CHAPITRE XXXK
Période Contemporaine (suite)
Palais de Justice. — Chaire de Titicultnre. — Bibliothèque municipale. — Rétablissement des processions. — Banque de France. -~ Le ministre de la marineà Hontluçon. — Hunicipalité nouvelle. — Frais de représentation du maire. — Fête de la ViUe-Gozet. — Concours musical. — Canal de la Loire A la Garonne. — Bureau de poste de la Ville-Gozet. — Tramway de Néris à Hôntluçon. — Etablissement hospitalier de Lavault- Sainte-Anne. — Taxe de la viande. — Lavoir & Blanzat. — Nomination de Municipalité. — Barrage sur le Cher. — Subvention au monument de Pierre Leroux. — Emprunt municipal. — B&timent communal. — Caisse de retraites pour les Employés d'octroi. — Chambre de Commerce. — Thé&tre fermé. ^ Hôpital. — Concours de gymnastique. — Alliance franco-russe.— Transformation en gare de la halte de la Ville- Oozet. — Cantines scolaires et Fourneau économique. — Installation du téléphone. —Cantine scolaire, crèche et orphelinat.
— Champ de démonstration agricole et vitîoole. — Laboratoire municipal. — Eau de source au Lycée. — Assainissement du ruisseau de l'Amarou. — Installation d'un nouveau maire. — Dénominations et changements de dénominations des rues et tilaces. — Canal de la Loire à la Garonne. — Elargissement du faubourg Saint-Pierre. ^ Inauguration du B&timent communal. — Fontaine des Forges. — Thé&tre municipal. — Barrage sur le Cher. — Agrandissement de l'Hdpital. — Nouvelle municipalité. — Création d'une foire aux chevaux. — Congrès des Chambres de Commerce. — Grève des Hauta-Foumeaux. -^ Subvention au Comice agricole. — Société Philharmonique.
— Passerelle métallique sur le Cher. — Foire aux chevaux.— Catastrophe de Saint-Pierre (Martinique). — Election d'un maire. — Concours- Festival International. — Installation hydro-électrique sur le Cher. — Uunicipalité nouvelle. — Conclusion.
ï^èRioDE Contemporaine (Suite) 4ol
Palais de jQBtice. — L'inauguration du nouveau Palais de Justice, alTecté aux Tribunaux civils et de commerce, aux justices de paix des deux cantons et au conseil des Prud'hommes, eut lieu vers la fin de 1888.
C'est M. Soulier, juge de paix du canton-ouesl, qui y tint la première audience, le 15 janvier 1889. Les autres services s'y Installèrent successivement peu après.
Chaire de Viticulture. — Dans la séance du 18 juin 1890, il fut donné au conseil communication d'une lettre de M. le Ministre de l'Agri' culture, informant le Maire, qu'il avait décidé qu'il soit institué h Montluçon, une Chaire spéciale d'agricultureetde viticulture et que le titulaire était invité à se rendre & son poste sans retard.
Bibliothàque municipald. — Le 8 mai 1891 le conseil reçut de M. Girod, professeur, communication d'un rapport d'où il résulte : l'que la hihtiothèque possède environ 1,400 volumes, la plupart en bon état de conservation ;
2** Que beaucoup de ces livres ont une véritable valeur au point de vue de l'histoire de l'imprimerie : un grand nombre datentde la première partie du xvi» siècle ; quelques-uns remontent même jusqu'en 1480 ;
3» Que si le fond de la bibliothèque est composé surtout d'ouvrages de théologie scolastique, l'histoire y figure cependant par plusieurs collections importantes : Guizot, Poujoulat, actes de l'Assemblée nationale, etc. elc. La littérature et les arts y sont aussi convenablement représentés.
Il y aurait lieu, ajoute le rapporteur, a de prendre quelques mesures en vue d'assurer la conservation et l'augmentation de là bibliothèque. Avant tout il conviendrait de nommer un conservateur (fonction gratuite) et un bibliothécaire (fonction rétribuée] lesquels seraient chargés de tenir au courant le catalogue, de veiller au bon état des livres, de les mettre à ta disposition du public à des jours et heures déterminés, le tout sous la direction et le contrôle d'une commission spéciale de la bibliothèque.
Grâce à ces mesures, la bibliothèque serait constituée et pourrait avoir part aux dons du ministre de l'instruction publique.
11 n'a pas été nommé de conservateur.
RètabliBsemcnt des proceBsions. — Dans la séance du 13 juitl 1891, M. le maire exposa au conseil qu'une pétition revêtue de 382 signatures lui avait été remise, tendant & obtenir le rétablissement des processions. Il ajoute qu'il pensait qu'il n'y avait pas lieu d'y faire droit. Cette pétition invoque surtout les intérêts commerciaux. Or, sur .382 signatures on compte seulement KV) signatures lisibles. Il est vrai qu'on y trouve^ par contre, 46 signatures de femmes et 35 signatures de jeunes filles^ parmi celles qu'on a pu reconnaître.
Le maire n'a soumis cette demande au conseil, que parce qu'elle élait adressée à la fois aux conseillers et à la municipalité. Il a cru devoir le Taire par déférence pour le conseil, bien que cette question soit absolu* ment de la compétence du maire. Il déclare qu'il ne touchera pas aux arrêtés existants, le conseil approuva cette manière de voir.
Banque de France. — Dans la séance du 20 août 1891, te maire expose qu'il a foit des démarches en vue d'obtenir que Montluçon soit compris parmi les villes dont les bureaux auxiliaires seront transformés en succursales de la Banque de France. Il prie le conseil d'émettre an vœu dans ce sens. Montluçon est la ville la plus importante du département. Nos usines, très considérables, trouveraient une grande facilité à pouvoir s'approvisionner de numéraire sur place. Il signale les divers avantages que cette transformation procurerait au commerce et & l'industrie et donne lecture de la réponse ci-après, qu'il a reçu du gouverneur de la Banque de France.
■ \ Monsieur Dumas, député, maire de Montluçon,
• J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre du 28 connnt à H laquelle était jointe la copie d'une lellre adressée par vous au ministre des finances « et tendant à la transformation du bureau auxiliaire de Montluçon en succursale.
« L'examen de c«tte question est subordonné à l'adoption du projet de loi con- « cernant le renouvellement de notre privilège ; et dès la notitication du Parlement,
• la banque procédera à une enquête générale sur les places susceptibles d'être trans-
• formées en succursales,
■ Je vous ferai observer que votre lettre au ministre contient une erreur en ce « qui conc«rnc les onze chefs-lieux de département qui n'ont pas actuellement de N succursales. Ils en seront pourvus en dehors du nombre des dix-huit bureaux à 0 transformer.
« Je tiens, néanmoins, à vous donner dès à présent l'assurance que le canton « commercial de Montluçon attirera particulièrement notre attention cl que la ques- « tion fera l'objet d'un examen sérieux, avec le sincère désir de donner satisfaction ■ au vœu que vous émettez. »
Déjà, en 1884, leTribunal de Commerce et le conseil municipal avaient émis des vœux, tendant au même objet. En conformité de ces vœux, le bureau auxiliaire de la Banque de France lui érigé en succursale vers
Le Ministre de la marine à Uontlnçon. — Le 24 septembre 1891, le ministre de la marine visita l'usine Saint-Jacques et reçut à la souspréfecture le conseil municipal et tes fonctionnaires. Le conseil avait, au préalable, voté un crédit de 1.500 francs pour recevoir convenablement le ministre.
PÉRIODE Contemporaine (Sui(e) 403
Municipalité nouTelle. — C'est en 1892 que pour la première fois fut nommée une muaicipalité socialiste et c'est &Ia séance du 15 mai qu'il fut procédé & son installation.
La séance était présidée par M. Dubois, 4oyen d'Age, qui en prenant place au fauteuil, prononça l'allocution suivante :
( Messieurs,
■ Je dois an privilège de l'Age, et mes soisianle-deux ans prouvent que le conseil
■ n'est pas composé que déjeunes, je dois à ce privilège de présider A vos délibè-
■ rations.
« Di5signés par les libres suffrages populaires, vous avez, oserai-je dire nous « avons, quatre années de laheur assidu et incessant pour répondre aux espérances > de la population et tenir les promesses contenues dans notre programme. Ces
■ espérances, nous essaierons de les justilier; ces promesses, nous ferons l'impossîMe
■ pour les tenir. ■
Sont ensuite élus ; M. Jean Dormoy, maire, MM. Verge et firulot, adjoints.
te nouveau maire prononce l'allocution suivante :
« Au nom de M, M. Verge et Brûlot et en mon nom personnel, nous vous « remeroions du grand honneur que vous venei: de nous faire en nous appelant A
* diriger la municipalité de notro ville. Cet honneur est en même temps une charge, « nous Terons tous nos efforts pour nous en montrer dignes et pour répondre A la
■ contiance que le corps électoral a placée en nous.
« La lAche, si lourde qn'ellc soit, nous sera d'ailleurs rendue facile, grâce à t votre concours éclairé et assidu. Votre unanimité, qui nous louche profondément,
■ prouve que le conseil de Montiuçon sera une véritable famille ou régneront la
■ concorde et la fraternité, pour le plus grand hien des intérêts dont la défense nous « a été confiée.
* Je suis heureux du concours du public qui se presse en ce moment dans cette « salle ; c'est lA une preuve de la sollicitude des citoïcnsmontiuçonnaispourtousies « grands actes de la vie publique.
■ La présence continuelle des électeurs A nos délibérations sera fructueuse pour
■ nous, parce qu'elle sera un précieux encouragement A nos efforts : pour les citoyens
■ parce qu'ils apprendront aussi comment se gèrent les intérêts d'une grande cite « démocratique.
* Qu'ils sachent hien qu'ils nous trouveront toujours attentifs et vigilants au
* poste où ils nous ont placés. Le régime de la faveur, du privilège et de l'inégalité
* est fini A Montluvon.
■ Tous, riches et pauvres, ont droit A notre sollicitude active, les questions de ( parti ou de situation personnelle n'auront aucune inilucncc sur nos actes etl'hdtel
■ de ville sera ainsi véritablement la maison commune.
* Nous prouverons de la sorte que le régne du socialisme est celui de la liberté^
ïGoogIc