CHAPITRE XXX
Période Contemporaine
Marché de la Ville-Gozet. — Ambulance du Sacrà-Cœur. — Pont noir. — Changement de noms de plusieurs rues. — Reconstruction et élargissement du Pont Saint- Pierre. — Nomination de maire et d'adjoints. — Fêtes de Septembre. ~ Suspension du Conseil municipal. - Halle de venta A la criée. — Installation des nouveaux conseillers. — Chaire de régent au Collège.
— L'Hôpital. — Proposition d'échange de terrain entre la Ville et les Mariâtes, -r- Nouvelle délibération et lettre du Préfet sur l'échai^ge proposé & la Ville par les Pères Maristea.
— A propos d'un incident. — Le Conseil' demande l'achat d'un buste delaRépublique. — Délibération annulée. — Inondations du Midi.— Ecoles communales, lettre du recteur de l'Académie de Clermont. — Rétablissement du Concours agricole. — Discours de H. Renon, maire provisoire. — Reconstruction du Pont Saint-Pierre. — Nomination d'adjoints. — Ecole communale de filles, rue de l'Est. — Vote d'un secours aux ouvriers lyonnais . — Dissolution du Conseil municipal et nomination d'une Commission. — Mesures prises en vue de maintenir la tranquillité publique. — Conseil de Prud'hommes. — Suspension de la commission municipale ; son remplacement par les anciens conseillers. — Création d'un Tribunal de Commerce.
Marché de la ViUe-Oozet. — En 1872, les habitants de la Ville- Gozet firent au Conseil la demande d'un marché complet ; il ne leur fut accordé qu'un marché pour la boucherie et la vente des pommes de terre; mais l'année suivante, le maire proposa de donner satisfaction complète aui pétitionnaires. Une Commission fut nommée ; elle déposa un rapport favorable, et dans sa séance du 10 novembre 1874, le conseil institua les deux marchés hebdomadaires existant encore actuellement.
Cependant, les habitants du quartier Saint-Paul n'étaient pas encore satisfaits: ils eussent voulu un marché spécial qui se tint sur la place de l'église et o(i il serait vendu toutes choses nécessaires ù l'alimentation.
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Ils adressèrent, à cet elTet, une pétition à la muaicipalité. L'assemblée émit l'avis que ce marclié a'étant pas nécessaire, il n'y avait pas Heu de donner satisfaction aux pétitionnaires.
Ambulance du Sacré-Cœur. — A la séance du 14 juin 1873, M. le maire donna lecture à ses collègues d'une lettre de M. le curé de Saint-Paul, dans laquelle ce prêtre expose qu'au moment de la guerre, sur l'offre qu'il en avait faite, le comité de défense avait accepté la maison du Sacré-Cœur pour y installer une ambulance ; que les salles principales de cet établissement avaient suffl d'abord aux exigences de ce service ; mais que le nombre des soldats malades s'étant accru outre mesure, il avait été nécessaire de recourir aux étroites cellules et de démolir les cloisons qui séparaient un quartier pour les convertir en une vaste salle convenablement aérée.
Que cette appropriation avait donné lieu à une dépense qu'il évaluait à 200 francs et dont il demandait te remboursement à la ville.
Le conseil prenant en considération cette demande vote l'indemnité de 200 francs.
(La maison du Sacré-Coeur est actuellement occupée par l'école des Frères, rue de Damiette).
Pont noir. — Le conseil se préoccupa aussi dans la même réunion, d'un projet de la Compagnie d'Orléans qui, dit le procès-verbal de cette séance, semblait devoir promptement se réaliser sans enquête préalable, et qui avait pour objet, d'élai^ir la voie ferrée de Moulina à Montluçon, en face du faubourg de Bretonni, aux dépens des chemins latéraux la joignant, de prolonger cooséquemment de chaque côté sur ces chemins, le pont servant au passage des trains vis-ft-vis de ce faubourg, et d'aggraver ainsi, en allongeant son parcours, les inconvénients, pour ne pas dire les dangers d'un passage étroil et obscur établi sous ce pont pour aller de la ville aux différents villages qui l'avoisinent.
Se faisant l'interprète des habitants de ce populeux quartier ou, pour parler plus justement, de la population toute entière, et dans l'intérêt de la sûreté publique, qui peut à chaque instant se trouver compromise, le conseil proteste à l'avance contre l'exécution de tous travaux, devant avoir , pour efTet d'aggraver ces inconvénients et les dangers. Il charge le maire de s'y opposer en son nom, jusqu'à ce que la Compagnie d'Orléans soit en mesure de produire une autorisation régulière, et à la condition expresse que, faisant droit aux demandes réitérées qui lui ont été faites, celle Compagnie reconstruise le passage sons rails, dont les difficultés sont ici signalées, de manière à ce qu'outre sa laideur de deux mètres nécessaire à la circulation des voitures, il y soit, de chaque côté, placé des trottoirs devant permettre aux piétons de circuler sans danger dans ce passage.]
Cet élargissement, qui est ane nécessité daas i'état actuel des choses, s'impose de la maaière la plus impérieuse, si les ioteationa attribuées à la Compagnie et qui se sont déjà manifestées par ua commencement d'exécution reçoivent l'approbation de l'autorité supérieure et se réalisent.
Le conseil demanda donc avec instance qu'il ne fût permis de donner suite à. ce projet, que sous la condition expresse que la Compagnie fera droitàcetteréclamationet il appela sur cette grave question, la sollicitude préfectorale.
Le président, dans cette même réunion, communiqua à l'assemblée une dépêche du i2 présent mois, par laquelle M. le ministre des travaux publics, en réponse à la protestation du 31 mai dernier, à laquelle ont donné lieu, de la part du maj;^ et de son conseil, les travaux entrepris par la Compagnie d'Orléans pour l'allongement du viaduc sous rails de Bretonai à la gare de Montluçon, déclare qu'après examen de cette affaire au Conseil des Ponts et Chaussées et conformément à l'avis de ce Conseil, il a décidé que cette réclamation ne saurait être accueillie et qu'il y avait lieu de Eure connaître à la Compagnie qu'elle pouvait reprendre immédiatement l'exécution des travaux approuvés par le décret du 18 janvier 1873.
Celte communication donna lieu à une discussion des plus sérieuses, à la suite de laquelle l'assemblée désigna une commission pour aviser ajx mesures à prendre, s'il y avait lieu, alla de s'opposer par toutes les voies légales à l'exécution de cette décision. La Compagnie ne donna pas suite à son projet et l'afTaire ne devait aboutir que longtemps plus lard.
En eflet, le 25 août 1S90, il fut donné au conseil lecture d'une lettre de M. le sous-préfet, de laquelle il résultait qu'un nouveau projet venait d'être établi sur devis estimatif de 30.000 francs, et portant la largeur du passage de 2 m. 50 à 4 mètres. Le tiers de la dépense devait être mis à la charge de la commune.
Ce dernier projet fut adopté et les travaux commencèrent peu de temps après.
Changement de noms de plusieurs rues. — Dans cette séance du 31 mai 1873, le conseil vote le changement des rues Napoléon III, qu'il décida d'appeler rue de l'Hôtel de Ville ; de la rue du Commandant Fournier, qu'il appela me de la Rotonde (1), et de la rue du Uoulin (2), qu'il appela me de la Gare des Marchandises.
Reconstruction et dtargissemeat du pont Saint-Pierre. — Le
(1) Actuellement rue Barathon.
(3) Preniii>r tronçon de l'ancienne rue du Moulin de la Roche, qui conduit de la place Brctonni à la gare des marchandises, et qui conserve encore aujourd'hui le nom de rue du Moulin.
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22 septembre 1873, le rapporteur, au nom de la commissioD spéciale nommée à l'effet d'examiner la question de reconstruction du pont Saint- Pierre, formule ainsi son opinion :
« Le projet de reconslrucLioD du pont du Cher, tel qu'il est présenté par l'Ingénieur des Ponts et Chaussées, offre de sérieux avantages au double point de vuedel'écoulementdes eaux et de la circulation publique.
« Le débouché actuel du pont est évalué h 103 mètres. Le nouveau projet donne une surface de 330 mètres, soit une augmentation de 58 %•
« il est évident que le remous ou différence de niveau des eaux qui existe au moment des grandes crues entre l'amont et l'aval du pont, sera sensiblement diminué et, par suite, aussi le champ d'inondation.
< D'un autre cOté, le pont actuel a 7m. 70 de largeur entre les gardecorps, celui projeté aura 0 m. 80, soit une augmentation de 2 m. 10.
c Par sa proposition, le pont de Montluçonmeten communication tant sur la rive droite que sur la rive gauche du Cher, cinq routes nationales.
< La ville, partagée d'une manière à peu près égale sur les deux rives de la rivière a une population de plus de vingt mille Ames, et il est d'une ioconlestable évidence que la largeur du pont actuel est tout k fait insuffisante pour la circulation publique, aussi y existe-t-il un encombrement extraordinaire, surtout les jours de foire et de marché i.
Primitivement, les ingénieurs de la navigation avaient dressé et présenté un projet pour l'endiguement du Cher, aSn de préserver la ville de Monttuçon des inondations de celle rivière. Dans ce projet, la reconstruction du pont était comprise.
La dépense générale, évaluée à 300.000 francs, se répartissait comme suit :