‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 45 sur 113 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

MONTL,UÇON SOUS LE CONSULAT

Diligence dépouillée. — Demande de fusils. — Aubérie du Foirail.

— A la recherche des brigands, — Les chauffeurs. — Les prisonniers de guerre brûlent les paisseaux des vignes. — Acte oonstitutionnal du 14 ddoembre 1799. — Oarde des recettes oonununales. — Le pont de bois des Isles. — Alimentation des prisonniers de guerre. — Réquisition de cheTaux pour l'armée.

— Les f Ates décadaires, le Temple de la Raison. — Service des étapes. — Nouvelle destination de l'église Saint-Nicolas. — Le tribunal civil. — Installation de la municipalité et du commissaire de police. — Nomination des Conseillers municipaux. — Surveillance des émigrés. — Militaires retraités. — Proclamation solennelle du Sénatus-Consulte de 1802. — Amnistie et prestation de serment. — Installation du maire, discours. — Adresse au Premier Consul.

Diligence dépouillée. — Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1799, la diligeoce qui faisait le service de Clermoat à Paris, était dévalisée enlre Saint-PourçaÎD et Châtel-de-Neuvre.

Informée le dix, à dix heures du soir, par l'intermédiaire de la gendarmerie, et sur le réquisitoire du commissaire du Directoire exécutit, l'administration prit sur le champ une mesure ayant pour but d'assurer la sécu" rjté publique. Elle décida qu'une patrouille serait faite par plusieurs de ses membres, assistés de la gendarmerie, et que tous les passeports des étrangers qui se trouvaient dans lea auberges de l'arrondissemeot, aéraient visités incontinent.

Maiji là ne se bornèrent pas les précautions prises ; on enjoignit à la gendarmerie de multiplier les patrouilles, de surveiller les vagabonds^ tout en exigeaet des aubergistes qu'ils lissent coter et parapher leurs registres d'étrangers.

Demande de fusils. — Le commissaire du gouvernement fit remar* quer à l'admiaistration municipale, le 6 novembre, qu'en exécution d'un arrêté du département, les citoyens du canton de Montmarault étaient

aSâ Histoire de Montluçon

tenus d'escorter tour k tour la recette de cet arroodissementjusqu'à Montmarault ; qu'une partie était armée de mauvais fusils de chasse et que l'autre n'en avait pas du tout. Qu'en conséquence, cette escorte dérisoire ne pouvait être d'aucun secours en cas d'événement; qu'ayant appris qu'il existait en dépôt à l'administration de Montmarault, environ 200 Tusils, il requérait que l'administration municipale prit en considération ses récla* mations et réclamât près de l'administration centrale, que Montmarault fut tenu de lui délivrer cent fusils. Cette proposition fut acceptée.

Aubirie du Foîrail. - Il existait à Montinçon, une place vulgairement appelée < le Foirail », (1) tenant d'une part & l'édifice ou enclos ci-devant des Capucins, et de l'autre au quai du pont, près le faubourg Saint- Pierre. Sur cette place étaient implantés des peupliers et autres arbres, tels qu'ayards ou aubiers, dont la coupe, booue à faire, était d'une valeur présumée de cent francs environ.

Le 10 décembre, un membre de l'administration observa qu'il était de principe incontestable, que les places publiques n'étant ni aliénables, ni nationales, que les locations ou usufruits dès arbres plantés sur ces places appartenaient aux villes, avec d'autant plus de raison qu'il ne leur était presque rien resté des revenus patrimoniaux.

En conséquence, ce membre propose que le produit de la vente des dits arbres, soit affecté à la réparation de la couverture de l'édifice du marché, dit de Saint-Nicolas.

Cette motion prévalut et fut homologuée par l'administration supérieure,

A la recherche des brigands. — Le 14 décembre, un membre exposa à l'assemblée que le bruit courait qu'il s'était commis un délit chez le citoyen Baraîtlon, de la commune de Cbambon (Creuse), la nuit du 12 au 13 courant, par quinze briginds. Ces derniers, armés jusqu'aux dents, la figure noircie, s'étaient introduits dans le domicile de Baraillon, lui avaient pris son aident et son argenterie et blessé son épouse. Il ajouta que plusieurs autres délits avaient été commis non loin de cette commune ; tel que l'événement arrivé & Aubusson et le vol commis sur la recette publique que conduisait la malle de Clermont à Paris ; que tous ces faits indiquaient qu'il y avait un foyer de brigands et de voleurs peu éloigné ; qu'il était nécessaire d'en prévenir la police et de prendre des mesures de sûreté et préserver la commune du danger du brigandage et des vols publics, qui se commettaient avec une audace sans exemple et qui glacent d'effroi les citoyens honnêtes et paisibles.

(1) Dans les parages du plan de foire actuel. Quartier de la Gaieté

ïGoogIc

Au récit dé ces ^ts, le citoyen Simouet Jean, lieutenant de gendarmerie, invité & se présenter devant l'assemblée, pour lui rendre compte des mesures extraordinaires qu'il avait prises sous les ordres de l'assemblée, de doubler le service des patrouilles jour et nuit pour surveiller le passage des étrangers et découvrir les auteurs et complices des délits qui se commettaient aussi près de la commune, déclara qu'il avait exécuté les ordres qui lui avaient été donnés.

Il ne dissimula pas qu'il voyait avec inquiétude qu'on avait donné des ordres pour retirer un de ses gendarmes et deux de la brigade d'Huriel pour faire le service au Vernet ; que ces deux brigades ainsi aOaiblies, il lui devenait impossible de faire le service d'une manière utile pour répondre de la sûreté publique.

Cet oHlcier concluait en disant que si la gendarmerie n'était pas renforcée d'une manière suffisante, il y aurait lieu d'inviter l'administration à faire des remontrances & cet égard, soit à l'administration centrale, soit auprès du général commandant la force armée de la gendarmerie.

L'administration, ft la suite de ces communications, prit la délibération suivante :

t Considérant rurgence absolue cl la nécessité de faire des remontrances pour I obtenir que la |Gndarmerie de Montluçon soit renforcée de trois hommes, au lieu

■ d'Être diminuée ; que les ordres qui ont été donnés, tendraient plutôt à l'affaiblir, « ce qui serait préjudiciable à la localité, et nuirait au gouverne me ut dans un moment t où il importe de donner de la force aux ofticiers de police, pour découvrir et arré-

■ ter les auteurs des délits et les complices dans les différents vols et brigandages

■ qui se commeitenl, avec une audace qui inquiète les citoyens.

■ \ décidé que l'administration centrale serait invitée & prendre toutes précau- ( Eiong que lui dicterait sa sagesse, tant auprès du ministre de la guerre que du B général Valescbo, commandant la gendarmerie de l'Allier ».

Les campagnes étaient réellement terrorisées, surtout depuis l'attaque de Saint- Pou rçaio, de la diligence de Paris à Clermont, et les exploits de la bande de Chambon. L'afTolement a dû redoubler encore, et gagner Montiuçon même, à la nouvelle du pillage du château de Chaux, commune de Mazirat.

Le docteur Cornillon, dans un ouvrage déjà cité, Le Bourbonttais tous la Révolution, rapporte ainsi cette nouvelle affaire de brigandage :

Page 1