ANNÉE
Police de la Boucherie. — Le 23 février 1799, sur la proposition d'un de ses membres, l'administration prit une délibération relative k la police des boucheries. Voici les parties principales du rapport déposé :
« Les boucheries, depuis l'entrée de l'hiver sont abandonnées, les boochere
• dans une licence et une insubordination qui Tait gémir tous les citoyens sur la « négligence de la police des boucheries, la plus intéressante pour la tranquillilé et
• la santé.
ïGoogIc
« Il faut ramener l'ordre dans cctLe partie el réintégrer tous les bouchers à la < boucherie pour les contraindre à ne vendre et distribuer leur viande qu'à leur
■ banc, et à ne tuer ni Taire aucun abattis de bestiaux qu'aux tueries, dans le délai « de deux décades, à compter de la proclamation de la délibération de l'aduiinisn iralion. Ces deux halles ont été fondées et édifiées pour cet objet ; tolérer plus u longtemps, c'est aggraver le mal, c'est négliger la partie la plus intéressante de la « police municipale.
t On accorde des patentes aux bouchers pour vendre et distribuer la viande « aux citoyens, mais sous la condition tacite que les bouchers exécuteront les lois et
■ règlements de la police ; il ne leur est pas permis de se tirer des lois, ni de sortir 1 des halles de boucherie et d'abattre aîlleura qu'aux tueries ; comme il n'est pas > permis & un boucher étranger, avec une patente, do sortir de son canton et vendre
• dans un autre des viandes traînées, malpropres et n'en soumises au règlement de « police, qui exige que chaque boucher attache à la boucle chaque bâte avant de la
• tuer, afin que la police ait le temps de la visiter, pour reconnaître si la béte est
• loyale et marchande.
< Plusieurs bouchers ont commis des dégradations à leur banc, emporté des « objets servant aux élaux, ils doivent être tenus da réintégrer également les effets
0 emportés et de réparer ce qui peut être A leur charge comme réparations locatives.
« Cette partie ne peut être négligée. Il faut donc que l' administration se pro-
1 nonce el qu'elle prenne une mesure ferme pour réintégrer les bouchers dans les u boucheries et â les contraindre à rétablir leurs étaux et à ne faire leurs abatis de s viande qu'à la luerie. Les rues sont empoisonnées et couvertes du sang des ani- « maux qui coule tous les jours devant les maisons ; l'air est empesté dans toutes les
■ saisons, à honte de la police.
0 Sur ce ouï et consulté, le commissaire du Directoire exécutif prit un arrêté B donnant satisfaction à l'administration municipale. •
Denunde d'octroi. — Le 5 veotAse (23 février) le coDseil fît la demande d'un octroi muaicipal. A l'appui de sa pétition, la municipalité fit valoir que la commune était aans ressources et sans aucuns revenus |>atrlmoniaux ; le peu de bien qu'elle possédait, ayant été vendu et les anciens droits et octrois supprimés.
Rapport sur la situation de la 'ville. — Un rapport adressé au ministre par le maire de Montluçon, le 1"' mars, donne des renseignements utiles sur la situation de la ville à cette époque.
Après y avoir exposé ce qu'est i'esprit de la population, où en est l'instruction, ce que sont les lëtes, le maire parle : 1° de la Bibliothèque « qui ne présente aucune ressource pour les caractères d'imprimerie anciens ; il n'y a que des livres inutiles au gouvernement, comme livres de théologie, d'église, de droit > ; 2« de l'industrie, peu prospère, par suite du dé&Lut de communications; 3° des manufactures; ifi de l'hospice, etc., etc.
MONTLUÇON SOCS LE DIRECTOIRE. — Le 18 FbUCTIDOR 2t9
Echange de bAtiments. — Le 9 mars, la muoicipalUé prit une délibération, tendant à obtenir définitivement du Corps législatif, par un décret, la propriété des maisons, enclos et dépendances de l'ancien monastère des Cordeliers, qui lui avait été accordée par le représentant du peuple Boisset.
La commission administrative de l'hospice avait offert précédemment d'échanger la maison de Charité, située rue de la Charité, avec le couvent, l'enclos des Cordeliers.
Prisonniers de guerre. — Le 19 octobre, 200 prisonniers de guerre autrichiens arrivèrent à Montluçon ; ils furent casernes dans la chapelle des Cordeliers, aménagée & cet effet ; le réfectoire de l'ancien monastère servit d'infirmerie.
Le Sous-Prifet Amelot. — A la fin du 18* siècle, l'arrondissement de Montlucoa était administré par le sous-préfet Amelot. Ce fonctionnaire, selon toute apparence, était un administrateur zélé, possédant des connaissances variées, mais souvent entachées de routine et d'erreurs. H ne manquait aucune occasion, dans ses discours, de donner des conseils aux cultivateurs. Par exemple il ne les encourageait pas dans l'élevage de la chèvre, a dont la dent meurtrière détruit tout ce qu'elle ronge ■ ; et, si la loi n'y met ordre, « il n'y aura bientôt plus ai haies, ni vergers >.
Il veut qu'on laboure de temps en temps les prés naturels qui produisent de la mousse et de mauvaises herbes ; mais il n'augure rien de bon du sol de l'Allier, ■ qui n'est pas susceptible d'une bien sensible amélioration ; pierreux, froid, argileux, partie de la semence qu'on dépose en son sein se dessèche, y pourrit ou est entraînée dans les ravins que creusent les orages. Il ne produit guère que des herbes sans substances : comment y propager la luzerne, le trèfle, le sainfoin et autres que l'on recommande tant > ?
Nos cultivateurs modernes se sont chargés de répondre & ce brave sous-préfet.
Il n'i^précie non plus que médiocrement les avantages du système métrique. Il dit en effet, en pleine séance du conseil d'arrondissement : • Vous avez dû vous apercevoir, Citoyens, que, dans le cours de mon exposé, j'ai employé les expressions consacrées aux mesures d'étendue. La loi m'en faisait un devoir ; mais je ne crains pas de vous dire que je désire beaucoup le changement de la nouvelle nomenclature des poids et mesures. Je regarde ces noms grecs comme beaucoup plus nuisibles à l'uniformité qu'on veut établir, et que tout le monde désire, que la différence réelle des nouvelles mesures aux anciennes.
La mémoire refuse de se chaîner de ces dénominations scientifiques. A peine les a-t-on apprises qu'on les a oubliées >.
L^ aous'préfet Amelot a admioistré l'arrondissemeDt de Hontluçon I trois gouvernements : le Consulat, l'Empire et la Restauration. Le 6 juin 1813, il procède h. l'installatioa du maire et des adjoints de tluçon, et reçoit leur serment de fidélité à l'Empereur. L'année suie, le 11 septembre 1814, après le départ de Napoléon pour Ille d'Elbe, éta lui-même serment de fidélité au roi, serment qu'il renouvela deux plus tard, après les Cent jours.