AS, PORTICVS, QUIBUS, FONTES
CEM, OMNIBUS, SVIS, ORNAMENTIS
DanviUe, dans sa notice sur l'ancienne Gaule, propose la version
Aquœ Nere, parce que ce lieu est appelé par Grégoire de Tours Viciw
Nerecceucis, contradictoirement à la version de la table Théodosiennequi
porte ; Aquse Neri, qui semble être la véritable. Elle nous apprend aussi
que les fontaines et aqueducs de Néris ontétéerabellisparunuum vifgdu
nom de Luciu» Juliua, où son fils et un autre personnage dont le nom
n'est pas suffisamment indiqué.
C'est à Néris que le cinquante-huitième cachet d'oculiste datant de l'époque romaine a été découvert. On y lit qu'un certain collyre composé par Lucius Julius Riculus, avait principalement pour base, la myrrhe mélangée avec l'œuf.
L. Endurant (1871). — t U ne faudrait pas s'imaginer que les divers morceaux antiques, disposés en un groupe pittoresque h l'entrée des thermes actuels, constituent tout ce qui a été découvert à Néris. ils n'en sont au contraire qu'une bien faible partie ; nombre d'objets antiques se trouvent maintenant dispersés. Les étrangers en ont emporté ; quelques antiquaires passionnés, archéologues de mérite, en ont enrichi leurs cabinets. M. Esmonnol, entre autres, architecte du département de l'Allier et des Thermes, de 1S38 à 1877, possédait une belle collection.
I Au catalogue de la bibliothèque, figurent également d'assez nombreux objets provenant de Néris.
• Ce qu'il y a de certain, d'irréfutable, c'est l'antiquité de Néris, qui fut autrefois une cité romaine.U serait oiseux de discuter lesopinions émises par nos devanciers. On s'accorde généralement&attribuerà Néron, je ne dis pas la fondation, mais l'embellissement du bourg gaulois qui
Étude sur Nébis 527
dût précéder la ville romaine. Cette opinion, pour nous, est de pure fontaiaie, et de ce que l'on rencontre sur divers fragments d'ioscriptiona romaines, les mots : Néri, Néris, il ne faut pas conclure d'une manière absolue, que l'empereur le plus follement cruel et le plus cruellement fou, dont nous entretiennent les annales du despotisme, ait quitté sa superbe ville de Rome et la Grâce, pour venir dans le ciel brumeux de la Gaule, visiter des lieux encore bien obscurs. Il nous semblerait plus logique d'en gratifier LiviusNâron, qui suivit César dans son expédition chez les Arvernes. Pourquoi cette dénomination ne viendrait-elle pas de la langue celtique ; comme celle de Vichy qu'on avait voulu Caire dériver de Wich, vertu. Il est plus que probable, à notre sens, que Néris existait longtemps avant l'ère impériale de Rome, quelle que fut son importance.
« Ce qui est moins douteux et que personne ne saurait contester, c'est l'accroissement que prit Néris sous la domination des Césars, Nerva, Trajan, Adrien et Antonin.
■ Néris, par sa situation topographique, par ses eaux thermales très estimées, par la haute température et les merveilleux éléments curateurs dont elles sont douées, a attiré tout d'abord l'attention des éraigrants romains, si habitués au luxe des stations balnéaires ».
Les Arène», lea Gladiaieurs. — < Les Arènes de Néris, furent, sans aucun doute, construites sur le modèle de celles de Rome, de Nlmea et tutti quanti. Il y eut là des lions rugissants, des tigres grondants, des taureaux mugissants, des gladiateurs hardis ou des martyrs au désespoir, puis des matrones et de gracieuses pubères, applaudissant des deux mains, les plus jolies du monde, à la chute de l'homme vaincu par l'orgueil et la foi ; au râlement de l'animal succombant sous la force morale ou physique (1).
> Les Arènes avant la création du Parc étaient dénommées " Champ des Os ". C'était un bien national, qui fut acheté par M. de Dreuille, alors propriétaire de Bloux et de Perrassier (2).
< Il fut plus tard revendu & l'État, qui fit planter en 1819, en même temps que les tilleuls du petit parc, les platanes et les marronniers qui en font aujourd'hui un site charmant et ombragé.
■ Comme son nom Tindique, ce parc est établi sur l'ancien emplace-
(1). La plupart des antiquaires qui ont Tait des fouilles à Néris, s'accordeDt à dire qu'on a tiouvé dans la partie semi-circulaire et ior^rieure des gradins de l'Ampiiilliéàtre • beaucoup d'ossements humains et des restes d'animaux féroces >.
(2) Pérassier était une importante seigneurie située à deux kilomètres de Néria.
Elle appartint successivement au maréchal de Villars, l'tieureux vainqueur de Denain ; puis à la famille des Bourbons.
ment d'un théâtre romain dont on a habilement conservé la disposition en gradins.
« Dans les fouilles faites par l'Etat au moment de la création du parc, on a trouvé des débris de colonnes, de chapiteaux, de poteries, des épingles et agrafes en bronze, etc. Combien de merveilles archéologiques qui sont encore enfouies dans le parc I
< Ce que je ne sais pas, ce que je voudrais bien vous apprendre, c'est l'idée qui a voulu faire de Néris, la Gergovia Boïorum.
• Néris a pu donner dans un élan louable, le nom de Gergovia & une de ses rues, mais rien n'établit que Gergovia l'héroïque se trouvait & Néris.
< En résumé, Néris fut une station romaine importante, très appréciée, réunissant les avantages des colonies jetées çà et là par les envahisseurs et à proximité desquelles se trouvait toujours un carop •.