‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 57 sur 113 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Période Contemporaine (suitb)

Nominatiou de la nouvelle municipalité. — Création de ohantierB pour les ouvriers sans travail. — L'hiver de 1878-79. — Secours aux malheureux. — Égout collecteur de la rue de Tours. — Vote de fonds pour la construction d'une nouvelle éoole et d'un asile maternel à la Ville-Gozet. — Lavoirs et travaux divers. — Ouverture de la rue des Bernardines. — Prolongement de la rue du Commandant Foumier, aujourd'hui rue Barathon, josqu'i la place des Toiles. — Station de la Ville- Oozet. — Rampe de MarmjLgnolles. — Pompes funèbres. — Emprunt au Crédit Foncier. — Acquisition de terrains. — Municipalité Nouvelle. — Expropriations. — Don ministériel. — Plaoe Saint-Paul. — Conseil de Prud'hommes. — Anoien hôtel de l'Europe. — Agrandissement du canal. — Fêta de Chfttelard. — Déplacement de la poudrière. — Pétition des habitants de la Grange aux Rats . — Passerelle sur le Cher. — Asile de Courtais. — Interdiction des processions. — Création d'une Société de tir. — Création d'une éoole aux Iles, d'un poste de polioe à la Ville-Oozet et d'un second poste de oommissaire. — Vente de la vigne des Conches. — Dénomination de rues. — Mort de Oambetta. — Pont des Iles. — École de filles. — Éoole supérieure de filles. — Éoole professionnelle Salîcis. — Éoole de Chételard. — École maternelle de la route de Paris. — Installation du conseil. — Seooors aux victimes du choléra. — Obsèques de Victor Hugo. — Legs Rosalie Barathon. — Démolition du pont Ringuet. — Convention entre l'hôpital et l'autorité militaire. — Dallage des trottoirs. — Alignement de la maison de La Barre. — Élection de la municipalité. — Justice de paix du Canton Ouest. — Bureau de poste à la Ville-Gozet. — Éclairage électrique. — Changement de la dénomination d'une rue, — Barrage sur le Cher. — Agrandissement de la gare. — Fondation de la Société de9 ÇçurseB,

PÉRIODE Contemporaine {Suite) 381

Nomination d'une nouvelle municipalité. — Le 19 décembre 1878, il fut donné lecture du décret suivant :

( Lo Président de la KépuMiquc Française, « Sur la proposition du secrétaire d'Slat au département de l'Intérieur. 1 Vu l'article i de la loi du 13 août 1876.

■ Décrète :

• Article PaBnieii. — Sont nommés :

■ Maire de la ville de Hontlui;on, H. Chantemille Joseph, en rem place m ont de « M. Renon, démissionnaire.

« Adjoint, .M. Edmond Piquand, en remplaoementde H. Dupuy, démissionnaire.

Création de chantiers pour les ouvriers sang travail. — Dans cette même séance, ie maire fit au conseil l'exposé suivant :

< Un grand nombre d'ouvriers habituellement occupés dans nos usines sont sans travail ; et par suite de l'écroulement d'un pont sur le " Cher, la circulation est interdite sur le canal du Berry, un chAmage forcé s'impose à toute une population étrangère & notre ville que l'on ne peut estimer, suivant les rapports qui nous ont été faits, & moiue de 1.800 personnes, parmi lesquelles se trouve nombre de femmes et d'enfanta, qui n'ont d'autres asiles que leurs bateaux.

Bien des mieères m'ont été signalées et nous ne sommes qu'au début de ta crise ; aussi n'hésitons-nous pas k vous demander des ressources pour créer des chantiers et venir en aide aux plus malheureux.

t Des travaux de terrassement peuvent être entrepris sur divers chemins vicinaux et particulièrement sur ceux de Rimard, de Marignon, des Guineberts, etc.

• Mais k cet égard, nous vous demandons pour l'administration la plus grande latitude, car le temps matériel lui a manqué pour faire préparer des projets qui vous auraiept été soumis.

• Nous comptons aussi faire casser du quartz et du laitier pour l'entretien de nos chemins vicinaux.

' Nous vous prions de voulojr bien nous autoriser k ikire exécuter eu r^ie les travaux du chemin partant de la route nationale 145 et conduisant au Champ Long, destiné à la création d'un cimetière *.

LTxlver 1878-79, soooups aux malheureux.— L'hiver de1878-79 étant des plus rigoureux, la population ouvrière fut très éprouvée.

Cette pénible situation ayant été aggravée par la crise industrielle, les ressources du budget communal étaient insuffisantes pour atténuer une si grande calamité. Aussi l'assemblée décida-t-e)le de s'adresser aux pouvoirs publics, pour leur demander aide et protection.

C'est dans ce but qu'elle avait écrit k M, de Freycinet, ministre des

382 Histoire re Montluçon

travaux publics, le priant de l'exoaérer du paiement de la pEu^ contributive à laquelle la ville s'était engagée dans la reconstruction du pont Saint-Pierre.

Le ministre voulut bien acquiescer aux désirs du conseil, ainsi qu'en témoigne la lettre ci-dessous, dont il fut donné connaissance à la réunion de l'assemblée communale du 13 février 1879.

Versailles, 5 février 1879.

« Monsieur le préfet, ■ Vous m'avez transmis, avec un rapport de M. l'ingénieur en chef, une délia Itération en date du 30 juin dernier, par laquelle le conseil municipal expose qu'en a présence de la misère profonde qui frappe la classe ouvrière, par suite de la prolon- « galion de la crise industrielle, il se voit dans la nécessité, pour procurer du travail •c aux nombreux ouvriers inoccupés, d'organiser aux abords de la ville, des chantiers » de terrassements.

« Hais comme les ressources dont il pourrait disposer seraient insuflisantes, el

■ ne permettraient pas d'atteindre le but qu'on se propose, le conseil demande avec

■ la plus vive instance que l'Etat veuille bien venir en aide â la ville, en l'exoné-

■ rant du paiement de 30.000 francs qu'elle a promis de fournir pour sa part contri-

■ bulive dans la reconstruction du pont Saint-Pierre.

« M. l'ingénieur en chef est entièrement favorable A cette demande que vous

■ appuyez, de votre cAté, en signalant la gravité de la situation.

( Prenant en considération tes circonstances qui viennent d'être rappelées, je « reconnais, M. le préfet, qu'il convient de dispenser la ville de verser la somme de

• 16.000 francs, qu'elle doit encore à l'Etat sur celle de iO.OOO francs, représentant

• sa part contributive dans les travaux dont s'agit.

Egout oolleoteur de la rue de Tours. — Le maire exposa que depuis longtemps, ta Ville-Gozet réclame avec de vives instances, la construction d'un égout collecteur qui partirait du chemin de fer, assainirait la rue de Tours, recevrait les eaux des rues adjacentes et irait se déverser dans le Cher.

Considérant que ce travail est d'une urgence incontestable, l'assemblée en décide la construction et vote, pour en assurer l'exécution, une somme de 30.000 francs, à inscrire au budget de 1880.

Tote de fonds pour la construction d'une nouvelle Aoole et d'un asile maternel à la ViUe-Oozet. — M. le maire ajoute qu'une nouvelle école est indispensable dans le quartier de la Vîlie-Gozet, celle qui existe comptant plus de cinq cents enfonts. Il serait k désirer qu'elle fût construite de manière & n'y pas recevoir plus de deux cents enfants. Un directeur qui compte plus de trois adjoints éprouve de sérieuses difficultés. Que doivent-elles être pour un maître assisté de huit adjoints, comme celui de l'école du canton ouest? Une somme de 30.000 francsest proposée.

PÉRIODE Contemporaine {Suite) 383

La con3lruction d'un asile maternel pour les jeunes enfants de la Vllle-Gozet est également d'une nécessité absolue. Les asiles qui existent laissent à désirer sous une foulede rapports. Le nombre considérable d'enfants qui les fréquentent rend insuffisantes les salles qui les contiennent. Aussi, inspecteurs et inspectrices s'accordent à signaler la gène dans laquelle se trouvent <ïes enfants et le manque d'air qui existe.

Le maire propose une somme de 40.000 francs pour cette création.

Lavoirs et travaux divers. — Le Isesoin de lavoirs publics s'est [ait sentir depuis bien des années. Il est pénible, de voir par un temps froid, pluvieux et orageux, un nombre considérable de personnes, expo* sées sur les bords du Cher à toutes les rigueurs de la température pendant des journées entières. Un abri pour elles serait un bieobit auquel la population applaudirait. Le maire propose donc la création de deux iavoira qui coûteront 10.000 francs chacun.

Diverses autres sommes furent également votées aux effets suivants :

1" 7.000 francs pour aménagements et plantations d'arbres dans les cimelières ;

2« 7.300 francs pour aménagements et constructions à l'hApilal ;

3' 4.000 francs pour le prolongement de la rue de l'Aima, qui formait . alors un cul de sac.

Ouverture de la rue des Bernardines, — Le projet d'ouverture de la rue des Bernardines avait été adopté par le conseil, le 17 aoAt 1878. « Il est d'une très grande urgence, disait alors M. le maire, puisque son exécution donnerait satisfaction au désir depuis longtemps manifesté par la population, de fournir un débouché au quartier du Chètelet en le reliant à celui de Saint-Pierre.

Le conseil vota à cet effet, un crédit de 33.000 francs.

Mais après l'ouverture de la rue des Bernardines, la partie de rue comprise entre le pont Saint-Pierre et le pont Gallerand (1), projeté sur le Lamaron, serait d'une largeur insuffisante pour le trafic de la Ville- Gozet h la gare. Une somme de 50.000 francs fut votée pour cet élargissement, et un crédit de 10.000 francs pour l'élargissement du pont sous rails de Bretonni.

Prolongement de la rue du Commandant Fournler, aujourd'hui rue Barathon, jusqu'à la place des Toiles (2), —Le maire soumitau conseil une souscription des habitants du quartier de la place des Toiles et de la rue du Commandant Fournier, s'élèvant à 8,G00 francs, faite en vue de l'ouverture d'une rue partant du boulevard et faisant prolongement

(1) Nom du créateur de la prcniicre lanneiie locale, alors siluee deraière le Lyc^e. (3) Rue Arago,

384 HlSTOlBE DE MONTLUÇON

de la rue du CommandaDt Fournier à la rue Sainte-Anne. Le conseil avait déjà eu à s'occuper deceprojetetavaitmèineT0téUDe9Oinmede3,â00firancs pour venir en aide aux souscripteurs.

Aujourd'hui, en présence des nouveaux sacrilices faits par ceux-ci, le maire demande au conseil d'augmenter de 1 ,500 francs la sonamo promise, aux conditions suivantes de rigueur : (a) La voie projetée aura 10 mètres de largeur dans toute son étendue ; (b) elle aéra remblayée et macadamisée d'après les indications données par la ville, et les caniveaux seront faits, ainsi que tous autres travaux d'intérêt général, qui pourraient être exigés par l'administration.

Le conseil s'associant à cette demande vote la somme nécessaire.

Station de la ViUe-Gktzet. — Le conseil est appelé & délibérer sur les observations présentées & l'enquête ouverte au sujet des plans parcellaires du chemin de fer de Châteauroux k Montluçon.

L'assemblée, faisant diverses réserves relativement à la station de la Ville-Gozet, déclare n'avoir pas d'observations à présenter sur les plans parcellaires.

Lycée de Montluçon. — Le conseil d'administration du Collée dans sa séance du 5 mai 1879, émit un vœu tendant à obtenir la transformation en lycée du collège existant à cette époque.

Le conseil municipal invité à émettre son avis sur cette -question importante et à prendre les voies et moyens pour arriver au résultat décida & l'unanimité dans sa séance du 13 mai 1879 :

i" De voter la transformation du collège communal en lycée national.

2° D'abandonner à l'Etat le collège et ses dépendances, ainsi que l'école communale Pizon.

3" De mettre SOO.OOO francs à ladisposition de l'Etat pour la construction du futur lycée.

Dans sa séance du 26 décembre de la même année, le conseil municipal, sur la demande du Ministre, décide de mettre & la disposition de celui-ci un terrain de 18.000 mètres pour la construction du lycée.

M. Lecceur, architecte du gouvernement à Paris, est chargé de l'étude et de l'exécution du projet, lequel confîe à un Montluconnais, M. L. Denier, alors architecte de la ville, la direction des travaux.

A la séance du 20 juillet 1880, il fut donné communication du projet présenté par M. Lecœur, dont les dépenses s'élevaient à la somme de 1.530.000 francs.

1" Subvention de l'Etat 1.000.000 francs.

2" Subvention du déparîemeut . . 200.000 francs.

3" Par la ville ; 330.000 francs.

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La ville vote eo outre un supplément de 40.000 francs, pour achat de terrain avoisinant, ce qui portait à 1.570.000 francs, la somme totale prévue pour la construction du lycée, dont 370 000 francs consentis par la ville.

Dana la séance du 6 septembre 1880, le conseil municipal décide de traiter à l'amiable, si possible, ou & défaut de poursuivre l'expropriation des dits terrains nécessaires k l'établissement du lycée.

Le 8 juillet 1881, le conseil municipal vote un crédit supplémentaire de 52.000 francs pour complément de dépenses.

Le lycée a été inauguré dans les premiers jours d'octobre 1883 et la rentrée a eu lieu le 9 du même mois.

La dépense totale réglée s'est élevée & la somme de 1 .603.610 fr. 97

Les subventions del'Etat et du département étaient de 1 .200.000 fr.

La dépense, à la chaire de la ville, fut donc de 403.610 fr. 97

Rampe de SKarmignoUes. — Dans la séance du 6 août 1879, le maire donna lecture d'une lettre du 23 juillet précédent, par laquelle M. le préfet appelait l'attention des communes intéressées, en les invitant à lui foire connaître dans quelles proportions elles seraient disposées à participer t la dépense que devait nécessiter la rectification d'une rampe de la route nationale n° 144, & Marmignolles.

Le conseil, tout en regrettant de ne pouvoir fkire de sacriHces pécu* niaires, tu l'état financier de la ville, fut d'avis d'appeler de tous ses vœux la rectification projetée.

Pompes funèbres. — Lé 14 novembre 1879, le maire donna lecture d'une lettre en date du 18 octobre précédent, par laquelle MM. Rétif et Bachet demandaient la création d'un service de transport des défunts par chars funèbres, lequel serait rendu obligatoire pour la ville.

A l'appui de leur demande, ils joignaient un résumé sur la manière dont le service pouvait être organisé et le détail du matériel à employer. Le conseil, appréciant l'utilité de ce' service, décida qu'une commission de cinq membres serait chargée d'étudier cette question.

Emprunt an Crédit Foncier. — A la séance du 8 mai 1880 il fut donné lecture du traité suivant :

■ Entre les soussignés André-Fnîdéric LëvËque, député, sous-gouvenicur du « Crédit Foncier, agissant par délégation de M. Albert Christophe, gouverneur du B Crédit Foncier et Joseph Chanlemille, député, maire, el agissant au nom de la ville « de Hont1u(;on, il a été arrêté ce qui suit !

■ Article prrhier. — Le Crédit Foncier prôte à la ville à ce autorisée par uue * loi du 27 décembre 1870, la somme de t.iOO.OOO francs 4 valoir sur celle de ■ 1,500,000 francs prévus par ladite loi.

386 Histoire de Uontluçon

■ Celle somme sera versée au trésor public ponr le compte de la ville, aux • époques qui serout indiquées par le maire -

a L'emprunt devra être entièrement réalisé le 31 janvier 1683.

« Art. 3. — La ville se libérera de cette somme au moyen de trente ansailés, « payables par moitié les 31 janvier et 3i juillet de cha^ae aanëe, «vec intérêt de « 4,Î5 "/,,. »

*"^"witfim 4a temias. — Le 6 septembre 1880, le conseil autorisa son préMdeat i traiter k l'amiable avec les propriétaires des terrains destinés àrétablissemenldu lycée, de l'école du canton Est, et & l'ouverture de ia rue des Bernardines.

Municipalité nouvelle. — Dans la séance du 19 février 1881, M. Dupuy, agissant par délégation de M. le sous-préfet, donna lecture du décret suivant :

« i^ président de la République, sur la proposition du ministre de l'inlérienr. « Vu l'article i de la loi du 2 août 1876, décrète :

■ Article pkbhieb. — Sont nommés maire et adjoints :

« Maire, H. Chanlemille ; adjoints, MM. Dupuy et Dubujadoux. « Ait. 2. ^ Le ministre de l'intérieur est chaîné de l'exécution du présent a arrêté. >

Expropriations. — Le maire installé, communiqua à l'assemblée, avec pièces h l'appui, l'expédition d'un jugement, prononçant l'expropriation, pour cause d'utilité publique, des immeubles nécessaires aux dépendances du lycée, pour le prolongement de la rue des Bernardines et l'agrandissement de la place des Thibaudes.

Don ministérieL — Sur la proposition du maire, le conseil vote une somme de 318 francs pour frais de cadre, de transport, etc. de deux tableaux donnés par M. le ministre de l'instruction. (Ce sont les deux grands cadres qui figurent actuellement dam la salle des mariages).

Plaoe Saint-Paul, — Enfin, l'assemblée prit en considération une proposition de M. Vacherat, tendant & ce que l'administration bsse le nécessaire pour acheter le terrain qui se trouve place Saint*Paul, afin de rectifler cette place du cdté gauche de l'église. Ce terrain est malsain et il serait à désirer, ajoutait M. Vacherat, que cette acquisition fût faite, non seulement au point de vue de l'harmonie de la place, mais au point de vue de la salubrité.

Ce projet ne fut mis à exécution qu'en 1901, c'est-à-dire vingt ans plus tard.

Conseil de Prud'hommes. — A la réunion du 19 avril 1881, fut communiquée au conseil une lettre de la Chambre syndicale des ouvriers

PÉRIODE Contemporaine (Suite) 387

611 b&Umaot, exposant qu'ils se âtisaleat l'écho d'un désir depuis loagleaps exprimé, pour la création d'un CoDseil de Prud'hommes en cette ville, et demandant au maire de soumettre la question au conseil pour arriver à la réalisation de ce vœu qui rendrait les plus grands services, la populalioa étant en miyeure partie ouvrière.

ha conseil émit le vœu que des démarches fussent faites dans ce sens, lesquelles aboutirent.

Ancien hàtel de l'Europe. — Lecture est donnée de la lettre sutvante :

■ Monsieur le maire,

■ Le coude formé par le boulevard du Collège, à l'enlrëe du Taubouif Satnl-

• Pierre, a été cause de plus d'un accident. Je désire vivemeut mettre fin à cet état

< des lieux, en supprimant une portion de la saillie formée sur le boulevard par

< l'ancien hôtel de l'Europe, au point d'ialersertion du boulevard de Courtais et du t faubourg Saint-Pierre.

• Ce projet est des mieux fondés pour qui connaît l'endroit et il n'en est mal-

• hcurensemenl pas de mCme, pour ceux qui n'ont pas babité Montiuçon.

« Aussi, serais-je heureux si vous pouviez me seconder dans mon entreprise, en

• l'appuyant énergiquemeot par un va'u de votre conseil.

* Vous devez avoir souvenance des accidents occasionnés par la difficulté signa -

• lée plus haut. Vous serait-il possible de m'en communiquer un résumé 1

Signé : DUPIN.

Cette suppression salutaire eut lieu peu après.

Agrandissement du oanal. — Puis, le conseil émit le vœu suivant:

> i" Que les bassins du canal soient agrandis ;

■ 3° Que tes chemins de balage du bief, qui se trouvent compris entre le pont

• de la Verrerie et le pont de Blanzat soient élaïf is par la construction d'un aque-

< duc, aux lieu et place du fossé qui sert actuellement à l'écoulement des eaux « pluviales t

• S" Que le pont du chemin de fer des Usines futreconstruit, de manière à laisser « libre la circulation des voitures sur le chemin de halage.

« 4° Que le pont de la Verrerie et celui de Blanzat soient construits à deux € voies ;

€ Sf Qu'une passerelle à piétons soit établie sur le pont du chemin, pour mettre

• les deux quais en communication ;

* 6° Que les travaux soient exécutés le plus rapidement possible.

F6te de Chàtelard. — Dans ta séance du 4 septembre 1881, M. le maire, invita le conseil à donner son avis sur une demande faite par lea habitants de Châtelard, dans le but d'obtenir le rétablissement d'une fête

patronale à cet endroit. Le conseil est d'avis que cette fête soit fixée au 2 octobre de chaque année.

Diplaoement de la poudrière. — M. le maire exposa dans la séance du 4 octobre 1881, que la poudrière actuelle était comprise dans l'agiomération de Montluçon, que de nombreuses maisons se sont bâties à l'entour, des quartiers Douveaux se sont formés et les habitants sont très inquiets de la situation qui leur est faite, en raison des dépôts considérables de poudre qui existent continuellement dans cet établissement. Il devient donc indispensable d'en obtenir le déplacement et de le faire traltsférer dans un lieu présentant moins de dangers. Cette pétition aboutit, et^poudrière fut transférée près du cimetière Notre-Dame, où elle est encore aetaellement.

Pétition desimbitanta de la Orange aux Rats. -— Il est donné

lecture d'une pétition signée d'un grand nombre d'habitants réclamant

contre l'interruption de la rue-de la Butte aux Faucheroux par la ligne

d'Eyguraode et demandant un pont sons rails de quatre mètres de hauteur

. sur six mètres de largeur.

Cette pétition est la troisième que les habitants de ces mêmes rues des Faucheroux, de la Grange aux Rats et de la rue des Foires ont adressée au conseil.

L'importance de cette rue ressort des rapports incessants qui existeot entre les quartiers des Forges, de la Presle, des Grenouilles, du Diéoat et de la Grange aux Rats, avec la Rotonde, l'usine Délinières, les Iles, les Faucheroux et la route a'b. On voit, que bien que construite k frais privés, cetle voie n'en a pas moins un intérêt général.

Le maire se joint aux pétitionnaires pour demander aux ingénieurs de la Compagnie d'Orléans l'étude d'un passage sous rails dans la traversée de la rue de la Butte, partant de la Grange aux Rats et aboutissant aux Faucheroux. Cela donnerait satisfaction aux nombreux habitants du faubourg des Forges et aux ouvriers qui se rendent aux ateliers de la Rotonde.

Ce passage répondrait beaucoup mieux aux intérêts et aux besoins de cette partie de la ville, que le passage fi niveau qui semble créédans l'intérêt exclusif de M. le baron Salle. Sa demande n'a pas aboutie.

Passerelle sur le Cher. — A la séance du 15 novembre 1881, it fut donné lecture d'une pétition d'un nombre considérable de personnes des quartiers de la Croix-Maltet, des Nicauds, de Montcourtais, des routes de Limoges et de Chambon tendant à obtenir une passerelle, touchant le pont actuel du chemin de fer pour faciliter leurs communications avec la gare.

Cette question fut ajournée et la construction de la passerelle n'eut

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lieu que longtemps après, ua peu en aval du pont du chemiade fer. Les travaux commencés le 13 septembre 1895, furent rapidement terminés.

Asile de Courtals. ~ A la réanioo du 4 avril 1882, il fut donné lecture d'une expédition ainsi conçue du testament de M<°> de Courtais :

« Je lègue à la ville de MoDtIuçon la somme de 300.000 francs pour la conslmc- « tion d'nn hôpital pour les vieillards ; je demande iostammenl au conseil de donner

■ a cet hôpital le nom d'hôpital <J6 Courtais. Si la ville ne pouvait pas accepter ce

■ legs, la somme serait repartie entre les hôpitaux ci-après : Hôtel-Dieu, Hôpital de « la Charité et de Lariboisiére.

< Je nomme pour mes exécuteurs testamentaires, le marquis Théobald de Teil- « leriea de Périgny et Thibaudin, avoué.

■ Doyet, Chftieau de Chassignolles, le 16 juin i88i. 1 A. BucHOT DE COURTAIS. »

Le conseil municipal : Vu les articles 910 et 1015 du code civil ; Vu l'article 48 de la loi du IS juillet 1837, dit qu'il y a lieu d'accepter le legs fait; autorise, en conséquence, M. te maire à accepter ce legs au nom de la délivrance, afin de bire courir les intérêts ; enfin, & obtenir toute autorisation nécessaire et & se conformer aux intentions de la testatrice pour la construction d'un hôpital de vieillards.

Les études commeocëreot immédiatement et l'exécution des plans de cette construction fut confiée à M. Camille Viée, architecte à Paris.

A la date du 26 septembre i885, Mademoiselle Rosalie Barathon légua également ses propriétés de Saint- Priest-en-Murat et Cbaumont à cette œuvre hospitalière.

Cet établissement fonctionne depuis avril 1888 et peut loger cinquante pension nairea, hommes et femmes. L'hospice reçoit des vieillards des deux sexes, français indigents, Agés de soixante-cinq ans au moins, encore valides, domiciliés dans l'arrondissement de Hontluçon depuis au moins dix ans.

II est construit sur la colline de Montcourtais et situé dans une position admirable, dominant la ville; il est entouré d'un vaste jardin, entretenu d'ailleurs par les vieillards.

Cette œuvre de solidarité est cependant insuffisante; espérons que de généreux donateurs viendront s'ajouter aux noms respectés de Madame de Courtais et de Mademoiselle Rosalie Barathon pour aider au soulagement des misères humaines.

Interdiction dos processions. — A la réunion du i'^ mai 1882, lecture fut donnée du vœu suivant de M. Parizet, conseiller :

■ Le maire, ayant dans ses attributions la police municipale, j'ai l'honneur de « déposer au nom de plusieurs de mes collègues et au mien, un vœu tendant & hi

ïGoogIc

• suppression des processions sur la voie publique, comme étanl une gâne pour la € circulation el une atteinte à la liberté de conscience.

. Signé : PARIZET, le 30 avril 1882 .

Avant de donner la parole à M. Parizet, M. le maire présente quelques observations.

A. L'administration entend rester étrangère au débat, mais elle ne saurait trop insister pour que cette question soit l'objet d'une discussion

I 11 ajoute que la presse, annonçant un pétition nement demandant la suppression des processions sur la voie publique, ce pétitionnemeot a-t-il eu lieu 1 Nous l'ignorons. Dans tous les cas, l'administration n'a pas été saisie de pétitions. Il appartient au conseil de nous renseigner sur les raisons qui rendraient nécessaire l'interdiction dont il s'agit.

t Les conseillers municipaux ne sont pas investis d'un mandat pour faire prévaloir leurs sentiments ; ils peuvent et doivent se Eaire les interprètes des vœux de leurs concitoyens. 11 appartient au conseil de prendre une décision sur le voeu présenté par M. Parizet.

t La délibération, quelle qu'elle soit, sera mise à exécution et il est bien entendu que l'assemblée assume toute la responsabilité de la mesure qui sera prise >.

MM. Parizet, Chapy, Vacherat et Soulier, prennent successivement la parole et insistent auprès du conseil pour que le vœu soit émis.

Après quelques observations, M. Chassagne demande qu'il soit procédé au vote par scrutin secret.

M. Vacherat demande, au contraire, le vote par appel nominal avec inscription au procès-verbal.

C'est le vote au scrutin secret qui doit avoir lieu aux termes de la loi.

Résultats : Pour la motion Parizet, 13 ; contre, 3 ; bulletins blancs, 4 ; abstention, 1,

A la suite de ce vote, les processions furent interdites.

Création d'une Sociité de tir. — A la délibération du 28 mai 1882, M. le maire donna lecture d'une lettre du lieutenant-colonel, commandant le 98° régiment territorial et des statuts et règlements, de la Société de tir créée à Moallucon pour les otficiers, sous-officiers et soldats de l'armée active, de la réserve ou de ta territoriale.

Le but de cette Société est l'instruction pratique et théorique du tir. Elle prendra la dénomination de > Sociélé de tir du 98" régiment ■. Pour encourager cette institution si utile, le conseil vote 500 francs.

L'assemblée émet le vœu que des exercices de tir concordent dans la mesure du possible, avec les fêtes de septembre.

PÉRIODE Contemporaine (Suite) 391

Création d'une école aux laies et d'un poste de police & la Ville-Oozet. — Le 26 septembre 1882, il fut donné lecture d'un acte admiaistratif par lequel Madame Veuve Aupetit cédait à la ville, à titre de bail& loyer, pour 3, 6 ou 9 années, qui prendraient cours du 11 novembre 1882, une maison sise aux Isles, devant servir à l'installation d'une école de hameau et affermée pour le prix de 400 francs l'an.

M. le maire tait observer que les écoles primaires de la ville étant iDsufflaantes, il conviendrait de créer une école spéciale deflllesaux Isles, la population de ce hameau étant suffisante pour peupler cette école, qui pourrait être tenue daus le local désigné pour l'école enfantine.

Le conseil vota celte création et décida que le traitement de la directrice serait de 1.200 francs.

Le 26 septembre 1882, M. le maire donna lecture d'une lettre revêtue d'un très grand nombre de sigoaturesd'habitantsde la Ville-Gozet, faisant connaître certains faits répréhensibles qu'il importait de faire cesser.

Les nuits et même le jour, des jeunes gens parcourent les rues en chantant des chansons obscènes ; à onze heures, k la fermeture des débits, des rixes violentes ont lieu et mettent tout le quartier en émoi.

Les signataires de cette lettre demandent qu'il soit établi dans le quartier un poste permanent de police et que les mesures nécessaires soient prises, pour faire cesser cet état de choses si préjudiciable à la tranquillité publique.

M. le maire fait observer que ce ne sont pasles seules plaintes qui lui aient été adressées ; que non seulement des faits de môme nature se produisent dans la vieille ville, mais qu'il s'est commis des vols inquiétant la population.

Le conseil émet le vœu que l'administration donne satis&ction aux réclamants, et se déclare prêt à voter les ressources nécessaires à la réorganisation de la police et invite le maire à s'occuper de cette affaire.

Au mois d'octobre suivantj'pourdonnersatisËiction auxdésirs exprimés par le conseil, M. le maire proposa la création d'un second commissaire et le vote d'une somme de 1.200 francs pour une partie du traitement de cet agent, en sollicitant de l'Etat, la somme nécessaire pour la compléter. Adopté.

Vente de la vigne des Conches. — Puis, il fut donné lecture & l'assemblée communale d'une délibération par laquelle la commission administrative de l'hdpital, avait autorisé la vente, au proflt de la Société Ckimmentry-Fourchambault, d'unimmeuble, dit, f la vigne des Conches •, appartenant à cet établissement hospitalier.

Le conseil, considérant que cet immeuble était affermé depuis longtemps k l'usine dont s'agit, pour la modique somme annuelle de 60 francs, approuva cette délibération.

32 HtSTOIRE DE MONTLUÇON

Oiuomlnatioii de mes. — A cette même réunion, le rapporteur de la commission des travaux donna lecture du rapport suivant, qui fut Adopté :

« Messieurs,

• Votre commission des travaux s'est réunie pour la dénomination k donner à ( plusieurs rues et le numérotage des maisons.

> La commission a décidé qu'elle conserverait seulement tons les nomades nies « rappelant un souvenir historique.

« 1» La rue de Tours sera dénommée me de la République. « 2° La place Saint-Paul, place de la République.

■ 3< La rue Saint-Paul, celui de rue Victor Hugo.

■ 4° La rue de TAqueduc, celui de rue Denis Papln.

• 5« Les boulevards du Collège, de Bretonni, de la Mairie et des Cordeltcrs t prendront le nom unique de boulevard de Courtais.

t 6" Le boulevard de la Gaieté prendra le nom de boulevard Carnol.

• 7° La rue des Capucins prendra celui de rue de Belfort.

« 8" La rue nouvelle mettant en communication la place des Toiles avec le

■ boulevard et la rue Sainte-Anne, considérée comme le prolongement de la rue « nouvelle, prendra le nom de rue Arago.

« 9° La place oft se tient le marché de la Paille, dite place des Cordeliers, prendra > le nom de place de la Liberté.

« tO° La rue des Bernardines, le nom d*avenue Jules Perry. Cette voie part de

• l'avenue de la Gare, longe l'aile gaucbe du lycée et aboutit au pont Saint-Pierre.

■ 11° La rue des Thibaudes, prolongée dans le quartier du Châtelet, prendra le

* nom de rue du Lycée, etc.

■ Votre commission s'est préoccupée de savoir s'il n'y aurait pas d'incoorénients

■ à donner ft des rues des noms d'hommes vivants.

■ Hontiuçon doit son lycée à Jules Ferry, ancien ministre de l'instruction « publique. En donnant à deux de nos rues les noms de Victor Hugo et Jules Ferry, " le conseil municipal rendra un hommage de reconnaissance à un ancien ministre « qui s'est intéressé à notre ville et A un grand génie dont s'honore la France.

Hort de Gambetta. — Dans la séance du ^janvier 1883, M. le maire prononça l'allocution suivante :

■ Gambetta est mort. La France pleure c« grand citoyen. La populalation montluconnaise a gardé le souvenir dea efforts qu'il (it pendant la Défense Nationale et des immenses services qu'il a rendus à la cause républicaine depuis douze ans.

Il appartient au conseil municipal de se foire l'interprète de ces sentiments. J'ai l'honneur de vous prier de prendre telle mesure que vous jugerez utile «.

Le conseil municipal, sous l'empire de la plus profonde et de la plus douloureuse émotion, décide qu'une délégation de trois meiQbres assist^rti aux obsèques,

PÉRIODE Contemporaine (Suite) 393

Sont désignés : MM. Baudot, Lamarche et Vacherat, et M. Brandon comme suppléant.

L'assemblée décida en même temps qu'uoe dépêche serait envoyée à M. Spuller, député. En voici le contenu :

H A la nouvelle de la mort de GamhetU, le conseil municipal do Montiuçon s'est ( réuni sous l'empire de In plus profonde el de la plus douloureuse émotion. Il aélé « décidé qu'une délégation de trois de ses membres assisterait aux obsèques. Je vous

< prie de me Taire savoir le jour de la cérémonie à laquelle je me ferai un devoir de

< me rendra >.

« Signé : J. Chantemillo ».

Le 13 avril de la mémeannée, le conseil, sur la proposition du maire, vota un crédit de cent francs pour participer & l'érection d'un monument au grand tribun.

Pont des Isles. — Le maire soumet ensuite au conseil le dossier de l'enquête des 3, 4 et 5 avril, relativement au projet de construction d'un pont sur le Cher, près des Isles, et l'invite à émettre un avis favorable. Adopté.

Eoold supArieure de filles. — Le 17 octobre 1883, M. le maire communique au conseil les plans et devis concernant la construction d'une école supérieure de Allés, rue des Couches, et modillés par l'architecte^ par suite des observations présentées par le comité des b&timents scolaires.

Le devis s'élève à 74.000 franca ; en y ajoutant en chiffres ronds la somme de 20.000 francs pour acquisition de terrain, intérêts et frais divers, la dépense totale serait de 94.000 tnacs. Adopté.

Ecole proleBsionnelle Salicis. —Cette école,créée en 1883, comme ateliers de travaux manuels joints aux écoles primaires, a fonctionné d'abord & l'école communale de garçons de la rue de Damiette, avec deux ateliers, l'un pour les métaux, l'autre pour le bois. Plus tard, cette installation devenue insuRlsante, la municipalité fit construire dans ce quartier d'Outre-Cher, une nouvelle école qui fut inaugurée en 1899. Cette école dont les plans furent confiés à M. Talbourdeau, l'architecte de la ville, est insuffisante pour les besoins de l'enseignement professionnel.

Elle comprend au rez-de-chaussée deux grandes salles affectées au travail des métaux et du bois. L'installation intérieure avec moteur donne à cette école un caractère de petit atelier où les enfants puisent les premières notions du métier qu'ils seront appelés à exercer plus tard.

Au premier étage, deux autres grandes salles, où sont données le soif ^es cours de dessin pratiqueet de dessin d'ornement

394 HrsTOiBE be Montluçon

Ecole de ChAtelard. ~ Le conseil adopte le projet modifié des plans et devis concernant la construction d'une maison d'école au hameau de Ch&telard, plus tard dans sa séance du 22 octobre 1885, il décide que cette école sera tenue par une institutrice laïque.

Eoole maternelle de la route de Paris. — L'assemblée eiamina ensuite les plans et devis relatif à la construction d'une école maternelle, sur un emplacement silué route de Paris, ancienne maison Guilhomet, plans modiUéa par l'architecte d'après les observations présentées par le ministre de l'instruction publique.

Installation de nouveaux oonseUlers. — Le 18 mai 1884 furent installés les nouveaux conseillers élus le 4 mai précédent.

La séance a été ouverte sous la présidence de M. ChantemiUe, qui donna lecture de l'arrêté préfectoral suivant :

• Article Prehieh. — Les conseillera municipaux ëlus au renouTelIement géoé- * rai de 4884, sont convoqués pour le dimanche IS mat, pour l'ouverture delà session « de mai.

I 11 sera procédé dans cette réunion A l'inslallatioD des conseillers et A l'élection n des maire et adjoints, ■

Ont été élus M. ChantemiUe, maire et MM, Dupuy et Dubujadoux, adjoints.

Secours aux Tiotimea du choléra. — Le 28 juillet 1884, une pétition signée d'un certain nombre de conseillers municipaux, a été déposée par M. Bidault, qui demande au conseil un secours en foveur des familles pauvres de Toulon et de Marseille, victimes du choléra.

M. Dupuyexposaqué tamunicipalitéavait reçuleSS courant la visite de deux jeunes filles appartenant à l'école dirigée par M<>* Foumier, venant au nom de leurs compagnes, (aire abandon de leurs livres de prix, en faveur des victimes du choléra. La municipalité a convoqué immédiatement ti<°' la directrice et les directeurs des écoles communales à une réunion qui s'est tenue le 27 à la mairie.

Dans cette réunion, à laquelle assistait M. Labrande, inspecteur primaire, il a été émis le vœu que les prix soient supprimés pour cette année et remplacés par une distribution faite sans éclat, dans les classes, aux élèves qui ont mérité les prix, d'attestations rappelant l'acte généreux des entants de Montluçon.

Sur lea 2.500 francs votés pour l'achat de livres de prix, 388 francs seraient réservés pour la distribution de jouets aux écoles maternelles et 320 francs pour l'achat des attestations. Il restera 1.800 ftancs qui seront envoyés aux maires de Marseille et de Toulon.

PÉRIODE Contemporaine (Suite) 395

M. Parizet propose d'inscrire au procès-verbal des félicitations aux enfants des écoles.

Le conseil adopte la suppression de la distribution des prix et vote une autre somme de 500 francs. 11 décide que l'envoi de ces deux sommes sera accompagné d'une lettre collective signée de tous les élèves de nos écoles à l'adresse des maires de Toulon et de Marseille, et que Mademoiselle Fournier et M. Gérard seront chargés de rédiger, après avoir fait au préalable, l'objet d'une composition française dans la première classe de chaque école.

Obsèques de Tiotor Hugo. — Dans la séance du 27 mai 1885, M. le maire s'exprima en ces termes :

■ Messieurs,

« La mort de Victor Hugo a causé des regrets unanimes dans loule In popula- < tion de la ville de Monlluçon.

• Il appartient au conseil municipal de se faire l'interprèle de ces sentiments. ■ Je viens vous proposer comme lâmoignage de sympathie à la famille et comme > hommage à la mémoire de notre grand poCle national, d'envoyer au nom de la « ville de Hontluçop, une couronne pour être déposée sur le cercueil.

Le conseil cha^e M. Ghantemille d'èlre son interprète auprès de la EnmiDe de Victor Hugo et de lui faire parvenir cette couronne.

Le 25 juin, il fut donné lecture d'une lettre de M. E. Lockroy au maire pour le remercier, au nom de la famille en deuil de Victor Hugo des sentiments de regrets de la mort du grand poète, exprimés par le conseil municipal.

Démolition du pont Rînguet. — Le 15 mars 1886, le conseil approuva le cahier des chaînes et le devis estimatif, dressés en vue du projet de démolition de la passerelle en bois, sise sur le Cher, près l'usine Delinières et G". Ce devis s'élève à la somme de 120 francs pour la reprise des matériaux, déduction faite des frais de démolition.

Conveittion entre IHidpital et l'autorité militaire. — Le 21 mai 1886, il fut donné lecture de la convention intervenue le 14 mai, entre la commission administrative de l'hépital et M. Libersat, sous-intendant militaire, représentant le ministre de la guerre.

Entre autres modifications apportées & la nouvelle convention, faite pour une période de cinq ans, & partir du 1" novembre 1886, se trouve celle du prix des journées de militaires, qui sera fixé à 2 francs au lieu de 1 fr. 70.

Dallage des trottoirs. — A la séance du 25 janvier 1888, le rapporteur de la commission des travaux donna au conseil lecture du rapport suivant :

« Messieurs, « Vous connaissez le mauvais élal des trottoirs du boulevard ; aussitôt qu'il tombe

■ un peu d'eau, ou à la suite d'un dégel, le sol se détrempe, ils deviennent impra- « licahles.

« Comme j'ai eu l'honneur de vous le dire à plusieurs reprises, on ne peut pas

• laisser dans cet état les trottoirs d'une ville de 27.000 habitants ; c'est le passage le

• plus fréquenté de Montluçon, non seulement par les habitants, mais aussi par les

• étrangers.

■ Il est facile de remédier à cet élat par un dallage en cimenl. Je viens, au •■ nom de la commission, vous prier de vouloir bien voter le projet de daller les Irol-

• toirs du boulevard de Courtais, depuis les Cordcliers jusqu'au pont, et ceux de la t rue de la République, depuis le pont jusqu'au passage à niveau du chemin de fer.

■ Ces travaux étant d'une certaine importance, pourront être divisés en plusieurs

• lots et faits par année. II restera i examiner ultérieurement la partie la plus pres-

• sanle qui sera foite la première.

• La commission prie également l' administration de faire faire au plus ittl un n projet, ainsi que le nécessaire en ce qui concerne l'enquâte de commode et incom-

• modo.

« Des démarches seront indispensables auprès de l'administration des Ponts et

■ Chaussées, afin d'obtenir la rcctifîcalion des bordures de la me de la République >

Le conseil approuve le rapport qui lui est présenté et décide que les crédits nécessaires seront portés au budget additionnel.

Alignement de la maison de La Barre (1). — Le 12 mars 1888, le conseil approuva un projet de dégagement des bâtiments de ta sous-préfecture comprenant l'ouverture d'une rue et la mise à l'alignement de la maison appartenant à Mademoiselle de La Barre.

Eleotion de la municipalité. — Dans la séance du 20 mai 1888, il fut procédé à l'élection de la nouvelle municipalité.

Furent élus : maire, M. Dumas ; adjoints, MM. Lougnon et Martin- Pi nthon.

Justice de paix du canton Ouest. — M. Dormoy, conseiller, fait l'exposé suivant :

< Les habitants et surtout les patentés de la Ville-Gozet se sont j ustement émus du projet de déplacement de la justice de paix du canton Ouest. »

Le conseiller soussigné expose :

• 1° Que le déplacement des audiences serait encore une aggravation à la situation précaire et deshéritée faite au quartier de la rive gauche ;

a 2° Que favoriser la rive droite au détriment de la rive gauche, en

(1) Rue de la Comédie.

PÉRIODE Contemporaine (Suile) 397

âétouroant les acheteurs, est une négation flagrante de la répartition équitable des charges et des avantages qui incombent & tous les contribuables de la même commune. Pour ces motifs et encore pour ne pas contraindre à de plus grandes pertes de temps la population du canton Ouest, qui aurait un déplacement supplémentaire de deux kilomètres & subir, nous demandons que le conseil décide de s'opposer au déplacement de la justice de paix du canton Ouest. Le conseil s'associe à. cette proposition ; mais c'est en vain, car le 12 avril 1889, le maire tkisait connaître au conseil que le ministre exigeait Tormellement que les si^es des deux justices de paix fussent installées au Palais de Justice.

Bureau de poste à la Ville-Clozet. — Dans la séance du 4 juin 1888, l'assemblée communale vota la création du bureau de poste auxiliaire à la Vilie-Oozet.

Eclairage dlectiique. — La Société d'éclairage électrique ayant demandé au maire l'autorisation de poser des câbles conducteurs au-dessus de plusieurs rues, le maire est autorisé à faire droit à cette demande.

Changement de la dénomination d'une rue. — Dans la séance du ^0 novembre 1888, le conseil vota le changement de la dénomination de la rue du Commandant Fournier, qu'il décida d'appeler rue Barathoo.

Barrage sur le Cher. — Le 31 mai 1889, le maire exposa que pendant les fortes chaleurs, le lit du Cher est presque & sec et qu'il en résulte de IrÈs graves dangers pour la salubrité publique et un préjudice considérable pour les habilantSj pour l'administration des eaux et aussi pour les usines.

II proposa donc au conseil d'émettre un vœu tendant à faire établir entre le canal et le foirail un barrage mobile de I m. 10, qui permettrait d'élever d'une manière très sensible le niveau d'eau du Cher, de ce point jusqu'au pont du chemin de fer. Le conseil s'associe à la demande de son président.

Deux ans plus lard, le conseil renouvelait son vœu en faveur du même objet, et le 25 avril 1892, il adoptait un projet définitif dont la dépense s'élèverait approximativement à 40.000 francs, soit 20.000 francs à la charge de l'Etat et 20.000 francs à la charge de la ville. Mais le conseil étant à lin de mandat, il n'y fut pas donné suite.

Le projet fut soumis ultérieurement à l'examen du nouveau conseil, qui crut devoir l'abandonner, parce que, dit le maire, la situation financière de la commune, ne lui permet pas de faire le sacrifice demandé et que, d'autre part, le projet aurait l'inconvénient d'inonder les caves et les égouts de la Ville'Gozet,

Agrandissement de la gare. — Daoa la séaace du 30 décembre 1889, il fut dODDé lecture du rapport ci-après :

I La Compagnie d'Orlâans a soumis à une enquête le projet d'acquisition des « terrains n(!ce»aires à l'agrandissement de la gare. La commission des travaux,

■ apr6s avoir étudié sérieusement les pièces à elle présentées, a cru devoirvous sou- « mettre les observations suivantes :

■ 1° Le chemin latéral parlant de la rue des Isles et aboutissant à l'angle du

• jardin Deliniéres est divisé au moyen de courbes en forme de S. Votre commission « dit M. Beynard, rapporteur, m'a chargé de vous demander que cette déviation soit u modifiée par une ligne droite partant de la rue des Isles, à 90 mètres environ du

■ passage sous rails de Bretonni, pour aboutirdans la direction du dëpèt des machines.

« A la sortie du passage sous rails, cAté des Isles, le chemin eKÎslant ne paraît « pas avoir été maintenu sur le plan à la largeur de dix mètres. Votre commission, « s'est prononcée pour le maintien de cette largeur.

« 3" La commission demande que le pont sous rails, qui ne figure pas sur le H plan comme devant être élai^i, soit modifié, de façon que les piétons ne soient pas

■ exposés à fitre écrasés. Les habitants du quartier ont depuis longtemps réclamé

* avec raison l'étargissemenl de ce pont. L'administration municipale leur avait

■ toujours fait espérer que des améliorations y seraient apportées, lors de l'approbas lion du projet d'agrandissement de la gare. Le moment est arrivé où ce quartier a doit obtenir la satisfoction qu'il réclame.

« Les travaux d'agrandissement de la gare vont commencer; une somme de près « de deux millions sera consacrée A l'amélioration de cette station. L'intérêt seul de « la &>mpagnie a été envisagé ; le devoir du conseil est de tenir compte également « de l'intérêt de la population ; il ne négligera rien pour que la satisbction légitime » qu'il réclame lui sott accordée >.

Le conseil approuve le rapport qui lui est préseaté.

Courses de Montluçon. — La société des courses de Moutlut^D a été fondée en 1890, et par délibération du 18 juillet 1890, la municipalité subventionna cette société, dont les créateurs ont été MM. les comte de Saint-George, Arthur de Lamaugamy et Marcel Vacher, qui ont choisi comme secrétaire M. J. Dubost, secrétaire des sociétés de courses de Vichy et Moulins.

La société qui a commencé avec une seule journée de courses donne depuis une dizaine d'années deux journées par an. Les réunions qui ont lieu ordinairement en juin comprennent des courses au trot, des courses & obstacles et une course plate.

Le toUl des prix atteint de 11.000 à 13.000 francs.

L'hippodrome situé sur le plateau de Villars, près Montluçon, est très fréquenté.

Voici la composition du bureau des courses depuis 1890.

PÉRIODE Contemporaine (Suite) 399

Présidents : M. Arthur de Lamaugarny.

Vice-Préaident8 : MM. Jacques Bizet, Robert Villatte des Prugnes.

Commiasairei : MM. le Vicomte A. de la Celle, Etienne Duceaud, le Commandant F&rgia-Fayolte, Louis Janin, Georges Marteoot, Albert Villatle des Prugnes.

Commiaaaire- Censeur ; M. Auguste Moussy.

Secrétaire-Trésorier : M. J. Dubost.

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