MONTLUÇON SOUS LA. RÉPUBLIQUE DE 1848 KT L'EHPIRE
enneniis bien connus de l'ordre et des institutions qiii nous régissent, il est important que des mesiires soient prises pour rassurer le pays.
f Que ces mesures sont d'autant plus nécessaires, qu'il y a dans les populations lous les éléments possibles de tranquillité; qu'il s'agit seulement de foire cesser l'intimidation que fait peser sur elles un petit nombre d'anarchistes, dont l'audace ne connaît aucun frein,
* Considérant que laissée à ses insuffisantes ressources, l'autoritâ judiciaire du pays, malgré son zèle et son dévouement, ne parviendrait qu'avec des peines extrêmes & recueillir les immenses détails de l'insurrection, dont on voulait rendre victime la ville de Montlucon,
■ Le conseil émet le vœu que le préfet fasse auprès des autorités judiciaires de Riom, les démarches les plus actives, pour que la Cour évoque l'affaire et la poursuive avec tout le soin possible.
t Charge le maire de foire parvenir la présente délibération au préfet ■.
A huit heures trois quarts, le firis/ca (1) étant arrivé, avis est donné au Conseil, que Paris est parfaitement calme, que des arresUtions nombreuses ont eu lien et qu'il n'y a plus rien & redouter pour l'ordre et la tranquillité.
Le Conseil décide qu'une adresse de félicitations sera rédigée séance tenante et envoyée à la ^rde nationale et à l'armée, sous le couvert du Général Changarnier.
Cette adresse est rédigée et immédiatement expédiée.
Le conseil maintient sa permanence jusqa'jL dix heures du soir ; ensuite le maire, après avoir assuré que tout est calme, que d'ailleurs, les postes de la garde nationale sont pr6ts & tous événements, engage le conseil à lever la permanence.
Le mouvement insurrectionnel de la Brande des Mottes n'avait pas été, en effet, de longue durée.
Peodaot les premiers conciliabules tenus par Fai^in-Fayolle-Sommérat, la nouvelle arrivait que le mouvement avait été avorté à Paris, Sommérat remerciait alors ses amis de leur dévouement et les engageait & rentrer chez eux. Il fut ainsi fait.
Mais quarante-trois des principaux iastigateurs turent décrétés d'accusation et traduits devant la cour d'assises de Riom. Tous furent acquittés, sauf Fargin-Fayolle-Sommérat, qui fut condamné k cinq ans de déportation, qu'il alla subir à Relle-lle-en-Mer.
Faubourg de Bravelle. — Sur la demande de M. M. Dardan et Justin, propriétaires de l'ancien domaine de Brevelle, le faubourg en construction sur les terres qui dépendent de ce domaine, sera nommé
(1) Diligence du service des Ueisageriea L&rfttie et Gaillard.
ïGoogIc
&ubourg de Brevelle et les deux principales rues de ce faubourg, rue de la Verrerie et rue Saint-Victor.
Egouta de la ville. — Le 2 mai 1850, le maire fut autorisé à établir des conduits couverts dans plusieurs rues de la ville, ainsi que diverses autres améliorations. Aucunes autres particularités intéressantes, jusqu'à la fln de l'année suivante.
La Coup d'Etat. — Le Coup d'Etat du 2 décembre 1852 eut sa répercussion à Montluçon; plusieurs de nos concitoyens furent déportés. N'ayant trouvé aucune trace de cet événement dans les arcbives municipales, nous n'insisterons pas sur cette page douloureuse de l'histoire de notre ville.
Installation de la municipalité ot prestation de sorment. ~ Les nouveaux membres de l'assemblée élus et qui avaient prêté, à tour de r6le, le 5 mai 1852 le serment de : c Je jure obéissance k la Constitution et fldélité au Président s furent convoqués le 30 juillet suivant pour procéder & l'installation du maire et des adjoints.
M. Perrot des Gozis fut installé en qualité de maire ; MM. de Montaignac et A. Brugière de I,amotte, comme adjoints.
Mais ce ne fut que le 5 octobre qu'eut lieu l'instatlabion du conseil.
M, le sous-préfet, invité 1t la séance, y prononça l'allocution suivante:
■ Messieurs,
■ J'ai accepté avec empressement l'invitation que m'a adressée M. lo maire do
* venir assister A cette installation, car je tenais à faire connaître aux hommes qui f ont reçu de leurs coacitoyens, l'honorable mission de les représenter au sein de ce 1 conseil de famille, que mon désir était de me mettre avec eux en complète com- « munauté d'idées et d'intentions, pour tout ce qui aura trait aux inlérélssi nombreux , n si importants de cette cité, dont la prospérité, grâce au foyer industriel qui y existe, t va s'agrandissant chaque jour.
■ Je tenab aussi t leur dire que je considère comme un devoir impérieux pour a tous ceux qui prennent part aux affaires du pays, et qui, dans tes divers degrés ( de la hiérarchie administrative, concourent à l'action et A la responsabilité du gou-
• vernemenl, de suivre dans leur sphère d'influence, l'exemple que leur donne 1c I cher de l'Etat ; d'étudier avec une persévérante sollicitude les besoins des classes ■ pauvres et laborieuses, de ne rien négliger de ce qui doit amener leur améliora- « tion progressive ; de déjouer, par une inébranlable fermeté, les tentatives des « fections, afin de raffermir l'éditlce social, par l'ordre, qui en est la base. Tous nos s efforts doivent tendre à étouffer connplèlement les germes de la fièvre pohiique qui t a jeté tant d'agitations dans le pays.
■ Nous avons traversé des jours de douloureuse mémoire ; mais si telle est
ïGoogIc
MOMTL.UCON SOUS LA RÉPUBLIQUE DE 1S4S BT L'EUPIRE 315
« notre destinée de la loi du progrès ne penl pas s'accomplir saas efforU el sans
■ Gombals, Dieu merci ! la société est sortie triomphante d'une lutte impie.
■ Grtces en soient rendues au Prince qui, par son énergique et vigoureuse
■ action, a sauvé la Franco, déjà épuisée, haletante, sans ressources et sans espoir.
■ Cet acte héroïque a Trappe les hommes honnêtes de tous les partis et doit les rallier « tous sans hésitation au neveu de l'Empereur. Qu'ils y réfléchissent !.
« Qui donc aurait triomphé si le complot de Marseille eût ahouti ? Sont. ce les K anciens partis monarchiques qui ont contre eux, non seulement les scélérats enrA- ( lés sous le drapeau des sociétés secrètes, mais encore cette majorité immense qui I a donné à Louis-Napoléon, huit millions de siiffrages et qui l'acclame anjourd'hui > Empereur f Ce serait, selon moi, concevoir une idée folle. Hors du prince Louis-
■ Napoléon, hors des institutions qu'il noua a données et qui doivent recevoir leur
■ développement naturel, il n'y a rien, absolument rien, en France, que l'anarchie « et la guerre civile.
« Toute celle œuvre merveilleuse de réparation, qui s'accomplit comme par a enebantemenl.s'annihile et disparaît avec le prince qui en est la clef de voûte. C'est « ainsi que raisonneut les hommes de destruction et c'est celte pensée qui les pousse
■ à travers les crimes les plus exécrables. La même pensée doit inspirer aux honnd-
* tes gens des résolutions toutes contraires, queisque soient leurs engagements avec
■ le passé.
I Honorer le pouvoir que le peuple a Tonde, le protéger comme la tonle-pvis- « santé digue qui protège la société contre l'anarchie et contre une dissolution « imminente, telle est désormais la régie de conduite que doivent s'imposer les bons « citoyens.
« t*enl-on, d'ailleurs, rester insensible en présence de ces acclamations unanimes a qui, à chaque pas qu'il Tait dans sa marche triomphale à travers les provinces du « Midi, accueillent le sauveur de la France.
• Ces démonstrations n'onl-elles pas une valeur que tous les esprits réfléchis 0 doivent apprécier î Partout un cri unanime s'élève, et c'est celui de Vive l'Empe,
■ Et qu'est-ce que l'Empire aux yeux du peuple qui le demande ï Est-ce la
■ reprise en sous-œuvre .de la grande épopée Impériale et une nouvelle lutte de ( géants contre l'Europe entière 1 Non, assurément.
* D'abord, et en regard de la situation actuelle, l'Empire, c'est la sécurité, c'est
■ la stabilité ; ces biens si précieux nous manquent.
■ Nous avons un pouvoir Tort, mais la durée lui manque. Le présent est garanti, « l'avenir ne l'est pas.
« Ensuite, abstraction faite de la nécessité politique, l'Empire a sa tache immense
* et Téconde ; c'est de suivre et de développer le mouvement industriel et commer- « cial du pays ; c'est do donner une impulsion décisive aux travaux publics ; c'est de
* mettre notre organisation intérieure en harmonie avec les besoins du siècle ; c'est
■ de rendre définitives les pacifiques conquêtes des arts, des sciences, de l'industrie ;
* de les compléter, de les étendre jusqu'aux dernières limites du possible, de telle « sorte que la France jouisse à la lin de la plus grande somme de gloire et de bien- < «tre.
■ Ces œuvres admirables, l'Empire les accomplira, car il n seul les conditions
• d'unité et de force *.
Le Maire piit ensuite la parole en ces termes : 0 Messieurs et Collègues,
« Le Cher de l'Etal m'a élevé à un grand honneur en me plaçant à la tëtc de ( l'Administration municipale de celle ville ; il m'a imposé de grands devoirs cl ce f n'est pas sans hésitation el sans une juste défiance demesforces.quej'en ai accepté
■ r accomplissement.
« J'avais besoin pour m'encourager du baptême de l'élection, que viennent de
> me conférer mes^concitoyens, et le premier sentiment que j'éprouve le bcsoind'ex-
■ primer est celui d'une profonde reconnaissance pour le témoignage de confiance « que j'ai reçu du gouveraemeot et des élecieure.
* J'espère trouver dans le conseil municipal, celte harmonie qui fait d'un corps
• une famille unie par les liens honorables d'une estime réciproque et d'une consi- K dération solidaire. Nous avons tous le même but, les mêmes intentions, nous ■I voulons tous administrer le plus fructueuse ment possible les intérêts moraux et « matériels de la commune ; nous voulons tous aider à la réalisation et au prc^rès « des sentiments religieux.
■ Je ne parle pas, messieurs, de ce qu'il y a à faire sous le rapport de l'hygiène. « de la salubrité, d'une foule d'améliorations matérielles.
« De grandes diUicultés à cet égard ont paralysé les intentions de nos prëdé-
■ cesseurs. Je n'ai pas l'espérance de les voir toutes disparaître ; mais avec le
• concours d'un conseil municipal homogène el éclairé comme celui que j'ai l'hon- « neur de présider ; avec l'appui que me garantissent les hautes qualilés des deux
■ collaborateurs qui me sont adjoints, j'ai senti s'alléger la responsabililé qui pèse a sur moi el j'ai conçu l'espoir de voir des améliorations se réaliser.
■ Il y aurait, messieurs, témérité A vouloirvousexposerd'une manière rigoureuse
■ les principes qui présideront à mon administration ; chaque affaire ayant des difTi- « cullés particulières nées de ses précédentes, du temps et des cireonstances. J'ai
■ besoin encore, du reste, avant de déterminer les règles que je dois suivre, de bien « étudier les besoins de la cité.
■ Je compte, pour diminuer la lenteur el les diHicultés de cette étude, sur le « concours cl l'expérience de mes prédécesseurs qui siègent ici, dont l'un a ao^uis
• par plus de vingt années d'une sage, prudente, et judicieuse administration, la
> connaissance intime des hommes el des choses du pays ; sa gracieuse et inépuisable « obligeance voudra bien faire partager i son vieil ami le fruit de sa longue expérience
• et, par son concours, hAter mon initiation el me préserver de ces incertitudes el
• de ces fautes mêmes, au prix desquelles on acquiert presque toujours une tardive I expérience.
* Mes prédécesseurs immédiats me laissent aussi une voie tracée, des documents <t qui me seront fort utiles et des projets que je tiendrai à honneur de mettre à
■ exécution.
a Je regrette vivement de ne pouvoir ici exprimer mes remerciements à M. Les-
■ pinaid, qu'un latal amour de la campagne lient éloigné de Montluçon, el qui, non
ïGooglc
MONTLUCON SOUS LA RÉPUBLIQUE DE 1848 ET L'EmPIRE 317
« seuIeDMol, prive la ville de son habile et palcmclle administration, mais encore a
• cru devoir relta»r do venir ici nous aider de son expérience. Puissent ces paroles « parvenir dans la retrailede cel honorable administrateur, comme un écho des regrels « que j'éprouve de ne pas le voir parmi nous.
o Heureusement, messieurs, il nous reste deux membres de l'ancienne adminis-
• Iration, deux membres qui, aussi, dans les temps d'orage, ont fait leurs preuves de
■ sagesse et de fermeté. L'un, M. Brugiftre de Lamotle a bien voulu suivre notre for-
■ tune. Je l'en remercie. M. Duchet a cru devoir quitter l'administration, mais ne
■ nous abandonne pas, puisqu'il siège dans le conseil municipal. Nous devons nous « en féliciter, car son concours énergique ne nous ferait pas dé&ut si les tristes dis-
■ cordes civiles qui ont ensanglanté des pajg voisins et qui ont s fort agité le oAtre, H devaient renaître.
• Heureusement le temps est arrivé où les factions vaincues ont onGn compris
■ la signification si éclatante de leur défaite et ne peuvent plus doulcr de la ferme « résolution qu'a formée la France, de clore, par l'adoption d'un gouvernement fort < et énergique, la carrière des essais des différentes formes de gouvernement.
« La nation désabusée de cette recherche insensée de la pierre philosophale « politique, préfère la jouissance des trésors réels, l'ordre et la paix, qui sont sous sa € main, à ces richesses idéales que lui promettait le mirage trompeur de l'utopie. K Elle confie sa destinée avec une pleine et entière sérénité à la sagesse d'un Prince
• qui, seul de ses mains puissantes, a pu l'arracher à l'anarchie sanglante qui la « menaçait.
a Si toutefois, Hessieurs, ce calme et celte résignation des partis n'étaient
■ qu'apparents ; si les dangers que nous avons courus renaissaient, ayez confiance
■ dans l'énei^ie et la fermeté de l'administration nouvelle ; comptez qu'elle serait à « son poste, active et dévouée >.
Ce discours prononcé, le maire donne lecture de la formule de serment suivante : < Je jure obéissance à la Constitution et Hdélité au Président >. Il appelle Buccessivement chacun des nouveaux membres élus et les invite & prêter le serment sus-men lionne, ce que chacun fait en disant : Je le jure, et dans l'ordre suivant : Perrot des Gozis ; de Montaignac ; Brugiëre de Lamotte ; Barbon ; Duchet Alexandre ; Grozieux de Laguérenne ; Guérin ; Jaladon de la Barre ; Moussy-Armet ; Tbévenet ; Berthomier des Prots.
En conséquence, le maire les déclara élus et installés membres du conseil municipal de la ville de Montlucon, M. le sous-préfet se retira.
Orphelinat. — C'est au cours de l'année 1852, que fut créé l'Orphelinat de notre ville, qui a eu pour fondatrices Mesdemoiselles Louise de Montaignac et de La Bruyère.
L'œuvre a été primitivement fondée pour secourir les jeunes filles pauvres de la région et, en même temps avait pour but de leur donner des notions d'enseignement primaire.
Les dames patronesses, désireuses de venir également en aide aux
jeunes garçons, firent en 1880, l'acquisition de l'ancieu Collège de la rue Montpeyroux, donnant également sur le boulevard de Courtais et y transférèrent leur œuvre en la complétant par l'assistance de jeunes garçons.
Les jeunes filles peuvent rester dans cet établissement hospitalier Jusqu'à vingt-et-un ans où on les forme aux travaux usuels de leur sexe. Elles sont alors rendues h leurs familles respectives ou & la liberté.
Les jeunes garçons reçoivent la même assistance dans des bâtiments séparés et lorsqu'ils sont à même de gagner leur vie, ils sont placés suivant leurs aptitudes.
Le nombre des enfants assistés chaque année est de vingt-cinq à trente.
L'établissement est dirigé par des personnes séculières, qui sans aliéner leur liberté, se dévouent à l'œuvre, en nombre proportionnel aux besoins de la maison.
Le Briquet da Montluçon. ~ Dans les bâtiments accessoires de l'Orphelinat, de l'autre côté de la rue Montpeyroux (1), émette une sorte de petite tourelle cylindrique, couverte en forme de dame, mais ajourée au sommet, le tout construit en briques, de faible épaisseur, d'ancienne fobrication, d'une hauteur totale de six mètres environ.
Suivant une tradition constante, c'est la cheminée d'un c lampier i, comme on en constate encore plusieurs autres dans la région (notamment sur la place d'Estivareilles), où aux temps anciens, on entretenait une lampe constamment allumée sous la garde de veilleurs, i l'usage des habitants qui allaient y chercher le feu nécessaire â leurs besoins journaliers.
De nombreux anciens Montiuçonnais se souviennent très-bien avoir entendu fréquemment dénommer cette installation < Le Briquet de Montluçon • (2).
Le complot de Marseille. ~ Adresse au Président de la République. — Av&nt de se séparer, et sur la proposition de son président, le conseil, à l'unanimité, vola l'adresse suivante :
■ A son Altesse Impériale, le Prince Louis- Napoléon Bonaparte, Président de « la République Franvaise.
n Le conseil mumcipal de Monlluçon, organe des sentiments qui animent * l'immense majorilé de ses comme liants, ne peut plus dignement inaugurer son ins-
(1) Duraoi la longue esislencp du Lazaret local, les lépreux et autres contaminés des maladies contagieuses n'avaient pas le droit de se procurer autre part le feu qui leur était indispensable.
(2) Notons toutefois, que d'aucuns estiment que c'Mait un four public, au rooj'eqi^e. Aux arcliéologuea de faire la lumière sur ce poiut-
ïGooglc
MoNTLUÇON SOUS LA RÉPUBLIQUE DE iSiS ET L'ËMPIRE 310
t lallation qu'en vous exprimant l'indignation unanime qu'a excitée dans la popula-
■ lion, la nouvelle du complot heureusement découvert à Marseille, et dont l'objet » était un attentat contre votre personne et contre la société.
■ Il vous offre l'hommage de son dévouement et de sa profonde reconnaissance
• pour l'acte d'énergique initiative qui, en nous sauvant de l'anarchie et de la guerre K civile, a raffermi la société, la religion cl la famille ; ainsi que pour les excellentes
■ el fortes institutions dont vous avez doté la France et qui lui font espérer que sous « le nouveau titre par lequel la population vous acclame, elle atteindra prochaine-
■ ment l'aire de stabilité el de lixité dans le pouvoir, seule garantie du bonheur et de « la prospérité de notre belle patrie >.
Réjouissances publiques à l'ocoasion du rétablissement de l'Empire. — Dans sa réunion du premier décembre 1852, le conseil manicipal votait un crédit de cinq cents francs, dont deux cents pour les pauvres et trois cents pour réjouissances publiques.
Ces réjouissances avaient pour but de fêter la proclamation du rétablissemeot de l'Empire et l'avènement au Irône de Napoléon 111.
Adresse & l'Empereur à l'oocasion de son mariage. — Le 27 janvier 1853, l'assemblée, sur la proposition du maire, sans discussion et uRanimement, vota à l'Empereur, à l'occasion de son mariage, l'adresse suivante :
■ Sire,
« Le conseil municipal de Montiuçoo s'empresse d'adresser A Votre Majesté « Impériale ses respectueuses et sincères félicitations sur l'heureux événement que « vous ave?, solennellement annoncé à la Franco.
( Votre mariage, Sire, était vivement désiré par la nation, à laquelle il promet
* de nouvelles garanties contre les orages révolutionnaires, par la continuité en ligne fl directe de votre auguste dynastie.
« La France a foi en voire étoile el en vos aspirations ; elle voit dans le choix t que vous dicte votre cœur un présage de bonheur pour vous cl pour elle.
a L'Impératrice sera entre l'Empereur el nous un lien nouveau que nous nous
■ plairons à entourer de noire affection et qui ne pourrait qu'ajouter, si cela élail t possible, & notre allachement et h notre dévouement pour votre personne et votre « glorieuse dynastie. ■
Eglise Saint-Paul. — On sait que l'église Saint-Paul est de cons* truction relativement réceute. C'est en efTet le 27 juin 1853 que fut agitée pour la première fois au sein du conseil municipal la question de cens* truction d'une église dans le quartier d'Outre-Cher.
L'année suivante, le 14 juin 1854, M. de Montaignac rappela ait conseil qu'il avait précédemment décidé qu'un emplacement serait pris dans le quartier de Brevelle pour y établir une place publique où pourrait être construite plus lard une église ; il ajoutait que, délégué par le maire,
3S0 Histoire de Montluçon
i) s'était mis en rapport avec les propriétaires des terrains à acquérir en vue d'obtenir de ces personnes une promesse de vente ; ces terrains sont compris entra la route de Tours et la rue du Capitaine Segond.
Une fois les terrains acquis, et présumant que la construction d'une église, pour des causes diverses, pourrait demander un temps assez long, le conseil décida que l'on construirait d'abord une chapelle provisoire et il vota en même temps une somme de six cents francs à allouer au chapelain, aussitôt qu'il entrerait en lonctions.
Une souscription fut également ouverte pour la construction de la chapelle qui devait être édiHée, de façon à être fEicilement convertie en maison d'école. Une somme de sept mille francs'futrecueillieenquelques jours. Cette chapelle édifiée prompteraent, servit au culte jusqu'en 1865, et devint la propriété de la commune, qui y installa divers services municipaui et la fit démolir récemment.
Enfin, le 19 mai 1863, le maire déposa sur le bureau du conseil les plans et devis de l'église projetée, dressés par M. Boileau, architecte h Paris, qui, en raison du milieu métallurgique où elle devait être édifiée, y fit l'application de son système de construction à piliers, arcatures et arcs-doubleaux en fer, et dont l'avant-projel s'élevait è. 168,902 francs. Il était stipulé que le monument serait simple, mais spacieux, de façon à suppléer à l'insuflisance de la chapelle, laquelle ne répondait plus aux besoins du présent et de l'avenir.
Mais il s'agissait de trouver la somme indiquée par l'architecte, et la ville y fut difllcilement arrivée au moyen de ses seules ressources;aussi, le maire s'empressa-t-il de saisir l'occasion de la visite de l'Empereur pour le prier de s'intéresser à l'œuvre el d'accorder à la ville une forte subvention.
Les elTorts du maire furent couronnés de succès, car le 8 juillet 1865 une grande partie des travaux était exécutée ; le conseil t'autorisait à mettre en adjudication ceux restant à faire pour compléter la construction de l'église, sur une mise à prix de 79.821 francs.
Le monument rapidement achevé, fut auS8it<)t livré au culte ; il restait cependant encore h exécuter certains travaux secondaires; en effet, au mois de mai 1870, le maire soumit au conseil un traité passé entre son administration et M. BoUé, fondeur à Orléans, pour l'installation dans le clocher de l'église Saint-Paul, de la charpente destinée à supporter la sonnerie de cette église.
Comicd agricole. — Le 8 mai 1853, fut voté un crédit de deux cents francs, pour le comice agricole. Ainsi qu'on le voit cette institution était constituée dès cette époque dans notre ville, ou tout au moins en voie de formation.
MONTLUÇON SOUS LA RÉPUBLIQUE DE 1848 ET L'EhPIRE 331
Institution Soint-Joaeph. — C'est le 19 octobre 1853, que lee PP. Maristes installèreat leurs premiers élèves dans uoe maison que leur loua Madame de La Mallerée et dont ils transformèrent le salon en chapelle. Cette maison était située dans l'emplacement même qu'occupe aujourd'hui le nouveau collège.
Cette installation n'était que provisoire ; en effet, au mois de juin 1855, on posait la première pierre du bâtiment central et de l'aile nord du nouvel établissement ; l'autre partie, c6té sud, ne Tut b&tie qu'en 1860.
Le tout forme une installation spacieuse qui a été très heureusement utilisée comme ambulance au cours de l'annéfl 1870, de douloureuse mémoire. La chapelle commencée en 1877, n'a été achevée qu'en 1883.
Cette institution comporte, en outre, une vaste salle, spécialement affectée aux matinées littéraires et musicales que donnent de temps & autre les élèves et auxquelles sont conviés leurs familles, les anciens élèves et généralement les personnes qu'intéresse la communauté.
L'établissement a été mis maintes fois gracieusement h la disposition d'œuvres philanthropiques locales : Concours de musique et de gymnastique, fêtes de bienfiUsance, etc.
Projet relatif au prolongement de la rue Comtesse. — Soucieux de donner à la ville qu'il représentait, un aspect plus agréable, et de &ctliler ses débouchés et voies de communication, le conseil chargea la municipalité de faire établir un projet de prolongement de la rue Comtesse jusqu'au boulevard, en prenant la largeur sur le côté opposé à la maison Faurot et à la prolonger de l'autre côté du boulevard jusqu'à la rue des Thibaudes, aujourd'hui rue du Lycée.
Ce projet n'a f&cheusement jamais été mis à exécution et les choses en sont toujours au même point.
L'Eglise Notre-Dame. — Au cours de l'année 1653, le conseil municipal fut saisi d'une pétition tendant à l'agrandissement de l'église Notre-Dame.
' Après examen, cette pétition fut rejetée et le. Conseil lui substitua un projet de reconstitution de la vieille basilique. Ce projet, soumis & l'enquête, donna lieu à des observations défavorables ; mais le conseil appelé à en délibérer de nouveau, maintint son projet et invita le maire à en poursuivre l'exécution.
De son cdté, le conseil de fabrique, examinant la question, résolut de demander à la ville, une allocation de cent mille francs, pour aider à la reconstruction de l'église.
Cette demande, jugée exorbitante, ne fut pas agréée par la municipalité ; mais un peu plus tard, le 3 février 1856, il votait un emprunt de 166.000 francs, dont 50.000 francs pour la reconstruction de l'église
Sàâ illSTOIRt; DE MoNTLtlÇOM
Notre-Dame et le dégagement de ses abords, à la condition que les fonds ne seraient versés par la ville qu'après approbation et commencement des travaux.
Mais ce projet ne devait pas être exécuté, et il n'en est plus bit mention dans la suite des délibérations du conseil municipal.
11 fut remplacé par un autre de moindre importance, impliquant seulement la restauration de l'édifice. En effet, le 29 mai 1869, le maire exposa au conseil que le projet de restauration des façades de l'église Notre-Dame adopté par le conseil, dans la séance du 19 décembre 1868, venait de lui être retourné par M. le préfet, avec des observations de Monseigneur l'évéque tendant à ce qu'il n'y soit pas donné suite.
Monseigneur Fonde son avis sur ce motif que cet édifice religieux, dont l'insufHaance est notoire, et qui ne présente, d'ailleurs, au point de vue de l'art, aucun caractère qui puisse en rendre l'abandon regrettable, sera inévitablement reconstruite, aussitôt que les ressources le permettront, dans des proportions plus en rapport avec l'importance que la paroisse a acquise.
Que tout projet de restauration, en ce qui le concerne, doit être rejeté et qu'il faut se borner éi permettre exclusivement les réparations indispensables à la solidité de l'église actuelle, afin de réserver pour sa réédillcatioD, les sommes portées au devis pour cette restauration. Le conseil déclara ne pas partager complètement cet avis.
D'abord il ne croyait pas aussi rapprochée que le pensait Monseigneur l'évéque de Moulins, la possibilité, pour la fabrique de la paroisse Notre- Dame, dont le compte et le budget n'accusent aucune ressource, et pour la ville, dont la situation financière était encore moins satisfaisante, d'entreprendre la construction d'une église, dans les conditions qui seraient nécessairement exigées, pour une paroisse de cette importance.
11 considérait, en outre, les travaux projetés comme nécessaires & la consolidation et à la propreté extérieure de l'église, puisqu'ils n'avaient d'autre but que de réparer ses toitures et son dallage, de crépir et de rejointer ses façades en maints endroits dégradés et de remédier ainsi à l'aspect désagréable et choquant, sous lequel se présente, sur la place principale de la ville, l'édirice religieux de la cité.
L'assemblée, en conséquence, persiste dans sa délibération du 19 décembre 1863 et sollicite de M. le préfet l'autorisation d'exécuter les travaux qui en font l'objet, ce qui n'eut pas lieu.
Restauration d'un tableau. — A ce qui vient d'être dit de notre vieille basilique, nous ajouterons qu'elle renferme un fort beau tableau du xv* siècle, représentant plusieurs scènes de la Vie de la Vierge.
M. Lucien Duchet, à la munificence duquel ce tableau a été restauré, il y a environ quinze ans, en Eait la description suivante :
MoNTLUÇON SOUS LA tlÉrUBLIQUE DE ISiS ET l'ËMPIRE 3â3
• Le tableau à compartimeDts de l'église Notre-Dame de Montluçoa est un très iotéressant spécimen de l'art llamaad de la lin du w siècle ; riDUuence de la Renaissance s'y fait déjà sentir.
t 11 nous parait impossible de lui assigner une date précise et de l'attribuer à un peintre déterminé, quoi qu'il y ait sur la robe de la sibylle une sorte de monogramme, qui pourrait bien être celui de l'auteur de cette œuvre remarqutible. Mais nous sommes disposé & croire que ce tableau a été peint à Montluçon même, par un de ces artistes nomades, qui souvent n'étaient pas des moindres, et qui allaient, suivant une babitude alors fréquente, de ville en ville, s'arrêtant lorsqu'un amateur ami des arts leur olfrait un bon gtte et du travail assuré pour quelques mois. Il a dû, dans l'origine et jusqu'au commencement du xvip siècle, servir de retable h l'autel de la Vierge.
< Chacun des panneaux dont se compose ce tableau nous fournit de précieux renseignements sur les mœurs et tes costumes de cette époque. Presque tous les personnages sont somptueusement vêtus avec les riches étoETes orientales, de soie et de velours tissé d'or, alors en usage dans toute l'Europe, et partout des bijoux richement montés. Nous remarquons que ceux d'entre eux qui paraissent dans plusieurs scènes du tableau, y figurent toujours avec le même costume.
< Les intérieurs sont ornés des marbres les plus précieux, de meubles, de frises sculptées et l'un d'eux même, la chambre de Sainte-Anne, d'une sorte de reliquaire garni de pierres précieuses. Les murs sont tendus de cuirs de Cordoue gaufrés de couleurs éclatantes et l'or est constamment employé dans les détails d'architecture et dans les costumes.
« Le tableau se compose de six panneaux d'égales dimensions (haut. 0.62, larg. 0.55) peints sur bois. Les cinq premiers représentent les faits les plus mémorables de la vie de la Vierge, et le sixième, le portrait du donateur et de son patron présumé. Saint Michel.
« Dans l'intervalle qui sépare le troisième du quatrième panneau, sur une plate-forme qui fait en quelque sorte partie du cadre, une peinture plus étroite et plus haute (haut. 0.76, larg. 0.19) se rapporte aux prédiclions aaynt annoncé la naissance de la Vierge, et représente la sibylle de Libye, révélant & Auguste la venue de la Vierge et du Messie.
( .... Le tableau était dans un état inquiétant de dégradation, il a été réparé de la manière la plus remarquable par M. A. Grolleau, maître peintre, de Paris, qui a donné tous ses soins & ce travail, aussi difflcile que minutieux (1) >.
(1) Ll'Cies Dl'CIIET. — U Vie de la Viehiie, il'apr^s le tableau à compartiiiienls de l'église Nolrc-Damc de Wonlliiçon, avec sept gravures pi lolûl.v piques et udc vue de l'église Notre-Dame, dessinée par M. tJeorges Hrugiérc de Lamotte. — Montiuçon, Imprimerie llerbÎD, 1896.
ïGooglc
Chômage et Pain cher. — Dan3 sa séance du 9 janvier i85t, le maire exposa à ses collègues que les grands travaux des usines étaient interrompus ou restreints, soit en raison de l'hiver, soit pour cause d'achèvement d'une partie de leurs constructions.
11 ajoute que par suite de ces fâcheux contretemps, beaucoup d'ouvriers se trouvent sans ouvrage et qu'il est urgent de leur en procurer, attendu, surtout le prix élevé du pain ; que c'est entrer dans l'esprit du décret du 22 novembre 1853, que de soulager la misère par un travail & la portée de tous et que le gouvernement avait promis une large subvention aux communes qui ouvriraient des ateliers de travail.
Le Maire a dû se préoccuper des nécessités du moment et des moyens d'y pourvoir. 11 pense que dans l'état actuel de la population ouvrière, une somme de douze mille francs serait nécessaire à répartir entre différents travaux et qu'il est bon de diviser ces travaux dans les diiïérents quartiers de la ville, soit dans l'intérêt des ouvriers, soit pour ne pas faire au profit d'un seul quartier des travaux payés par tous.
Il propose, en conséquence, d'ouvrir quatre ateliers de travail qui, par leur nature, permettraient de recevoir les ouvriers indigents, ceux-là mêmes qui n'auraient aucunes connaissances spéciales, conformément au décret, savoir :
1» Fossés, rigoles et mouvements de terre dans le quartier Oulre-Cher et notamment aux Marais de Blanzat, travaux instamment réclamés par le conseil d'hygiène et de salubrité, dans sa séance du 29 avril 1853. Ces travaux pourront coûter environ 3.000 francs.
2° Remblai et nivellement de la partie haute de la rue de l'Aqueduc, entre la route de Tours et la rue de la Croix Coiéroux, avec construction d'un égoùt pour former une place par sa réunion au terrain de l'ancien cimetière Saint-Pierre, travail également nécessaire pour la salubrité publique et qui cofiterait environ 2.500 francs.
3° et i" Construction de deux ponts à Bretonni et au bout de la rue de la Presle et notamment pour l'objet dont s'agit, l'extraction des matériaux, l'établissement des fossés et égouts d'assainissement aux abords de ces deux ponts, & côté de la Gironde et des Faucheroux.
Remblais et travaux des abords estimés à 6.500 francs.
Le maire ajoute que les moyens de faire face k la dépense qui doit en résulter ne sauraient se trouver dans les ressources ordinaires du budget; que l'Etat viendra certainement en aide à la commune, ainsi que l'Empereur a bien voulu le promettre dans son décret du 22 novembre 1853 ; mais que le chiRre de cette subvention sera subordonné aux efforts de la ville, qui, dans tous les cas, ne peut espérer obtenir plus du tiers des sommes qu'elle devra dépenser, soit 4.000 francs.
Jl propose en conséquence, pour couvrir le reste de la somme néces-
MONTLUÇON sous LA RÉPUBLIQUE DE 1848 ET L'EmPIRE 325
saire à l'exécution des travauiC énumërés, da décider qu'une somme de 8.000 fraocs sera prise sur les fonds à provenir du restant à réaliser sur l'emprunt de 60.000 francs autorisé le 4 décembre 1848.
Le conseil, prenant en sérieuse considération les besoins multiples qu'éprouve la nombreuse population ouvrière, que les établissements métallurgiques et autres ont attirée dans le pays, et que la cherté croissante des subsistances réduit à de rudes privations ; entrant daus les vues de l'administration municipale,adoptetespFopositioQsdu maire et l'invite à solliciter les secours promis par l'Empereur aux efTorts des communes et vote les travaux proposés.
Rue ttouTelle ouverte. — Le maire fut également autorisé à traiter provisoirement l'achat des terrains nécessaires à l'ouverture de la rue allant du boulevard de la Gaité au faubourg Saint-Pierre (1).
Place et Eglise Notre-Dame (Vue prise du Doyenné)
Dessin de M. G. Brioiëre de Lamotte
AgrandisBement de la prison. — Le Conseil Général du département de l'Allier, ayant décidé d'appli<iuer en 1855, des fonds pour l'agrandissement de la maison d'arrêt, l'assemblée communale, le 13 novembre 1854, émit le vœu que cet établissement fut maintenu avec ses cellules; que les travaux à faire pour son agrandissement consistent principalement dans la construction de grandes salles qui pussent servir à la réclusion en commun, en se réservant les moyens de les convertir plus tard en cellules, comme la partie déjà construite. Le conseil manifeste également
(1) Rue de Belfort.
â26 Histoire de Montluçoi4
le déplaisir qu'il éprouverait à voir diminuer la surface de l'esplanade du Château, l'agrandissement de la maison d'arrêt pouvant avoir lieu par l'élévation d'un premier étage.
Télégraphe. — Notre ville, on peut le dire sans exagération, a toujours eu à sa tête des hommes prêts à entrer dans la voie du progrès. C'est ainsi que dès l'année 1854, nous voyons le conseil faire la demande, pour Montiuçon, d'une ligne télégraphique, s'offrant à fournir le local nécessaire pour l'installation du bureau et le logement du directeur. Toutefois ce n'est qu'en 1859, que le conseil obtint satisfaction et que fut installé le premier bureau télégraphique, au second étage de l'aile gauche de l'Hûtel de Ville, où il resta jusqu'en 1873, pour être, à partir de cette date, adjoint aux bureaux de la poste.
Société de ISaint-François. — La Société de Saint-Franc4>i5 futfondée en 1858, par les soins du curé de la paroisse de Notre-Dame. Elle avait pour but d'améliorer la condition morale, intellectuelle et matérielle des classes ouvrières.
Cette société ayant demandé k être placée sous le patronage du gouvernement et déclarée d'utilité pjublîque, le conseil municipal, conformément aux prescriptions du décret du 28 mars 1852, fut appelé h donner son avis sur cette requête. II émit un avis très favorable.
Egout du Bonnet-Vert. — La ville possédait, rue Porte Saint- Pierre; un emplacement découvert servant d'égout public, sale, infect, et connu sous le nom d'égout du Bonnet-Vert.
Cet emplacement qui empiétait sur le projet de rectification d'alignement de la rue, en moyenne de un mètre, était entouré de trois côtés par les bâtiments de Madame Veuve Cornet, qui y avait des jours existant de temps immémorial.
L'une des maisons qui le joignait, appartenant à ladite dame, menagant ruines, se trouvait dans le cas d'être démolie par mesure de sécurité publique, et devait être nécessairement reconstruite, mais sur l'alignement fixé par le plan.
Profitant de cette circonstance, Madame Veuve Cornet proposa i la villedenelui demander, lors de sa reconstruction, aucune indemnité pour le terrain qu'elle était tenue de céder à la voirie et qui présenlait une surface approximative de huit mètres, et en échange de lui abandonner gratuitement l'égout du Bonnet-Vert, dont elle reconstruirait également la fôcade sur l'alignement prescrit, à la charge par elle de faire établir une voCite au-dessus de l'égout et de la construire de manière à en faciliter le curage.
Le conseil, dans sa séance du mois d'août 1855, après en avoir déll-
MoNTLUÇON S0D3 LA RÉPUBLIQUE DE 1848 ET L'EMPIBE 327
béré, autorisa Madame Veuve Coruet en sa demande, mais à la chaîne par elle de verser cinq cents francs à la caisse muaicipale.
Vote d'une somme de 13.000 francs en faveur des indigents. — Le rendement de la récolte en 1855 avait été faible, et tout faisait craindra le maintien et peut-être l'augmentation des grains et des farines.
Aussi, le 22 octobre, l'assemblée communale décida la création d'ateliers destinés à assurer du travail aux bras inoccupés.
On convint également d'accorder aux ouvriers nécessiteux, un dégrèvement sur le prix du pain, & dater du 15 novembre et une somme de 13.000 francs fut votée en vue de parer à cette éventualité.
Les bons de dégrèvement devaient être délivrés chaque semaine, à raison de 750 grammes de pain par jour et par liomme, etde500gramme8 pour les femmes et les enfants au-dessous de seize ans.
Mais il fut spécifié que la faveur de dégrèvement du pain, ne pourrait être accordée qu'aux nécessiteux, habitant la ville depuis le 22 octobre.
Une somme de 12.000 francs tut votée pour Être affectée à l'établissement d'ateliers de Charité.
Conseil des Prud'hommes. — Le conseil renvoya & l'examen d'une commission spéciale, la question de l'établissement d'un tribunal de Prud'hommes.
Quinze jours plus tard, le4 novembre, le rapporteur donnait connaissance à l'assemblée du travail qu'il avait élaboré et concluait au rejet, pour l'instant, du moins, de ce projet, la nécessité de cette institution ne s'élant point encore fait sentir.
Toutefois, on décidait, pour répondre à la demande de M. le souspréfet, de désigner les différentes industries qui pourraient être soumises à la juridiction de ce tribunal ; elles furent divisées en trois catégories et on indiqua le nombre de membresque pourrait nommer chaque catégorie.
Adresse à l'Empereur à l'occasion de la naissance du Prince Impérial. — Le 21 mars 1856, le conseil, sur la proposition de son président, vota une adresse à Sa Majesté Napoléon III, à l'occasion de la naissance du Prince Impérial.
Communauté des dames de Saint-Maur. — La communauté des dames de Saint-Maur ayant fait édifier le bel établissement qu'elle occupe encore aujourd'hui, n'avait plus ])esoin de son immeuble de la rue des Ursules, actuellement sous-préfecture. C'est alors qu'elle entra en pourparlers avec le département, à l'elTet de lui céder l'ancien couvent, pour y installer les services de la sous- préfecture, du tribunal et de la gendarmerie.
Le déparlemeat sollicila alors le concours delà ville, eavoe d'obtenir d'elle la cession d'une partie de la rue des Ursules et l'acquisition des bâtiments qui la séparaient de la place de l'Hôlel-de-Ville.
Appelé à en délibérer, le conseil municipal se déclara en principe favorable à ce projet et le renvoya à l'examen d'une commission spéciale.
Le 18 août 1S56, sur la proposition de la commission, l'assemblée prit une délibération par laquelle elle s'engageait, si le département se rendait acquéreur de l'établissement des dames de Saint-Maur :
1» A rectifier le plan des rues avoisinant cet immeuble, et k faire l'acquisition des bâtiments et terrains nécessaires à cette rectiflcalioo.
2* A démolir ces bâtiments à ses frais.
3° A céder au département, moyennant une indemnilé de trente mille francs l'emplacement nécessaire à la réalisation du projet.
L'allaire ue dut cependant pas 6tre traitée exactement sur ces bases ; car soumise au ministère, elle ne fut pas jugée suffisamment instruite. Le dossier revint à la mairie, accompagné d'une demande de renseignements complémentaires.
Le conseil eut alors à prendre encore denouvelles délibérations, et le projet ne reçut de solution définitive, qu'en ISTâ.
Les religieuses de la communauté de Saint-Maur étaient venues s'installer à Montluçon le 15 septembre 1826, et leur première résidence de 1826 & 1858, fut l'immeuble dont il a été parlé précédemment, appelé autrefois la maison Sauget, en façade place de l'Hôlel-de-Ville.
Après la révolution, jusqu'en 1826, il n'y eut pas à Montluçon de maison d'éducation religieuse pour les jeunes filles. Madame la comtesse douairière de Ligondès et sa fille, ia vicomtesse d'Orset, conçurent le projet d'y en faire établir une et Monseigneur d'Orset, évoque de Langres, leur parent, proposa les dames de Saint-Maur.
C'est en 1852, que cette communauté acquit de la famille Leguay, la propriété dite .■ La Pacaudière >, où elle fit édifier l'installation que nous voyons aujourd'hui.
L'inauguration du nouveau couvent eut lieu en 1858.
La grande inondation de 1856. — Bien des fois, dans lecoursdea siècles derniers, le Cher qui n'était pas, comme il l'est à l'heure actuelle, encaissé ou renfermé dans de justes limites, avait fait des siennes et ravagé les champs et les jardins entourant Montluçon, mais jamais, il ne s'était montré aussi terrible qu'en 1856.
Le torrent, brisant toutes ses digues, avait pénétré à l'intérieur de la ville par le faubourg Saint-Pierre, les quartiers du Châtelet, la Ville- Gozet, etc., on ne traversait ces lieux qu'en barque, et les eaux arrivaient jusqu'à la première marche de la principale porte de l'église Saint-Pierre, place de ce nom.
MONTLUÇON SOUS LA RÉPUBLIQUE DE 1848 ET L'EmPIRE 329
Comme bien on pense, les dégâts occasionnés avaient été énormes. Aussi, le 18 mai, la municipalité se préoccupait vivement de cette situation et sentant le besoin d'en rechercher les causes et le moyen de les combattre, nommait une commission pour étudier cette question.
Paroisse Saint-Pierre. — Le 25 mai, l'assemblée communale renouvela le vœu par elle émis précédemment et tendant à l'érection en cure de canton de la paroisse Saint-Pierre.
Ce vœu n'eut aucune suite, car même aujourd'hui Saint-Pierre n'est pas cure de canton et ne le sera peut-être jamais. Elle devait être éclipsée par la paroisse en formation du quartier d'Outre-Cher, aussi populeuse que les deus autres réunies.
Caves du Ch&teau. — Le 10 décembre de la même année, MM. Moussy et Kissel, brasseurs à Montlucon, furent autorisés par le conseil & affermer les caves de l'ancien Château féodal, sur un loyer annuel de cinq cents francs.
Justice de paix du canton-ouest. — Jusqu'alors, il n'y avait à Monttluçon-, qu'une seule justice de paix. Avec l'accroissement constant et rapide de la population, se fit sentir le besoin d'un nouveau magistrat.
Aussi, le H janvier 1857, le maire de notre cité fit partaux conseillers d'une lettre de M. le sous-préfet de l'arrondissement, qui l'invitait^ consulter l'assemblée communale et les plus imposés, sur l'opportunité de la division du canton, en. deux circonscriptions de justice de paix.
Le président de l'assemblée, après avoir indiqué les motifs qui militaient en faveur de cette décision, insista surtout sur l'augmentation toujours croissante de la population et sur te grand nombre d'affaires portées devant la justice de paix.
L'assembléepriten considération ces différents motifâ, puis émit l'avis qu'il y avait opportunité à diviser le canton de Montlu^on en deux circonscriptions de justices de paix: