains et convoqués devant les administrateurs municipaux.

Après explications et confrontations, Pélicat obtint le certificat de civisme ci-E^rès de la municipalité :

s Considérant que le citoyen Pélicat a prêté, c^mme ci-devant prêtre tous les A serments dans les temps et dans les formes voulues ; que depuis 1T93, il a cessé

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MONTLDÇON SOUS LE DIRECTOIRE. — Le 18 FRUCTIDOR 215

< d'exercer ses fondions sacerdoLales et s'est livré à l'instruction... qu'il a fail pra- « tiquer le décadi k ses élèves el que, nolammenl il a lait réciter A l'un d'eux, à une

■ fétc nationale, il y a environ un an, six vers latins en l'honneur des étonnantes

■ victoires de Bonaparte et que les deux derniers vers contenaient une apostrophe ( aux Anglais... qu'en somme, il n'a pas tenu de propos su bversirs, maiss'cst contenté a de rapporter les opinions des journalistes; qu'il n'a causé aucun trouble et qu'anlin, I à la veille des assemblées primaires, l'union de tous les amis de la Révolution

■ s'impose : l'administration rend un arrêt de non lieu. »

Compta administratit de la ville en 1798. — C'est au mois de mai 179S que fut préuenté, par le président de l'admiaistratlon municipale, le compte administratif de la commune.

Les recettes s'élevaient k 2.3!£ livres, 17 sous et les dépenses h 1821 livres, 6 sous, 6 deniers.

Les dépenses annuelles du personnel et des bureaux de la mairie étaient les suivantes :

Grozieux le jeune, secrétaire, 800 francs par an ; frais de bureau, 500 francs ; Boscq, commissaire de police, 200 francs ; Martin, horloger, 50 livres ; Labourdellerie, tambour, 100 francs ; Ravaut, tambour, 106 francs ; Labourdellerie, héraut public, 50 francs ; Veuve Dupuy, 160 francs ; Camus et Labbaye, gardes-champêtres, 400 francs les deui.

Salaires des tambours, joueurs de fifres et musiciens. — Les

citoyens Labourdellerie et Ravaut, tambours, furent maintenus le 29 juillet, aux appointements de 100 francs. Le traitement du citoyen Lagaye, joueur de fifre, fut fixé à 50 francs.

Dessalle reçut 18 livres pour battre le tambour aux fêtes décadaires en qualité d'auxiliaire.

Le 31 juillet, l'administration municipale accorda aux citoyens Vsndursenne fils aîné et Wetter, chefs de musique, une indemnité annuelle de cent francs ■ pour les indemniser de leur temps et des dépenses d'achapa de cordes, du racommodage d'instruments k becs ou morceaux de musique et non comme une indemnité générale due à leurs talens dont le prix est inappréciable -.

Gonstruotion d'un Autel de la Patrie.— Le 5 septembre, fut votée la construction d'un Autel de la Patrie sur la place Notre-Dame ■ pour rappeler le souvenir d'une révolution aussi bienfaisante que chère aux Français ». Cet autel coûta onze cent sept livres, neuf sous ; les travaux furent conduits par Barjaud et la menuiserie exécutée par Jean Gouéret.

Le Temple décadaire. — Le ministre de l'intérieur avait adressé à toutes les municipalités, une circulaire les invitant à décorer leurs lieux

décadaires de réuDion, qui devaient être simples, mais imposants. Il était prescrit d'y élever un Autel de la Patrie et de décorer l'enceinte d'emblèmes civiques ; d'y afficher la Déclaration des Droits de l'homme et de ses devoirs ; d'y placer un orchestre pour les musiciens, etc.

Ce temple étaitpour Montluçon l'église Notre-Dame,où se célébraient alternativement les fêtes du décadi et les cérémonies du culte catholique.

La commune n'était pas riche, ainsi que nous l'avons vu maintes fois ; aussi la municipalité, te 28 septembre, sollicita un secours pour la décorationdu Temple.où cependant elle fit dresser un Autel de la Patries entre les deux piliers >.

Loi militaire du 5 septembre 1798. — La loîdu 5septembrel798, astreignait au service militaire tous les Français de vingt à vingt-cinq ans. Ils formaient cinq classes et chaque année, suivant les besoins du service, on appelait une ou plusieurs classes sous les drapeaux, en commençant par la première, celle de vingt ans et par les plus jeunes de la classe. On pouvait se faire remplacer. La durée du service militaire variait de un & cinq ans, en temps de paix ; mais elle était illimitée en temps de guerre.

Le 10 octobre, on nomma une commission de six membres, chargée de la confection des tableaux de la conscription militaire.

Six jours plus tard, fut nommé un jury pour l'examen des jeunes gens invoquant les dispenses. Ce jury était composé de cinq pères de fomille ayant des enfants sous les drapeaux et d'un officier de santé, tous choisis par l'administration.

Furent désignés: Valleton, Taotât, Jouannique père, Neyraud père et Chapelard, auxquels on adjoignit Paul Déplaigne, médecin.

Fondation d'un Bureau de bienfaisance. — Le 24 octobre, un bureau de bienfaisance fut fondé, par la commission administrative de l'hospice, sur l'invitation de la municipalité.

Il fut composé de cinq membres: Petit,' notaire; Regnard, homme de loi, Perrot des Modières, Duparl, homme de loi et Pinthon l'aîné. Le bureau de bienfaisance devait recevoir les dons qui lui étaient offerts et encaisser le décime par franc, que la loi accorde aux pauvres, sur les entrées des spectacles payants.

Tribunal de Commerce. — Dans sa délibération du 9 novembre, ' l'admiQistration demanda de nouveau, pour la commune, l'installation d'un Tribunal de Commerce, faisant ressortir :

1° Les relations commerciales de Montluçon, situé sur quatre grandes routes et leur augmentation possible, en ce qui concsrne l'importation ou J'exportatioD des vins, des grains et autres marchandises, dans les manufactures qui existent déjà en poterie, papeterie, en commerce de chanvre, oîles, etc.

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2° La facilité de raviver à peu de frais uae manufacture en filature de coton et de laine, qui a été eo activité jusqu'au commencement de la Révolution. Cet objet doit d'autant plus exciter la sollicitude du gouvernemeat qu'il contient le moyen d'occuper la jeunesse des deux sexes, de l'apprendre k travailler et de la préserver du vice et de l'ciBiveté.

3° L'importance du commerce de fers de Montiuçon qui se fait avec tous les départements voisina ; la proximité des usines et des forges de Troncais et de Saiot-Jean-de-Bouis ; la possibilité de construire d'autres usines et d'autres forges du côté de Néris-les-Bains, où l'expérience prouve qo'il y a d'excellents minéraux pour couler le fer et produire à l'Etat un revenu très considérable.

Â" La position heureuse de tout le pays situé dans l'étendue du ressort de la police correctionuelle, soit pour la richesse des minéraux dont l'extraction est belle, parce que le sol contient des bancs de minéraux k fleur de terre et les charbons à une profondeur facile & extraire, soit pour l'abondance des bois et forêts.

5» Les richesses sans nombre que présentent les mines de Commentry, près Néris-les-Bains et celles deDoyet, l'une et l'autre à deux petites lieues de Montiuçon ; pour celles de Commentry, l'expérience prouve qu'aucun charbon en Europe ne les surpasse en qualité.

Harchd aux Toiles. — Le 5 décembre, le marché aux toiles, aux étofles, aux laines, fut transféré dans l'ancienne église de Saint-Nicolas, qui fut dès lora dédiée au commerce. La toiture fut réparée et on y pratiqua une porte de 12 pieds d'ouverture sur 12 de haut.

La municipalité décida également d'y établir un bureau de poids et mesures publics, qui serait tenu par un garde-magasin, dépositaire des clefs de ta halle.

NaTigatioD du Cher. — L'assemblée réclama, le 29 décembre la continuation des travaux commencés en vue de rendre le Cher navigable de Saint-Amand au pont de Montiuçon.

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