‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 46 sur 113 · I.BS OHADFFEUBS · texte numérisé non relu

I.BS OHADFFEUBS

I Le 1i messidor, an Vil, un chefd'aielier tendeur rencontrait dans la forêt de

• Lépaud, près Monlluçon, une quinzaine d'individus bien vélus, porteurs de fusils

■ et de pistolets. Ils faisaient partie d'une bande qui pilla les valeurs des Recettes de

• la région."

(I) ConiiUon, Tome V, Pages me

iài lllSTOIRE DE NtoNTLUC0l4

• Les confinB de la Creose el du Pay-de-DAme furent le Ihéilre babiluel de t leurs exploit» ; cependant, sous le Consulat, ils tirent une petite incursion aux envi- ( nos de Honlluçoo, qui est restée légendaire.

« A Haztral, il y avait un propriétaire, H. Bizet, qui habitait le château de K Chaux et passait pour riche. Dans la nuit du 3 au 3 floréal, an IX, les trois Ir^rcs K Vergne, Roche, dit Pierrot, et Depoute père, mirent sa mg^on au pillage. Ce fut à

■ neuf heures du soir qu'ils frappèrent à la porte de Bizet. Sa servante, Antoinette c Dubeauchard, courut ouvrir et quel ne fut pas son étonnement de se trouver en 1 présence de cinq individus masqués et armés, trois de fusils à deux coups, avec a baïonnette au bout cl les deux autres de sabres et de poignards. D'un ton mena-

■ cant, ils lui intimèrent l'ordre de leur montrer l'endroit où se trouvait son maître.

■ Plus morte que vive, cette malheureuse Ht signe qu'il se trouvait dans la cuisine.

« Deux d'entre eux restèrent à la porte pour faire le guet, et les trois autros se

• dirigèrent, d'un pas leste et assuré, vers le point que la domestique venait d'indi- « quer.

« Alîn de ne pas éveiller les soupçons des habitants de la maison, ils entreront

0 id.is frapper et fondirent sur Bizet, qui était assis au coin de la cheminée et causait t tranquillement avec son métayer Horeau et un cafetier d'Evaux, Aussaume. Avant

■ qu'il eut prononcé un seul mot et qu'il fut revenu de son ébahissement, ils

1 s'écrièrent d'un ton impérieux ; < Si lu bouges, tu es mort. Il nous faut de l'or I ou du sang. » Sa mère, sa femme, ses deux filles, Catherine et Pétronille, une de t ses nièces, la petite Anne Cazolc, la femme Horeau, qui travaillaient tout en I bavardant autour d'une table, fnront tellement terrifiées par cette apparition son- « daine qu'elles ne purent ouvrir la bouche ; elles se borneront à verser silencieuse-

■ ment des larmes.

■ Les cliaulfeurs, qui s'étaient pourvus des instruments nécessaires k leur expé-

■ diiiun criminelle, sortirent aussitôt des cordes de leurs carmagnoles et lièrent les

■ mains derrière le dos, à chacun des assistants. Puis ils les obligeront tous â « descendre dans la cave, â l'exception de Bizet, de sa femme el de la petite Anne

I Cazole, enfant de dixàdouze ans, Aqui,ils s'étaient contentés d'attacher tes pieds 4 â l'aide d'un mouchoir.

« Quand tous les prisonniers furent descendus, les trois bandits fermeront la

• pjrte à double tour, et laisseront une sentinelle pour la garder. Les deux autres

• romonlèrent à la cuisine et demandèrent aux époux Bizet où se trouvaient leurs

• valeurs. Ils repondirent en tremblant qu'elles étaient dans leur armoire, dont la 0 clef était en possession de Moreau. Retournant alors à la cave, ces scélérats récla' H mèrent la clef tant désirée et se mirent en demeure de fouiller les appartements et < les meubles. Tout d'abord, ils dérobèrent deux fusils doubles qu'ils apportèrent à a ceux qui faisaient le guet ft la porte exténeuro du château. Puis ils enlevèrent l'or, t l'argent el les bijoux qu'ils roncontrèrent. Alin d'avoir le temps matériel d'enlever 4 tout leur butin et de le mettro en lieu sur, ils entraînèrent Bizet el sa femme dans

• la cave et pour qu'aucun des prisonniers ne put s'évader et jeter l'alarme, ils leur

II lièrent les jambes deux à deux. Il paraît que les cordes dont ils se servirent étaient B un peu dures, car An loi nelte Dubeauchard se plaignant d'être serrée trop fortement, a les brigands répondirent : «qu'il fallait prendre patience, que dans trois heures ils

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MONTLUÇON SOUS LE CONBULAT àiS

• seraient délivrés >. Puis ils refermèrent la porte, emmenèreat leur sentinelle, et « tous les trois rejoignirent en ricanant leurs deux camarades.

• Les prisonniers étaient depuis longtemps dans cette fAcheuse situation, lorsque

• Horeau leur apprit qu'il possédait un coutean dans la poche de son gilet. En appret nant cette bonne nouvelle, une des demoiselles Bizel rampa jusqu'à lui, prit le « couteau avec ses dents, se traîna ensuite vers la porte qui était grillée et appela sa < cousine, la petite Cazole que les voleurs avaient laissée i la cuisine. A forco de per-

• sévérance, c«tte fillette avaiipu se débarrasser du mouchoirqui attachait ses pieds ;

■ mais ne sachant qne faire et oii se diriger, elle attendait en pleurant qu'on vint la € chercher. En entendant appeler, elle s'approcha à pas de loup de la porte, et A « travers les barreaux, coupa successivement les liens de chacun des prisonniers.

• Une fois libre, le robuste Moteau courut ven l'ouïe de leur prison improvisée

* arracha les pierres qui en obstruaient le passage, et sortit à plat ventre dans la

■ cour. Au bout d'un qnart d'heure, ses autres compagnons d'infortune le rejoi-

* gnaienl en poussant des cris de joie.

• Le premier soin des époux Bizet fut de se rendre compte des pertes qu'ils « avaient subies. Ils constatèrent que tous les meubles avaient été fracturés, que les « tiroire avaient été forcés et que dans toute la maison, il n'y avait plus une seule

• pièce de monnaie. A titre de souvenir, les brigands avaient laissé une cuvette

■ pleine de sang, provenant d'une blessure involontaire que l'un d'eux s'était faite « en mettant son poignard sons la gorge de la femme Bizet, aRn de l'obliger à se

■ dessaisir de ses bijoux.

■ Ces actes de brigandage, qui avaient une répercussion par toute la France, ( resteront longtemps impunis, mais ils cessèrent après Thermidor, dès qu'une main

• ferme s'abattit sur tous ces coupe-jarrets ; ils quittèrent leurs barbes postiches et f disparurent de l'horizon eommc une nuée de corbeaux après un coup de flisil. >

Les prisonniers de guerre brûlent le bois des haies et les paisseaux des vi^es. — A la suite de dépradatioQS commises par les prisonniers de guerrequi. pour se chauffer, dévastaient et détruisaient les haies et les paisseaux d'un grand nombre de propriétéa, l'administratioD demanda la réduction du chiffre de ces prisonniers.

Acte Constitutionnel du 14 décembre 1799. — Dans la séance du 20 décembre, il fut donné lecture : i" de l'acte Conatitulioanel de la loi du 14 courant qui réglait la manière dont la ConstitutioD devait être présentée au peuple français; 2" de l'arrêté de l'administratioD centrale du 18, dans laquelle elle annonçait que huit paquets, h destination des cantons de Néris, Marcillat, Lignerolles, Huriel, Saint-Sauvier, Saint-Désiré, Estivareilles et Désertines, étaient adresséesà la municipalité, avec prière de les foire parvenir dans les difîérents cantons par des plantons chargés d'en retirer récépissé.

Séance tenante, on établit les registres d'acceptation de la Constitution destinés à recevoir le vote des citoyens, lesquels furent adressés aux

226 HlSTOIHE DE MONTLUQON

dilTérents fonctionnaires publics délégués, pour recevoir ces votes dans les délais fixés par la loi.

Elle chargea en même temps Ghartron Hély, de porter les paquets d'Huriel, Saint-Pourcaîn etSaint-Déairé et lui alloua pour cette mission la somme de 12 francs; Delaume fui commis pour aller à Eativareilles et reçut 3 francs ; Giganon, enfin, fut payé 9 francs pour aller à Marciltat. L'avance de ces sommes fut faite par Touzet, percepteur des droits revenant k la commune.

Garde des recettes. — Le 6 janvier 1800, l'administration décida que, conformément aux mesures de sécurité prévues et prescrites, la recette serait étroitement gardée et que des patrouilles seraient faites en vue d'assurer la tranquillité publique.

La garde montante nationale était portée & huit hommes, y compris le caporal. Uti corps de garde fut placé dans la maison ducitoyen Pradoc, receveur général de l'arrondissement, avec une sentinelle à l'extérieur. La patrouille organisée h toutes les heures de la nuit, était chargée de la surveillance des recettes des différents préposés de la commune et de la sécurité publique.

Le pont de bois des Isles. — Nous avons exposé précédemment* l'accident qui s'était produit au passage du gué du Cher, entre la ville et le village des Isles et la proposition d'y installer un pont en bois.

Cette question étant revenue devant l'assemblée communale, le 12 janvier 1800, nous ne saurions mieux foire que de reproduire la délibération qui fut prise k cette date.

« Ua membre expose que les accideals qui arrivent au passage des isles, sur B la rivière le Cher, entre ce village el MontliiçoQ, devienoent si fréquents qu'ils ■ inquiètent de plus en plus les citoyens ; que Pa>Tot Gabriel, pensionnaire ecclésias-

• tique, venait d'itre victime ets'étaît noyé cinq jours auparavant, vers trais heures

• du soir, par l'effet de la chute de son cheval au passage, sans qu'il ait été possible

• aux gens de l'art et à ceux qui lui ont donné du secours de le rappeler à ta vie, « bien qu'il parût n'avoir resté que très peu de temps dans l'eau.

• Mais la trop grande distance des bâtiments à ce passage est un obstacle facile ' • à vaincre pour prévenir les accidents communs qui arrivent el pouvoir donner des I secours à ceux qui tomberaient au mSme passage el aux environs ot mettre à « couvert le canton et les étrangers contre ces accidents Les événements qui se mul- > tiplicnt prouvent la nécessité de rappeler l'attention du gouvernement et te prier de u remédier à cel inconvénient.

( Nous ne saurions trop, ajoute l'auleur de celle praposition, rappeler le moyen

• adopté par l'administration, le "î^ janvier 1798, alin de parvenir à Taire construire < un pont en bois assuranl un passage, sans qu'il en coûte rien à l'État, en lui pron curanl un revenu annuel.

( Il ajoute que la soumission faite par le citoyen Desmarest, présentant des avan-

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• tages Irop modiques pour la stabilité de la conatnintioD de ce pont «n largeur,

■ hauteur et garantie, il était nécessaire d'obtenir un arrêté de l'Administration cen-

• traie, de &ire compléter par un devis eatimaliT, la confection et situation des travaux a à construire et les avantages qui résulteront de ret étalilissement.

« Que les opérations relatives au droit de péage pour la police et la perception

■ des droits de passage sur les fleuves, rivières et canaux navigables, appartien- ( nent aux Administrations centrales et du dé parlement, dans l'étendue desquelles se a trouvera situé le passage, suivant les dispositions de l'article 31 de la loi du 96 « novembre 1797.

• L'administration centrale de l'Allier, laisanl droit à celte réclamation, rendra «justice aux administrés, vivifiera le commerce localet procurera des secoursassnrés.

« Cette propriété du droit de péage, au surplus, est des plus justes, et comme ( en outre, c'est une propriété nationale et qu'il est indispensable d'avoir recours A

• la bienfaisance nationale pour obtenir une loi qui autorise cette construction et ( l'abandon d'une prime provenant de la jouissance du nombre d'années nécessaires « aux adjudicataires pour solder les dépenses. >

L'assemblée, après lecture de cet exposé, prend uae délibératioQ conforme aux vceux du rapporteur.

Alimentation des prisonniers de guerre. — Ud des cauchemars de l'administration était bien alors le souci de l'alimentation des prisonniers de guerre.

Ce service, concédé à un entrepreneur général, était le plus souvent rétrocédé k des sous-traitants chargés de fournir : l'un la viande, l'autre le pain, un troisième la paille et les fourrages.

Les négligences ou omissions d'une part, les difficultés entre l'entrepreneur et les sous-traitants, de l'autre, venaient fréquemment entraver cet important service, d'où récriminations et plaintes.

Cest ce qui se produisit le 23 janvier. Le citoyen Ferruge, préposé à la fourniture du pain, avisait à cette date, l'administration qu'il lui était impossible de pourvoir à la fourniture du 25 courant, le citoyen Mérier, son commettant, n'ayant pas rempli les conditions de son traité du 22 octobre dernier, et l'invitait à lui procurer les moyens nécessaires de pourvoir à la nourriture des prisonniers.

On enjoignit ft Ferruge de continuer le service, et l'administration centrale fut, de son côté, invitée à prendre les mesures qu'elle jugerait opportunes pour remédier à semblable situation.

Réquisition des chevaux pour l'armée. — La loi du 26 octobre 1799, avait ordonné la réquisition d'un certain nombrede cbevaux destinés à l'armée. Cette obligation, rappelée le 18 janvier, par arrêté de l'administration centrale, venait devant l'assemblée communale.

Cette dernière, cinq jours plus tard,détibérait que dans les vingt-quatre heures, les propriétaires de chevaux, juments, mules et mulets, seraient

228 Histoire de MONTLUyoN

coDVoquéB pour user da la foculté qui leur était doonée de s'accorder entre eus sur le mode de fourniture des trois chevaux imposés & la commune.

Il était stipulé qu'en cas de non accord entre les propriétaires, la municipalité désignerait les trois chevaux formant le contingent du canton.

Les propriétaires n'ayant pu se mettre d'accord, l'administratioa arrêta le 29 janvier, que le citoyen Treignat Gilbert, fournirait un cheval gris, Agé de sept ans ; Debrade, un cheval noir et Requardieux, une jument baie; ces animaux furent estimés et payés.

Un détachement du bataillon auxiliaire du département de la Charente, fort de 20 officiers et de 280 sous-officiers ou fusiliers, devant passera MontluQon, le 1" février, se rendant à Strasbourg, lieu de sa destination, l'administration fut prévenue, par lettre du commissaire des guerres, d'avoir à assurer les vivres nécessaires à cette troupe.

La municipalité, le 1" février, décida : i* que le citoyen Perrot, le jeune, boulanger, fournirait le pain au détachement, le blé nécessaire étant pris sur les 20 septiers, mesure de Montiuçoo, empruntés aux citoyens du canton ; 2° que dans le cas ou les secours demandés au départeinent, en faveur des prisonniers de guerre ne seraient pas arrivés le 3 février, les hommes dont s'agit seraient conduits à ItfouUns, sous la surveillance de Gandolin.

Le l'' février, l'administration eut encore recours à l'obligeance des citoyens et s'adressa, pour la fourniture de 20 septiers de blé, aux citoyens dont les noms suivent : Perethoo, Lachàtre, Chavenon-Bigay, Jaladoa, Duchet Charles, Dnprat, Labrosse âla, Aujay-La Dure.

Le 4 février, l'administration chargea le citoyen Mérier, garde-magasin des subsistances militaires à Moulins de la fourniture des vivres aux prisonniers, du 21 janvier au 20 février inclusivement.

L'adjudication versa en même temps la valeur de 75 quintaux de seigle à 6 fr. 09 i celte de 20 quintaux de froment à 11 fr. 15 et la manutention de trois mille rations à 3 centimes la ration, le tout formant un total de 678 fr. 80.

Les têtes décadaires. Le Temple de la Raison. — Nous avons vu précédemment que les fêtes du décadi se célébraient dans le Temple de ta Raison, qui n'était autre que l'église Notre-Dame, consacrée en même temps aux exercices du culte catholique.

Le 10 février, l'administration décida que les cérémonies décadaires et les fêtes nationales seraient célébrées depuis dix heures du matin, jusqu'à midi, et que l'église serait libre à toutes les autres heures, pour l'exercice du culte catholique.

Service des étapes. — Le 12 avril, l'administration approuve la soumission faite par les citoyens Pierre-Marie Clbot et Desmarest Philippe- François, d'assurer le service des étapes, savoir ; 1'> une voiture à un collier h raison de huit francs par jour, pour les gîtes de Montmarault, Heaulne, Culan, Boussac, Gouzon, Chambon, Évaux et Montaigut, sans distinction ; 2* la ration de fourrage, composée de 15 livres de foin et 2/3 de boisseau d'avoine; 3" la ration de vivres^coinposéede 24 onces de pain, à raison de 30 centimes et celle de viande, composée de 8 onces, h raison de 15 centimes.

Nouvelle destination de l'égUae Saint-Nioolas. — Le 9 avril, un membre M à l'administration le rapport suivant :

« L'édifice «u devant de l'église Noire-Dame, a été concédé à !a ville par arrêté

■ du représentant du peuple Boisset, du 29 novembre ITdi. Depuis cette époque, il I a été destiné au commerce, soit pour un marché, soit pour loger les marchands « Torains.

« Sous tous les rapports, cet édifice est le seul duquel la commune puisse tirer 9 parti pour ud produit de location dans les marchés et sur les bnncs des marchands a forains.

■ Il y a longtemps que cette vérité est connue ; mais l'impuissanee où le canton

■ est d'y faire les réparations nécessaires nous a mis hors d'état, non seulement de t jouir utilement de la chose, mais encore il tombera en ruinea totalement, si par

< des diligences légales, nous ne nous faisons autoriser à faire les réparations utiles « pour mettre le canton à mdme d'en tirer un produit de location annuelle, suffisant « pour faire face â l'entretien de cet édifice et créer un fonds de revenu net i la

< ville, car elle en est dépourvue et une grande commune ne peut subsister sans

■ Pendant les temps orageun du vandalisme, on lui a enlevé tous ses revenus

• patrimoniaux, .au lieu de lui permettre de profiter des circonstances où les lois ( avaient donné la tàculté aux communes d'acheter des biens nationaux, qui auraient < fait un fonds de revenus patrimoniaux pour se soutenir elle-même et obtenir des

■ avantages par des établissements utiles.

• On a vendu, au contraire, jusqu'A 1' H6tel-de- Ville, objet déclaré chei tous les « peuples, inaliénable, et laissé acheter par les particuliers, les édifices qui seraient

* aujourd'hui du plus grand intérêt pour la ville et pour l'Etat.

< Comment réparer des fautes si lourdes en administration et obtenir 4 cette « commune un local pour tenir ses séances, sans faire supporter une grosse charge 1 d'impositions aux habitants et établir les droits de location pour faire face aux « réparations du seul édifice disponible qui vous reste : celui de Saint-Nicolas, et « comment remplirons-nous assez promptement les formalités légales pour prévenir

■ la ruine prochaine par des réparations aussi urgentes qu'utiles i

t Nous ne pouvons qu'en faire constater l'urgence par un procès-verbal et un ( plan visuel dressé par des gens de l'art et joindre un devis et détail estimatif des » réparations k fcire et obtenir l'autorisation nécessaire du gouvernement pour

( répartir ces dépenses au marc le franc, sur le général des habitants du canlon.

« Puis, il y aurait de k faiblesse â dilférer plus longtemps ces réparations: 1 plus OD retarde, plus l'édifie* se dégrade et moins on en pourra tirer parti.

a 11 y aurait aussi de l'insensibilité sur les véritables intérfils des administrés k I ne pas gérer proinplemenl la cbose publique en faisant réparer cel édiHce pour le c plus grand profit des administrés qui réclament avec instance ces réparations.

t Ainsi, nous devons Taire dans celtccirconstance.cequi se praliquedans toutes

■ les autres : Obtenir une autorisation comme celle que l'on obtint pour la confection j de l'édifice des bouchers.

• Pour nous aidera remplir ces formalités, nous avons le citoyen Ilellanger, 1 architecte, homme aussi instruit que bienfaisant, qui ne refusera point à nous faire

• part de ses lumières et de ses talents pour développer un projet d'utilité publique I et donner un détail estimatif des dépenses, conjointement avec le citoyen Bargaud, 1 aussi rempli de zèle. •

Après avoir écouté ce rapport, l'adininiatratioD prit la délibératioa suivante :

■ L'administration, considérant les besoins pressants d'un local pour tenir les a séances du conseil municipal, afin d'éviter des locations annuelles ; que la « maison de ville où les séances, les délibérations se prenaient et où le dép6t des

■ archives exbtait, a été vendu, par adjudication faite k l'administration centrale, le « 15 novembre 1795.

t Que ta loi autorise ft établir des droits de location sur les places et dsna les t édifices publics servant de marché pour les halles destinées à l'étalage des mar- K cbands forains et autres.

■ Que l'établissement de ce droit ayant été accordé sur les places hors les édi-

< fices, en exécution de cette loi, par arrêté de l'administration centrale du 20 déceni'

• bre 1799, doit s'étendre pour autoriser la perception du droit dans la halle, dite de

< Saint-Nicolas, après les réparations nécessaires à la jouissance de la chose, préala- I hlement faites.

4 Considérant, enlin, que l'édiKce tombe en ruines par la négligencede répara-

• lions et l'impuissance de pouvoir les faire, sanït avoir obtenu une autorisation légale, « soit pour prévenir cette ruine par l'effet de ces réparations, soit pour assurer la t commune du droit incontestable qu'elle ne sera pas évincée, après y avoir fait des « dépenses considérables.

* L'administration a décidé qu'il y avait lieu provisoirement pour parvenir i ( remplir les formalités légales de nommer des commissaires.

« En conséquence, elle a nommé les citoyens Bellanger, architecte, avec

< Barjaud cl en présence du citoyen Perrot, administrateur, pour dresser un plan I visuel des réparations, en constater la nécessité et faire tous devis et détail estimatif « pour les plans et projets arrêtés entre eux, être ensuite rapportés à l'administration c et sur le tout, pris une nouvelle délibération, au sous-préfet, aussi son avis envoyé « au préfet pour homologation. »

Tribunal oivil. - Le It^eiuent afiecté au Tribunal de police correc-

tionnelle et où devait aller siéger, à la date du 20 juin, le Tribunal civil de l'arrondissement n'avait qu'une salle. Il était indispensable qu'il y eût une salle du conseil et deux cabinets : l'un pour le commissaire du gouvernement et l'autre destiné à loger les archives.

Or, les pièces qu'on avait l'intention d'utiliser étaient louées pour trois ans aux citoyens Cartier Joseph, tisserand et Jacques fialanger. Aussi, le 12 juin, l'administrateur décida que ces deux citoyens seraient tenus de vider les lieux à la première réquisition; à charge, par la commune de leur payer une indemnité k régler de gré à gré ou à dires d'experts.

Installation de la MunioipaUtè. Discours du Sous-Préfet. — Le 8 aoûl, eut lieu l'installatioa de la municipalité. A midi, le sous-préfet partit de la sous-préfecture, accompagné des citoyens Brade, nommé maire de la commune ; Coroereau, premier adjoint et Perrot, second adjoint. Il était accompagné d'un détachement de la garde nationale et devait se rendre au lieu où le Tribunal de l'arrondissement avait coutume de tenir ses séances, aucune maison commune n'existant à Montluçon, à l'efTet de procéder à l'installation du dit maire et des adjoints.

Arrivés au lieu des séances, le secrétaire donna lecture de l'arrêté du conseil qui avait nommé ces fonctionnaires. Le citoyen sous-préfet prononça ensuite un discours de circonstance et reçut des fonctionnaires nommés le serment suivant : < Je promets d'être fidèle à la Constitution. >

Ce serment reçu, le sous-préfet déclara, au nom du gouvernement, que les citoyens Brade, Cornereau et Perrot, étaient installés dans leurs fonctions.

Celte installation terminée, le citoyen-maire prit la parole et, dans son discours, a marqué l'expression de sa reconnaissance envers le Premier Consul et les assurances du dévouement le plus absolu envers la chose publique et la Constitution.

Un procès-verbal de cette cérémonie fut dressé et signé par les citoyens Brade, Giganon, Duchet, Perrot, Cornereau, Grozieux le jeune, Neyraud, commandant du détachement, Amelot et Molinari, tous fonctionnaires.

Installation du Commissaire de Police, — Le 20août, à la réunion de l'assemblée, le citoyen-maire donne lecture d'une lettre à lui adressée par le citoyen Amelot, sous-préfet, portant nomination, par arrêté du Premier Consul, du citoyen Boscq, en qualité de commissaire de police à Montluçon.

Celui-ci. après avoir prêté le serment « d'être fidèle à la Constitution », fiit déclaré installé dans ses nouvelles fonctions.

PLAiN CADASTRAL

de la Ville de

MQNTLUCONenlBOa

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Nomination des ConseillerB Municipaux. — Le 3 septembre, le préfet de l'Allier, en vertu des articles de la loi de janvier et après avis du sous-préfet de l'arrondissement, nomma pour faire partie du conseil municipal de Montluçon, les citoyens dont les noms suivent :

Fourueau Crebert ; Mathieu, négociant ; Cibot, défenseur officieux ; Lespinard, défenseur officieux ; Vidal, notaire ; Ducbet, ex-administrateur ; Tardé du Mousseaux ; Barjaud François ; Perceau, notaire ; Labrosse Pieire fils ; Meunier- Dessaîgne ; Pérethon-Lamallerée; Messager, architecte ; Guérin, directeur de la poste ; Chabot père, notaire ; Giganon, ex-admlDistrateur ; Cartier, cirier ; Coraereau père ; Lespinard, chirurgien ; Balladier ; Deschamps ; Savigny ; Pélicat, instituteur ; Sabouret atné, orfèvre ; Serre, marchand ; Martiuet-Lacroze père ; Yves Jean, chirurgien ; Petitjean, notaire ; Tantôt, chirurgien.

II fut en même temps stipulé qu'Us se rendraient à leur poste k l'époque déterminée par le paragraphe 3 de l'article 15 de la loi précitée, en cas de convocation extraordinaire pour s'acquitter des fonctions qui leur étaient attribuées.

Ce paragraphe ne devait pas tarder à être mis à contribution, car, le 5 septembre, le préfet de l'Allier^ & l'instigation du sous-préfet de l'arrondissement de Montlucon, prenait un arrêté dont voici la teneur :

* Considérant que des afiaires importantes paraissent exiger dans la commune ■ de Montluçon, une convocation extraordinaire des membres du conseil.

R Arrâlc : Que le 27 septembre, les citoyens composant le Conseil municipal se « réuniront au lieu destiné à l'assemblée du Conseil pour y procéder aux opérations « qui font l'objet de la présente convocation : qu'à cet effet, ampliation du présent t arrêté sera, â la diligence du citoyen sous-prérct, adressée au maire do la dite I commune de Montluçon, qui est chargé de prévenir chacun des membres du dit « Conseil, de l'époque fixée pour leur réunion et de les inviter à se rendre à leur « poste. «

Cet arrêté était signé: Luylier, secrétaire général.

Par application de la loi du 23 février 1799, relative à l'établissement des octrois municipaux, le citoyen Duchct aine, fut nommé directeur de l'Octroi municipal et de bienfaisance de la ville de Montluçon.

Uise da surveillance des émigrés. — Les 20 et 21 octobre, furent, en vertu des lettres du ministre de la police générale, placés sous la surveillance du maire de Montluçon, jusqu'à ce qu'il ait été statué définitivement sur leur sort : 1" Johannot Bartillat (Veuve) ; 2° Chavenon-Bigny ; 3" Gassot Champigny, prévenus d'émigration et qui avaient obtenu l'autorisation de rentrer dans leurs foyers.

Le citoyen Beliot François, concierge des prisons de Montluçon, avait

été auspeadu provisoirement de ses fonctions et traduit devant un jury d'accusation ; son innocence ayant été proclamée, il fut, le 23 octobre, réintégré dans son poste.

Police de la ville. — A cette même date, fut pris un arrêté rappelant au commissaire do police qu'il eût h veiller à l'otiaervation des règlements concernant la salubrité de l'air, la sécurité des personnes et le respect de la propriété.

K Le commissaire, était-il dit dans cet arrêté, devra tenir la main et veiller continuellement à ce qu'il ne soit rien dérogé à ces règlements en tout ou partie, soit de jour, soit de nuit, par aucun des habitants de cette ville, et pour qu'il puisse les faire exécuter avec succès et dresser des procès-verbaux contre les délinquants ou contrevenants, il lui est recommandé d'accompagner la gendarmerie dans les patrouilles qu'elle doit faire la nuit pour surveiller les marchands cafetiers, aubergistes et cabaretiers, ainsi que les malfaisants, afin que ces derniers ne commettent rien qui soit contre le bon ordre et réprouvé par les lois, et que les premiers ne donnent & jouer, ni à boire, passé l'heure de dix, ainsi qu'il est prescrit par le dernier règlement qui a été publié et aftichâ. »

Militaires retraités. — Des lettres du 18 février 1801, signées A. Berthier, ministre de la guerre, et portant liquidation de pensions de retraites, furent remises par les soins de la municipalité aux anciens militaires : Tantôt Nicolas, Joulot Jean, Clémençon Charles, Joye Joseph, Richard Gilbert, Gandolin Gilbert et Gagnière François.

Proolainatioii solennelle du Sénatus-Consulte. — « Le 10 août 1802, à 5 heures du matin, un coup de canon annonça la publication du Sénatus-Consnl te.. Aussi tAt les tambours et fifres, assemblés sur la place publique, ont tiattu aux champs pour préparer les habitants ft l'auguste cérémonie du jour,

■ A huit heures et demie, les autorités constituées et la force armée invitées de la veille par le maire, se sont réunies à la mairie, d'où elles sont parties à neuf heures pour se rendre h la sous-préfecture où elles se sont réunies au citoyen sous-préfet, et de suite, le cortège est parti pour se rendre à la place, dite Notre-Dame, od étant et faisant cercle autour de l'arbre de la Liberté, le citoyen sous-préfet, a publié le Sénatus-Consulle en présence d'une foule immense d'habitants de la ville et d'étrangers, qui tons manifestèrent la plus grande joie.

a Cette première publication fmie,les tambours ont fait un roulement et il a été tiré un coup de canon.

c Lecortëge a continué sa marche, en suivant la Grand'Rue, celle des

Serruriers, pour se rendre à l'Autel de la Patrie, oii le maire a lait la seconde publicatioa.

< Le cortège a ensuite longé le rempart pour se rendre au faubourg des Forges, où a eu lieu la troisième publication, faite par le premier adjoint ; et après le roulement des tambours, le cortège s'est rendu incoatinent au fauboui^, dit des Cordeliers, oit la quatrième et dernière publication a été faite par le second adjoint.

f II a été tiré à la Un de chacune de ces trois dernières publications, comme à la première, un coup de canon, pour assurer au peuple la stabilité d'une nomination qui comble de joie tous les Français.

c Le cortège est sur le champ rentré en ville, par l'ancienne porte des Cordeliers, et s'est rendu à la sous-préfecture, où toutes les autorités se sont séparées avec joie et la satisfaction peinte sur tous les visages ».

Ce procès-verbal, tel que nous l'avons enregistré et tel qu'il figure au registre de ce temps, conservé aux archiv(!s communales, est signé des citoyens : Amelot, sous-préfet ; Brade, maire ; Cornereau et Perrot, adjoints.

Amnistie bt prestation de serment. — Fin 1801 (septembre-octobre), nous trouvons enregistrés aux archives de la mairie :

1* Des certiflcals d'amnistie en faveur de : Magnac Charles ; Uagnac Louis ; Antoine- Hippoly te Robin ; Bellair Jean-Joseph ; Joseph I^ Saigne Saint-Georges - Jean-Louis LaSaigne Saint-Georges ; Jean Cheville ; Panevinon Alexandre-François ; Paoevinon Barthélémy.

2°. Des adhésions au Concordat faites par Claude Amadou ; René Pélicat ; Gozard Jean-Baptiste, ministres du culte catholique qui déclarèrent se soumettre au Concordat passé entre l'Eglise et le Premier Consul, ajoutant qu'ils étaient de la communion de leur évëque diocésain.

Installation du maire. Discours. — Le 23 janvier 1803, eut lieu l'installation du citoyen Pérethon, nommé mairede Montluçon, par décret du Premier Consul.

On ne lira pas sans intérêt les détails de cette cérémonie, tels qu'ils figurent au registre dus délibérations :

• Les ciloyens Gomerean el Perrot, adjoints à la mairie de la ville de Montlu-

< çon, réunis au lieu de leurs séances, pour s'occuper de la récepliou du nouveau

■ maire, en sont partis â dix heures et demie, précédés de trois lambours, de deux 4 fifres et de plusieurs musiciens, accompagnés des membres du Conseil, de ceux de • la commission de l'hospice, du bureau de Bienfaisance el d'un grand nombre de t ciloyens, escortés par une brigade de gendarmerie, un détachement de la garde a nationale el un autre du 2i« chasseurs, pour se rendre chez le citoyen Pérethon,

■ nommé par arrêté du Premier Consul el le conduire dans la salle des audiences du

< Tribunal de cet arrondissement, local choisi pour celle cérémonie,

■ Arrivé ti, le clloyen Cornerean, qui avait été chargé par le sous-préfel, de > procâder à la réception, a fait un discours daas lequel il a rappelé à ses conci- ( toyena les qualités persouDelles du nouvel élu : talent, justice el zèle ; t'a montré

• dans les diffié rentes places qu'il avait remplies pendant la Révolution et a faitrélo);e I de l'administration paternelle du citoyen Brade, ex-maire démissionnaire qui ( emporte avec lui les regrets de tous les gens de bien.

* Le secrétaire ayant ensuite fait lecture de l'arrêté du Premier Consul, nommant « maire, le citoyen Pérethon, celui-ci a prêté le serment suivant : ■ Je promets d'être ( lidèle A la Constitution >, Après quoi, le citoyen Comereau a déclaré, au nom du

• Gouvernement, que le citoyen Pérethon était installé en qualité de maire de Hont- « luçon ; lui a donné, ainsi que son collègue Perrot le baiser de l'amitié et de la con-

• liance, lui a présenté la ceinture et l'arme qui font partie du costume du maire, « dont il s'est revêtu sur le champ.

« Cette installation étant faite, le citoyen Cornereau a rappelé au nouveau maire I les différents devoirs qu'il allait remplir, lui a exprimé la salisiaction bien pronou' « cée de ses csacttoyeos et les douces espérances qu'ils fondaient sur si justice, sa

• fermeté et sa bienfaisance.

* Le maire, avec cette leosibilité et cette émotion qui partent du cceur, a pro-

■ nonce un discours plein de recoonaissance et d'admiration pour le Premier Consul, « de respect et de confiance pour les citoyens préfet et sous-préfel et de dévoue- « ment pour la chose pabliqne.

* Après quoi, le cortège est descendu du Ghftteau, a fait le tour de ta ville e(

< s'est rendu à la maison qu'occupe la Haine; là. Le Maire a témoigné au citoyen « Gozard, lieutenant de gendarmerie, sa reconnaisse ne» du bon ordre, qu'il a su

• maintenir dans cette ville, et l'a invité i continuer son zèle, pour assurer la

< tranquillité publique.

< Le citoyen Pérethon a été ensuite reconduit chez lui de la même manière « qu'on était allé le chercher «.

Adreue patriotique au Premier Consul. — Le 5 Août ISOS, les autorités de la ville adressèrent au Premier Consul, la lettre de félicitatioDs suivante :

• Général, Premier Consul et Président,

■ La France entière n'eut qu'un vœu pour la paix, elle voulut une paix sincère

< et durable, et reçut avec un assentiment unaoime le traité d'Amiens, comme le

■ gage d'une réconciliation franche et loyale entre les deux peuples.

« Le cabinet britannique n'eut pas les mêmes sentiments : forcé de souscrire &

• ta paix, il ne la signa que d'une main pcrtide, éludant toujours, sous de frivoles f prétextes, l'exécution du traité; il ne larda pas k dévoiler son ambitieuse politique.

■ Ne connaissant ni les lois de l'honneur, ni les droits de l'humanité, il viole sans « pudeur la foi qu'il avait promise et rompt avec insolence un traité solennel, il t veut rallumer dans l'Europe les torches de ta guerre el faire couler encore le sang

■ i grands IloU. Il ne dissimule plus ses prétentions à l'empire des mers, il veut en

■ être le souverain dominateur.

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Histoiiie: de Montluçon

[ Ambitieux insulaires, avGz-vous pa croire on seul instant que vos audacieuses s inlimiileraienl le peuple français 1 Avez-vous sitôt oublia les prétoires et

■ ses triomphes t Vous êtes-vous flatlés de rendre sa valeur inutile, en vous reu- II fermant dans votre ile et dans vos vaisseaux f Les armées iront jusque dans vos K murs, vous arracher le sceptre des mers.

> Avez-vous l'espoirdejelcrencorc parmi les Français, les brandons de la guerre a civileï Le temps n'est plus où les dissensions de France secondaient si bien vos

< sanguinaires projets. Un gouvernement juste et sage a rallié tous les esprits.

a Fort de l'amour de tous les Français, guidé par un héros dont vous .êtes forcés I d'admiror vous-mêmes la valeur, il ne craint ni vos menaces, ni vos injures.

• Envoyez vos émissaires dans les départements où l'incendie que vous avez

• allumé est à peine éteint, où le sang de vos victimes fume encore ; ils n'y enlen-

0 droni que les cris de vengeance contre le gouvernement anglais.

* Comptez-vous sur quelques hommes que vous avez lâchement trompés et qui

> se sont empressés de vous fuir aussitôt que la patrie leur a ouvert ses portes 1

■ Pensez-vous donc qu'ils aient oublie les rochers de Quiheron et l'atroce porn fidio avec laquelle vous les avez traités t Comptez-vous enfin sur l'appui de quel- K ques puissances continentales ï En est-il une seule qui n'ait le plus grand intérêt

< de s'opposer i vos audacieux projets?

< La justice et la bonne foi dirigent les cabinets d'Europe ; des princes éclairés

1 et vertaeux, amis de la paix et de l'humanité, sont à la tête des gouvernements,

> vous n'achèterez plus des coalitions au poids de l'or.

K Général, premier Consul, vous avez acquis de nouveaux droits k la reconnais- 4 sance des Françain et i l'admiration de l'univers par la sagesse et la modération

• que vous avez déployés dans les dernières négociations avec l'Angleterre ; on ne ( vous a répondu que par des menaces, des insultes, par d'insolentes agressions.

■ Faites sonner ta trompette des combats ; les braves que vous avez conduits si sou-

■ vent à la victoire, n'attendent que vos ordres pour cueillir de nouveaux lauriers etn que l'ambitieuse Albion, après la politique, la mauvaise foi et l'arrogance de l'an-

■ cienne Carthage, subisse le même sort et qu'enfin les portes du temple de Janus

> soient fermées pour jamais.

n Lorsqu'il s'agît de venger l'honneur national, d'assurer la tranquillité du t monde, les Français ne compteront pas les sacrifices ; on les verra réunir toutes B leurs forces, tous leurs moyens contre l'ennemi commun. Déjà chaque départe-

■ ment, chaque cité s'empresse ft l'envl d'offrir des contributions volontaires ; it n'y

0 eut jamais un accord de volonté et de sentiments plus unanimes.

K La ville de Hontluçon ne reste pas inditfércnte dans une si belle cause. Mal-

• gré la faiblesse de ses ressources, malgré les pertes immenses que lui ont causées

■ depuis quatre ans, !a rigueur et l'intempérie des saisons, ne consultant que son a zèle patriotique, elle donne pour les frais de la guerre une somme égale au 1/5 de " ses contributions de toute nature, et vous prie d'agréer cette offrande comme un

1 hommage bien sincère de son dévouement, de son amour et de sa reconnaissance.

n Salul et respect. Signé : Amclol, sous-préfet, Pérethon, maire ; Brade. >.

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