‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 52 sur 113 · MONTLUÇON SOUS LA RÉPUBLIQUE DE · texte numérisé non relu

MONTLUÇON SOUS LA RÉPUBLIQUE DE

ET L'KmPIRE

Établissement d'un moulin. — Taxe d'octroi sur le foin et la paille. — Avdnement de la République. — Réorganisation de la Garde Nationale.— Projet de.oréation d'un Comptoir d'Escompte. — Arbres de la Liberté. — Devises républicaines. — Installation de la municipalité. — Ouvriers sans travail. — Ateliers de Charité.— Eobauffouréede la Brande des Mottes. — Faubourg de Brevelle. — Ëgouts de la ville. — Le Coup d'Etat. — Installation de la municipalité et prestation de serment. — Le complot de Marseille. —Adresse au Préaident de la République. — Réjouissances publiques & l'occasion du rétablissement de l'Empire. — Adresse à l'Empereur i l'occasion de son mariage. — Église Saint-Paul. — Comice agricole. — Projet relatif au prolongement de la rue Comtesse. — Église Notre-Dame. — Restauration d'un tableau. — Chômage et pain <^er. — Rue nouvelle ouverte. — Agrandissement de la prison. — Télégraphe. — Société de Saint-François. — Égout du Bonnet- Vert. — Vote d'une somme de 18.000 francs en faveur des indigents. — Conseil des Prud'hommes. — Adresse à l'Empereur à l'occasion de la naissance du Prince Impérial. —Translation de rétablissement des dames de Saint-Maur. — La grande inondation de 1856. — Paroisse Saint- Pierre. — Caves du Château. — Justice de paix du canton-ouest.

Établissement d'un moulin. — Le 22 janvier 1848, le conseil émet un avis défovorable à la demande de M. Moussy, relative à la construction d'un moulin à farine, au lieu dit Moulin de la Roche, sur un terrain lui appartenant.

Taxe d'octroi sur le foin et la paille. ~ Les foins et pailles amenés sur le marché ne payaient pas de droit de place. Le 3 février 1848, le conseil prit une délibération les frappant d'une taxe.

SloNTLUÇON SOUS LA BËPURLIQUE DE iSiS Et l'EMPIRE ÂOà

ATèn«ment de la République. — C'est ie 26 février 1848, que fut proclamée à Mootiuçoa, l'avènement de la République.

La diligsace du service des messageries d'Orléans à Montluçon arriva au (auboui^ des CordeJiers, pavoisée de drapeaux tricolores et le conducteur annonça aussitAt cet événement à la population montluçonnaise, qui l'accueillit avec assez d'enthousiasme et attendit avec calme les incidents susceptibles de se produire ultérieurement.

Au r^istre des délibérations du conseil municipal figure le document suivant :

Prëfecturb de l'Allier LIBERTÉ - ÉGALITÉ - FRATERNITÉ.

Du 27 mars 1848.

I Le citoyen commissaire du Gouvernement pour le département de l'Allier : t Considérant que le conseil municipal de Montluçon s'est trouvé dissous par

■ suite d'un mouvement révolutionnaire et que la commission municipale qui s'est

< alors constituée, demande qu'il soit procédé A la nomination d'un nonvean conseil « et d'une nouvelle municipalité.

« Vu, A cet égard, les propositions faites de cdncert avec le citoyen-maire : « Vu la circulaire du citoyen ministre de l'intérieur, du M mars courant déter-

• minani les pouvoirs des commissaires du gouvernement de la République, arrête :

,< Article Premier. — Sont nommas membres du conseil municipal de Montluçon n les citoyens : Leguay Louis-Guillaume, maire ; Laussedal Michel; Yves Hyacinthe ; 9 Pallard Charles ; Ferruge Louis- Pierre -And ré ; Cbantcmille Frédérib ; Panchaud 1 Quintien; Feuilletin Jean-Baptiste ; Dénier Pierre ; Delorme Etienne ; Esmelin ( Aiuié-Gabtiel ; Janin Charles ; Lachaume Antoine ; Giganon Michel ; Crépin Louis;

• Lapaire Etienne ; Toumazon Pierre; Renon Pierre-Sidoine; Vauvrel Barthélémy; » Plafcit Jacques-Marie-Jules ; Meusnier ; Dessaignes Jean -François-Sylva in ; Bay-

■ naud Louis ; Hélie Jean- Baptiste- Victor.

■ Art. i. — Sont nommés adjoints, les citoyens Lausscdat Michel et Yves

■ Hyacinthe.

c Art. 3. — H sera immédiatement procédé i l'installation des dits conseillera

< et adjoints.

> Art. 4. — Ampliation du présent arrêté sera adressée à telle 6n que de droit

< au citoyen-maire de Montluçon et inscrit au registre des délibérations de mairie.

I Moulins: le commissaire du gouvernement pour le département de l'Allier.

> Signé : MATHÉ ..

« Peur copie conforme : Le président de la commission municipale de Mont' « luçon.

■ Signé : VAUVRET ..

Réorganisatioa de la Garde Nationale. — Par arrêté du 2C mars, M. le Ministre de l'Intérieur ayant prescrit la réorganisation de la Garde Nationale, le commissaire du gouvernement pour le département de

l'Allier, ordonna la réunion immédiale dea conseils de recensement, pour inscrire sur les contrôles tous Igs citoyens de vingt à. cinquante-cinq ans non privés, ni suspendus de l'exercice de leurs droits civiques, et fixé au 1!> avril l'époque oCi devront commi^ncer dans toutes les communes du département, les élections aux dilTérents grades.

En conséquence de ces arrêtés, le conseil fut invité le 3 avril 1848, h s'occuper immédiatement de la révision des contrôles et de la mise en harmonie des cadres actuels avec les principes de l'égalité républicaine, en fusionnant dans les compagnies de leurs quartiers respectiez, les citoyens appartenant aux compagnies de grenadiers et de voltigeurs supprimées.

Une commission fut nommée avec mission de présenter un rapport sur celte question.

Huit jours plus tard, il fut donné connaissance à l'assemblée du travail de celle commission qui maintenait l'elTectif de la compagnie de pompiers à 50 hommes et Hxait & 8 compagnies le bataillon de la garde nationale, qui était distribué par quartiers.

Projet de création d'un Comptoir d'Escompte.— Le 6 avril 1848, l'assemblée communale approuva le projet de création d'un Comptoir d'Escompte ; la ville s'engageait pour un tiers dans le capital de 1.500.000 francs qui devait former ce comptoir. Messieurs Moussy-Armet, Meusnier e.t Dessaignes furent choisis comme candidats pour diriger l'établissement en qualité de directeur et sous-directeurs.

Dans la séance du 19 Juin, le m:tire exposa à l'assemblée que ■ l'établissement d'un Comptoir d'Escompte à Montluçon rencontrait des difficultés devant lesquelles il avait dû s'incliner ; que l'assemblée des actionnaires, ne regardant pas comme définitive la nomination faite par le gouvernement des directeur et sous- directeurs de ce comptoir, parce qu'elle avait eu lieu k son insu et sans qu'elle eût été consultée, s'était réunie et avait décidé qu'elle regardait comme non avenues les nominations faites, et qu'elle ferait elle-même, par la voie du scrutin une présentation de candidate aux fonclionsde directeur et de sous-directeurs.

« Que néanmoins, l'assemblée tout en se croyant le droit de faire cette présentation, n'avait pas entendu détruire celui qu'elle reconnaissait au conseil municipal, intéressé dans la question, de faire de son c6té une liste de candidats à ces deux emplois.

< (Ju'en conséquence, il invitait le conseil municipal A procéder immédiatement, par la vote du scrutin, b. la formation de cette liste. >

Le conseil maintint la présentation des candidats adoptés le 6 avril el déclara que dans le cns où ilseraitapportéunemodirication quelconque aux nominations du directeur et des sous'di recteurs, qu'il regarde comme

ïGoogIc

lég^ement faites, il retirait l'engagemeot pris, au aoin de la ville, de souscrire pour un tiers au capital qui devait foroier le comptoir à établir.

Le 19 août, il est donaé lecture de la prâpositîoo suivante :

c Le conseil municipal de Montluçoa, coosldérant que l'étaMissement d'un Comptoir d'Escompte est iDdii^nsable au rétablissement âb la confiance et à la reprise des afhires commercialea ; s'appuyant sur les délibérations prises régulièrement les 4 et 5 juin dârniers par les souscripteurs au Comptoir de Hoatluçoa, convoqués à t'eCTet d'élire, les candidats aux ((mctiona de directeur et de sous-directears du Comptoir national de Hontlucoa, ainsi que les administrateuni du dit Comptoir ;

« Cooaidérant que les citoyens Houssy-Armet, Lespinard et de Montaignac ont été désignés comme candidats aux fbnctiQiw de directeur et do ' sous-directeurs, que depuis cette délibération, aucune Domination n'a été foite ; le Conseil, approuvant les choix faits par l'assemblée des actionnaires, invite le citoyen-maire à faire toute diligence, pour obtenir du Ministredes finances, la nomination d'un directeorel dessous-directeurs dudit emploi et r^ulariser ainsi dans le plus bref délai, l'établissement du Comptoir de Montlucoo >.

Le conseil renouvela en même temps l'engagement pria au nom de la ville, relativement k la promesse de souscrire pour un tiers des obligations, au capilar de 1.500.000 francs, nécessaires k la formation de ce Comptoir.

Une commission fut nommée avec mission de foire un rapport sur l'état des Baonces et la situation de la caisse municipale.

Arbres de la Liberti. — Des bonnets rouges avaient été placés au sommet des arbres de la Liberté et sur les monuments publics; le 19 août, , l'assemblée demanda qu'ils fussent enlevés, comme ne représentant pas ! les couleurs nationales et les insignes de la République.

Devises républicaines. — Le premier septembre 1848, fut voté un crédit de 450 francs 30, pour le paionent des inscriptions et devises répu- '. blicaines sur les édifices publics et les monuments.

Installation de la Huntcipalité. — Le 14 septembre de la même année. furent installés: MM.Leguay, comme maire; Lespioard et Uoussy- Armet, comme adjoints.

Ouvriers sans travail- -^ L'biver, s'annonçant comme des plus ri(;oureux, et un grand nombre de bras étant inoccupé, le 9 novembre, une commission avait été nommée & l'effet de procurer promptement i la ville, par les moyens qu'elle croirait les plus convenables, les fonds néoes-

MONTLUÇON SOUS LA RÉPUBLIQUE Df. 1848 ET l'EuPIDE 306

saires à la création d'une œuvre d'humanité et de bienfaisance, Ifiquelle consisterait à procurer promptement du travail aux ouvriers en ohdmage.

1^30 novembre, M. de Laguérenne donna lecture des quatre projets suivants :

Premier projet ï

1* Réunir par une chaussée en amont du pont de Montlucon, le point de la rire droite du Cher qui fait bce aux Nicauds avec la culée du pont qui s'appuie sur la ville ;

Deuxième projet :

Exécution de travaux d'assainissement dans les marais de Blanzat ;

Troisième projet :

Remblayer, niveler et assainir la partie haute de la rue de la Gironde.

> La rue de ta Gironde, surtout & son extrémité qui débouche sur le boulevard des Cordeliers, est un véritable cloaque. Non pavée, défoncée de trous et d'ornières sans conduits souterrains, sans rigole superQcielle au moins pour les transporter plus loin, cette rue est le réceptacle de tous les égouts, de toutes les ordures.

■ Ajoutez à cela que naguère une teinturerie y dégorgeait ses eaux acidulées ou alcalisées pour mieux aider la putréfaction.

r Vous signaler un si déplorable état, c'est vous donner l'envie d'y remédier. Véritablement, cette rue fait contraste avec le reste de notre ville, dont ce^ndant la réputation n'est pas sans tache, aous le rapport de la propreté t.

Quatrième projet ;

Rendre praticable aux voitures, la descente du Petit Château.

■ La descente du Petit Ch&teauest impraticable aux voitures. Caserait une amélioration notable, que de convertir en rue, une rue qui n'en a que le nom, tant elle en est matériellement empêchée par une de ses extrémités-

■ 11 existe deux buttes successives qu'il fondrait raser l'une et l'autre, si l'on voulait faire quelque chose de complet. On pourrait, au pis aller, se contenter de détruire la première, qui est complètement inabordable pour les voitures, puisqu'elle a 5 mètres ?9 de hauteur verticale pour un développement de 36 mètres 30, ce qui donne une pente énorme de 15 centimètres par mètre.

■ Cette première butte enlevée, la hauteur & surmonter ne serait plus que de 4 mètres 71 sur un développement de 4S mètres 70, ce qui donne* rait une pente moyenne de 94 millimètres par mètre.

« Si l'on opérait le déblai des deux buttes, c'est-à-dire depuis la rue des Serruriers jusqu'à la ruelle du Marché aux Toiles, la hauteur de ce point, qui est de 4 mètres 11, serait franchi sur un développement de 96 mètres E>5 et par conséquent avec une pente de 42 millimètres par mètre. Seule*

310 Histoire de Hontluçon

menl, daos les deux cas, il faudrait se raccorder par un escalier assez long avec la montée de la Poterne.

■ La commisaioD n'a pas voulu entrer dans le calcul des déblaiâ qui seraient considérables, la largeur de la rue, étant en moyenne de 5 mètres. Elle se contenle de vous rappeler qu'ils seraient en entier pratiqués dans le rocviI,8urlequeileCh&teau a été construit. Ceat un granit rose et dur, à grains fins, qui ne vient qu'à petites parcelles, sous les instruments ».

Cinquième projet :

Encaisser et recouvrir le ruisseau-^out du faubourg Bretonai.

■ Le ruisaeau-égont qui traverse le foubonrg de Bretonai a aussi appelé l'aliention de la commission ; elle a pensé qu'il conviendrait de l'encaisser et de le couvrir au moins dans la traversée de la rue ; il ne s'agirait plus alors que de remblayer le conduit et les déblais de la me du Petit Gh&teau seraient avantageusement placés pour cet objet.

Conclusions adoptées.

Ateliers de Charité. — Dans sa réunion du 37 décembre 1848, le 'conseil proposa de faire un appel à la bonne volonté des personnes aisées de la ville, pour en obtenir des dons volontaires.

Le 17 février 1819, il décida l'ouverture d'Ateliers de Charité pour les ouvrlerâ nécessiteux.

Eohauffourèfl de la Brande des Mottes. — L'affaire dite de la ■ Brande des Mottes ■ est peut-être le seul acte révolutionnaire qui ait eu lieu dans notre région, au siècle dernier.

Il se produisit à l'occasion de l'expédilion française à Rome.

Le 11 juin 1819, Ledru-Rollin interpellait le ministère sur cette expédition, faite, disait-il, en violation de la Constitution.

Le lendemain 12 juin, les journaux avancés publiaient un appel aux armes, signé par les représentants de la Mont^ne. Ces jonniaux parvinrent dans plusieurs départements et notamment dans l'Allier.

M. FargiD-FayoIle, dit Sommérat, habitant La Chapelaude, rédigea aussildt une proclamation, déclarant que la patrie était en danger ; il l'adressa à ses amis, pour la répandre dans les campagnes.

Le 14 juin, de nombreuses convocations furent adressées, invitaat les hommes valides à se rendre le 15 au matin dans la Brande des Hottes, entre Nocq et Horiet.

Daos la nuit du 14bu15 juin, le tocsin sonna à La Chapelaude, à Cour- Cais, à Nocq ; d'autres municipalités refusèrent de faire sonner le tocsin, estimant que les ordres donnés n'avaient pas un caractère d'autorité suffisante.

Le 15 à huit heures du malin, environ 15U0 hommes étaient réunis

MONTLUÇON SOUS LA RÉPUBLIQUE DE 18i8 ET l'EHPIRE 311

dans cette braode inculte ; la plupart igooraieat les éTénemente de Paris, mais avaient répondu à l'appel qui avait été fait.

Dès la première heure, la municipalité de HontIuçoD avait été informée des faits, ainsi qu'en témoigne le corople-rendu de la séance du conseil du 15 juin 1849:

« Le maire expose qu'il vient d'élre averti que pendant la nuit une vive af^talion * a'élaii formée dans le canton d'Huriel et que le tocsin avait sonné dans plusieurs

■ communes. Qu'en présence de nouvelles aussi sérieuses, il avait cru de son devoir

■ de convoquer immédiatement le conseil, ft l'effet d'aviser aux moyens à prendre « pour maintenir la tranquillité publique etprévenirles dangers auxquels la population

■ pourrait être exposée dans les graves circonstances oâ l'on se trouvait.

« Le conseil approuve la conduite <Iu maire, et, considérant que par suite de

■ l'antorisation régnlidre, la session ordinaire de mai, retardée jusqu'i ce jour n'a été t ouverte que le 13 juin et dure encore, il se déclare en permanence. Il décide, en

■ même temps que note sera tenue et de suite transcrite au registre des délibérations « de tous les faits importants qui se révëleraienl pendant la séance de permanence *.

A sept heures et demie, de nouveaux renseignetsenta, qu'il n'est pas permis de révoquer en doute, apprennent, qu'en effet, & deux ou trois heures dn matin, le tocsin a été sonné dans la commune de La Chapelaude, pendant près de deux heures. Que vers cinq heures, une bande nombreuse de paysans armés de (usils, de faux, de fourches, s'est dirigée vers la ville d'Huriel, ayant à sa tête un individu armé de pistolets et portant une ceinture rouge. Le nom de cet individu est prononcé, mais le conseil ne juge pas à propos, pour le moment, de le mentionner sur son registre.

2" Quelques lignes écrites à la h&te "P&r le juge de paix d'Huriel parviennent au conseil. Elles annoncent qu'une bande de huJtcents individus, tous armés, est aux portes d'Huriel et campe dans la Brande des Mottes.

3° Le conseil décide que le poète de la garde nationale sera doublé immédiatement et qu'une partie occupera le ptBte de la mairie. Désordres seront donnés pour l'exécution de cette décision.

4* Le sous-préfet, le procureur de la République demandent & être admis dans le sein du conseil. Ils y sont introduits. En leur présence, le conseil décide qu' à la première annonce de la bande d'Huriel sur Montlocon, la générale sera battue ; que la garde nationale ayant la gendarmerie à *a tête, se portera A la rencontre de la bande ; que 1&, lé tnaire, suivi de ses adjoints et de tout te conseil municipal, fera aux insurgés les sommations voulues par la loi, et que, dans le cas où celte sommation serait sans effet, on recourra & la force.

5^ On annonce au conseil l'arrivée de la voiture publique de Paris à Montpellier. Le maire écrit au directeur de la poste une lettre pour qu'il ait & demander au courrier les dernières nouvelles de Paris et & les transmettre au maire.

3i2 Histoire de Montluçon

6' Or est uD&Dime pour reconaaltre que oui sigae extérieur n'ayant été vu sur le Britka, c'est la meilleure preuve que l'ordre règne & Paris et que l'émeute y a été comprimée.

7* Il est neuf heures. Le directeur de la poste répond au maire que, la veille à sept heures du soir, Paris était tranquille, que l'ordre avait été maintenii, grâce & l'énergique conduite du généra: Ctiangarnier, de la garde nationale et de l'armée.

8° De toutes parts on vient annoncer au conseil, que sur les nouvelles verbales transmises par le courrier, quelques hommes bien connus par leur exaltatioa, sont partis les uns à cheval, les autres en voiture, et sa sont dirigés sur les diverses communes avoisioant Montluçon.

9° Le conseil manifeste le désir de voir les autorités judiciaires, administratives et militaires ae rendre à Huriel. Il déclare que pour ce qui concerne la cité de Hontlucon, l'autorité municipale, aidée de la garde nationale, saura bien sufllre à tout.

10» Une émotion extraordinaire règae dans la ville. Des groupes nombreux se forment de toutes parts, mais ils sont loin de présenter des symptômes inquiétants.

Sur l'iDvitatiOD du conseil, le maire rédige une proclamation destinée à &ire connaître aux habitants la répression de l'insurrection de Paris.

11° Dans toutes les sections, la proclamation du maire est suivie du cri longtemps répété de : Vive Napoléon t Vive le président de la République !

12* A trois heures du soir, le conseil apprend que l'autorité judiciaire est partie pour Huriel.

13° A sept heures, le juge d'instruction et le procureur de laRépnblique sont de retour. Ils confirment les faits relatifs à la ville d'Huriel, comme ils annoncent qu'une instruction judiciaire est commencée. Le conseil juge qu'il n'est pas convenable de mentionner ici les divers renseignements qui sont donnés.

14" A dix heures, le conseil, sûr de la tranquillité publique qui n'a pas été troublée un seul instant, s'ajourne au lendemain 16, à sept heures du matin, «e déclarant toujours en permanence, et le dit jour, 16 juin, h la même heure, le conseil s'est de nouveau réuni & l'hôtel de ville, sous la présidence du maire, et là, après une mûre discussion, a pris la résolution suivante :

< Considérant que dans la journée d'hier, des faits de la plus haute gravité et qui ont la connexité la plus intime avec l'insurrection de Paris, se sont manifestés à Montluçon et dans plusieurs localités de l'arrondissement de Montluçon.

• Considérant que dans l'état actuel des esprits et en présence des manœuvres de tous genres auxquelles se livrent depuis longtemps les

Page 1