CHAPITRE XXV
Fin de l'Empire:
Période de: la Rbstauratiok
ImtalUtioti du Maire et des adjoints en 1813, deux discours. — Lé Sous-Pr&fet pr6te serment de fldiUté au roi. — La fleur de lya. — Levée du séquestre apposé sur le Ch&teau. — Il devient définitivement la propriété de la ville (20 décembre 1816). — Raohat de la rente due pour le Château. — La fontaine des Forges. — Les arbres du rempart. — Le couvent des damas de Saint-Haur. — Remiae des drapeaux de la garde nationale, Banquets et discours. -
Installation du Maire et des adjointe (deux discours). — Le 6 juin 1813 eut lieu, par M. Amelot, aous-préfet de MontluçoD, l'instatlalioQ du maire et des adjoints.
Voici le procès-verbal officiel de cette cérémonie :
• Ed exécutioa, dit H.AinQlol,des ordres de Sa Hijesté Impériale el Roiànons € transmis, par lettre du 11 mai dernier, portant que les ciloyeDS Dommés maire et
• adjoints de la ville de Hontluçon prêteront entre nos mains le serment prescrit par
< la loi, et qu'il sera donné i leur installation toute la solennité que comporte la « localité, nous nous sommes transporté i Irob heures de relevée dans la salle ordi-
• naire des délibérations du conseil muRicipal, où nous avions convoqué les différentes
■ autorités et les différents fonctionnaires publics y résidant.
■ Introduit dans ta dite salle, nous avons, en présence de ces fonctionnaires
■ publics et de celle d'un grand nombre de citoyens, ouvert la séance par la lecture
• du décret impérial du 10 avril dernier, qui nomme H. Pérethon de la Halleréeaux
• fonctions de maire et HH. Cornereau et Duchel, A celles d'adjoints ; nous avons « également donné lecture de la lettre du préfet du 11 mai dernier.
■ Cette lecture terminée, nous avons prononcé un discours analogue A la cir*
• constance, dans lequel, après avoir fait l'éloge de l'administration paternelle du ( roaire, nons avons rappelé les différents objets d'utilité publique que la ville doit
< i ses soins et à son zèle et nous avons ensuite reçu le serment qui suit, et qni a « été prêté individuellement par le maire et ses adjoints : ■ Je jure obéissance aux
■ Constitutions de l'Empire, fidélité A Sa Majesté l'Empereur et Ftoi >.
252 IllSTOIBE DE MONTLUÇON
« Ce serment prôlé, nous avons proclamé le sieur Pérethon, maire. Celle pro-
■ clamalion a é\é Taile aux cris de : Vive l'Empereur < Vive le Maire de Hootluçon !
« Celle initallalion Taite, le maire prononça l'allocution que voici :
t Monsieur Amclot,
« Je suia vraiment fiatlé de la confiance dont Sa Majesté vient de m'honorer « par cette uouvetle réélection. — Jaloux de payer le tribut que chaque citoyen doit n â sa patrie, je parcours depuis longtemps une carrière qui n'a pas toujours été part semée de roses ; mais j'y ai trouvé aussi l'occasion de donner A mes concitoyens, « des preuves constantes de l'affection sincère qui m'atlache A eux, et jamais, mon « zèie pour le bien de cette ville ne diminuera, qu'avec mes forces.
■ Monsieur, j'ai trouvé dans vos conseils, un guide qui m'a toujours éclairé c d'une manière utile, et dans votre amitié, un motif puissant d'entretenir des rap-
■ ports qui seront toujours chers à mon cœur. Je n'en parle aujourd'hui que pour y « compter encore pour l'avenir, cl pour vous rapporter la plus grande part du bien « que j'ai pu foire, pendant le cours d'une longue administration.
« Si elle amérité quelques-uns des éloges que vous avez eu la bonté de m'adres-
• ser, je les dois Ames adjoints et aui membres du conseil municipal qui ont constam- V ment partagé mes travaux. L'exemple de tous les fonctionnaires publics, le zélé « cl les talents qu'ils ont fait briller daD3.1ea divers emplois qu'ils occupent, ont excité a mon émulation et j'ai seulement désiré de les suivre pour modèles.
■ Je dois des remerciements au corps de la gendarmerie qui, malgré les fatigues « d'nn service extérieur très pénible, aloujour? secondé les efforts de la police et a « veillé sans relâche A la sûreté des habitants de la ville.
■ J'ai trouvé un puissant secours pour le maintien de la tranquillité publique ( dans l'oi^anisation aussi heureuse que prompte de la garde nationale, glorieuse du
■ chef distingué A qui elle doit sa bonne dbcîpline et la conduite qui l'a fait estimer ;
• elle n'a qu'à s'applaudir aussi du zèle et du dévouement de Messieurs les officiers » qui la commandent. J'aime A penser qu'elle se rendra toujours digne de son insti- « tutîon, en faisant respecter les propriétés et en exécutant, avec autant d'empresse- H ment que d'intrépidité, les ordres qui lui seront donnés pour le service de Sa
■ Majesté.
1 Je dois payer aussi un juste tribut d'éloges an sacrifice volontaire que chaque 1 habitant de celte ville s'est empressé d'offrir à Sa Majesté ; mais nos destins ne « sont-ils pas liés à la grandeur personnelle de cet auguste chef f N'est-ce pas i
■ nous de conserver te précieux héritage de gloire qu'il a acquis A notre patrie, « depuis ce pacte sacré qui a uni pour toujours le monarque A ta nation et la
■ dynastie de Napoléon A l'Etat. C'est à la prospérité de cet Empire, c'est à sa dâréc, > que se rattachent tous les vœux des Français.
« Vous le savez, messieurs, les Romains, dont les exploits guerriers éternisèrent g ta mémoire, ont souvent perdu des batailles, mais ils ne furent jamais vaincus dans
■ aucune guerre.
• L'armée française commandée par son invincible héros, a marqué son nom
■ dans l'histoire par des prodiges plus étonnants encore. Aussi, la France, plus heu- « reuse, a-t elle surpassé l'ancienne Rome, par son état de splendeur et cependant
Fin de l'Empire, - Périodk de la Restaubation 253
elle ne cherche point à devenir la maîtresse lyrannique du monde ; elle ne veut qu'en être l'équitable protectrice,
f C'est i celle grande pensée qu'est attaché l'infatigable génie du plus grand des monarques. C'est pour achever un dessein si heureux pour l'humanilii qu'il s'arrache i la tranquillité, aux liens les plus doux. Si, â l'ombre de ses lauriers, nous goûtons la douceur du repos, n'oublions jamais celui à qui nous devons tous les bienfaits ; el tandis que nos braves éloignent de notre patrie le bruit des combats, le tumulte des armées, accompagnons de tous nos vœux, de toutes nos pensées, le héros sur qui reposent les destinées de l'Univers. >
Le SouB-PrMet prftte serment de fldàlltà au Roi. — Au départ de Napoléon pour l'Ile d'Elbe, le duc de Berry prit en mains les râaes du gouveraement. Aussi, le 11 septembre 1814, à 5 heures du soir, le aouspréfet Ameipt, prêta, ea ces termes, serment de ildélité au roi :
« Je jure et promets A Dieu de garder obéissance au Roi ; de n'avoir aucune
• intelligence, de n'assister à aucun conseil, de n'entretenir Rucune ligue qui serait
• contraire à son autorité Et si, dans le ressort de mes fonctions, ou ailleurs,
• j'apprends qu'il se trame quelque chose à son préjudice, je le ferai connaître t au Roi.
Le procès-verbal de prestation de serment est signé de MU. Tardé du Mousseaux, Yves, Grozieux de Laguéreane, Fretel, Lespinard, fiaduel, Meunier, Benoit.
La fleur de lys. — Avec la formule de serment changea l'insigne de la décoration ; la fleur de lys revint, et plusieurs fonctionnaires et corps constitués furent autorisés à porter ce nouvel iosigae.
Lavie du séquestre apposé sur le Ch&teau. — Nous extrayons ce qui suit des registres du déparlement de l'Allier :
■ a avril 1815. Le conseiller de préfeelure, faisant par intérim, les tondions « de ppéfel :
■ Vu la pétition présentée au ministre des finances, par laquelle M. (kimeraau,
• en qualité de premier adjoint, remplaçant le maire, demande que cette ville soit
• rétablie dans la propriélé el jouissance du Château à elle concédé, en vertu d'une > loi dn 90 mars 1801, lequel Chflteao a été vendu au prince de Condé, d'après one a ordonnance du dernier gouvernement du 24 mai 1814, comme ayant dépendu du
• ci-devant domaine du Bourbonnais.
■ Vu l'arrêté du 13 octobre dernier, qui a prononcé le renvoi en possession du
• Chéleau de Hontiuçon, en faveur du prince de Condé.
• Vu le soit communiqué au directeur des domaines du 18 du mois dernier et
• son avis du 30, portant qu'en exécution du décret impérial du 13 mars dernier,
• le séquestre a été apposé par le receveur des domaines sur le Château de Montlu- ■ (On, ainsi que sur les loyers de quelques-unes de ses parties, comme appartenant
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« le lotit au prince de Condé, par suite de la restitution qui lui en avait été faîte, ea
< vertu de l'ordonnance du 94 mai 1814.
c Considérant que la loi du 90 mars 1804, titre 7, article 3^2, a autorisé le a préfet k faire à la commune de Hontiuçon, l'abandon du vieux Château de cette
< ville et de ses dépendances, en remplacement de la maison commune et des casernes te aliénées à la charge, par ladite commune, de faire faire & ses frais toutes les répa-
• raUoDS qu'exigeait alors l'état de mine dudit Château, pour y placer divers ir élablissemenu publics, et notamment les bureaux de la mairie.
c Considérant que ces dispositions ont été entiâremcnt exécutées ; et qu'au a moyen de constructions et de réparations faites â gros frais par la ville, ce Chflteau t sert aujourd'hui de tenue des bureaux de la mairie, aux audiences des tribunaux, » aux casernes, etc.
« Arrête : Le séquestre apposé sur le Château de Montluçon, comme présumé n être une possession dudit Château et tous gardiens audit séquestre seront tenus de
* se retirer à la notiltcation qui leur sera bile du présent arrêté, moyennant salaire ■ et décharge.
« Le présent arrêté ne sera exécutoire, qu'après l'approbation du ministre des
Cet arrêté fut approuvé par le ministre des floances, au jour marqué dans ce préambule, soit le 24 avril 1815,
Le Ghiteau devient ddflnitivenidiit la propriété de la TiUe. —
Quelques mois plus tard, le 20 décembre 1816, le Château devenait la propriété propre de la ville, ainsi qu'en témoigne la pièce ci-deasous :
< Par devant de Saint-Pérc et son collègue, notaires royaux i Moulins, ont a comparu :
K François Tourret, propriétaire, demeurant â Moulins, rue des Carmélites, stit pulant comme agent et mandataire général et spécial à l'effet des présentes de son
■ A. S. Très Haut, Très Puissant et Très Excellent Prince Monseigneur Louis-Joseph
■ de Bourbon, Prince de Condé, pair et grand maitre de France, lieutenant général
■ des armées du roi, chevalier de ses ordres et de l'ordre de Saint-André de Russie,
• colonel général de l'infanterie française, duc d' Enghien, de Guise et de Bourbon- 11 nais, demeurant en son palais è Paris, rue de l'Université ; suivant la procnralion 1 donnée par S. A â mon dit sieur TourrcI, devant maître Lebrun, qui en a la minute, « et son collègue, notaires royaux à Paris, le 15 mai dernier, enregistré le lendemain < et dont une expédition en forme, représentée par mon dit sieur Tourret, lui a été ' k l'instant rendue.
■ Lequel â son nom et sauf la ratification et agrément de Son Altesse, a par ces « présentes vendu, concédé et délaissé sous la garantie de droit :
■ à la ville de Montluçon, en Bourbonnais, chef-lieu du premier arrondissement
• communal de l'Allier, au nom et comme dûment autorisée i l'effet des présentes, b suivant une délibération spéciale du corps et conseil municipal de la ville, prise le
• 39 septembre dernier, confirmée et homologuée par le préfet, sous la date du 19 1 octobre suivant, de la dite ville de Montluçon, représentée au présent acte par M.
Fin de l'Empire. — Période de la Restauration 255
« Aimé- Raymond Poamier, l'un des membres du dit conseil muoicipal ; ce accep-
• tant, comme foodé de pouvoirs nécessaires i. cet eflet, suivant la même délibëra-
■ lion ; de laquelle, l'expédition en lorme, représentée par mon dit sieur Fournier
■ comparant, est demeurée A sa réquisition ci-annexéQ, après avoir été par lui ccrli-
■ fiée véritable, signée et paraphée en présence des notaires, savoir : Le Château de
■ Honlluçon, en la dite ville, consistant :
« <•> En une me qui conduit au dit Château.
« ï> En an corps de bâtiments servant de prison, de maison d'arrêt et de loge-
■ ment au geAlier et un petit jardin, par lai cultivé.
4 30 En deux caves voûtées sans bâtiments dessus.
■ 40 En deux grands corps de bâtiments se tenant ensemble, composés de rez< t de-chaussée, premier et grenier régnant sur le toit et au milieu desquels bâtiments t il exist« la tour au haut de laquelle est l'horloge de la ville.
« 5° En une écurie adossée aux dits b&liments.
■ 6° En un autre corps de bâtiments composé de quatre grandes pièces servant
■ de magasin, au-dessous de l'un desquels il y a une cave voûtée. Tous les dits bâtik ments sont couverts en tuiles plaies.
< T" En une plaine ou esplanade servant de promenade publique dont partie est ' plantée en arbres. La dite entourée de mura â hauteur d'appui et flanquée de onze
■ tours, y compris les deux de la prison eldont huit ontéléanciennement démoliesà t la hauteur de la dite plate-lbrmc. Les dits murs et tours appartenant au dit Château I et Tonnant son contour.
■ 60 EnHn, en un petit chemin appelé Petit-Château ou Darot, tendant de la
• rue des Serruriers au dit Château. Le dit Château soutenu par un mur qui fait ( partie de la dite vente, le tout dominant sur la ville.
t Ainsi qu'au surplus le dit Château et dépendances s'étendent et se compor-
■ tent, sans aucune exception ni réserve, et eniîn, tel qu'en a joui ou dil jouir le dit
■ seigneur de Condé ou ses ancêtres.
« S. A. S. est propriétaire du dît Château et de ses dépendances en qualité d'en-
• gagiste du duché de Bouri>onnais, suivant acte d'engagement consenti aux princes
■ ses ancêtres par Sa Mtgcsté Louis XIV, le 14 février 1661, et comme ayant été res-
• tilué dans sa propriété et puissance des dits objets précédemment concédés et aban-
• donnés à la commune de Monlluçon, en vertu d'une loi du 19 mars 1604, par ordon- « nance de Sa Majesté du 34 mai 1614 portant : « Tous les biens appartenant â notre 1 très cher et bien aimé cousin le prince de Condé qui n'ont pas été vendus, soit t qu'ils soient régis par notre domaine, soit qu'ils soient employés â des établisse-
■ ments publics, lui seront restitués.
■ Par suite de quelle ordonnance et d'un arrêté pris en conséquence par le
• préfet le 13 octobre 1814, il a été procédé les 18 et 19 décembre suivant au nom I de S. A. S. â la prise de possession du dit Château et de ses dépendances, par acte
> passé devant H° Fcmige, qui en a la minute, et son collègue, notaires à Montlu-
■ von, le 49 décembre 1614, dûment enregistré.
• Pour, par la ville et commune de Hontluçon, jouir, taire et disposer du dit
> Château et de ses dépendances en pleine et parfaite propriété, comme de chose â
■ elle appartenant au moyen des présentes et â l'égard de l'entrée en jouissance.
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2^ Histoire de Montluç6i4
« Il est convenu el stipulé qu'elle commencera i courir, par un effet rélroaclil <t à compter du dit jour, 19 décembre 1814, date du procès-verbal de reprise de pose session foite au nom de S. A. S.
a En conséquence, il ne sera fait, ni exercé aucune demande, ni répétition contre ( la ville et commune de Hontiuçon pour raison de la jouissance continue qu'elle a < eue du dit Château et de ses dépendances depuis le jour jusqu'à aujourd'hui.
■ La présente concession est ainsi faite moyennant le prix de 200 francs de « renie annuelle et perpétuelle, franche et exempte de toute retenue quelconque,
• d'impositions présentes et futures que le dit sieur Fournier comparant au dit nom,
• oblige et engage expressément la ville et commune de Hontluçon à payer, conti- « nuer à servir el faire valoir à ses frais à S. A. S. en sa demeure à Moulins, et sur s (juittances de son agent el régisseur de ses domaines et en un seul terme, à compn 1er, par un effet rétroactif, du 19 décembre 1814, jour de l'entrée en jouissance r ci-dessus convenue. En sorte que la première année de la dite renie, échue lo 19 t décembre dernier, se trouve présentement exigible el devra être immédiatement ( acquittée, pour ainsi continuer d'année à autre. >
Rachat de la rente due pour le Chftteau. — Le 26 mars 1821, M. le souB-préfet fit parvenir la lettre suivante au maire de Montlucon :
f Monsieur le maire,
t M. le préfet, qui a bien voulu se chaîner de soumettre à son A, S. le prince
I, de Condé la proposition du Conseil municipal, relative au rachat de la rente que la
<• ville paie pour la propriété du Château, me mande que le sieur de Gatigny, secré-
• (aire des commandements et intendant général des domaines du prince, lui a fait > connaître que son A. S. d'après l'avis de ses conseils, consentait volontiers au ( remboursement proposé, de sorte qu'au moyen du paiement d'une somme de deux ■ mille francs, la rente sera éleinle el la ville subrogée à tous les droits du prince. »
Fontaine des Forges. — Depuis longtemps les habitantsdu faubourg des Forges voyaient avec peine que les réparations de leur fontaine étaient négligées, au point que l'eau, d'une excellente qualité, perdait de sa limpidité par la manière dont on la puisait.
Pour faire cesser leurs plaintes, le maire, en 1831, fit placer une pompe en fonte et fermer à clef cette fontaine, avec les trois cents francs que te conseil municipal lui accorda pour cet objet. On mesura l'eau que la source pouvait fournir ; elle se trouva de onze pintes par minute. Avec cette quantité et celle que l'on était sûr d'avoir des caves du voisinage, le maire pensa qu'on pouvait y donner un tuyau de moins et y faire un réservoir pour alimenter une pompe.
Afin d'Être plus certain de la réussite de ce projet, il fit faire des fouilles au-dessus de ta fbntaioe.
Il fut assez heureux pour trouver à dix pieds de distance une eau entièrement semblable à celle du bassin. Elle se jetait dans les prés par
Fin de l'Empire. — Période de la Restauration 2ô7
un ancien conduit ; le filet d'eau fut mesuré, et donna cinq pintes et demie par minute.
Dès tors, on ent la certitude d'avoir à la porte des Forges un tuyau d'une eau excellente. Les fouilles que l'on continua firent connaître les sources, sans augmenter la quantité d'eau ; ce ne fut qu'un peu plus loin et à une certaine profondeur, que l'on trouva, au milieu d'un lit de cailloux de la grosseur environ de petites glandes, une quantité d'eau si considérable que Ton fit de suite de grands projets pour la conduire dans toutes les parties de la ville ob faire se pourrait. Mais bientAt l'eau diminua journellement, à tel point qu'il n'en restait plus quelque temps après que seize pintes par minute et force fut de se contenter d'amener l'eau au coin de la rue Porte-des-Forges et près la tour de Bretonni.
Arbres des remparts. — Un arrêté du 20 février 1826 du préfet de l'Allier» M. Roy de Ctiavigny, autorisa le maire de Montluçon à faire abattre plusieurs arbres morts, se trouvant sur les remparts de la ville servant de grand'route et de les remplacer par d'autres, afin de maintenir cette magnifique promenade en bon état. (Il s'agit du Boulevard de Courtais qui était alors planté d'arbres des deux côtés.)
Le couvent des Dames de Saint-Haur. -— Ordonnance du roi concernant l'autorisation accordée aux Dames de Salnt-Maur : (1)
0 Charles, par la grftce de Dieu, Roi des France :
• Vu la loi du 34 mai 183S,
■ Vu la déclaration des Religieuses du Saint-Enfanl-Jésus, diles de Sainl-Maur
■ de Honlluçon, qu'elles adoptent et s'engageât à suivre les statuts de la congréga- « tion (le ce nom, dont la maison-mère est à Paris, les dits statuts approuvés et
< reconnus par décret du 19 janvier 1811.
• Vu ce décret,
• Vu l'avis du conseil municipal de Montluçon, en date du Si août 1826,
1 Vu celui du préfet du 3 décembre 1826,
( Va le consentement de l'évéque de Moulins, le i6 aodt 1826,
■ Vu le rapport de notre ministre, secrétaire d'Ëtal au département des affaires
< ecclésiastiques et de l'instruction publique, nous avons ordonné et ordonnons ce
• qui suit :
> Article pheuiëh. — La communauté des Religieuses du Saint' En tant- Jésus.
• dites de Sainl-Maur, élablic A Monlluçon, gouvernée par une supérieure dépcn- I dante de la supérieure générale, dont la résidence est à Paris, dans la maison-mère
■ de la congrégation, est détinilivement autorisée.
« Aat. ï. — Notre secrétaire d'État est chargé de l'exécution de la présente a ordonnance, qui sera insérée au Bulletin des lois.
I Donné en notre château des Tuileries, le 22 octobre de l'an de grice 1826. « Signé : Charlrs.
(l) L'installation eutlieu dans les biXliments actuellement affectés àlaSousPréfecturo.
ïGooglc
RenuBe du drapeau de la garde nationale, le banquet, les discours, les toasts. — Vn drapeau ayant été envoyé & la garde nationale par le duc d'Orléans, lors de son passage à Moulins, ce fut le maire qui le remit solennellement, le dimanche 30 janvier 1831. Une grande fête fut oi^anisée à cette occasion. En voici le compte-rendu :
« Dès le samedi 29, tes artilleurs da balaîIloD avaieat annonce avec aa élan « patriotique, la soleDnilé par neuf coups de canon ; à la pointe du jour, ils réité- < rèrenl leur salut au drapeau par une nouvelle décharge d'artillerie. Bientôt après, ( le rappel battit et les citoyens accoururent en foule prendre leur rang sous leurs « eheb respectif.
« A midi, le bataillon part de la Place d'Armes et se rend dans une vaste plaiuc « choisie pour la cérémonie. Il est suivi, à un quart d'heure d'intervalle, accompagné
■ du sons-préfet, des adjoints, du conseil municipal, des membres du tribunal et « autres fonctionnaires et noUbles de la ville.
a Le maire porte lui-même l'étendard, précédé de la musique et d'un détac ohement de grenadiers et de voltigeurs pris au hasard dans les deux compagnies ;
■ qui sont de la plus belle tenue.
< L'arrivée du drapeau au milieu du bataillon est saluée des plus vives accta-
■ mations. Le commandant fait former le cercle et le maire prononce l'allocution t suivante :
■ Gardes nationaux, sentinelles vigilantes de l'ordre public, vous recevez une « bien flatteuse récompense des heureux efforts que vous avez faits pour assurer « parmi vos concitoyens, cette première sécurité qui n'a cessé de régner dans nos « murs. Votre attitude, à la fois sage et imposante et le zèle que vous avez cons- « tammen t. apporté dans le service, eussent sufH pour déconcerter ceux qui auraient K rêvé des projets de désordres. Telle fut votre conduite et telle est celle que vous • tiendrez toujours. Vous en recevez aujourd'hui le prix ; une main bien chère me « l'a adressé pour qu'il vous fût remis.
« Le Prince Auguste qui, un jour aussi doit être notre roi constitutionnel, « vons envoie ce drapeau, et dans sa lettre respire le regret de ne pouvoir, en per- « sonne, le remettre entre vos mains. Que n'est-il témoin de l'enthousiasme et de la « reconnaissance avec lesquelles nous recevons ce don patriotique l
■ 11 ne l'ignorera pas ; comptez snr nous pour lui porter vos hommages et vos « vœux. Nous lui dirons que, fiers du drapeau qu'il vous a confié, vous renouvelez
■ le serment de faire respecter sa devise. Je participe avec ardeur à ce serment, s comme je partage cette reconnaissance. L'autorité municipale et la garde natio- I nale sont inséparables.
a Nous nous plaisons, M. le commandant, iplacer en des mains si zélées pour I le service de la garde nationale, le dépèt sacré que nous avons reçu. Nous saurons I toujours nous rallier sous cet étendard pour le maintien de l'ordre, de la liberté. M Vive Philippe h' ! Vive le duc d'OHéans !
a Ces dernières paroles ont été répétées avec un enthousiasme difficile à décrire « par le bataillon et la foule innombrable qui l'entourait.
a H. Brugière de Lamotte, sous-préfet, prend à son tour la parole en ces ( termes :
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Fin de l'Empire. — Période de la Restauration 259
< Soldats, Ciloyens,
« L'ère de la liberté luisait t peine sur les barricades de la capitale, et déjà les « couleurs nationales flottaient sur nos tours. Les gloires de la patrie, trop longtemps
■ flétries par un pouvoir hypocrite, avaient laissé parmi nous de nobles souvenirs ;
■ vous les avez vu renaître avec enthousiasme.
« Comme nos frères de Paris, vous avez signalé votre triomphe par votre vigi- « lanc« i maintenir l'ordre public, et, par votre respect pour les lois. Les étemels « ennemis de vos droits n'ont rien oublié, ni rien appris. Vous avez oublié, vous,
■ leurs catégories, leurs rapines, leurs parjures, leurs échafeuds, et leurs victimes
• désignées veillent à leur sAreté. Vous leur apprenez à chérir la liberté ; en parta-
■ géant avec eux ses bienfaits, ils comprendront enfin que vous valez mieux qu'eux.
« Citoyens, vous allez recevoir le prix qu'un prince magnanime a voulu décerner c 1 vos vertus patriotiques. 11 vous l'avait promis; sa parole était sacrée. Quelle plus « belle faveur, quelle plus noble récompense pouvîez-vous attendre du trAne national ï « Il sera pour vous te symbole de l'union et de la concorde; il sera le signe de
• ralliement de tous les bons citoyens ; il sera le gage de l'ordre piiblic ; il serait « aussi pour nous tous, s'il était nécessaire, le fanion de la gloire. Vive le roi des « Français ! Vive la liberté !
• Une salve de bravos et d'applaudissements accueille également ce discours. « H. Foumier, commandant du bataillon, tenant en ses mains l'étendard, dit i
• ses frères d'armes;
« Gardes nationales de Hontluçon, son A. R. le duc d'Orléans, en conliant ce
• drapeau au dévouement et au patriotisme de la garde nationale de Hontluçon, a
■ manifesté le désir de le faire reconnaître au bataillon, on présence de nos dignes ( magistrats.
c Recevons donc avec reconnaissance cet étendard aux glorieuses couleurs, bien
■ convaincu que si jamais il était menacé, nos bras ne lui manqueraient point.
< Gardes nationales, soyons fidèles à la devise : Liberté, ordre public ! Ces mots t sacrés doivent être gravés dans vos c«eurs, A côté des noms de Louis-Philippe l" « et du duc d'Orléans.
« Jurons donc tous de le défondre et de ne l'abandonner jamais. Vive le roi- « citoyen ! Vive le duc d'Orléans. »
« Même enthousiasme, mêmes acclamations.
« Dans l'intervidle de ces discours, la musique a fait entendre des airs patrio- > tiques.
• Les canons tiraient de minute en minute.
« L'étendard est alors remis à André, porte-drapeau, vieux soldat décoré de la • vieille garde, qui compte trente-deux années de campagne et sur le visage duquel
■ on lisait la plus vive émotion en recevant les couleurs glorieuses, sous lesquelles il
■ avait combattu.
« A l'instant, le bataillon se forme en colonnes, défile la parade et rentre en
■ ville, tambours et musique en tête, l'artillerie ouvrant le cortège.
■ Après avoir parcouru les principaux quartiers de la ville, on a rompu les « rangs pour se réunir en un banquet civique.
» Une table principale de près de cent-quatre-vingts couverts etquieut été plus
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â60 Histoire de Montluçon
« nombreuse si le local l'eùl permis, avaîl été dressée dans ta salle de bal. Elle était K pavoisée des couleurs nationales et au fond s'élevait le buste du roi-ciloyen, eMearé a de guirlandes et de tieuis ; et, en Tace, on avait placé momenttnément le drapeau
■ aux couleurs de Jemmapes, objet de la fête, dont l'éclat était reflété par plus de ( ecDt convives.
« La gaieté la plus franche et la lîlierlé la plus sincère et les plus nobles élans
• de patriotisme n'ont cessé d'animer cette belle réunion De nombreux toasts ont « été portés au Roi, au Prince royal et A son auguste famille, à la liberté, k la patrie, a aux vainqueurs de Juillet, aux Belges et aux Polonais.
Nous (ranEciivons ici ceux que nous avons pu recueillir :
1" Toast de M. Bnigiére de Lamode, sous-préfet :
■ A noire Roi, au Roi de tous les Français ! au Roi honnête homme! Il aime le
■ peuple, comme il aime sa femme et ses enfants. Aimons-le de môme, buvons au
■ père de la patrie. Vive Louis- Phi lippe ■.
3° Par le maire au duc d'Orléans :
«L'exemple et les vertus de son père nous assurent une perpétuité de bonheur*. 3° Par le commandant :
( A la garde nationale parisienne qui, par sa prudence et son courageux dévoue- » meut, a su préserver notre belle patrie de tous les maux qu'entraîne l'anarebie, i" Par le président du tribunal :
( Naguère, un météore impur, produit par les exhalaisons malfaisantes du des-
• potisme foudroyé et de l'anarehie aux abois, répandit dans la capitale un souffle - empoisonné pour lernir l'éclat de la plus heureuse conquête. Le gouvernement
■ du roi prévit le danger, il donna des ordres. La garde nationale de la première a ville du monde le dissipa ; une nouvelle victoire a cimenté la première. Désormais, « la liberté, soumise aux lois, sera le plus beau patrimoine des Français.
« Je vous propose un toast à la sanlé du gouvernement, de la garde nationale « parisienne et de nos bons députés >.
50 Par M. Lyon, professeur du collège, à la mémoire des glorieuses journées de Juillcl :
« Toutes trois furent indispensables, toutes trois ont reconquis nos droits el cette a liberté chère à tous les Français. Elles le seront encore aux autres nations, puis- « qu'elles apprendront enfin à ceux qui les gouvernent à dira meilleurs et plus « attentifs à leur bonheur. Honneur aux braves de Paris ! »
■ La salle, n'ayant pu contenir tous les citoyens qui désiraient concourir àcetle h l'èle patriotique, un second banquet s'était formé dans un autre quartier de la ville.
* Le maire a eu l'heureuse idée d'envoyer une dépulation poUr fraterniser
■ avec les convives de ce second banquet. Les commissaires ont été accueillis avec I la plus vive sympathie et l'on a pu se convaincre que le même esprit aninlait ces >> deux réunions. La santé du Roi a été portée par les délégués, et les convives ont « répondu par celle du Prince royal et de son auguste famille.
■ Leur salle était également décorée d'emblômes nationaux. Ou y remarquait c. aussi le buste du Roi Louis- Philippe, couronné de chêne et de laurier. Ils ont envoyé « à leur tour, plusieurs de leurs collègues porter leurs remerciements à l'assemblée
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Fin de l'Empire. — Période de la Restauration 261
t qui, la première, leur avait député des commissaires. Leur apparition s excité le 1 plus vif plaisir et upe nouvelle série de toasts a animé cette fusion de citoyens.
■ Nous avons remarqué ceux-ci :
• i" Poussât, chasseur de la première compagnie, député du second banquet :
• Au soleil d'Austerlitz, dont l'éclat a brillé dans cette mémorable journée
< pour l'inauguration de notre drapeau tricolore.*
< 'î" Martin, grenadier, avocat :
« Aux Polonais, aux braves qui nous sont restés fidèles dans nos revers ! Sou-
■ tenons-les de nos voix, de notre or et de nos bras ; la reconnaissance pour leur
■ dévouement, pour le sang qu'ils ont versé sous nos étendards, ne doit point con-
> naître d'obstacles. >
« B^ Yves jeune, artilleur, qui a combattu dans les trois journées :
■ A nos compagnons d'armes, aux vainqueurs de Juillet, aux braves qui ont su I combattre et mourir pour la liberté. »
« ifi Gautron jeune fils, chasseur à la deuxième compagnie :
« Aux martyrs de la liberté. Ils sont morts, mais ils vivront éternellement dans
■ U postérité. Ils sout morts, mais leur nom sera gravé en lettres d'airain sur le
> l'rontispice du temple de la gloire, et la liberté pleure sur leur cercueil. >
« 5* Louis Renard, fourrier à la 3* compagnie de chasseurs :
« Que nos souvenirs fassent revivre au milieu de ce banquet un député qu
■ aurait été si hcnreux de partager nos triomphes de Juillet ; à la mémoire de l'illiis-
• Ire général Foy, mort trop lAt pour la liberté !
« 6° Un jeune anglais, Georges Chrislié, âgé de 10 ans, enfant dont l'intelli-
< gonce dépasse l'ilge, et que l'on voit assidûment dans les rangs de notre milice r citoyenne, avec un étendard aux trois couleurs, a vivement ému tous les eteurs,
• par le toast suivant qu'il a porté avec autant de chaleur que d'assurance à l'union « de l'Angleterre et de la France : * Ces deux nations apprécient la liberté, elles
< doivent demeurer unies pour le bonheur du monde. • Nous nedevons pas oublier k que le nom de Lafayette a été mêlé â tous les toasts.
« Des citants nationaux et des couplets de circonstance ont encore animé cette a brillante soirée.
€ Enfin, et pour que cette fête fut parfaite, M">* Brugiôre de Lamotte, épouse t île M. le sous-prélet, accompagnée de M. le maire, a bien voulu faire une collecte
• en faveur des pauvres et qui a produit 118 francs.
■ A neuf heures du soir, celte nombreuse et brillante réunion s'est séparée aux
< rris de : Vive le Roi ! Vive le duc d'Orléans. Le drapeau donné par le jeune prince, « l't qui avait orné la salle du festin, a été reconduit solennellement par tous les
• convives.
< Pour que cette fête présentât véntablcmenl un tableau de famille, grand nom- « bre de citoyens, convives ou autres, ont eu la joie de parcourir la ville avec leurs « épouses dans le plus grand ordre, ayant à lear télé les tambours et cornets de la » garde nationale; ils se sont rendus à l'hétel du commandant où le drapeau a été
• déposé et lui ont donné une sérénade. De là, le joyeux cortège est allé rendre le
• même honneur an sous-préfel et au maire.
a Le Président de la Commission du banquet : f Jalauoji un la BARRE.