CHAPITRE XXVI
MOKTLUÇON
SOUS LE Gouvernement de Juillet
Députation au Roi-Citoyen. — h& Fdte du Roi. — Polioe des spectacles. — Le pont A pAage des Isles. — Les cimetiàres. — Les boulangers font la hausse du blé. — Taxe du pain. — Restauration de l'Hôtel-de-Ville. — Eclairage de la TlUe. — Installa* tiou des nouveaux oonaeillers. — Suppression du tour de l'hospice. — Route de Moulins à Tours. — Les livres des couvents. -- L'attentat du 28 juillet 1835. — Adresse au Roi. ~- Demande d'indemnités aux communes de Lavault-Sainte- Anne et de Prémilhat. — L'abattoir. — Ferme de l'octroi. — Fête du roi. — La première salle d'asile. — Caisse d'épargne. — Ouvroir de l'hôpital. — Prorogation du péage du pont Ringuet. — Concesaions de terrains au cimetière pour les sœurs de l'hôpital. — Démolition de la porte Saint-Pierre. — Paroisse Saint- Pierre. — Réjouissance A l'occasion du mariage du duo d'Orléans. — Anniversaire des journées de Juillet. — Installation de la municipalité. — Reconstruction de la prison.
Députation au Roi-Citoyen. — Le 30 janvier 1831, la garde natioaale se réunit pour l'inauguration du drapeau offert au bataillon par le duc d'Orléans.
Le maire doona, à cette occasîoo, connaissance de la lettre qui lui avait été adressée par le Prince.
Un sentiment de reconnaissance s'est unanimement maulfesté et il a été proposé aussitét parle commandant, de concert avec le maire, de former une députation pour aller offrir au Roi-Citoyen l'bommage d'un dévouement sana bornes et au Prince des remerciements bien sincères.
Immédiatement MM. Jaladon, maire; Fouraier, commandant ; Bourel- Duboueix, adjudant-major ; Raby, capitaine ; Grozieux de la Guérenne, lieutenant ; Jabio, sergent-major ; Simonin Paul, sergent ; Bernard, canonnier ; Huet de la Croix, Tourtonnais, grenadiers, se sont offerts avec empressement pour la composer.
MM. Plafait, maire da Prémilbat et Bizet, maire de Saiat-Genest, ayant manifesté le vif désir que M. Plafàit fils, lieutenant de la garde nationale et Bizet fils, lieutenant de celle de Saint-Genest, fussent admis à faire partie de la députation pour porter au Roi l'Iiommage respectueux et le dévouement des gardes nationales qu'ils commandent. Celte députation a été agréée à l'unanimité.
La f6te du Roi (1*^ mai 1831). — Compte-rendu officiel de cette cérémonie :
« La veille, à sept heures du soir, une salve de sept coups de canon fut tirée « par la section d'artillerie de la garde oalionale. A ce signal, tambouis et cloches t se firent entendre, annonçant la fêle du lendemain.
t Le lendemain, au lever de l'aurora, même salve d'artillerie, même brait de « lamlHiurs, inâme son de cloches. A onze heures, les tambours ballenl le rappel. < Chaque compagnie se rassemble t son point de ralliemenl, et à midi, sept coups « de canon donnent le signal du départ, pour venir se former en bataillon sur la
■ place de l'HAtel-de Ville.
< Des fleurs figurant nos couleurs nationales, s'y faisaient remarquer au bout a de tous les canons de fusil. La joie et le patriotisme étaient peints sur toutes les
■ figures. Chaque garde national avait rivalisé pour paraître en plus belle tenue
■ sons les armes.
« Le sous-préfet, le maire et les adjoints, accompagnés seulement des conseil- « lets municipaux qui, par leur Ige, ne pouvaient faire partie de la garde nationale, « se dbposaient à parcourir les rangs, quand un orage éclata subitement el relarda « pendant quelques instants, les évolutions militaires qui devaient avoir lieu.
• L'affluenco des habitants des communes voisines, réunis pour jouir du coup
■ d'util de notre garde citoyenne, formaient avec ceux de la ville, une masse nom-
■ breuse do spectateurs.
■ Tous se précipitaient au-devant de notre musique, qui ne cessait de faire
• entendre des airs patriotiques.
« La revue passée, le bataillon de la garde nationale, précédé de la compa-
■ gnie des pompiers el de l'artillerie, délila devant les autorités qui vinrent ensuite
■ se placer au premier peloton du bataillon. On se dirigea sur le faubourg Saint- « Pierm, où il avait été érigé, par les soins des habitants de ce quartier, une
• colonne transparente surmontée du busle de Sa Majesté, entouré des couleurs
• nationales. Sur une face du piédestal étaient peints les portraits du Roi-Citoyen et t de son auguste épouse ; sur l'autre, la cocarde nationale ; sur la troisième, le coq « gaulois avec la légende ■ Charte et liberté » et sur la quatrième, les armes de la < ville et l'inscription * Les Montluçonnats & Louis-Philippe ■.
■ La garde nationale défila autour de la colonne, se forma en hataillc et pré-
■ senta les armes. On se remit en marche ; et aprèd avoir parcouru les principales « niea de la ville, le bataillon se rendit à son point de dépari où le sous-préfet, par « une courte allocution, témoigna aux gardes nationaux, toute sa satisfaction sur « leur belle tenue et sur l'accord qui n'a cessé de régner parmi eux. On se sépara « ans cris de : Vive le Roi !
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■ A trois heures, a eu lieu l'exercic« du tir avec des fusils de guerre. Le point ' do mire élail placé A la tour carrée du CbAteau, à une élévaiioa d'enviroD trente
• mèlres.
• Personne n'ayant pu abattre ta poule, le maireafeitanuoncer qu'àla premiâre ■ réunion du bataillon, il serait établi une cihle et que le prix serait ddcemé â celui
• des gardes nationaux qui approcherait le plus près du point central.
« Il était cinq henres ; chacun s'est retiré, espérant pouvoir jouir des plaisirs
• de la soirée, qui ont été dérangés par une pluie continuelle et abondante qui a k duré toute la nuit.
Malgré oe contre-temps, les illuminations ont eu lieu. Des boites, des pétards,
• bombes et feu d'artifice ont été tirés près de la colonne, autour de laquelle, nonob-
• slant l'intempérie, des danses s'étaient formées.
« Plusieurs banquets ont eu lieu dans les différents quartiers. Celui du faubourg < Saint-Pierre était des plus nombreux.
• Les officiers de la garde nationale, les antorités civiles et militaires se sont
• réunies en un dîner où la gaieté et une franche cordialité régnèrent dans tous les I- esprits. Des toasts ont été portés au Roi et au duc d'Orléans, à la garde parisienne et . à la garde nationale de Montluçon, par le président du tribunal civil, et aux Polonais.
• A dix heures, le banquet s'est rendu en corps admirer la colonne transparente. - Malgré la pluie, les habitants ayant à leur tête des instruments, parcouraient la » ville aux cris de : • Vive le Roi ! >
« Le 2 mai, la soirée, qui était assez belle, a permis de recommencer les danses 0 au faubourg Saint-Pierre. De toutes parts, on y arrivait avec des violons el des
• vielles, La danse s'est prolongée jusqu'au milieu de la nuit.
« Signé : JjtUDoN ds la BARRE. >
Police des Spectacles. ~ Des scandales s'étant pixMluits lors des représeotatiODS données dans la salle de spectacle, le maii^ prit l'ari^té suivant :
( Article prriiier. — Il ne sera joué ou chanté dans les salles de spectacle de
• cette ville que les pièces ou chants annoncés sur l'aflîche.
« Abt. i, — Il ne pourra être donné lecture de tout papier jeté sur la scène « qu'après avoir été soumis au commissaire de police qui, à cet effet, statuera d'après « le règlement de police locale et veillera A Texérution du présent. •
Le Pont à p&age des Isles. — Le 25 novembre 1836, le décret suivaDt fat rendu :
• Louis- Philippe, Roi des Français, à tous, présents et ù venir, salut !
• Sur le rapport du ministre de l'intérieur ;
a Vu la délibération prise le 9 juillet 1H36 par le conseil municipal de Montk luçon.
■ Vu l'avis du préfet du déparlement ;
0 Notre Conseil d'Etat entendu ;
« Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
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a Abticlb Premier. — M. Ringuet cadcl est aulorisé à percevoir à son profit > jusqu'au 10 septembre 1878, un péage sur le pont établi par lui sur le Cher, au x passage du Cher, à la charge par lui de faire les travaux nécessaires pour l'entre- ■ tien de ce pont, jusqu'à ce jour en bon étaL
■ Art. 2. — Le péage sera perçu conformément au tarif ci-après :
< Pour chaque personne chargée ou non ■ OS
■ Pour chaque homme monté » IS
« Pour chaque cheval ou mulet chargé > 10
a Cheval, jument, mulet non chaîné, bœuf ou vache avec
■ ou sant suivant . i 06
« Ane ou tnesse chargés (06
• Ano ou inesse non chargée > Oi
■ Cheval, mulet, botuf, vache ou Jtne employésà la culture
« ou allant au pAturage » 04
■ Bœuf ou vache destinés i la vente 08
« Veau ou porc. » 03
< Mouton, brebis, bouc, chèvre, cochon de tait, paire
« d'oies ou de dindons Oi
« (Lomque les moutons, brebis, boucs, etc., seront au-des- « sus de SO, le droit sera diminué d'un quart)*
■ Loràque ces animaux iront au pâturage, il ne sera payé
< que la moitié du droit.
■ Les conducteurs dei chevaux, mulets, bceufo » 04
■ Voiture suspendue & deux roues, le cheval ou mulet et
> conducteur » 30
a Voiture suspendue à quatre roues, arec les niémes ani-
« maux et marne conducteur «33
< Voiture suspendue i quatre roues A deux chevaux ou
« muleta » iH
a (Les voyageurs paieront séparément par léte le droit dû
■ pour une personne A pied).
« Charrette chargée attelée d'un cheval ou mulet ou de
■ deux boBub et le conducteur ■ 30
I Charrette chargée attelée de deux chevaux ou quatre
■ bœufs » 40
( Charrette attelée de trois chevaux ou mulets «60
■ Charrette non chargée attelée d'un cheval ou mulet. . . » 20 « Charrette chargée employée au transport des engrais ou
a a la rentrée des récoltes, le cheval ou deux bœufs et
« le conducteur » 20
t Charretteàvide.lecheviloudeux hœufeetleconducleur. ■ 10
• Charrette chargée ou non, attelée d'un Ane ou d'une
• Anesse et le conducteur > 19
a Chariot de fenne à quatre roues chargé, tes deux che-
< vaux ou bœufs et le conducteur «45
« ChariolderoulageA^u&treroues,unchevaletconducteur. » 3S
ïGoogIc
266 HrsTotHE de Montluçon
• Cliariol de ferme à vide, Tes deux chevaux ou bœufs et
« conducteur a 55
I Cliariol de roulfige, deui chevaux el conducteur . , . . ■ 50
• — trois — — ..... 80 « Chariot à vide, allelé d'un cheval et conducteur .... » Î5
• (11 sera payé par chaque cheval, mulet ou bicuf excédani les nombrAS iudiqués « pour les attelages ci-dessua comme pour un cheval ou mulet noa chargé el pour « un âne ou ânesse le droit fixé pour les ânes et inesses non cbai^).
• Art. 3. — Seront exempts des droits de péage, le préfet du département, le « sous-prâfet de rarrondissemem,les ingénieurs el conducteurs des ponts et chaussées, « les employés des contributions indirectes, les agents forestiers et la gendarmerie
■ dans l'eiercice de leurs fonctions, les militaires voyageant en corps on séparément, ( à charge par eux dans ce dernier cas, de présenter une feuille de route ou un ordre
■ de service ; les courriers du gouvernement, les malle-postes et les facteurs ruraux « faisant le service des postes de l'État.
« Art. 4. — A l'expiration de la concession, le pont sera remis k la commune g de Montluçon, en bon état et deviendra sa propriété.
• Art. 5. — Le ministre de l'Intérieur est chargé de l'exécution de la présente B ordonnance, qui sera insérée au Bulletin des Lois,
o Pour le Roi ; • Signé : GASPARIN, Ministre.
Les cimetières. — Ea 1832, le conseil municipal décida la créaliOD d'un nouveau cimetière pour la paroisse Notre-Dame.
Le cimetière de cette paroisse occupait alors l'ancienne place de la Paille, dénommée aujourd'hui place de la Liberté, {Quarlier de» Cordeliers) Il joignait d'une part, la chapelle et les murs de l'ancien hospice, de l'autre des maisons particulières, ce qui présentait de graves Inconvénients. Pour y remédier, le conseil acquit l'emplacement actuellement occupé par le champ de déraonslrations et en fit le nouveau cimetière ; celui-ci devenu à son tour insuffisant, fui interdit en 1880 et remplacé par le cimetière actuel, au lieu dit ■ le Champ Long *, d'une contenance de trois hectares, huit ares et appartenant alors à la fomille Souchard, qui le céda k la ville, moyennant la somme de 12.944 francs.
Quant au cimetière de la paroisse Saint-Pierre, il occupait primitivement la Place de la Poterie, servant aujourd'hui de marché aux volailles ; transféré plus tard sur la rive gauche du Cher, à l'endroit occupé actuellement par la place Denis Papin et la rue de l'Aqueduc, il fut interdit vers 1835, et réuni au cimetière Notre-Dame.
A celte époque te ruisseau des Etourneaux longeait d'un cAté l'arrière des maisons en façade sur la place des Trois Ayards et de l'autre cAté, l'ancieQ cimetière dont il vient d'être parlé, pour finalement aller se déverser dans le Cher, un peu au-dessous du pont Saint-Pierre. Pour
éviter de couvrir ce ruisseau sur ua trop long parcours, l'Administration des Ponts et Chaussées décida d'en modifierlecourset de le faire déboucher dans le lit du Cher, en amoat, au quartier des Nicauds. Le nouveau lit du ruisseau reçut le nom de petit can^, encore usité actuellement.
Le cimetière d'Outre-Cher est de date assez récente. On lit en effet au re^stre des délibérations du conseil municipal, i la date du 4 novembre 1855, qu'une commission, nommée pour étudier la question de l'établissement d'uD cimetière pour le quartier d'Oulre-Cher, se prononça pour un terrain remplissant toutes les conditions désirables et appartenant à M. Brody de Lamothe.
Ce terrain, acquis en i857, coûta seize mille francs à la ville, y compris l'emplacement d'un chemin de huit mètres de largeur devant donner accès au cimetière.
M. Brody de Lamothe se réservait en outre une concession gratuite et perpétuelle de trois mètres trente-trois, sur six mètres, pour l'inhumation des membres de sa famille.
Las Boulangers font la hausse du blé. — Taxe du pain. — Par lettre du 29 avril 1834, le sous-préfet de Montluçoa, sur la demande du ministre, avait consulté le conseil sur la question de savoir si, dans l'intérêt de la production et de la consommation, Un'yaurait pas avantage àétablir la concurrence de la boulangerie.
Une commission spéciale fut nommée k cet effet, et, dans la séance du 3 mai, conclut au maintien de la taxe, se basant sur les considérants suivants :
1 Considérant qu'en AUnt à l'administrai ion municipale le droit que lui donne « la loi du 22 juillet 1791 , la position du consommateur se trouvRti compromise :
« i" En ce i|u'en abandonnant à la concurrence le prix du pain, il arriverait ce « que l'expérience a déjà prouvé, que les boulangers de cette ville, aAn de faire payer t plus cher le pain, élèveraient, ainsi qu'ils le font parfois et à tour de rAle, le prix
■ de quelques hectolitres de froment à la halle aux grains, alin que l'administration
< municipale, devenue dupe de ce stratagème, portât le prix du pain de la mercuriale t A un taux plus élevé ;
■ 3° Uue la surveillance du poids et de la taxe du pain disparailrail en partie et
■ que le consommateur se trouverait entiëremenl livré A la discrétion des boulangers,
• dont la coalition parait évidemment établie ;
■ Considérant que le prix de la taxe arri^tée par l'administration municipale est > basé sur un terme moyen qui ne lésc les intérêts ni du vendeur, ni du consomma-
• teur. Par ces motifs, le conseil émet le vœu que le droit de taxer le pain soit
< maintenu aux municipalités.
Restauration de THôtel-de-VlUe. — Le 9 août 1834, le Conseil approuva les plans dressés par l'architecte Mallet, pour la restauration
068 Histoire de tiloNTLuçotJ
et la réparation de l'Hdtel-de- Ville actuel ; le détail du décompte s'élève à trente-trois mille neuf cent quatre francs, somme qui fut payée jusqu'à concurrence de vingt-et-un mille deux cent dix-neuf francs, au moyen d'un emprunt.
Eolairage de la ville. — La première installation d'éclairage de la ville remonte à l'année 1808. On n'avait d'abord placé que quelques reverbèresà l'huile dans les endroits où ils avaient semblé indispensables, et au fur et à mesure des besoins et des ressources on en augmenta le nombre.
C'est ainsi qu'en novembre 1834, de nouvelles lanternes furent installées, moyennant une dépense de cent vingt-huit francs, cinquante-cinq centimes, à l'angle des rues Pierre Petit et de la Galle.
Mais bientôt la municipalité commenta & se préoccuper de l'éclairage au gaz. En efTet, le 14 décembre 1844, le maire exposait k son conseil, qu'une Compagnie lui avait fait l'offre d'entreprendre l'éclairage de la ville, si l'assemblée prenait l'engagement de lui assurer deux cents becs de lumière.
Ces deux cents becs, ajoute le maire, n'offriraient à la Compagnie aucune chance de bénéfice. Tout son espoirserait dans une augmentation présumée de ce nombre et dans les demandes qui pourraient lui être faites de la part des particuliers. Toutefois, ce n'est qu'en 18i6, que des négociations sérieuses eurent lieu entre la ville et un Monsieur Brimont, agent général de la Compagnie du gaz économique.
Celui-ci offrait l'éclairage, moyennant trois centimes et demi par heure et par bec. La commission nommée pour étudier cette proposition, émet l'avis de n'éclairer provisoirement la ville que pendant cent vingt jours et de porter seulement & cent, le nombre des lanternes à gaz, ce qu' occasionnerait une dépense annuelle d'environ deux mille cent francs ; mais qu'en outre, il serait nécessaire de maintenir quinze réverbères à l'huile dont la dépense s'élèverait pour cent vingt jours à six cent douze francs. La Compagnie n'accepta pas les offres du conseil.
L'affaire fut reprise dix ans plus tard, et le 21 avril 1856, une nouvelle Compagnie, après entente avec la municipalité, se constitua sous la raison sociale Parouty et O'^, ainsi qu'il est indiqué au chapitre spécial Montluçon-Industriel.
InstaUatioQ de municipalité. — Le 30 novembre 1834, il fut pt-océdé à l'installation des nouveaux conseillers : MM. Laussedat, Ringuet, Thévenet, Ferruge, Cordez, Perrot des Gozis, Bailly, Balladîer, Cornercau, Berthomier des Prots, Lespinard, Bourel-Duboueix, Jaladon de la Barre, Maieron, Guilhomet, Aupetit-Durand, Vauvrel, Gaudon, Tardé du Mousseaux, Sarlin et Richard.
MoNTLUCON SOUS LE GouVEHNEtlENT DE JuiLLET ^69
Tous prêtèrent le sermeat prescrit par la loi du 30 août 1830 : * Je jure fidélité au Roi des Français, obéissance à la loi constitu* tionnelle et aux lois du royaume °.
Suppression du tour de l'hospice. — La suppression du tour de l'hospice de Montluçon, votée en 1834 par le Conseil Général de l'Allier, présentait de graves inconvénients, si l'on songe qu'à cette époque, il n'existait encore aucun chemin de fer dans notre département, que la distance de Montluçon à Moulins étant relativement considérable, le transport des nouveau-nés ne pouvait s'effectuer que dans des conditions très préjudiciables pourleursanté.Nos édiles protestèrent donc vigoureusement contre la décision du Conseil Général, ainsi qu'en témoigne la délibération municipale en date du 30 décembre 1834, et dont nous allons donner quelques extraits.
Un membre conteste la légalité de l'arrêté ordonnant la suppression du tour de l'hospice. Il fait valoir que la loi du iS décembre 1796 prescrivait de recevoir les enfants abandonnés dans tous les hospices de la République, que les tours ayant été créés par la loi, ils ne peuvent être supprimés que par elle, ou tout au moins par une ordonnance royale.
Un autre membre déclare que l'arrêté préfectoral est inexécutable, car, dit-il, il est impossible qu'avec ses ressources ordinaires, la ville puisse faire face aux dépenses que nécessitera le nouvel ordre des choses.
Aux frais de qui seront donnés les premiers soins indispensables à l'eufant? Qui paiera : et le salaire de la femme à qui il sera confié pour être transporté à Moulins et les journées du conducteur pendant les saisons rigoureuses ? Et si te voyage est pénible, si le froid de l'hiver ou les chaleurs de l'été rendent pendant le trajet quelques jours de repos nécessaires; ai les soins de l'art sont impérieusement réclamés pour l'existence de celte fragile créature ; si enfin, la mort arrive avant que cet être souffrant soit rendu à sa destination, la ville de Montluçon devra-t-elle supporter tant d'onéreux sacrifices, lorsque la toi les impose, non point à la commune, mais au département?
Il demande en concluant que le conseil proteste d'une manière formelle contre l'arrêté du préfet, et qu'on accorde pourtant une somme de quatre cents francs, pour subvenir aux premières dépenses nécessitées pour l'exécution du dit arrêté, sauf au maire ken demander l'annulation à l'autorité compétente.
Un troisième membre ditque la suppression du bureau de Montluçon rendra les expositions moins fréquentes peut-être, mais le transport des enfants à l'hospice de Moulins occasionnera la mort du plus grand nombre d'entre eux.
Il résulte en effet de la vérification des registres de décès de la ville
de MoDtIuçoa, que lea quatre cloquiètnes àea eofauts amenés des commuoes éloignées, Dotamment du cantoD de Céritly, meurent quelques jours après leur Iransportà Montluçon.
Ainai se trouveront violées les intentions du législateur, dont l'unique but, en créant un tour à l'hospice de chaque arrondissement, a été la conservation de ces êtres infortunés, et en prâbeuce d'une si haute considération morale, que devient une question d'argent?
Enlln, un autre membre soutint que l'arrêté préfectoral, portait déjà, quoique non encore exécuté, de déplorables fruits. Un état de mouvement des enfonts abandonnés existe, a-t-il dit, dans les archives de la mairie.
Cet état comprend les années de 1825 à 1830 ; les décès ont été, pendant cette période, de un sur douze naissances.
Cet heureux résultat ne peut être atu-ibué qu'a la focilité qu'éprouve l'admiaistration & se procurer promptement des nourrices saines et bien constituées.
Si l'on jette maintenant un coup d'œil sur le tableau de mortalité des enfants reçus à. l'hospice depuis les derniers jours de septembre jusqu'à ce jour, 30 décembre, il y a eu douze décès pour vingt-et-une naissances. Effrayante progression I Mortalité prodigieuse que l'administration de l'hospice consultée, attribue toute entière à l'impossibilité de trouver des nourrices, depuis que dans les campagnes s'est répandue la nouvelle de la prochaine suppression du bureau de Montluçon.
Ces diverses opinions émises, le conseil décida qu'une somme de quatre cents francs serait allouée au maire pour subvenir aux dépenses que nécessitera, & partir du 1<'janvierl835, et pour trois mois seulement, l'arrêté préfectoral.
Mais, attendu que l'entretien des enfonts abandonnés est & la charge des départements, le conseil invite son président & (aire parvenir au préfet ampliation de la présente délibération, pour que sur l'exposé des inconvénients qu'elle signale, cette administration preune telles mesures que lui suggérera sa haute expérience.
Le conseil, malgré son énergique protestation, n'obtint pas gain de cause ; le tour de l'hospice de Montluçon demeura supprimé à partir du i*' janvier 1Sî5,
Route N» 143 de Moulins à Tours. — C'est le 23 décembre 1834, que pour la première fois fut portée devant le conseil municipal de Montluçon, la question de l'établissement d'une route de Moulins à Tours, passant par Montluçon.
L'opinion publique s'émut aussitôt, et les communes intéressées, par l'intermédiaire de leurs représentants autorisés, firent des démarches en vue d'obtenir la direction de la nouvelle voie sur le terriloire le plus
propre à desservir leurs intârôts. MootluçoD, comme bien on pense, ne pouvait rester en arrière de ce mouvement et se désintéresser d'une question aussi importante pour son commerce local. Une commission fut donc nommée par le conseil avec mission de faire connaître la direction la plus propre à sauv^arder les intérêts de la ville, et le 11 février 1835, le conseil adoptait la direction par La Chapelsude, Courçais et Saint-Désiré.
Les études furent longues et laborieuses, car ce n'est qu'en 1838 qu'eurent lieu les expropriations des terrains nécessaires à l'assiette de la route; maïs les travaux furent menés avec tant de célérité, que dès 1840 la nouvelle voie put être livrée & la circulation.
Les livres des ConTeuts snppiimis. — Il existait dans les t>&timents de la mairie une assez grande quantité de vieux livres, provenant des bibliothèques des anciens couvents supprimés. Ces livres, entassés depuis quarante ans dans ud grenier, consistaient pour la plupart en livres d'église ou de cbaat, tous dépareillés, déchirés, incomplets, rongés par les rats ; beaucoup n'étaient propres qu'à être vendus comme vieux papiers. Comme il pouvait néanmoins s'en trouver qui, soit en raison de leur auteur, soit sous le rapport typographique, méritassent d'être conservés, le 8 mai 1835, fut nommée une commission en vue d'examiner tous les volumes, d'en faire un tri et de clioisir tous ceux qui pourraient former le noyau d'une bibliothèque municipale. Hélas, il ne fut guère donné suite & cette louable intention.
L'attentat du 28 juillet 1885. - Adresse an roi. — A la suite de l'attentat du 28 juillet 1835, dont le Foi et ses flis faillirent être victimes, le conseil, le deux août suivant, vota au Prince l'adresse ci-après :
« SlHE,
a L'épouvantable attentat dont Votre Hajeslé a failli ilre victime a profondément
■ affligé les habitants de la ville de MontluQon. En remerciant la Providence d'avoir I étendu une main protectrice sur vous et votre famille, ils déplorent la perte de <i tant d'hommes honorables qui, la plupart, avaient versé leur sang pour la défense « de la patrie Ils regrettent surtout cet illustre maréchal que la mort avait épargné •I sur les champs de bataille et qui avait mérité par son courage et ses nobles qualités c l'estime et la reconnaissance des Français.
■ Sire, que l'indignation générale, que l'indignation des gens honnêtes de tous ( les partis soit une consolation su milieu des malheurs qui vous frappent et des
• périls auxquels vous exposent d'odieux et misérables fanatiques.
< Qu'un forfait aussi exécrable serve d'avertissement aux factieux et les détourne
■ de cet esprit de violence et d'exaltation, trop souvent suivi de grands crimes; qu'ils « laissent enlin la France jouir de l'ordre et de la paix nécessaires à son bonheur, la
■ France qui se trouverait plongée dans l'anarchie et la guerre civile, si leurs coupa-
* blés entreprises parvenaient à renverser des institutions qui ont coUé si cher.
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« Daigncii agréer, Sire, cette expression des scnliments et des vœux du conseil * municipal de la ville de Montluçon. »
Demande d'indemnités aux communes ds Lavault et de Prémilhat. — Il y avait, avons-nous dit, & Montluçon, un cimetière pour chaque paroisse. Celui de la paroisse Notre-Dame dont il a été parlé plus haut, et celui de la paroisse Saint-Pierre.
Ces deux nécropoles, bien qu'appartenant aux deux paroisses, ne leur étaient cependant pas exclusivement réservées, En efîet, une partie de la commune de Prémilhat et celle entière de Lavault-Sainte-A.nne, jaunies quant au spirituel : ta première ft la paroisse Saint-Pierre et la seconde k celle de Notre-Dame, ensevelissaient leurs morts dans les cimetières de Montluçon.
La ville dont les ressources étaient très limitées et qui venait de s'imposer le lourd sacrifice de l'acquisition d'un nouveau champ de repos,' celui de la paroisse de Notre-Dame, transféré deux ans auparavant sur l'emplacement du champ actuel de démonstrations, ne se croyait pas tenue de fournir la sépulture aux morts des communes étrangères, qui ne supporlaient aucune des charges de la ville, soit pour les frais du culte, soit pour l'entretien ou l'étahlissement des lieux d'inhumation.
Aussi, dans sa séance du 12 août 1835, le conseil prit la délibéraUoo suivante :
« Considérant que l'enlrelien des cimetières ealâ la charge delà commune; que t les frais de logement des curés et les indemnités payées aux vicaires sont également ( à la charge de h commune; que naguère, la ville de Montluçon a été obligée 0 d'établir A grands frais un nouveau lieu d'inhumation ; que les deux communes s dont s'agit n'ont nullement conlribué à cette dépense, qu'il s'en snit donc que la « commune de Monllucon n'a point contracté d'obligations envers elles.
■ Arrête : Que son président s'adressera k l'adminislration compétente ponr la ( prier de lixcr l'indemnité que la commune de Montluçon esl en droit d'exiger pour < les motifs sus-indiqués. i
L'Abattoir. — Au commencement du siècle dernier, malgré la surveillance la plus active, il était impossible aux autorités locales de faire exécuter les règlements de police concernant la boucherie. Le consommateur était le plus souvent trompé sur le prix, la nature et la qualité de la viande.
L'abatage des animaux avait lieu dans une sorte de halle construite sur l'emplacement occupé actuellement par le Café Riche ; cette halle était divisée en deux parties : l'une, donnant sur le boulevard, était appelée la grande boucherie ; l'autre, joignant le ruisseau de l'Amaron, était dénommée la petite boucherie. Des bancs spéciaux, loués aux bouchers, y étaient installés et servaient pour l'étalage et la vente de la viande.
MoNTLUgON sous LE GOUVERNEMENT DE JUILLET 273
Le 30 décembre 1839, le conseil municipal, sur la proposition du maire, vota la suppression de la location des bancs de boucherie et décida la construction d'un nouvel abattoir.
Mais comme la location des bancs était une source de revenus pour la ville, il fut arrêté qu'elle serait remplacée par un droit à percevoir sur chaque béte destinée à la boucherie, savoir :
Un franc pour un bœul ; cinquante centimes pour une vache ; vingtcinq centimes pour un porc et dix centimes pour un veau ou un mouton.
Mais ce projet ne devait être réalisé que longtemps après, ainsi qu'il résulte d'une délibération du conseil en date du 12 juin 1849, par laquelle M. Duchet, maire, rappelle au conseil que le projet de construction d'un abattoir public est loin encore de recevoir son exécution, par suite de l'épuisement de la caisse municipale et de la difdculté qu'on éprouve dans la réalisation de l'emprunt autorisé.
Cependant le 4 juillet 1858, la question fut de nouveau soumise au conseil, et cette fois, semblait-il, pour être résolue à bref délai, car le maire déposait sur le bureau les plans et procès- verbaux d'estimation des terrains à acquérir. Mais (out-à-coup surgit une nouvelle difficulté : le chemin de fer passait sur l'emplacement de l'abattoir projeté. Il fallut renoncer au premier projet, ou tout au moins le modifier en achetant de nouveaux terrains, et ce n'est que le 10 novembre 1862 que parut le décret autorisant la ville k construire son abattoir.
Ferme de l'octroi. — Le 12 aoilt 1835, le conseil décida de mettre l'octroi, une seconde fois, k ferme, à la condition expresse, et sans y déroger, que la première mise à prix serait de onze mille francs, déduction faite du dixième au profit de l'administration des contributions indirectes. 11 était bien stipulé que, dans le cas de non réussite, l'octroi rentrerait en régie.
Fête du Roi. — Dans sa séance du 26 avril 1836, le Conseil se rendant aux désirs du préfet, arrêta que • pour célébrer la fête du roi, il serait tiré douze coups de canon, que les monuments publics seraient illuminés, que des danses publiques auraient lieu le soir sur la place de l'Hdtel-de-Ville et qu'une somme de vingt francs, à titre de gratification serait allouée aux tambours de la garde nationale.
La première salle d'asile. — C'est de 1836 quedate l'établissement de la première salle d'asile à Montluçon.
Dans la séance du 7 mai de celte année, le maire qui avait étudié la question, présentait à ses collègues un projet d'établissement de salle d'asile en faveur des classes laborieuses indigentes.
f Partout, diaait-il dans son exposé, on s'occupe de la formation de
salles d'asile, qui sont des établissements qui tiennent de l'hospice par les soins physiques accordés aux enfants, et de l'école pour l'éducation intellectuelle et morale qu'ils y reçoivent.
a Leur but est : 1' De préserver les enfants du peuple des dangers du vagabondage, de l'isolement, des mauvais principes; 2» de leur donner de bonne heure,des habitudes d'ordre, de propreté, de travail, d'inculper dans leur ftme de bons principes et de corriger leurs défauts avant qu'ils soient enracinés ; de les préparer par une éducation intellectuelle bien entendue aus levons qu'ils recevront plus tard dans les écoles; 3" délaisser aux parents pauvres, la foculté de consacrer toute leur journée & gagner leur pain et celui de leurs enfants.
' Les enfants arrivent à la salle d'asile vers huit heures du matin et en sortent à cinq heures du soir. Il est curieux, et même attendrissant, disait M. le maire, de se trouver à la sortie de ces enbnts et de voir ces bonnes mères qui, n'ayant pas eu l'occasion, dans la journée, de s'impatienter contre leurs enfants, de leur donner peut-être une tape, les attendre à la porte ; chacune saisit le sien avec empressement, le couvre de baisers, le comble de caresses.
« Il faut assister aux leçons qui sont données & ces jeunes gens de l'âge de trois à six ans, pour se convaincre des soins qui leur sont prodigués et de la douceur avec laquelle on les traite ».
Cette proposition formulée, le maire laissa à une commission spéciale le soin de prendre telles mesures qu'il conviendrait, tant au point du local & déterminer, que des moyens financiers à employer pour parvenir.
Caisse d'épargne. — Tout en s'occupant du sort des enfknts, l'assemblée communale ne négligeait pas les parents et jetait les bases de la constitution d'une caisse d'épargne.
c II y a peu d'années, disait & ce propos M. le maire, que l'importance et l'utilité des caisses d'épargne ont été appréciées en France ; mais les essais qui en ont été faits ont si bien répondu aux espérances de ceux qui les regardent comme un des meilleurs moyens d'amélioration morale et matérielle des populations, que nous voyons un grand nombre de villes, suivant l'impulsion qui a été si heureusement donnée, solliciter l'autorisation nécessaire à leur établissement.
■ Les gouvernements et les familles sont intéressés à la multiplication des caisses d'épargne; car les crises sociales deviennent d'autautj)lus rares que la prévoyance entre plus profondément dans les habitudes des populattoDs, Ce qu'il importe de prévenir surtout, ce sont les transitions brusques que cause une cessation ou une diminution momentanée de travail, qui mettent souvent et simultanément en péril la prospérité et la tranquillité publiques.
• C'est, jo penae, une œuvre de bonne admiDistration, que l'oi^nîsatioD de ces caisses, où la classe ouvrière, faisant une petite part pour l'avenir, sait profiter du moment où le travail va selon ses vœux, pour se précautionner par l'économie, contre les jours où il pourrait se ralentir ; et s'il est trop vrai que souvent on puisse lui reprocher avec raison son insouciance, n'est-ce pas un motif plus puissant encore, pour que ceux dont le devoir est de veiller à ses intérêts s'empressent de lui faire connaître et de mettre à sa portée ces institutions qui, en détruisant ou seulement en atténuant cette disposilion fâcheuse, lui offrent à l'instant un avantage assuré pour récompense.
■ Une caisse d'épargne & Montluçon ne sera sans doute pas d'une ntilité aussi grande et d'un elTet aussi direct que dans une ville manufacturière ; les dépôts seront lents à s'opérer. Mais par votre influence, par vos conseils si généralement goûtés, vous commencerez à fiire arriver douze ou quinze individus à apporter leurs légères économies. Ils en entraîneront douze ou quinze autres, et la classe laborieuse sentira bien vite l'avantage de l'établissement d'une caisse d'épargne qui se trouve tout en sa faveur.
• Le Conseil Générât a tellement senti l'avantage de la caisse de prévoyance que pour encourager deux arrondissements en retard, ceux de Hontluçon et de Gannat, il a voté au budget du département une somme de mille francs pour subvenir & l'établissement d'une de ces caisses dans ces arrondissements.
■ J'ai tout lieu de penser que vous vous empresserez de renvoyer ma proposition à une commission et que vous vous mettrez en demeure de toucher les mille francs votés au budget de 18.36.
< Cette somme vous mettra t même de pourvoir à tous les frais pendant deux années; mais sera-ce une raison de négliger tous autres moyens pour la soutenir & l'avenir ?
f J'abandonne cette réflexion à votre sagesse et à votre sollicitude pour vos concitoyens.
■ Si la caisse municipale ne vous offre pas assez de ressources, employez, comme presque partout, la voie de la souscription ; vous arriverez ainsi à votre but et peut-être que les ressources de la caisse s'augmenteront pendant quelques années, et la mettront h même de se soutenir par elle-même dans la suite. *
L'établissement d'une caisse d'épargne fut voté le 4 juin 1836 et les statuts le 3 décembre de la même année; l'autorisation par ordonnance royale est en date du 7 mai 1837,
OuTToir de l'Hôpital. — C'est également & cette époque, le 16 mai 1836, que fut votée la création d'un ouvroir à l'hôpital.
Prorogation da péage du pont Ringuet. — Par anile â'une en» formidable du Cher et de l'inondation qui eo résulta le 31 mai 18%, M. Ringuet cadet éprouva de graves dég&ls pour le pont par lui construit sur la rivière.
Aussi, en compensation du préjudice qu'il aublasait de ce chef, M. Ringuet adressa au ministre du commerce une demande tendant & obtenir que le péage qui lui avait été octroyé sur le dit pont, fût prorogé pendant vingt-cinq ans, à compter du 14 novembre 1^8.
Le 9 juillet 1836, le conseil, appelé & délibérer sur cette question, émettait l'avis suivant :
■ Considéraot, qu'avanl rétablissement du pant donl s'agit, la ville n'avait a d'autres communica lions avec les autres communes, situées sur la rive gauche du a Cher, qu'avec le bac, qui causait chaque année de nombreux accidenta; que le ( pont actuel a été exécuté par M. [tiuguet à ses frais cl sans aucune indemnité, soit
• de la pari de la commune, soit de la part du gouvernement, qu'il est de notoriété n publique, que la concession qui lui a été Taitc pour quarante années de péage
■ perçu sur ce pont, ne pent, à beaucoup prés, le rembourser des avances qu'il a I faites pour la construction du pont ; qu'il est constant que la eraé extraordinaire 1 du 30 mai 1835 a causé A ce pont des avarici telles qu'elles ont exigé des sommes
• considérables pour les réparer ; que M, Ringuet, par ses entreprises à employer les « bras, donne de l'activité au pays et mérite la reconnaissance de ses concitoyens. r Le conseil est d'avis que la pétition soit prise en considération >.
Concession de terrain au oimetière, pour les sœurs de inidpîtal.
— Dans sa séance du 26 juillet 1836, le Conaeil accorda à perpétuité, et sans aucune subvention, dans te terrain destiaé à cet effet, dans le cimetière de Montluçon, une étendue de terrain de six mètres soixante-sis de longueur sur deux de largeur, pour servir à l'iahumation des soeurs de l'hfipital.
Démolition de la Porte Saint-Pierre. — D'un rapport présenté à l'assemblée municipale le 10 septembre 1836, par M. Mazeron, nous extrayons ce qui suit :
1 II y aurait avantage pour lo quartier de la place Saint-Pierre, A voir abattre 1 la porte de ville ; ce quartier, en effet, serait mieux percé et plus sain lorsque l'air
■ ne serait plus obstrué par ce vieux monument >.
La question ayant été ajournée, ne fut reprise que longtemps après, le -22 mai 1845, date & laquelle le Conseil prit la délibération suivante :
« Considérant que la porte de ville de Saint-Pierre est par son peu do largeur . 1 un obstacle réel à la circulation publique; que placée à l'ouverture de rues étroites n et importantes, elle n'offre qu'un passage resserré et insufHsant pour deux voi-
• turvs qui s'y rencontreraient, dangereux même la nuit pour les personnes A pied,
• i cause des angles saillants qu'elle forme sous la voûte.
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• Considéranl, en outre, que dans les pluies d'orage, ks eanx dicsccndant des « parlips hflutes de la ville viennent nalurellcment et pnr la force de» choses, Iraver-
< ser la rue que couronne cette porte et qu'arrivées là, resserrées par celle masse de « construction, elles s'élèvcnl et pénètrent dans les maisons voisines.
« Considérant, enfin, que la porte de ville de Saint-Pierre n'offre pas mSmc ■ le plus léger intérât sous le rapport de l'art, charge le maire de traiter amiable- I ment avec les sieurs Tullat, Barbon et Rcnon, propriétaires intéressés, à l'effet 1 d'acheter d'eux la maison, la chambre, l'escalier, dont ii est question dans le rap- « port du 10 mai 18iS, pour une fois l'acijuisitioQ faite, âtre procédé i la démolition
< de ladite porte de ville ; et, pour le cas où le maire ne parviendrait pas ft traiter • moyennant la somme de douze mille francs, l'autorise à agir contre lesdits proprié- « taires par voie d'expropriation pour cause d'utilité publique ».
La dénoolitioD de la porte Saint-Pierre, votéa en 1845, était ua fait accompli deux ans plua tard.
L'assemblée, le 11 novembre de cette même année, eut à s'occuper de la question, mais à un autre point de vue.
Pont Ringaet (Ancienne Passerelle des lies) Par suite, en effet, de la démolition de cette porte et du dommagecause aux b&timents qui la joignaient, la ville se trouvait dans la nécessité d'acquérir ; elle était, d'autre part, propriétaire d'une chambre ayant appartenu à.M. Barbon, et d'une partie à la maison Renon, contiguë au vieus monument.
Ces immeubles, en partie démolis par l'élargissement de la rue qui donnait accès à l'intérieur de la ville, étaient d'une inutilité incontestable, malgré leur importante position, puisque pour en tirer partie, il était nécessaire de les reconstruire & grands frais et que le peu de profondeur qui leur restait, ne pouvait permettre de les approprier k un établissement public.
Le maire proposa donc au conseil de les vendre, c« qui fut accordé. M. Yriarte, conducteur des ponts et chaussées, fut chargé de procéder à l'estimation desdits immeubles.
Paroisse Saint-Pierre. — Le 10 septembre de cette année, le conseil, sur la demande qui lui en était foite par de nombreuses personnes, rotait l'érection en paroisse de seconde classe de la paroisse Saint-Pierre.
Les considérants sur lesquels s'appuyait alors l'assemblée étaient : ■ que cette paroisse, abstraction faite de sa grande antiquité et de sa suprématie avant 1789, était l'une des dix plus importantesdudépartement de l'Allier par sa population ; qu'elle s'étendait chaque jour davantage et que la mise en activité du Canal du Berry faisait concevoir des espérances déjà réalisées de l'accroissement progressif de cette partie de la cité ; qu'il était avantageux dansl'intérètdesaombreuses classes d'artisans et ouvriers employés sur le port, que le desservant de Saint-Pierre reçût un traitement en harmonie avec la dépense nécessitée par sa position. >
Ràjouissanoes i l'occasion du mariage du duc d'0rl6ans, — Le conseil invité par lettre du préfet de l'Allier, à délibérer sur la question de savoir quelle part la ville de Montluçon pourrait prendre aux réjouissances occasionnées par le mariage de Monseigneur le duc d'Orléans, prit le 1"- juin 1837 la décision ci-dessous :
• Comidérant que l'intempérie des saisons et la durée extraordinaire de l'hiver, » c:i retardant les travaux de la campagne, ont consommé les ressources des ouvriers n et augmenté la misère des classes pauvres.
« Considéranl que toutes les manifestations nsilées en pareille circonstance, les ( actes de bicnFaicance et les secours donniïs aux inalticureux seront les plus s agréables au Roi et à la famille royale ; que ces secoure, distribués aux familles
• indigentes leur procureront au moins une bonne journée et leur permettront de « s'associera l'allégresse générale, en leur donnantlcsmoyensde célébrer cet heureux
• événement ;
f Considéranl que le budget communal de 183T contient une allocation de quatre n cci.ls francs destinée aux fétos publiques et que déjà une somme a été employée « sur r«t article pour la célébration de la fêle du Roi.
« Décide qu'il sera pris une somme de deux cents francs qui sera distribuée le ■ dimanche 4 juin, aux familles indigentes de Montluçon, à l'occasion du mariage de « Monseigneur le duc d'Orléans. »
AiiDiTersaire des journées de Juillet. — Dans sa réunion du 25 juillet, le conseil arrêta les dispositions suivantes en vue de la célébration du septième anniversaire des journées de Juillet :
■ i" Le 29 juillet, à la chute du jour, une salve d'artillerie annoncera la solen- « n\[i du lendemain, el les tambours de la garde nationale feront les batteries d'usage;
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« 2° Une salve semblable sera tirée le 30 au lever du soleil et répétée ft quatre « heures du soir ;
« 3° Le même jour, ia garde nationHle prendra les armes et se réunira A quatre • heures sur la place de la Mairie pour y passer la revue ;
■ 4° Il sera planté un mit de cocagne; une montre et divers comestibles seront t les prix des vainqueurs ;
« S° Le soir, rH6tel-de-ViIle sera illuminé et des danses publiques y auront 4 lieu.
Uoe somme de cent quinze Francs fut votée à cet effet.
Installation de municipalitâB. — Le 2 octobre 1837, la nouvelle muDicipalité, nommée par ordonnance royaledu 13 septembre, était composée de MM. JaladoD de la Barre, maire ; Berthomier des Prots et Bourel- Duboueix, adjoints.
Le 13 novembre 18iO, il tut procédé à l'installation d'une nouvelle municipalité. Leur serment était le même que celui exigé de leurs prédécesseurs : ■ Je jure fidéliléau Roi des Francis, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du royaume.*
Reconstruotioii de la prison. — Le 10 octobre 1840, lecture fut donnée au conseil d'une lettre de M. le sous^préfet, par laquelle il annonce que l'adjudicalioa des travaux nécessaires à la reconstruction de la prison ayant été donnée, et ces travaux devant être incessamment commencés, il s'est occupé, sur l'invitation de M. le préfet, de la recherche d'un bâtiment destiné au logement provisoire des détenus ; qu'il a examiné différents locaux et notamment la caserne degendarmerie, quilui a été signalée par le préfet ; mais qu'il n'a rien trouvé de convenable dans la disposition des ^ipartements de cette caserne.
Il ajoute que la grande salle du chflteau, où le conseil de révision tient ses séances et l'appartement intermédiaire entre cette salle et celle des audiences de la Justice de paix, sont les seules qui lui aient paru réunir les conditions nécessaires à rétablissement projeté ; que probablement le préfet trouvera ce choix convenable, mais que le conseil doit être consulté.
Une commission spéciale fut nommée, et quelques jours plus tard, elle déposait un rapport, dont voici les conclusions :
( La Commission, après avoir visité la caserne de gendarmerie et à l'Iidpital, la I chambre dite « des Morts t s'est rendue dans les bitimenis du chAteau. Elle a B reconnu : i" La ditticullé d'établir la prison provisoire dans In caserne de gendarc merie ; i" L'impossibilité d'approprier à cet usage la chambre des morts i « riiépilal.
• La salle du château est celle qui lui a paru le plus convenable, malgré le I grave inconvénient résultant du placement des prisonniers au-deseus du tribunal
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280 Histoire de Montluqon
« et près de la justice de paix ; et h difficulté pour ne pas dire le dsnger qu'il y ■ aurait peut-être à établir des murs séparatifs sur un plancher paraissant peu « solide. *
Ud membre expose qu'il oe pense paa qu'il soit de la compétence du conseil de chercher un local pour une prison provisoire ; qu'il doit seulement s'occuper de savoir s'il peut abandonner à ce service les salles du ch&teau dont fait mention ta lettre du sous- préfet.
■ Le conseil : Considérant que ces salles se trouvent au-dessus de la salle d'audience et de ta chambre du conseil du tribunal; que leur état de vétusté rendrait dangereux les travaux à faire pour les approprier à l'état auquel on voudrait les destiner ; que la salle d'audience de la justice de pais se trouverait restreinte et gênée par le voisinage des prisonniers ; que la grande salle sert ordinairement aux réunions occasionnées par les diverses élections qui ont lieu en cette ville et aux séances du conseil de révision, et qu'il n'existe & Montlucon, aucun autre local qui puisse la remplacer, décide qu'il n'y a pas lieu d'établir la prison provisoire dans les l)&UmeDt3 du château. ■
A la suite de cette délibération, fut nommée, en réponse à une lettre de M. le sous-préfet, une commission de cinq membres, avec mission de faire un rapport sur les questions suivantes-:
l" La ville de Montlucon peut-elle prétendre & un droit de propriété sur la prison de Montlucon et ses dépendances ?
2° Ne serait-elle pas fondée à réclamer une indemnité auprès du département pour le terrain que la nouvelle prison doit occuper ?
3* Dans le cas où il serait établi que la ville n'est pas propriétaire de la prison actuelle et de ses dépendances, n'aurait-elle pas une action contre le prince de Condé ou ses héritiers, en restitution de tout ou partie de la somme de deux mille francs qu'elle lui a payée dans le temps, par suite de l'acte de vente du 2 décembre 1S16.
i" Enfin, EUT toutes autres questions se rattachant & celles-ci directement ou indirectement.'
La commission, après une étude très approfondie de chaque question, déposa son rapport. Ce rapport, approuvé par le conseil en sa session du mois de novembre 1840, fut adressé à l'administration supérieure.
Mais l'afTaire ne se termina qu'un an plus lard par un accord intervenu entre la ville et le duc d'Aumale, ainsi qu'il résulte d'une lettre transmise à la municipalité par M. Lacave Laplaigne, au nom du duc.
Par cette lettre, M. Lacave Laplaigne informait le maire a qu'il ne veut pas défendre à la demande qui a été introduite contre Son Altesse el qu'il est disposé à faire remettre au maire, aussitôt qu'il le désirera, la somme de deux mille francs que la ville a payée en 1820 au duc de Bourbon, s Ce qui fui exécuté après acceptation par le Conseil.