‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 6 sur 113 · DÉCÉDÉE LE 8 DES CALENDES DE JUIN · texte numérisé non relu

DÉCÉDÉE LE 8 DES CALENDES DE JUIN

H est plus qu'intéressant de rapprocher cette appellation des noms si connus dans notre histoire h l'époque des rois francs: Frédégonde, Radégonde, Cunégonde, etc.

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La plaque eo grès blaac sur laquelle est gravée la dite inscriptioa, porte des traces de sciage ; elle a 255 millimètres de long, 150 de haut et 23 d'épaisseur ; elle était eDcastrée dans la pierre qui couvrait l'un des DombreuK sarcophages du cimetière de Saint-Victor.

L'on remarquait encore sur l'emplacement de ce cimetière la moitié d'une dalle de forme prismatique sur laquelle on lisait ce fragment d'inscription en bons caractères :

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On a cherché vainement l'autre moitié. Plusieurs sarcophages intacts ont élé également découverts au même lieu.

Quant &. l'inscription principale, elle est digne des plus grands soins. Elle permet de croire qu'un personnage remarquable et d'origine franque a dû être enseveli dans l'ancienne nécropole du chef-lieu de cette commune, qui acquiert ainsi un brevet de haute antiquité. On avait d'abord pensé faire remonter cette inscription du vi* au vii« siècle de notre ère, ce qui était déjà fort joli, mais un maître en archéolt^ie, Léon Palustre, la fait remonter plus haut encore. D'après M, la Directeur de la Société Française d'Archéologie, la formule FAMULA. DEI autorise & rapporter cette inscription chrétienne de 449 & 552 (Ed. Le Blani, Inscrlpt. chrét. 1. 1, p. X) époque beaucoup plus reculée que celle où Charles le Simple devait concéder (013) à l'un de ses Leudes, le comte Adhémar, la Sirerie de Bourbon et où son petit-fils Archambaud 1" devait épouser la belle Rothilde, dame de Montlucon, de Chantelle, ainsi que nous le verrons plus loin.

D'autre part, nous extrayons d'un rapport fait par M. Le Blant, directeur de l'École de Rome, au Comité des Travaux Historiques, les lignes relatives à cette inscription mérovingienne :

1 L'épttaphe de Sigegonde, au revers de laquelle sont gravés quelques caractères I sans suile, n'offre aucune difficullii de lecture. Je ne vois k y relever que quelques < particule ri lé« orthographiques. La pennntation entre le e et le g, dans le nom de

• Sigagoudis, est des plus connues. Nous trouvons de même sur les marbres : « ((VADBACINTA. GARTAGO, CONIVCI. Un Irait plus curieux par sa rarelé consiste ( dans l'addilioa du V ou tête de l'adverhe HIC. On l'allribue à l'accent guttural

• des langues germaniques et on croit généralement y voir une marque de l'aDalogie « existant dans ces idiomes, entre le son du v et celui de l'aspiration h ; elle nous est ■ déjà attestée par le nom de Vlauooh, dont le radical est Hlod, et par celui do « HwiDO et de Hviton, où l'A est insérée avant le v. L'épitaphe de Sîgegonde « semblerait donc appartenir au vi» siècle. »

HONTLUÇON SO0S LES HÂROVINOIENS. — En 409, Montlucon fat compris dans le royaume d'Aquitaine, fondé par les Visigoths, qui s'étendait de la Loire aux Pyrénées ; il resta sons leur joug jusqu'en

507, époque & laquelle Clovis, vainqueur de ce peuple à la bataille de Vouillé, le rangea aous ses lois après que son dis Thierry se fut rendu maître de toutes les contrées voisines, et il en donna la possession à un de ses Leudes, dont l'autorité fut acceptée avec enthousiasme.

Montluçon, devenu partie de l'Aquitaine, appartenant à des roia ou ducs de l'illustre famille de Mérovée, ne leur échappa qu'en 761, à la suite d'une guerre entreprise par Pépin et son fils Charles, le futur Chariemagae, contre WaïfTre, dernier duc mérovingien.

A partir du x> siècle, Montluçon se maintient défiDitivement le cheflieu de tout le pays environnant.

Depuis cette époque, et sauf une interruption de 18 ans environ, pendant laquelle il fut sous le joug du roi d'Angleterre, Hontluçon a toujours iait partie du territoire français. Toutefois notre région eut beaucoup à souffrir des guerres fréquentes que se firent les rois francs et les seigneurs d'Aquitaine. Elle fut aussi en grand péril lorsque les Normands, en 953, aprèsavoir dévasté les environs de Boutées, semblables à un flot que rien ne peut arrêter, parurent & l'entrée des sombres déSIés de nos montagnes et ravagèrentdenouveau notre r^ionjusqu'àClermont.

Avant cette époque, mais sans que la date, même approximative, en soit fixée, un sire de Montiuçon aurait été pris par ses vassaux.

La Seigneurie de Montiuçon, son étendue. —La Seigneurie de Montlucon existait donc déjà, quand la baronnie de Bourbon, qui devait plus tard devenir duché et absorber notre seigneurie, y prit naissance.

Vers la fin du tx* siècle, Geofiroy, seigneur de Montiuçon, était en guerre avec Brodon ou Boredon, sire de la Goutière et de Lussac ; ce dernier comptait parmi ses vassaux les seigneurs de la Chapelle, delà Garde, de Mainsat, du Puy, etc., etc. 11 est àsupposerqu'il resta vainqueur, car on trouve au xiv' siècle, à un seigneur de ce nom, une rente qu'il possédait sur le ch&leau de Montiuçon.

C'est à cette époque, ix« siècle, que le nom de Montiuçon s'affirme davantage dans l'histoire ; cette ville était alors le siège d'une ch&tellenie qui passa ensuite aux sires de Bourbon.

La circonscription première de la seigneurie de Montiuçon, qui fut la plus importante de celles qui s'établirent alors dans le voisinage de la Marche, devait approximativement avoir de 6 à 7 lieues de longueur, en partant au Midi, des environs de Marcillat, qui dépendait alors de l'Auvergne et allant au Nord jusqu'à I^ Chapelaude et Viptaix qui étaient situés sur les codUds du Berry. La largeur devait être irrégulière et devait s'étendre de Colombier jusqu'aux portes d'Hérisson. Enfin, comme les circonscriptions ecclésiastiques déterminaient souvent celles des territoires des seigneuries et que l'église de Néris dont Chantelle dépendait alors,

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faisait positivement partie de la seigneurie de Montluçon, ou peut en conclure que celle-ci se proloogeait à l'Est jusque vers ce point.

La disposition d'un acte de 936 confirme cette assertion, d'ailleurs en harmonie avec des documents relatifs à l'tiistoire de Chantelle.

Achille Allier, dans son Ancien Bourbonnais, dit que Pépia le Bret avait donné en 762 & Nibhilung, comte d'Autun, fils de son oncle paternel, quelques terres avoisinant Bourbon ; Charles le Simple y a ajouté, par une charte datée de 913, toute la partie du Bourbonnais qui s'étendait de Souvigny, sur la rive gauche de l'Ailier, jusqu'à Bourbon- Lancy, sur la rive droite de la Loire, c'est-à-dire au-dessus des seigneuries de Montluçon, Hérisson, etc., il forma en faveur d'Adhémar !<"', l'arrière petit-fils de Nibhilung, la baronoie de Bourbon, dont les premiers sires descendaient de souche royale.

Il y eut alors, dans cette contrée, deuxgrandes Seigneuries distinctes : l'une, la baronnie de Bourbon, située à proximité de la Loireetde l'Allier; l'aulre, la Seigneurie de Mootlucon (le haut Bourbonnais desgéographes). Pendant que les Sires de Bourbon voyaient croître leur puissance, notre Seigneurie jouissait de la plus complète indépendance, sous la souveraiaelé directe de la Couronne.

Les Seigneurs de Montluçon étaient les plus puissants des environs; il en existe une preuve dans la monnaie qu'ils firent frapper dès le ix* Siècle, au nom d'Hodo et dont les âges nous ont conservé quelques types, qui portent, sur la face et sur champ : Hodo ouOdoD0MlNVS,avecdeus coquilles et en pointe, la lettre M (fiapHale gothique initiale de Montluçon), d'une croix et du mol MONTVCONIS.

Or, à cette époque, le Sire de Bourbon partageait le droit en commun, avec les Moines de Souvigny, de battre monnaie.

Cet Hodo, dont les monnaies nous ont transmis lenom,9embleavoir été le dernier Seigneur particulier de Montluçon ; il mourut ne laissant qu'une fille, désignée dans les manuscrits sous le nom de Rothilde de Montluçon.

ROTHILDE DE MONTLUÇON. — La Châtelaine était un parti trop avantageux, pour gouverner seule sa Seigneurie longtemps ; aussi, se vit-elle recherchée par Messire Erald ou Ayrald qui figure dans l'acte d'une donation que Rothilde faisait aux Chanoines d'Evaux. Cette donation consistait en diverses portions de terre situées dans les environs de Chantelle, afin d'y établir un monastère en l'honneur de Saint-Vincent.

Dans celte pièce, datée du 7« jour d'Avril 936, Erald déclare qu'il agit du consentement de sa. femme Rothilde et suivant le désir de ses parents et proches, parmi lesquels figure un Gui de Bourbon, ce qui laisse encore supposer que les premiers Sires de Bourbon élaientalliés à nos Seigneurs, dès leur origine.

Celte pièce, en nouB dODoant le Térilable nom du premier mari de Rothilde, issu, crott-on, sans toutefois l'établir, des Vicomtes de Limoges, noua confirme que la Seigneurie de Montluçon s'étendait jusqu'à Chantelle et que si cette dernière villeappartenaitdepuis aux Sires de Bourbon, du moins, nos Sires, avaient encore en 936 des droits sur les environs.

Cette pièce prouve encore, queRothildedeMontlucon, femme d'Erald, était vraiment, par suite sans doute de l'extinction masculine des anciens Seigneurs, dame de Montluçon, puisque son mari ne pouvait disposer des dépendances de sa Seigneurie, sans son consentement.

Uariage de Rothilde aveo Arohambaad l". — Erald mourut peu après la donation des terres avoisinant Chantelle aux chanoines d'Evaus. Mais la gracieuse châtelaine ne resta pas longtemps dame de Monflucon et de Limoges. Un jour, les trompettes de la cité sonnèrent haut sur les courtines du ch&teau. Les Saltets se pressaient dans une grande salle oh se tenaient céans de beaux seigneurs. On était en liesse et les manants attendaient aux portes de la cour d'honneur les restes de la fête. Les vieux moines de la chapelle de St-Bonnet-du-Ch&teau, replaçaient dans leurs robes les vieux manuscrils et les missels des grandes circonstances, car on venait de célébrer l'union de la châtelaine Rothilde, dame de Montluçon, de Limoges et autres lieux, avec très haut et très puissant seigneur Hessire Archambaud \", descendant d'Adhémar et comte de Bourbon, premier du nom et souche de l'illustre maison des Bourbons, C'est par ce mariage qui eut lieu en 959, que notre Seigneurie passe pour la première fois à la maisonde Bourbon. Nous verrons plus loin, comment elle en fut distraite pour devenir l'apanage d'un des petits- fils de Rothilde et d'Archambaud I^'', et les événements remarquables qui signalèrent cette seconde période.

Ainsi se terminent ces premiers siècles, siècles de formation od tout s'organise sur des bases nouvelles ; c'est la période d'incubation.

Maintenant que la civilisation se sent vivre, nous allons la voir s'élancer droit devant elle, sans arrêts, mais par toutes les voies logiques de la raison humaine, sans respirer, souvent dans les abus, toujours dans le désir d'avancer; l'humanité, a dit M. Taine, est un théorêoie marchant.

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