chapitre ii Période Mérovingienne
ET OmaiNE DE LA SEiaNEURIB DE MONTLUÇON
Invasion des Barbares. — Inscriptions méroTingiennas de Saint- Victor. — Montiuçon sous les HéroTlngiens. — La Seigneurie de Hontluçon, son étendue. — Rothilde, fille unique du dernier Seigneur de Montluçon. — Sa donation aux Chanoines d'E vaux. Son mariage aveo Hessire Archambaudl'sderiUostre famille des Bourbons. — La Seigneurie de Hontluçon passe à la maison de Bourbon.
INVASION DES BARBARES. — Lors de la décadeoce des Romains dans les Gaules, des hordes de Barbares venues de l'Est, du Non) et du Sud : Hongrois, Germains, Normands, Sarrazina, etc., se ruèrent sur les bords du Cher, le Berry, le Limousin, l'Auvergne et par con< séquent t le Montluçonnais i. Ces pays furent conquis par les Visigoths et cédés régulièrement aux vainqueurs à la fin du v* siècle, par l'Empereur Népos. (1)
Cette situation semble s'être maintenue jusqu'à la bataille deVouillé, qui rendit Clovis maître du Berry, de l'Auvergne et de nos régions.
Les habitants du territoire Montiuçonnais éprouvèrent ainsi, à diverses reprises, tous les fléaux de l'invasion, fléaux qui furent l'une des principales causes de l'établissement du système féodal, car nos ancêtres
(1) UneleUre de Richard, Archevêque de Bourges, écrite en l'an 1088, nous apprend que les Hongrois ravagèrent et inceadièrent les monastères et autres biens que possédait Sl-Ocnis dans la pi'ovioce du Berry et la partie sud-ouest du Bourbonnais. — Au rapport des liiatoriens, nul peuple ae fut jamais pius féroce que cee Barbares. Sans foi, sans religion, ils n'avaient d'autres demeures que leurs chariots, errant sans cesse et ne vivant qoe de leur citasse et de leur pèche, do chair crue et du lait de leui-s troupeaux. Inhumains, ils égorgeaient les prisonniers, buvaient leur sang et leur mangeaient le cœur, qu'ils regardaient comme un remède à plusieurs maladies. — C'est à l'invasion des BoDgrois qu'on attribue généralement la ruine détlnitive de N'éris, qui fut remplace par Montluçon, que sa position sur une hauteur facile à défendre, et, selon toute apparence un casthvu ou château fort, soit en pierre, soit en bois, avait dû mettre k l'abri d'un coup de main des Barbares.
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durent obéir à cette impulsion gëoénle qui portait alors les peuples, constamment assaillis et accablés, à se grouper autour des hommes capables de les défendre.
C'est au milieu de ce chaos que s'élevèrent les premiers châteaux forts du moyen-Age, lieux d'asile pour les populations que leur faiblesse livrait sans défense à la merci des bandes armées.
C'est ainsi que s'explique la formation des seigneuries.
Ce fut aussi de cette ra«aièr« que ae constitua cette de Montlucon.
Si on connaît l'existence de ses premiers seigneurs, leurs noms, à l'exception de quelques-uns, sont ensevelis dans l'oubli, et il n'existe aucune trace sufîlsante de ce qui pourrait, avec certitude, iodiquer l'étendue de leurs possessions.
Intoriptlons MârOTiagiamiea de Stint-Viotor. — En 1835, à Saiot-VictOTt près Montluçon, on a trouvé dias une ancienne nécropole, une inscription du plus haut intérêt, au dire môme de Henri Martin, alors Président de la Commission Ministérielle pour l'étude de la géo> graphie historique de l'ancienne France.
Cette inscription dont il a été reproduit plusieurs estampages et qui porte une croix pattée, est disposée sur quatre lignes, dont chacune d'elles est comprise entre deux raies horizontales tracées en creux ; l'épaisseur de ces raies correspond à celles des lettres (3 millimètres) et leur éoartement détermine la hauteur des caractères (18 millimètres). Au dire des Bénédictins {Abécédaire (^archéologie), cet usage de placer ainsi les lettres des inscriptions entie deux lignes, remonterait au vi< siècle.
Il est à remarquer que les lettres de la première ligne de rinsce iption, sont bien plus profondément gravdes que celles des autres et que généralement, les mots ne sont point espacés, de sorte que si l'on veut lire sans elTort, il but grouper les mots de la manière saivante:
■f VHIC REQVIESCIT FAM LA Dl SIGGECONDIS VIXIT ANNVS XXVni DEFVNC TA EST Vni KAL IVNIAS
En tenant compte des précédentes observations, quelques étymologistes ont cru devoir traduire ainsi cette inscription :
Ici flE(>osE LA Servante db Dieu Sioegonde, qui vécut 28 ans,