CHAPITRE XXIX
Période du Sbgond Empirb
Palais de justice. — Renvoi d'ouvriers de l'usine Saint-Jacques. ^ Adresse A l'Empereur. — Barrage du Cher. — Paroisse Saint- Paul, — Construction de trottoirs. — Chambre des Arts et Manufactures. — L'Avenue de la erare. — Pompes funèbres. ~ Arbres du boulevard. ~ Remerciements i la municipalité. — Pétition des dames de Saint^Haur. — Adresse à l'Empereur A l'occasion de la guerre d'Italie. — Fôtes publiques. — Place des Cordeliers. — Culte protestant. — Réception du 8* de ligne. -~ Demande des religieuses du Bon Secours. — Paroisse Saint- Pierre. — Installation du maire et du conseil. — Adresse A l'Empereur pour l'inviter A venir A Montlugon. — Création d'un nouveau poste de commissaire. — Nouvelle adresse A l'Empereur pour l'engager A venir A Hontluçon. — Fossés de la rue de Tours. — Sœurs de Saint-Paul. — Création d'une école communale à la Ville-Oczet. — Remplacement de l'horloge du ChAteau, — Adresse A l'Empereur. — Voyage de l'Empereur.
— Visite de Sa Majesté l'Empereur à Hontluçon. — Retraite des employés de la mairie. — Presbytère de Saint-Paul. — Pour Jeanne d'Aro. — Contre le Choléra. — Les sabres de la Garde Nationale. — Généreux donateurs. — Installation du maire et des adjoints. — Ecole de ChAtelard. — Vote défends pour la guerre. — Installation des conseillers municipaux. — Nomination d'une commission municipale. — Carde Nationale.
— Victime du devoir. — Défense Nationale. — (àratuité de l'enseignement primaire. — Pavage des rues. — Troupes de passage. — Ouvriers sans travail. — Installation du maire. — Libération du territoire. — Enseignement laïque.
Palais de Justice. — Le 15 novembre 1857, le maire donna communication à ses collègues d'une lettre de M. le préfet, en data du 11 courant, par lac{uelle ce haut fonctionnaire demandait si la ville était dacs l'inten-
PÉRIODE DU SblCOND EmPIHE Xil
tion de renouveler le bail des bâtimenle qu'occupe le Tribunal à l'ancien Cliàteau, pour combien d'années et à quel prix.
L'assemblée, après diçcussiou, prend la délibération suivante ;
■ Considérant que la ville n'a jamais élé engagée envers le département par une
■ slipulalion qui aurait Tué d'une manière immuable, le prix de location des biti-
* menls occupés par le Tribunal; qu'une semblable convention qui excéderait même
• les bornes d'un bail emphytéotique, ne lierait aucune des parties contractantes.
« Considérant néanmoins, que la ville est toute disposée à accéder au vœu do
t M. le préfet et à renouveler un bail, qui est d'ailleurs exigé par les circonstances ;
> Est d'avis d'autoriser M. le Maire à renouveler avec M. le préfet, comme repré-
• sentant le déparlement, la bail à loyer des bâtiments qui servent de Palais de Jus-
■ tice, en stipulant que ce bail sera fait pour une durée de neuf années, avec droit
■ respectif d'en faire cesser l'effet A l'expiration des troisième et sixième années, et
■ que le prix annuel de cette location sera iiié à buit cents francs ■.
ReQToi d'ouTiiera de l'Usine Saint-Jacques. — Le 10 janvier 1858, le maire donna lecture au conseil, d'une lettre en date du six courant, par laquelle M. le sous-préfet lui faiaait connaître que l'usine Saint-Jacques était sur le point de renvoyer 400 ouvriers environ, et qu'il y avait lieu, en conséquence, de prendre les mesures les plus promptes en vue de venir au secours des ouvriers sans travail.
Le conseil, spontanément, mit à la disposition de la municipalité, une somme de 5.000 francs, destinée à créer des ateliers de terrassement, qui occuperaient ainsi les ouvriers que laisse sans travail, le chômage momentané de l'usine.
Adresse à l'Empereur. —Le 17 janvier 1858, l'assemblée communale, sur la proposition de son président, vola l'adresse suivante & l'Em • pereur Napoléon III, pour le féliciter d'avoir échappé au complot ourdi contre lui :
■ Le conseil municipal de Montlugon, organe des sentiments qui animent sa
■ population, s'empresse devons exprimer combien a été vivo et profonde son indi-
* gnation à la nouvelle de l'aUenlal exécrable, dont Votre Majesté et Sa Majesté « l'Impératrice ont failli être victimes ■.
( La France consternée, proteste éncrgiquement contre les liorriblcs doctrines f qui auraient d'aussi affreux résultais. Elle adresse à Diou de chaleureuses actions
■ de grâces pour la protection visible qu'il a étendu sur vos Ifile» si chères et sur
■ lesquelles reposent les plus grands et les plus précieux intérêts sociaux.
Barragre du Cher. — Le maire, dans cette séance du premier août, appela l'attention du conseil sur les dangers qu'offrait pour la ville, l'existence du barrage établi en vue de l'alimentation du Canal du Berry.
L'assemblée, après examen, prit la délibération suivante :
•'W2 HlSTOlBE DE MONTLUÇON
• Considérant que dcpaU la création du barrage, le lit du Cher, et par suite,
• son aftlucnl. le ruisseau de Lamaron, s'est considérablement élevé à tel point
• que les conduits qui déversaient leurs eaux dans ce dernier ruisseau n'ont plus Cl d'issues et s(? trouvent aujourd'hui en contre-bas de BOixantc-dixcentimëlres cl plus s du lit de ce petit cours d'eau.
* Considérant que cet état de choses constitue pour la ville de Uontiuçon, une < menace incessante d'inondation, qu'en outre, dans les temps ordinaires, il cnlre-
• tient une humidité constante dans les habitations des quartiers voisins et un > Toyer permanent de maladies résultant de la stagnation des eaux ».
Les elTets de rétablissement de ce barrage se faisaient sentir jusqu'au pont des Forges, à telles enseignes, que l'assemblée communale prenait la délibération suivante :
t Considérant que le pont construit & l'entrée du faubourg des Forges, sur la « traverse de la roule de Clermonl à Tours, a subi l'inHuence de cette surélévation 1 du lit du ruisseau, puisque les galets ont presque comblé l'ouverture et que le « cours des eaux sera entièrement intercepté à la moindre crue.
« Est d'avis qu'il y a lieu d'insister d'une manière très pressante, auprès de s l'autorité supérieure, pour qu'elle prenne les mesures propresà conjurer cedanger *.
ParoisM Saint-Paul. — Le conseil émit un avis favorable à la demande du conseil de fabrique de la paroisse Saint-Paul, nouvellement créée, tendant à son érection en paroisse de première classe.
Conatruotion de trottoirs. — L'assemblée renvoya à une séance ultérieure l'examen de la question de projet de construction de trottoirs sur les deux cétés du boulevard de Bretonni et du Collège (actuellement boulevard de CovrtaU), planté alors de gros arbres, qui, peu à peu, sur la demande des propriétaires et avec autorisation de l'autorité municipale, disparurent bientôt complètement.
Chambre des Arts et Manufactures. — L'assemblée adopta aussi le 6 novembre 1858 le vœu de création à Montiuçon d'une Chambre consultative des Arts et Manulactiires et invita son président & remplir toutes les formalités et à faire toutes démarches nécessaires auprès de l'autorité supérieure pour atteindre ce but.
L'Avenue de la gare. — L'idée d'établir une promenade entre la gare et le boulevard du Collège, aujourd'hui boulevard de Courtais, remonte à l'année 1859 et a fait l'objet de plusieurs délibérations.
Une commission nommée au sein du conseil municipal pour examiner la question, déposa le 17 novembre un rapport entièrement défavorable, car, disait le rapporteur « les terrains à acquérir sont situés au centre de la ville et coûteraient une somme considérable, et l'établissement de cette promenade serait surtout profitable à l'administration du chemin de fer et ne produirait à la ville aucun avantage matériel appréciable ; d'un autre
PÉRtODE DU Second Emi'irk 33:i
côté l'état des finances de la ville constitue une impossibilité devant laquelle on doit s'incliner. >
L'assemblée, se rangeant à cette manière de voir,ajourna la question; mais elle fut reprise deux ans plus tard par M. Duchet, maire. Il exposa en effet, dans la séance du 6 décembre 1861 a que la rue du Uoulla, qui donne accès & la gare, est une rue étroite et tortueuse où deux voitures peuvent difficilement se croiser, et il importe & la sûreté publique de remédier à ce dangereux état de choses par la création d'une avenue spacieuse et convenable.
■ Une occasion inattendue se présente qui permet à l'administration d'atteindre ce but. Il convient de mettre à profit les bonnes dispositions des propriétaires, en faisant à l'amiable l'acquisition des terrains qu'il y a lieu d'occuper, avant qu'aucune construction n'en soit venue doubler ou tripler la valeur.
■ L'emplacement comprend une largeur de quarante mètres depuis le boulevard du Collège jusqu'à la gare.
■ Vingt-quatre mètres pris au milieu formeraient la promenade, qui serait composée d'une allée principale de quatorze mètres et de deux allées latérales de cinq mètres, séparées de la première par des plantations ; six mètres de chaussées empierrées seraient de chaque cdté réservées pour la circulation des voitures, et un trottoir de deux mètres sur l'une et l'autre face des constructions qui borderont un jour l'avenue, fiiciliterait le passage aux piétons *.
Ce projet, adopté eo principe, fut renyoyé h une commission qui se montra des plus favorables, n'apportant au projet que quelques l^res modifications de détail sur la largeur des chaussées et des allées.
Enfin, à la séance du 4 juin de la même année, le maire entretient ses collègues de la nécessité qu'il y aurait d'acquérir immédiatement les terrains, et d'entreprendre aussitét que passible les travaux nécessaires & l'établissement de l'avenue.
Cette avenue, ajoule-t-il, doit occuper une superficie de un hectare, cinquante-huit ares, et le terrain qu'elle comprend, estimé 77,009 francs, appartient aux propriétaires dont les noms suivent : Comtesse de Dreuille ; de Chahrillan ; Phelipon ; Héritiers Chevalier ; Fontvielle.
Quant aux travaux que l'établissement de l'avenue rendra nécessaires, le devis en est évalué à la somme de 81,000 francs.
Le sacrifice que s'impose la ville ne sera pas moindre, avec tous ses accessoires, de 17^,553 francs.
Le remblai terminé, il fallut en eftet coastruire de chaque cdté des murettes destinées à en assurer la solidité, et, ajoute M. le maire, dans la séance du 27 septembre 186i,à prol^er lespiétons et les voitures, surtout au jour très prochain de la visite de l'Empereur, circonstance qui attirera certainement à Montluçon, une grande afilnence de population. Il devient donc urgent de faire immédiatement disparaître toute possibilité d'accident en construisant ces murettes avant le passage de Sa Majesté.
C'est ce qu'il a fait en traitant de gré à gré avec un entrepreneur.
Le conseil approuve ce traité.
La plantation des arbres, date également de cette époque, et on les voit figurer, munis de leurs tuteurs, dans une gravure du journal l'Jllustration de septembre 1864, représentant le passage de l'Empereur sur l'avenue, gravure que nous reproduisons un peu plus loin.
Pompes funèbres. — Pour la première fois à Montluçon, nous voyons se poser la question du service des pompes funèbres.
Le 30 novembre 1858, en effet, le maire fit part à ses collègues de l'assemblée communale, d'une proposition faite par la sieur Rémy, charron de la ville, de se charger de l'entreprise des pompes funèbres, au moyen de corbillards. Cette proposition fut ajournée.
Arbres du boulevard. — Le 18 décembre 1858, le conseil décida l'abatage général des arbres qui bordaient les boulevards et autorisa son président à les vendre.
Remerciements à la muaioîpaUtâ. — Par lettre lue & l'assemblée communale du 6 février 1859, le général de brigade de Mauduis, remerciait les édiles montiuçonnais, au nom de son Excellence le ministre de la guerre, d'avoir mis gratuitement les bâtiments du Château à la disposition de l'administnation militaire, pour servir de caserne aux troupes d'infanterie stationnées i Montluc-on.
Pétition des dames de Saint-Maur. — Par pétition adressée à l'administration supérieure, les dames de Saint-Maur, avaient demandé la régularisation des actes passés pour l'acquisition des terrains sur lesquels est construite, à Montluçon, la nouvelle maison conventuelle et l'autorisation de vendre au département de l'Allier, les bâtiments et dépendances de l'ancienne maison qu'elles occupaient et qui lui sont devenus inutiles.
Le conseil, dans sa, réunion du 1^ juillet 1859, prit la délibération suivante :
« Considérant que celle dcnmndG n'a soti1cv<^ aurune opposition de la pari des • linbilanls ;.quc la ndrcsslK^ de conslniirc un nouvel élablissemenl lui a paru sul-
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s tisammeiit démontrée, que dès lors, l'ancienne maison cal devenue inutile, lo * conseil émet un avis Tavoreble à celte pétition >.
Adresse & l'Empereur à l'occasion de la guerre d'Italie. — Sur la proposition de son président, le conseil, désireux de témoigner à l'Empereur, l'admiration et le dévouement auxquels Sa Majesté a conquis de nouveaux droits par laglorieuse campagne d'Italie et l'heureuseconclusion de la paiA, vota le 30 juillet, l'adresse suivante :
' Les causes de la guerre d'Italie étaient nobles et généreuses. Le monde entier a sait aujourd'hui que vous êtes allé régénérer des peuples longtemps opprimés et
• délivrer ces belles contrées d'une domination qui menaçait l'équilibre de l'Europe ;
• il sait aussi qu'au milieu des triomphes les plus brillants, qu'au milieu des vicloi- 0 res qui n'ont d'égales que les grandes victoires du Premier Empire, vous avez par > un acte de modération inouïe, prouvé la sincérité de votre promesse, l'Empire, « c'est ta paix, en tendant votre main triomphalement et en offrant cette paix à
• l'ennemi vaincu.
« La France applaudit avec cntliousiame et admiration au génie du grand t capitaine et i la sagesse du grand souverain.
■ Permettez à la ville industrielle de Montluçon, par l'ozone de son maire et « de son conseil, d'ajouter à l'expression sincère de ses sentiments, les vœux qu'elle 0 forme, pour que Dieu accorde à Votre Majesté de longs jours, et i votre dynastie
■ une longue et glorieuse durée.
■ Puisse Dieu aussi prolonger longtemps cette paix, que nous devons à votre s magnanimité et qui doit exercer une si puissante action sur l'avenir.
t Nous sommes, avcp le plus prorond respect, Sire, de Votre Majesté, les très
■ humbles et très fidèles sujets ».
Fêtes publiques. — Les sommes prévues au budget pour les lèles publiques ayant été en partie épuisées par la célébration des victoires de l'armée d'Italie, le conseil fut appelé à s'occuper de cette question.
Dans la réunion du 7 août 1859, le maire fit connaître que cette année, la fête patronale de la ville de Montluçon, coïncidant avec les Concours agricoles du canlon et du département, il yavait lieu, en conséquence, dans un intérêt municipal, de donner une grande solennité à cette fête multiple, qui doit durer trois jours, et d'allouer un crédit spécial pour SB célébration.
L'assemblée augmenta de deux cents francs le crédit ouvert pour 1859 aux fêtes publiques et vota une allocation de deux mille francs pour faire face aux dépenses qu'occasionnerait la célébration des fêtes des 11, 12 et 13 septembre 1859.
Place des Cordeliers. ^ Le 13 août ltl59, la place des Cordelier?,
PÉt)ioi>e DU âi^coNb ËupiHii 33*}
dite place de la Paille, fut déclarée place publique et on en adopta le plan d'alignement.
Culte protestant. — Le 2é septembre 1859, le conseil municipal était appelé à donner son avis, sur une demande du Consistoire de Bourges, tendant à obtenir l'autorisation d'exercer publiquement le culte protestant à Monlluçon.
Renvoyée à une séance ultérieure, cette demande fut rejetée par le conseil dans sa séance du 9 octobre suivant.
En 1874, le Consistoire renouvelait sa demande d'autorisation et sollicitait une subvention annuelle de mille francs pour payer la location d'une maison destinée è. l'exercice du culte et l'établissement d'une école protestante.
Sur un rapport tavorable de M. Chemel, le conseil vote une indem' nité annuelle de six cents francs, qui sera donnée spécialement comme subvention au culte protestant, la ville n'étant tenue à rien en ce qui concerne l'établissement d'une école.
Ainsi qu'on le voit, c'est & partir de 1874, que le culte protestant fut introduit à Montluçon. Si nous ne noua trompons, il fit ses débuts, rue Barathon, dans un modeste local, appartenant à la famille Râteau. Actuel' lement, il s'exerce dans un temple édifié rue Achille Allier.
Ràoeption au 8* de ligue, revenant de la guerre d'Italie. — Le maire fit connaître, le 3 novembre 1850, qu'il avait cru de son devoir de faire au S' de ligne de passage & Montluçon, une réception digne de l'armée à laquelle ce régiment appartient, et qui a accompli si héroïquequement, la glorieuse lâche que lui avait imposée Sa Majesté l'Empereur. Il ajoutait que la dépense s'élevait à 498 fr. 10 et le priait de l'approuver.
Demandes des religieuses du Bon-Seoours. -> Lecture fut donnée dans cette même séance, d'une lettre en date du 20 mars précédent, par laquelle M. le sous-préfet ordonnait l'ouverture d'une enquête sur la demande des religieuses du Bon-Secours, tendant à obtenir la reconnais^ eance légale de la maison, que cette congrégation se propose d'établir à Montluçon et l'autorisation d'acquérir un terrain, destiné à servir d'em^ placement à leur maison conventuelle, et invitait l'administration muni* cipale à soumettre an conseil, pour provoquer son avis, le procès-verbal des commissaires enquêteurs.
Après en avoir délibéré, le conseil prit la décision ci-après.
< Considérant que la fondation dans la ville de Montlut^on, d'une maiitoii des « religieuses du Bon-Secours, dont la rùgle a pour objet le soin uHa garde des < malades, conslitucrail un véritalile l>ienlai( pour la population ouvrière de cetto t. localité.
« Considérant que loin de s'opposer à celte création, l'assemblée l'appelle de
• loua SCS vœux.
a Est d'avis qu'il y a lieu de donner suite à ta demande des dames religieuses
■ du Bon-Secours, ayant pour but d'obtenir leur reconnaissance légale et l'autorisa- « lion d'acquérir un terrain destiné à servir d'emplacement à leur maison conven-
• luelle.
Paroisse Saint-Pierre. — Le Conseil renouvela le vfleu que la succursale de Saint-Pierre, fut érigée en cure inamovible et qu'un secours lui fut accordé pour la recoastruclion de la façade de l'église de cette paroisse et pour le dégagement de ses atwrds.
Installation du maire et du conseil. — Le 12 août 1860, M. Ûuchet Alexandre, nommé maire de Montlucon, par décret du 14 juillet précédent, prêta le serment accoutumé : c Je jure obéissance k la Constitutioa et fidélité & l'Empereur i.
Le 3 septembre 1860, fut installé le nouveau conseil, qui se composait de MM. Fournier, Gaulron, Fargin-Fayolle, Berlioz, Coingt, Bouyonnet, Dechaud, Forey, Moussy-Armet, Bouchet, Faurot, Bayard, Scbasseré, Dépin, Zègre, de Sarrazine, Ferry, Perrot des Gozis, Sabouret, Alamar^ot de Villiers, Georges, Morache, Dauvergne, Jaladon, de la Romagère, Raquin, Rocheriaux.
Adresse à l'Empereur pour l'inviter i venir visiter Montluçon. — Le 34 juin 1861, sur la proposition du maire, l'assemblée vota une adresse à l'Empereur pour demander à Sa Majesté que pendant son séjour k Vichy, elle veuille bien honorer de sa présence la ville de MontlucoD et ses établissements industriels. L'adresse fut rédigée en ces termes :
« Sire,
• Lorsque nous avons appris votre prochaine arrivée à Vichy, l'espérance de
■ vous voir bicntM dans nos murs est entrée dans te cœur de tous les habitants, et V de notre ville, et des campagnes qui l'entourent.
• Noos attendons depuis longtemps une occasion solennelle de témoigner à Votre <i Majesté notre attachement et notre admiration pour ta grandeur à laquelle elle a
■ élevé notre France, au dedans comme au dehora.
• Nous voudrions lui témoigner aussi notre reconnaissance pour tout ce que la D dynastie napoléonienne a fait pour nous.
■ Nous n'avons pas oublié que notre petite ville, au Moyen-Age, sommeillait
• paisiblement, lorsqu'elle fut réveillée par la pioche des prisonniers de guerre qui
• creusaient sur les bords du Cher le bassin aclucl du canal du Berry.
« L'illuslTC fondateur de votre dynastie avait voulu rendre productive les
• rieliessca minérales que Dieu a semées autour de nous, cl sa main puissante, après
• avoir tracé les roules impériales qui vivifient notre c'M bourbonnaise, isolée presque
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PÉRIODE DU Second Empire 339
» aa centre de la Frauce, créail noire avenir commerçai et înduslriel en dâcrélantle
• canal du Berry.
■ Votre sollicitude infatigable, qui se fait ainai sentir parlout, lorsqu'il s'agit de
> la richesse et de la prospérité de la pairie, ne nous a pas oubliés dans la réparlilion
• des voies ferrées. Bionlôt, grâce à Votre Majesté, quatre chemins de fer aboutiront
■ & Monlluçon.
■ Du jour où noire canal, longtemps iuachevé, a été ouvert A la navigation,
• l'activité est entrée dans l'enceinte de notre vieille ville, trop étroite pour loger sa « nouvelle population.
< Sa prospérité a pris un nouvel essor et a suivi un cours régulier depuis que
• vous nous avez donné la sécurité et la coniiance dans l'avenir ; depuis que vous « avez abaissé successivement les droits de navigation et que vous avez concédé nos ( voies rapides de communication.
« Enfin, Sira, vous nous avez appelés à profiter de la grande mesure destinée A
■ conjurer le terrible fléau des inondations.
■ Nous étions une ville inconnue ; par notre canal, par nos chemins de fer, cré-
■ ations du régime impérial, nous sommes déjà devenus une ville industrielle de second t ordre et nous avons l'ambition de compter plus lard au nombre des centres de pro-
iduclion les plus importants de la France.
< Mais, Sire, nous serons bien pins assurés de réussir dans nos espérances si,
■ par voire présence, vous daignez approuver nos oflorts dans le passé, encourager
■ cl aider nos efforts dans l'avenir,
« Après avoir donné à notre nombreuse population, qui se pres.sera respeclueuse-
• ment sur votre passage, la joie d'acclamer sen souverain ; en quittant notre ville, t dans laquelle s'agite l'activité industrielle des temps modernes, Votre Majesté Irou-
■ vera prés de nous, Néris, la cité romaine, pleine des souvenirs de cette autre grande
> époque, qui occupe les rares loisirs que vous laisse le fardeau de l'État. (1)
* Nous sommes avec le plus profond raspcct. Sire, de Votre Majesté les 1res
■ obéissants, très dévoués cl très fidèles sujets. »
Création d'an nouveau poste de commissaire. — Le 28 décembre 1861, le miire communiqua & l'Assemblée une leltre par laquelle le sous-préfet lui faisait part de l'tnteation manifeste du ministre de l'intérieur de créera Montlucon un second commissaire de police, dont le titulaire résiderait à Néris pendant la saison thermale.
M, le sous-préfet expliquait, dans sa lettre, qu'en droit, la dépense du traitement de cet agent incombait aux communes du canton et que la répartition qu'il y aurait lieu de faire entre elles des 1.4i0 francs repré' sentant le traitement d'un commissaire de 5* classe, meltrait à la charge de la ville de Montluçon une somme annuelle de 600 ft^ncs, mais que Son Excellence a consenti, sur la demande de M, le préfet, à prendre à la charge de l'Etat la plus grande partie de cette dépense.
(1) Allusion à l'histoire de César, qu'i'«ri»ait .\apolL-on Ml.
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:U0 HlSTOlBË DE MonTLUÇON
L'Assemblée vota pour sa part contributive, une somme de SOOfraocâ.
Nouvelle adresse & l'Empereur pour l'ensager i Tenir à Montluçon. — Le 12 juia 1862, sur la proposition de sou présideat, l'Assemblée, à l'occasion de la prochaiDe arrivée de Sa Majeslé l'Empereur dans le départemeul, vote l'adresse suivante :
< Sire,
* L'anDée dernière, à pareille époque, nous apprenions que Voire Majeslé t (Icvail Taire un assez loug séjour dans notre départcnienl et nous avions l'espoir de
■ vous recevoir dans nos murs.
* Le conseil niunicipal a l'honncar. Sire, d'ilre t'interprète des habitants de « Mo:itlnçon en vous priant de leur fournir l'occasion de voir, de connaître et d'ac-
* clamer leur Souverain.
( Cet honneur fail i notre ville, ce bonheur réclamé par nos populations ne
• purent alors nous être accordés.
« La nouvelle d'un voyage prochain que Votre Majeslé doit entreprendre avec CI notre gracieuse et bien aimée Souveraine et qni a pour but les villes qui nous cnlou-
■ rent, a fait renaître l'espérance dans nos cœurs.
■ L'n frémissement général agile toute notre population ; l'émotion gagne do t proche en proche ; on croit facilement à la réalité de ce qu'on désire ardemment ( et déjà tous considèrent comme assurée l'arrivée de Vos Majestés Impériales dans
* notre vieille cilé bourl>annaise, transformée aujourd'hui en ville industrielle.
* L'auguste chef de votre dynastie nous a donné le canal du Berry, qui nous
< rend aujourd'hui un des points importants du centre de l'Empire.
t Nous désirons pouvoir vous montrer comment cette création impériale qui
■ transporte nos richesses minérales dans la moitié de la France, a secondé nos efforts
■ en nous apportant la prospérité que produit l'activité dans une population devenue 4 quatre lois plus considérable en peu d'années.
a Nous désirons aussi vous remercier des voies de fer que nous vous devons et
* des LravaU!( de défense contre les inondations qui nous sont promis,
s Mais, Sire, pour nos concitoyens, pour ces laborieux ouvriers de l'agriculture
< et du rinduslrie qui entourent noire cité, par dessus tout, nous demandons à notre a tour, d'âtre appelés à miniFeslcr avec éclat nos sentiments d'alTection et de respect
• pour vous, Sire, qui avez tant fait pour la France et qui travaillez toujours avec t une ardeur infatigable à augmenter encore sa prospérité et sa grandeur.
« Pour votre noble compagne, Sa Majesté l'Impératrice, à l'Ame forte, au cwur
■ plein de bonté, et pour ce jeune Prince qui, guidé dans sa carrière par des mains
• ai puissantes et si douces est p^ur la patrie, l'espoir de l'avenir ».
Fossés de la rue de Tours. - Le 8 août 1862, le maire exposa que les graves inconvénients qui résultaient pour la salubrité publique du défaut d'écoulement des eaux de pluies des fossés bordant chaque cA(é de la roule impériale n" 143, l'avaient déterminé à demandera l'administration des ponts et chaussées de vouloir bien y apporter un remède au moyen de la construction de caniveaux pavés destinés à remplacer ces fossés.
PÉRIODE DU Second Empire ;t4l
Le projet élaboré par celte adraÎDislralion s'élève à Iti.OOO fraocs. Dans cette somme, les rlveraias et la ville devront participer pour chacun 2.600 francs.
Sœurs de Saint-Paul. — Le 16 octobre 1862 fut approuvé le traité conclu avec la supérieure générale des sœurs de la charité de Saint- Vinçent-de-Paul, pour l'envoi & Montluçoo, des sœurs destinées k diriger le nouvel asile à. établir dans la paroisse Saint-Paul.
Création d'une àoole communale A la Ville-Oozet. — Le 6 novembre 1862, furent déposés sur le bureau du conseil, les plans d'une école communale à construire dans le quartier d'Outre-Cher, ainsi que l'élat des dépenses et le cahier des charges. Les frais totaux s'élevaient à 37.188 francs.
L'emplacement choisi fut naturellement celui qui se rapprochait le plus des habitations de ce nouveau quartier, à l'extrémité de la rue de l'Aqueduc.
Remplacement de l'horloge da Chiteau. — Le 19 mai 1863, le maire soumil à la discussion et à l'approbation de ses collègues, le traité par lui passé, à Paris, avec M. Dorrel, horloger- mécanicien, pour le remplacement de l'horloge de la ville.
Aux termes de cet acte, M. Borrel s'engageait & fournir, à mettre en place et en fonction, avec garantie pendant cinq ans, une forte horloge, donnant les heures et les quarts et indiquant les heures et minutes sur les quatre cadrans existants.
De son cAté, la ville devait être tenue & lui payer 5,200 francs, tout en conservant k sa charge, le transport des pièces de Paris à Montluçon, l'appropriation de l'intérieur de la tour et la peinture des cadrans.
Adresse & l'Empereur. — Le 25 juin 1863, sur la proposition de son président, l'assemblée communale adopta le texte de l'adresse suivante :
• Sire,
« Depuis deux ans, voire Majeslô daignu tionorer de son séjour la principale
• station tliermalc de notre déparlemcnt.
* Les habitants de la ville de Monllugon nourrissaient l'espoir de posséder parmi
• eux le Souverain bien aimé qui a porté la France A l'apogée de la prospérité et de ( la gloire. L'année dernière, cette espérance semhlail sur le point de se iransFormer < en réalité el déjà, nos cœurs s'ouvraient à la joie d'acclamer le chef providenliel 1 de la grande nation ; déjà la population mon tlu lyonnaise se préparait avec enthou- 1 siasmc à recevoir son liûlc auguste avec l'amour et la reconnaissance <|ui lui sont
• dus, lors<]ue des circonstances impérieuses, sans doute, nous ont privés du bonheur i (jue nous n'avons fait qu'entrevoir.
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( Daignez, sire, cette anaée, combler nos vœux, réaliser dos chères espérances,
I lorsque le besoin d'un repos momenUoé conduira vos pas i Vichy ; nos ardents < diisirs seront accomplis, nous aurons vu l'Empereur. »
Voyage de l'Empereur. -- L'aanée suivaate, le'., 21 avril 1864, sur la proposition de son président, le coaaeil renouvelait son vœu k l'Empereur et lui votait l'adresse ci-après :
< Sire,
* Nous venons d'apprendre que bienldl vous viendrez demander aux thermes > de notre dëparlement quelques jours de calme et de repos.
• Celle nouvelle, qui s'esl propagée avec rapidité parmi nous, a Tait renaître
• l'espérance de voire auguste visite, ardemment désirée et impatiemment attendue a depuis trois années.
K Les autres arrondissements du département de l'Allier ont été, jusqu'à ee 0 jour, plus favorisés que nous ; et cependant, nous désirions pouvoir vous montrer B notre ville industrielle, dont l'accroissement ne s'arrête plus, depuis que sous 9 votre puissante impulsion, nous avons été dotés de ces nouvelles voies de commu- B nications indispensables au mouvement des affaires ; depuis que, par votre admi-
II nislralion politique, vous avez donné 4 la France, le calme et la grandeur.
t Interprètes des liabitanls de la ville de Hontlu^on, nous venons, Sire, vous A demander de daigner, en vous rendant à Vichy, "^vous arrêter pendant quelques . B heures au milieu de nous el nous fournir à nous tous, l'occasion mauilcslée, par nos
• unanimes acclamations, de nos sentiments d'attachement et de reconnaissance pour
• nos hien aimés souverams i.
Cette invitation est la quatrième et la dernière envoyée à l'Empereur parla municipalité. On sait qu'à partirde 1861, Napoléon IH vint r^ulièrement chaque année faire une saison à Vichy. Il lui était donc facile de venir passer quelques heut^ t Montluçon, ainsi que la municipalité lui en exprimait si chaleureusement le désir. On l'a vu, il se fit un peu prier, et ce n'est que fin août 1864, qu'il donna satisfaction aux édiles montluçonnais.On lui Ht une réception enthousiaste et grandiose. Nous allons en donner le récit fait par un témoin oculaire ainsi que la gravure publiés par le journal l'tltuslraiion, dans son numéro du 3 septembre 1864 (i).
Visite de Sa Majesté l'Empereur & Hontluçon. — t L'Empereur, il y a trois années, avait manifesté l'intention de visiter Montluçon, ville presque ignorée jusqu'à ce jour, mais dont il connaissait l'accroissèment rapide.
B Pourvu aujourd'hui d'un canal et de quatre lignes de chemin de fer, entouré de riches et nombreuses houillères, Montluçon est devenu,
(1) Commun iijuLii par noire concitoyen, M. Lafont,
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iii HrsToiRE de Montluçon
en peu d'aDoées, un des oenlres iodustriels les plus actifs et les plus importants de la France. De grandes et nombreuses usines y existent .léjA, et il ^'y en établit chaque année de nouveltes.
f A sim retour de Vichy, Sa Majesté s'y est arrêtée pendant quelques heures. Elle a été reçue à la gare par le maire et le corps municipal, qui l'ont conduite à l'hôtel-de-ville, où a eu lieu la présentation des députés du département et de tous les fonctionnaires.
> En quittant la gare, Sa Majesté a inauguré la nouvelle avenue, portant aujourd'hui, avec son assentiment, le nom d'aveoueNipoléon IIl.
< A l'extrémité de cette voie de quarante mètres de largeur, était placé un arc de triomphe dans le style moyen-Âge, se raccordant à merveille avec le vieux chflteau sur lequel il se détachait.
• La haie était formée parlesdéputations des communes, des mineset des usines, dont les riches bannières s'inclinaient pour saluer l'auguste visiteur. Partout, sur son passage, la population manifestait le plus vif enthousiasme ; partout les maisons étaient pavoisées et se dressaient des arcs de triomphe élevés par les habitants, le^ sapeurs-pompiers et la société de Secours Mutuels.
• A l'entrée delà nouvelle ville, un grand arc, élevé par les usines réunies, élait un véritable monument placé au point de rencontre des quatre rues. Ses quatre colonnes, formées avec des rails, n'avaient pas moins de douze mètres de hauteur. Cet arc de triomphe, magnifiquement orné, avait un caractère spécialement industriel ; il était construit tout entier avec les produits courants des usines ; rien n'avait été fabriqué pour la circonstance.
« Enarrivantsouscevasteportique.rEmpereuravusedéroulerdevani lui la longue et spacieuse rue de Tours, au milieu de laquelle les ouvriers des usines avaient élevé, k leurs frais, une pyramide de sept mètres de hauteur.
c Sa Majesté a visité les hiuts-fourneaux et la fonderie de la Société Boigues,Rambourg& C", les verreries, la manufacture de glaces et les hauts fourneaux et foires Saint-Jacques, de la Sociétéde ChAtillon et Commentry. Elle a paru frappée du caractère imposant des vastes usines, largement installées, en pleine activité et asuivi avec intérêt les détails des diverses fabrications. Au milieu des applaudissements, elle a décerné des récompenses justement méritées, aux directeurs de ces grands établissements.
< Tous les ouvriers étaient àleur poste de travail. Leurs camarades de Commentry et des autres usines qui entourent Montluçon, étaient venus se joindre & eux, et plus de 10,000 ouvriers étaient ainsi réunis.
■ L'Empereuraété impressionné par la vue de ces masses imposantes, par leur bonne tenue et la forme respectueuse qu'elles ont su donner, comme toute la population, ft la nianifestation de leur enthousiasme,
PÉRIODE DU Second Empire 345
• Après un séjour do quelques heures, Sa Majesté a quitté la ville, remerciant le maire de l'accueil qui lui avait été fait, et qui, du reste, avait élé des plus chaleureux.
tt Celte journée de fête s'est terminée par un magniUque feu d'artifice de f\uggieri et par de brillantes et générales illumi nations.
■ L'ordre admirable remarqué pendant le passage djSaMajesté n'a cessé de régner jusqu'au moment avancé de la soirée o<i chacun se séparattaux cris répétés de : a Vive l'Empereur b.
Retraite des employés de la mairie. — C'est le G mai 18fô que furent jetées les premières bases de la fondation d'une caisse de pension de retraite pour les employés de la mairie et la formation d'un fonds de réserve, qui devait permettre de liquider celles auxquelles ces employés pourraient avoir droit dans un temps plus ou moins éloigné.
Cette question, vu son importance, fut renvoyée k une commission, qui, dans uneséance ultérieure, émettait un avis favorable,en même temps qu'elle établissait le règlement de cette caisse.
Presbytère de Saint-Paul. — Le 10 février 1866, le conseil accepta la proposition qui lui était faite par M. Lnpendrie, curé de Commentry, de vendre à la commune, moyennant le prix de 12,000 francs, l'immeuble qui servait de presbytère à la paroisse Saint-Paul et qui était sa propriété.
Pour Jeanne d'Aro. — Ce n'est pas de nos jours seulement, qu'on se préoccupa en France de réhabiliter la mémoire de Jeanne d'Arc.
Déjà en 1867, des comités étaient organisés et institués pour rendre à l'héroïne de Domrémy l'hommage qui, depuis lui a été rendu.
C'est ainsi que nous voyons, dans la séance du 9 novembre 1866, le conseil municipal appelé à donner son avis sur une demande du comité central de souscription nationale de Rouen, en vue du rachat de la tour de Jeanne d'Arc et de l'érection d'un monument en son honneur.
Le comité, à cette occasion, faisait appel & la commune de Montluçon pour l'aider dans l'acte de réparation, qu'il avait l'intention d'accompltren faveur de l'héroïne.
Le conseil, après mûre délibération, et tout en manitestant ses sympathies pour l'œuvre qui lui était demandée, regrettait que l'état des finances de la ville ne lui permit pas d'y prendre part.
Contre le oholàra. — Dans cette même réunion, fut approuvée la dépense faite par l'administration municipale, pour l'installation d'une ambulance provisoire, destinée au traitement des malades atteints du choléra, et autorisé le paiement d'une somme de 270 francs au sieur Bellot, pour la location de la maison qui a servi à cette ambulance et l'assainissement des pièces qui la composent.
3i6 Histoire de Montloçon
Les sabres de la Garde Nationale. — Le 9 mai également, l'assemblée autorisa le versement dans les caisses du domaine, d'une somme de 2C3 francs, constatée nécessaire pour mettre en ban état de service, les cent sabres de la Garde Nationale, confiés par l'Etat à la ville et réint^rés dans les magasins de l'Etat.
Généreux donateurs. ~- Le 9 janvier 1868, le maire exposa l'ui^ence qu'il y avait à prendre de sérieuses mesuras pour venir en aide, dans la ville industrielle de Monttuçon, aux classes ouvrières qui composaient exclusivement sa population et à celles nécessiteuses, que le défaut de travail, la cherté extraordinaire des vivres et la rigueur prolongée de la saison, réduisaient à l'impossibilité de satisfaire aux besoins de la vie.
Il proposa d'ouvrir immédiatement des ateliers pour donner du travail aux bras inoccupés, et de faire journellement distribuer des secours en nature aux habitants que les infirmités ou l'Age mettaient dans l'impossibilité de subvenir à leurs besoins et enfin de mettre d'urgence à sa disposition, pour l'exécution de ces mesures :
!<■ Une somme de 1 .500 francs, don de M. Fould, député ; .
2* Une allocation de 1.500 francs, don de M. Moussy-Armet, au nom de la maison de banque dont il est le représentant ;
3" Une somme de 2,000 francs, résultant ou devant résulter du produit d'un bal et de concerts donnés par la Société Philharmonique (dont la fondation était récente) et la musique de la compagnie des pompiers ;
4» Enfin, de compléter lechifTre de ces libéralités jusqu'à concurrence de 12.600 francs, par un prélèvement de 7.000 francs sur les crédits ouverls au budget.
Des remerciements furent adressés àces généreux donateurs.
Installation du Uaire et des Adjoints. — Le 27 septembre 1868, & cinq heures de relevée, eut lieu l'installation, comme maire de la ville de Mootlucon, de M. Ouvière Louis-Diagoras.
Voici le procès-verbal de cette installalion :
« Nous, lj>sserre, sous-préfet do Monlluçon, assisté de M Forey Miltiadc, mema lire an conseil municipal, romplissanl les Tonctions de maire, par suite de laOémis- ■ sien de H. Alexandre Durliel, comme premier inscrit au tableau, avons procédé à a la preslation de serment de M. Ouvière Louis-Diagoras, nommé maire de Montlu- • Qon, par décret impérial du 30 septembre 1868 *,
Voici le serment préié parle nouveau maire, prescrit par la Constitution et le Séoatus- Consul te du 23 décembre 1852 ; c Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l'Empereur. •
Le 21 novembre 1868, il fut procédé à l'installation des adjoints, MM. Gaulron et Soulier.
PÉRIODE DO Second Empire Le tn&ire, & cette occasion, prononça l'alloculion suivante :
f Ce n'est pas sans émotion que je me trouve en face de vous ; vous me croirez
■ aisément lorsque je vous dirai que ce n'est qu'en Ircmblanl et après de longues
< Incitations que je me suis décidé à accepter le périlleux honneur d'être maire de
• Montincon.
« Comment en aurait-il été autrement ï Si je regardais autour de moi et surtout
• au milieu de vous, combien ne voyais-je pas de personnes ayant plus d'aptiludes,
■ plus de litres que moi par leurs lumières, leur position ou les services déjA « rendus?
■ Si je jetais un regard en arrière, je rencontrerais un maire auquel je puis
• succéder, mais que je n'ai pas la prétention de remplacer. A une grande fermeté, ( H. Duchet unissait une grande intelligence, j'ajoute immédiatement qu'il avait
• trouvé dans sou ami Zègre, un collaborateur aussi sympathique que lal>orieux et
■ capable et dans M. Gautron, un adjoint également très capable et très atlachéà ses c devoirs.
< Aussi, leur administration a-l-elle marché avec un grand ensemble, un dévoue-
■ ment vrai aux intérêts de la ville et a-t-ellefait des choses dont le souvenir restera.
■ Pour moi, messieurs, je ne me suis point fait d'illusion sur l'honnenr qui
• m'était offert, j'y ai vu tout simplement un appel, et si le mot ne vous parait pas
■ trop ambitieux, un hommage à mon esprit conciliant et libéral.
< J'en dois d'autanl plus de gratitude aux personnes qui m'ont proposé au
• choix de l'administration supérieure.
■ J'en suis d'autant plus étroitement tenu de consacrer à mes nouvelles foncc tiens, tout ce que je puis avoir de temps et d'expérience dans les aftaires, et aussi
< tout ce que je puis avoir de modération dans l'esprit et dans le cœur. Permettezs moi de remercier Messieurs Gaulron et Soulier, d'avoir bien voulu devenir mes n collaborateurs. M. Gautron n'en est point à ses premières armes ; il a déjA digne- 1 ment fait ses preuves, je suis trop l'ami de M. Soulier pour en dire tout le bien « que j'en pense.
• Tous trois, nous sommes fermement résolus â nous dévouer â la tâche que
■ nous avons acceptée ; mais nous avons besoin de toute votre sympathie et de tout
■ voire concours.
I J'ose vous les demander avec conliance, parce que nous n'avons tous ici qu'un ( seul et même but : l'intérêt de la ville ; parce que tous aussi nous avons une « ambition commune, celle qui anime les gens de ccpur : l'ambition de lâire le bien
• dans la limite de nos forces >.
Eoole de ChAtelard. — Dans la séance du 14 mai 1870, )e président donna lecture & ses collègues d'une lettre de H. le sous-préfet de l'arrondissement de Montluçon, en date du 15 avril précédent, par laquelle ce magistrat lui faisait connaître que, dans sa séance du 19 octobre 1868, le conseil départemental de l'instruction publique a désigné la ville de Montluçon comme devant entretenir une école mixte au village de
ChAtelard, conformément aus prescriptions de l'article 2, paragraphe 4, de la loi du 16 avril 1S67.
Il invitait, en conséquence, M. le maire à demander au conseil les ressources nécessaires pour l'installation de cette école et le traitement de l'institutrice qui y sera attachée.
Après une courte délibération, le conseil émit la proposition suivante :
« Considérant que le liameau populeux de Châtelard est à la distance de quatre t kilomètres do Montluçon ; que i^cl éloigncmént rend difficile, pour ne pas dire
0 impossible aux enfants qui l'iiahitenl, l'assiduité journalière aux écoles ; qu'à la * vérité, une sreur institutrice, placée au village par l'ancien curé de Notre-Dame, et
1 dans un modeste bdtiment â peu près approprié k cette destination, y fait la classe ■ à quelques jeunes gens des deux sexes ; mais que l'insuffisance de la rétribution 0 qu'elle en retire, ne lui permeltrait pas d'y séjourner plus longtemps si sa position « n'élail pas améliorée. *
Le conseil décidaqu'àpartirdupremierjuillet,une8ubvention annuelle de quatre cents francs serait votée pour l'entretien de cette école et pour foire à la sœur qui la dirige, un traitement quelconque, lui permettant de satisfaire aux impérieuses nécessités de la vie.
Vote de fonds pour la guerre. — Dans la séance du 6 juillet 1870, le conseil, sur la proposition de son président, sans aucune discussion, vota une somme de trois mille francs, avec les alTectations suivantes :
l" 1.000 francs k la souscription nationale ouverte pour secourir les blessés et les malades des armées de terre et de mer ;
2*> 1 .000 francs i la souscription organisée en faveur des militaires de l'arrondJEsement, appelés en activité ;.
3° 500 francs à la souscription de même genre, ouverte au proHt des familles de ces militaires, appartenant & la commune ;
4" 500 francs pour distribution de secours, aux troupes traversant Montluçon pour gagner la frontière.
Ce fut le dernier acte intéressant de cette municipalité, qui n'eut qu'une durée éphémère.
Installation de nouveaux oonseillers municipaux. — Le 23 août 1870, furent installés en qualité de conseillers municipaux, HH. Chantemille, Meunier, Déboutin,Chassagne, Royëre, Ferruge,Perton, Neyraud. Rebière, Lachaume, Dupuy, Renon, Laussedat, Masset, Sambon, Libron, Sachet, Chemel, Lesbre, Soulier, Joseph Dagois, Bonnichon, Roux, Lapaire, Bonnichon Antoine, Pinthon, Sivade, Vallanet.
Tous, à l'exception de Sambon, prêtèrent le serment habituel : «Je jure obéissance à la Constitution et fidélité k l'Empereur •.
PÉRIODE DU Second Empire 349
Proclamation de la République du 4 Septembre 1870. — La
République fut proclamée à MoBtluços dans )a matinée du 5 septembre. Déj& une graude efTervescence s'était maoiièstàe k la nouvelle du désastre de Sedan et de la chute de l'Empire ; mais la population se ressaisit vite et le calme fut bientôt survenu, en raison du deuil de la Patrie.
Nomination d'une Commiasion municipale. — Le I*'' octobre 1870, le préfet nomma une commission municipale de vingt-et-un membres pour remplacer le conseil municipal dissous.
Celte commission eut pour président M. Chantemille et MM. Renon et Déboutin, comme vice-présidents.
Cette commission vota ce même jour une somme de 50. 000 francs qui devait être afiectée :
1° Jusqu'à concurrence de 20,000 francs à l'achat d'armes et d'uniformes pour les citoyens nécessiteux qui, en exécution du décret du 29 septembre, seront organisés en compagnies mobiles, et à la distribution mensuelle de secours & leurs familles pendant leur absence.
2» Pour 30,000 francs à l'établissement d'ateliers de travailaccessibtes & tous les inoccupés.
Oarde Nationale. — Le 15 octobre 1870, une 8ommede54,268n'ancs comme contiogent assigné k la ville dans la dépense de la Garde nationale mobilisée, fut votée par la commission municipale.
Victime du devoir. — Le 3 décembre 1870, la Commission municipale vota une concession perpétuelle dans le cimetière Notre-Dame, en faveur de Gervais Chevrier, Agé de trente-huit ans.
Né & Voussac en 1832, mû, dit le président de la commission par lea idées les plus patriotiques, Chevrier vint oftrir sa haute expérience au comité de défense nationale de Montlucon pour la fabrication de bonne poudre de guerre.
A peine installé, il avait commencé ses essais, auxquels i) procédait avec la plus grande prudence.
Tout à coup, un accident dont les causes seront sans doute difficiles à apprécier, le frappe ainsi qu'un de ses aides. Les suites en ont été douloureuses pour la ville, puisqu'elles ont occasionnées la mort de deux personnes aussi dévouées.
Dans cette circonstance, pour prouver h la famille de Chevrier combien elle déplore le douloureux événement qui la frappe et pour donner au mort un témoignage des regrets qu'il emporte, par suite de l'accomplissement de ses devoirs de citoyen et de dévouement à son pays: • je propose & la commission municipale, dit te président, de voler en sa (aveur une concession perpétuelle dans le cimetière Notre-Dame, »
Ddlense nationale. — Le 11 janvier 1871, le président de la commission municipale, M. Chantemille, communique à ses collègues une dépêche, en date du 9 du même mois, par laquelle M. le préfet lui Eaisait connaître que le gouTemeraent de la Défense nationale avait imposé au département le soin de créer quatre batteries d'artillerie, devant ae composer de pièces de sept à longue portée.
Le préfet Etjoutait dans sa dépêche qu'en raison du prix élevé de ces batteries et des charges énormes qui pesaient sur le budget départemental, le gouvernement, sur sa demande, avait consenti à n'exiger que deux batteries de sept et deux batteries rayées de quatre.
Les batteries devaient être livrées avec leur matériel roulant et leurs chevaux, harnachement et accessoires, et le département devait, en outre, pourvoir à l'armement, & l'équipement et à l'habillement des artilleurs.
La dépense, concluait M. Chantemille, que doit occasionner l'exécution de cette mesure, étant une charge nouvelle pour le département, déj& fortement obéré, M. le préfet demande k la ville ai elle pourrait prendre à son compte le montant de l'une des batteries de quatre, qui s'élèvera & 80,000 francs environ, non compris le prix des projectiles.
La commission municipale fut appelée à examiner cette demande.
De la discussion immédiate à laquelle elle s'est livrée, il ressortait évidemment le désir de faire à cette proposition un accueil favorable, si la situation financière le permettait; mais l'examen minutieux des ressources de la ville détruisait toute illusion à cet égard, et, après une assez longue délibération, l'assemblée prit la décision suivante :
■ Considérant qu'il est poailivemenl élabli que les ressources municipales sont
■ déjà insuffisantes pour faire face aux charges qui pèsent en ce moment sur la ville « et qu'aggrave chaque jour d'une manière effrayante la rigueur exReplionnelle de « la saison ;
■ Considérant qu'il ne s'agit plus seulement de fournir du travail, mais de
■ nourrir complètement une prodigieuse quantité de familles ouvrières sans res- • sources et sans pain ;
■ Considérant que, si cet état de choses se prolonge, l'emprunt que la ville est
■ autorisée à faire, destiné principalement à racquittemenl d'anciennes dettes, sera « obligatoirement et par la force des circonstances, détourné de sa destination pour <c les besoins nouveaux et incessants qui se manifestent et qu'il ne semble pas pos- « silile d'en contracter de nouveaux ;
« Considérant, qu'une imposition de 0 3i ijî pèse déjà, et pour de longues 0 années encore, sur les contribuables et que, sous mille autres formes, cet impdt est 0 considérablement accru tous les jours par les fréquents appels de l'administration -» municipale au patriotisme et à la charité des habitanis:
a La Commission déclare, avec regret, que la ville est dans l'impossibilité abso- 0 lue de prendre exclusivement à sa charge, la dépense de 80.000 francs que H. le « préfet lui demande;
ïGooglc
Période du Second Empire 351
■ Toutefois, désireuse do coDCOurir, dans une proporlion équitable aux frais ■ que doit entraiaer pour le département de l'Allier, l'organisation de t'artillcrio de
* la Garde Nationale mobilisée, elle fait Voira d'y contribuer sur le budget munici-
* pal, pour la part que lui attribuerait la juste répartition de ces dépenses entra « toutes les communes de rarrondissement de Monlluçon ■■
OrataitA de l'enseignement primaire. — Le 14 lévrier 1871, la commission municipale vota la gratuité absolue daas les trois écoles communales de la ville et une imposition de quatre ceatimes, destinée à compenser cette gratuité.
L'école du hameau de Chàtelard fut également déclarée gratuite.
Le traitement de 400 francs, porté au budget pour la sœur qui la dirigeait, fut élevé à (iOO francs, à dater du premier janvier 1871.
Pavage des rues. — La commission approuva le projet de pavage de la Grand'Rue, des rues de la Fontaine, de la Comédie, de la rue Notre- Dame, à la condition que les propriétaires riverains y participeraient pour leur quote-part.
Troupes de passage. — Le 1"^ avril 1871, le président de la commission fit conaattre & ses collègues que, dans la nuit du 10 au 11 décembre de l'année écoulée, était arrivée& Montluçon, par la voie ferrée, sans y être attendue, une colonne de deux mille hommes, composée de mobiles de l'Ariège, & laquelle l'administration municipale s'était trouvée dans l'obligation de fournir instantanément le pain qui lui manquait pour continuer la route, après quelques heures de repos.
Le président ajoutait qu'il avait dû se procurer du pain par voie de réquisition et il terminait en sollicitant de la commission municipale, l'approbation des 269 francs 85 centimes, qu'avait occasionnés cette dépense.
Il fut ainsi fait.
Ouvriers sans travail. — Montluçon, la vieille cité tëodale, que nos lecteurs connaissent par les nombreux documents qui précèdent, manifeste de nouveau, ses sentiments patriotiques.
L'État, la nation, la province, n'ont jamais fait en vain appel à sa bonne volonté, dans les circonstances douloureuses.
11 en est de même, lorsqu'elle se trouve dans la nécessité de venir en aide & ceux de ses enfants qui sont dans le besoin. C'est ainsi que la commission municipale de 1871 s'efforçait d'alléger le plus possible la misère, en créant des ateliers oii chacun, pouvait apporter aux siens le pain nécessaire à leur nourriture.
hà procès-verbal de la séance delà commissioudu 25 août 1871, porte
ïGooglc
que )e président proposa à ses collègues de faire appel à la sollicitude du gouveroement ei de lui demander qu'il veuille bien h&ter l'exécution du chemin de fer de Tours à Montluçon, depuis longtemps déclaré d'utilité publique, au moins dans sa partie qui avoisinera la ville de Montluçon et ses dépendances, et quel que soit celui des tracés auquel il donnera la préférence, de prescrire l'ouverture immédiate des travaux de ce chemin de fer.
Les travailleurs iaoccupés trouveraient dans les chantiers de l'entreprise, dos ressources qui leur permettraient de subvenir, pondant la saison rigoureuse, & leurs besoins et & ceux de leur famille, et la ville n'aurait pas à voir se reproduire celte année, le spectacle de misères qu'elle serait dans l'impuissance de soulager.
Le conseil adopte cette proposition, et • considérant que la ligne doit, entre Montiuçoo et Tours, donner une notable diminution de parcours sur celles déjà exploitées ou concédées ; qu'elle est appelée & développer une richesse considérable dans tous les centres peu fertiles aujourd'hui, de l'Allier, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire qui ne sont pas desservis par des voies ferrées, mais dont l'apport facile de la chaux et des engrais quadruplerait les produits.
« Que la ville de Montlu^qn trouvera dans sa construction, immédiatement entreprise, l'avantage d'occuper les ouvriers sans ouvn^e :
t Emet le vœu que les travaux du chemin de fer sus-dit, soient organisés sans délai, de manière à permettre d'utiliser pendant l'hiver les bras inoccupés.
L'assemblée émit également le vœu que dans le cas ou le gouvernement, renonçant à couder & l'industrie particulière la fabrication des armes de guerre de tous genres, adopterait déllnitivemeut le système de fabrication par l'Etat et viendrait à créer en province de nouveaux établissements consacrés à cette fabrication, la ville de Montluçon fut désignée pour être le siège de l'un de ceux qu'il y aurait lieu de fonder.
Placée au centre de la France, avec les nombreux moyens de transports par terre et par eau dont elle dispose ; dotée d'importantes usines métallurgiques qui eu font une des principales villes indusldelles de France, la ville de Montluçon réunit toutes les conditions désirables pour satisfaire aux exigences de ce service.
Aussi le conseil municipal exprima-t-il l'espoir que ce vœu serait pris en considération et il chargea son président d'en transmettre l'expression à l'autorité supérieure.
Installation du maire. — Le 18 février 1872, le président de l'assemblée, M. Déboutin, donna communication de l'arrêté du 6 du même mois, par lequel le président de la République a nommé M. Henon Pierre,
PÉRIODE nu Second Empire 353
mairede MoDtlucon, en remplacement de M.J.Chantemille, démissionnaire, et U. Rebière Hector, adjoint, pour remplacer M. Renon, nommé maire.
Libération du territoire. — Lecture fut donnée d'une lettre du maire de Moulins faisant connaître que le conseil de cette ville venait d'organiser une souscription destinée & concourir à la libération des départements occupés par l'ennemi et lui demandant d'unir ses efforts à ceux de cette assemblée, pour donner à cette manifestation un caractère vraiment national.
Le conseil, tout en s'associant à cette pensée patriotique, déclara regretter que l'état des finances de la ville ne lui permit pas de concourir à sa réalisation.
Toutefois, chacun de ses membres se déclara prêt à contribuer personnellement à la souscription organisée par le conseil municipal de Moulins et invita son président à se faire, auprès de cette assemblée, l'interprète de sa sympathique adhésion.
Enseignement laïque (Vœu du conseil). — Le 29 novembre 1871, le conseil, qui avait alors & sa lète M. Chantemille, prenait une délibération en vue d'obtenir que les écoles congréganistes de garçons de la ville, fussent confiées k des instituteurs la'iques.
Dans la réunion du 27 mars 1872, le maire lit connaître à l'assemblée la réponse de M. le préfet.
S'appuyant sur l'avis du conseil départemental de l'instruction publique, qui pense que la mise à exécution de cette mesure serait préjudicia' blç à renseignement primaire et qu'il serait préférable de maintenir et de développer simultanément les deux modes d'enseignement, M. le préfet faisait connaître qu'il n'avait pas cru devoir donner son approbation au vote du conseil, tout en exprimant le désir de voir créer dans te quartier Outre- Cher, une nouvelle école, dont la direction serait confiée, soit à des instituteurs laïques, soit à des instituteurs congréganistes.
Une assez longue discussion suivit la lecture de cette lettre.
L'assemblée la résuma en déclarant de la manière la plus expresse que, malgré les appréciations du conseil départemental de l'instruction publique, elle a la conviction d'être le fidèle interprète des sentiments de ses concitoyens en demandant l'exécution de son vote.
Elle renouvelle, en conséquence, en insistant énei^iquement pour qu'il y soit donné suite, le vœu qu'elle a déjà si catégoriquement formulé, de voir confier à des instituteurs laïques la direction des écoles communales de garçons tenues aujourd'hui par les Frères de la doctrine chrétienne, et tout en consentant à ajourner au l"* octobre la réalisation de cette mesure, elle se réserve le droit d'occuper les bâtiments de ces écoles appartenant ft la ville et de cesser le paiement de toute subvention aux
354 HtSTOIBE DE MONTLUCON
tDStituleurs qui les dirigeai, si, àcetteépoque,radiniQiatration supérieure D'à pas tenu compte de ses obeerratioDs.
Cette délibération ne fut pas prise en considération par l'autorité supérieure, ainsi qu'en témoigne la pièce suivante, qui porte la date du 23 août 1872, qui figure au r^islre des actes de la mairie :
SOUS-PRÉFECTIRB DE MONTLUCON
Extrait du registre des arrêtés de la Préfecture de l'Allier,
I Nous, Prërol de l'Allier, chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur, « Vu la délibération du conseil municipal de la ville de Honllu(on du 39 novem- ( bre i8T1, par laquelle cette assemblée a décidé que des instituteurs laïques, rem-
< plaçant les instituteurs congréganistes, seront nécessairement installés le i" avril « 1873.
■ Vu la délibération du même conseil, en date du 37 mars 1873, dans laquelle « cette assemblée décide qu'elle persiste énergiquement dans le vœu préc^emment « exprimé, tout en ajournant l'exécution de la mesure an fc octobre 1873, et se « réserve tant d'occuper les locaux appartenant à la ville et occupés par les Frères t de la doctrine chrétienne que de retirer toute subvention à ces derniers, s'il n'est I pas, à cette époque, donné salisfaclion au vœu dudit conseil ;
« Vu la loi du 15 mars 1850;
I Vu le décret du 14 juin 1851 ;
« Vu la circulaire ministérielle des 12 juillet 1862 et 38 octobre 1871 ;
« Vu le rapport de l'inspecteur d'académie ;
« Vu les délibérations du conseil départemental de l'instruction publique des « 13 et 15 janvier 1872 ;
< Considérant que si la législation cl la jurisprudence en vigueur autorisent les I conseils municipaux à statuer sur l'établissement des écoles primaires dont l'ent tretien est à la charge des communes, à émettre des vœux sur la direction à
■ donner A l'enseignement et concèdent aux maires un droit de surveillance, l'admî-
< nbtration du personnel de ces écoles appartient à l'autorité préfectorale, sous le
■ contrôle de l'autorité centrale ;
« Considérant que ce n'est qu'en maintenant les écoles qui existent, en créant
< de nouveaux établissements scolaires et en stimulant une loyale concurrence entre
• les écoles laïques et les écoles congréganistes, que l'on peut largement développer 1 l'instruction primaire et donner satisfaction aux pères de ^milles.
« Considérant que les municipalités ne sont appelées à donner leur avis sur le
■ choix d'un instituteur communal laïque ou congréganiste, que dans certains cas 1 prévus par la loi, et qu'aucun cas de cette nature ne s'est produit ;
fl Considérant qu'on présence des discussions qui ont motivé le vote de la loi
• du 15 mars 1850, cette loi ne sauniil recevoir d'autres interprétations ; que celte
■ interprétation est conhrméc par les prescriptions des circulaires ministérielles des <i 13 juillet 1862 et 38 octobre 1871 et est conforme à l'avis plusieurs lois émis par « le conseil départemental de rinstruclion publique ;
« Considérant que la ville de Honllucon, n'alloue aux Frères de la doctrine
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PÉRIODE DU Second Empire 355
« chrétienne aucune subvention dans son budget, mais qu'elle y porte seulement et
■ est tenue d'y porter le traitement des instituteurs communaux congréganistes,
■ lequel ayant un caractère obligatoire et nullement facultatif, ne peut âlrc retiré.
I Considérant dès lors que par ses délibérations précitées, te conseil municipal « de Montluçon, en ne se bornant pas à émettre un vœu, mais en décidant de sa « propre autorité que des instituteurs laïques remplaceraient, à des époques données
* les instituteurs congréganistes, el que ces derniers cesseraient do recevoir leur a traitement a excédé ses pouvoirs ;
< Le Conseil de Préfecture entendu, arrête :
> Article Phehieh. — La délibération du conseil municipal de Montluçon du
* S9 novembre 1871, est annulée dans celle de ses dispositions qui décide que les
* écoles dirigées par les Frères do la doctrine clirétienne seront nécessairement sup-
* primées et remplacées par des écoles talques à partir du 1^'' octobre 1873 ;
■ Abt. 3. — Est également annulée la délibération du 27 mars 187â, dans colle
* de ses dispositions où le conseil se réserve te droit d'occuper les locaux habités
■ par les Frères et de leur retirer toute allocation à partir du 1»' octobre I87i, s'il
■ n'est pas donné satisfaction aux v<eux émis par le dit conseil ;
> Art. 3. — Le présent arrêté sera notifié A M. le Maire de Montluçon el trans- « crit sur le registre des délibérations du conseil manicipai de cette ville ;
« Art. 4. — M. le sous-préfet est chaîné de l'exécution du présent arrêté. « Le Préfet: dg FRADEL. .
Leclure de cet arrêté fut faite à la séaDce du 12 mai 1872.
Le Conseil, tout on persistant dans ses idées, déclare ajourner & la prochaine session les mesures qu'il lui paraîtrait utile de prendre pour obtenir la réalisation de ses vœux.