CHAPITRE II
Exposé Archëolooique:
Le nom de Néris. — Le Néris romain. — Emplacement de la ville antique. — Fouilles de l'emplacement des Thermes. — Fouilles du prè des Chaudes. — Le grand aqueduc des Viviers. — Les Temples. — Le Thâ&tre.— Le Camp. — Les voies romaines. — Les villas et les palais. — Les restes de la tour du champ des Chaumes. — Les tombeaux. — Les inscriptions, les bronzes, les vases et les objets en Ivoire. — Opinions diverses sur l'importance de Néris. — Les Barbares (1).
Origine du nom de Néris . — L'origine du Dom de Nériseet inconnue, les diverses hypothèses émises à ce sujet, n'étant guère mieux établies les unes que les autres. Il est probable que c'est un nom celtique, car les Gaulois connaissaient toutes les sources thermales de leur pays, et leur rendaient un culte. Les Romains n'ont faitque les suivre dans les stations balnéaires. Nous constatons que presque toutes, elles portent des noms qui ne sont point latins (par exemple Bonrbon). Les étymologies latines qu'on a proposées pour Néris sont très controversées. Au contraire l'inscription : VICANI NERIOMAGIENSES, citée plus bas, (Les villageois du champ de Néris), atteste que le nom de Néris est celtique, puisque ce nom est accolé au mot celtique magos qui signifie champ. Il est fort possible que Néris soit le nom de la divinité du lieu.
C'est tout ce que nous pouvons savoir du Néris celtique.
Le Néris romain. — Sur le Néris romain, nous avons vu dans le chapitre précédent les opinions de plusieurs historiens qui s'en sontoccupés. Nous ne pouvons accepter leurs développements ob la rhétorique lient plus de place que les (ails, sans formuler les plus grandes réserves. Noua sommes forcés, en ce qui concerne les débris disséminés ou détruits aujourd'hui, d'accepter les renseignements recueillis par de nombreux auteurs, à diverses époques des derniers siècles, mais nous regrettons que
(l) Ces notes ardiëologiques ont tlé extraites des recherches sur Néris, par les auteurs cités el tout particulièrenient par M. EsmouDOt, ancien architecte des Thermes Ile Néris.
Jusqu'ici leg antiquités de Néris n'aient pas été étudiéesavec une auffisante inétbade scientifique étaient plutôt servi de prétextes k des descriptions romanesques qu'à des études historiques.
En l'absence de documents écrits sur le Néris romain, nous ne pouvions nous fonder que sur l'étude des ruines.
Or, actuellement, aucune d'elles presque ne sont visibles. La raison en est que ces ruines ont servi de carrières; des masses de ciment, de pierres et de cailloux ont été réemployés dans la construction de nouvelles murailles. On y voit une multitude de pierres taillées qui portent l'empreinte d'une destination à un usage antérieur.
Cependant, peu de parties de la France ont ofTert autant de ruines, de palais, autant de débris de chapiteaux, de colonnes de toutes espèces, de pièces de marbre, de vases de terre campana, autant de médailles et d'aqueducs, sans parler des statues. Beaucoup de ces objets ont été dispersés. On en a cependant réuni un assez grand nombre dans les musées de Moulina, de Saint-Germain, à Néris et dans une intéressante collection de M. de Durât à Marcillat,
Plusieurs voies romaines aboutissaient à Néris et semblaient en constituer un point central, un lieu de réunion, un rendez-vous général aux abords de la ville; toutes ces voies ont fourni des restes intéressants, lors des anciennes fouilles efTectuées.
Celles-ci ont été poursuivies k divers intervalles. Un architecte distingué du xix< siècle, M. Esmonnot, s'en est occupé pendant près de cinquante ans et ses travaux nous ont été de la plus grande utilité.
Nous alfons donc résumer ci-dessous les renseignements de diverses origines que nous possédons, en éliminant ceux qui n'auraient aucun caractère d'authenticité. Pour les autres, nous tes avons centrales avec soin, cependant il est encore souhaitable que d'autres recherches permettent de les compléter et d'en conflrmer l'exactitude.
Nous joignons aux renseignements sur les monuments reconnus et sur les divers objets découverts & la fln de cette étude, un plan d'ensemble, donnant la position desanciens édifices, ainsi que les points sur lesquels les fouilles ont été faites :
Ces documents sont classés dans l'ordre suivant : 1" Les Thermes ; 2» Les grandes piscines du camp ; 3° Les aqueducs, réservoirs, etc.
4° Les temples ; 5» Le théâtre ; 6° Le camp ; 7» Les villas ; 8° La voie romaine, etc.
D'après uae estampe de la Bibliolhàque Nationale Plan de l'Amphithé&tre de Nérii
■^ Histoire de Montluçoi4
Eïmplaoeinetit de la Tille antique. — Néris occupait aocienaemeat la terre des Os, les champs des Grandes et Petites Chaumes, le clos des Grandes Vignes, celui des Janotes, la vigne de la Burette, celle des £chaudies, le clos de Chiez ou des Corades, le champ Cerclier et autres.
Un de ses faubourgs parait avoir existé dans l'enclos de vignes que l'on nomme les Vitlattes, (Vilatella, petite campagne), un autre dans le grandchampdePéchin; un troisième dans les vignes du bas du Soui^.On remarque enfin, quantité de ruines sur l'ancien chemin de Nérisà Pérassier .
Si l'on se place au point où se réunissent lescoteauz bordant la vallée du Cher, et si l'on se reporte par la pensée & l'époque où existait la cité antique, on peut en embrasser l'ensemble.
A l'extrémité du versant Est, s'élève le théâtre avec ses portiques, se rattachant à l'enceinte ou rempart de la cité ; la voie romaine domine ce versant. De l'autre côté et au fond de la vallée, se dessine le camp sur un monticule isolé ; au centre, s'élèvent des thermes, au-dessus du camp et probablement & son usage, de vastes piscines couvertes et découvertes, accompagnées de portiques.
En avant et à proximité des thermes, au pied du versant Est, on voit un monument important, orné de sculptures, sans doute le château d'eau, qui distribuait aux diflérents usages, celles amenées par les immenses aqueducs dont les ramifications s'étendent à une très grande distance ; k droite et k gauche de la vallée, des temples, des palais, des villas; au fond encadrée par les deux versants, la plaine au milieu de laquelle s'écoule lentement la rivière du Cher.
Fouilles de l'emplacement des Thermes. — Il résulte des diverses fouilles eflectuées que les unes présentent des inscriptions qui ne peuvent appartenir qu'à des temples, tandis que d'autres proviennent évidemment de colonnes, puisqu'elles en montrent les cannelures et de morceaux de chapiteaux où l'on reconnaît les différents ordres, autre indice des reconstructions successives.
Les fouilles du chemin qui tenddesbains, au camp et à l'amphithéâtre, ont offert trois pavés superposés. Les pierres en étaient également très lisses, très polies ; l'assise supérieure est à un mètre, la suivante à deux et la troisième k trois mètres de profondeur.
Rapport de H. Lejeune sur les anciens thermes. — Les fondations des auciens thermes furent découvertes en 1819, lors des fouilles entreprises pour l'érection du nouvel établissement, par M. l'ingénieur Lejeune, qui, dans un rapport dont j'extrais ici quelques passages, donne une idée de leur étendue et de leur magnificence.
a A la prolondeur d'environ 3 <°iS, au-dessous du niveau de l'ancien sol, on « commençA à trouver des maçonneries encore en place.
ïGoogIc
Ltude sur NébiS 533
* La pièce principale offre la disposition et tous les détails de la construction > d'une Ëtuve (Calidarium).
■ Les murs du pourtour rilaienl tapissés d'un sj'stème continu de tuyaux carrés I en terre cuite placés verticalement, communiquant entre eux par des ouvertures a latérales, et plongeant par le bas dans un vide qui occupait toute l'étendue de la « pièce, on ils recevaient h vapeur des eaux thermales. Le sol de la pièce était portif a par des petits piliers rapprochés en terre cuite encore en place.
■ Quant aux revêlemenls en marbre qui décoraient les murs et gradins, on apu « les reconnaître par leur base qui, scellée fortement dans le sol, a résisté aux effort^ «des destructeurs.
• Les pièces contigues aux étuves paraissent avoir été des piscines et salles de « bains. Le dallage était en carreaux de marbre posés sur une aire de ciment ou de < béton.
a Les parements de tous les murs découverts dans cette fouille étaient formés « alternativement de quelques rangs de briques et dé quelques rangs de moellons « smillés.
a Les colonnes trouvées dans le fossé de ceinture creusé parallèleraenl à la ■ façade latérale ouest devaient appartenir au portique décorant cette façade. »
Les nombreux et magnifiques chapiteaux de ces colonnes ont été trouvés dans un parfait état de conservation et forment la décoration du promenoir des nouveaux thermes complètement achevés vers 1855,
Les fouilles faites pour la construction des nouveaux bassins de réfrigération ont fait découvrir en 1865, dans le prolongement du fossé en question, de nouveaux fûts de colonnes auxquels appartenaient ces chapiteaux, ainsi que la partie antérieure des fondations des anciens thermes, s'accordant avec le tracé de M. l'ingénieur Lejeune.
Les eaux thermales étaient dans l'enceinte. Âubery {Les eaux de Bourbon-Lancy ou VArchambauU), nous apprend qu'en 1604, le bain public de Néris était, ainsi que celui de Bourbon-Lancy, traversé de plusieursmurailles de pierres de taille encroûtées de marbre par le dessus, et de chaque côté relevées a de marches aussi couvertes de marbre, et que ces murailles & (leurs de pavé, étaient ouvertes pour se communiquer les eaux chaudes >.
De son côté, Fërault (fol. 34), a dit que les vestiges de la grandeur de Néris paraissaient encore et que sa magnificence se remarque en des bains d'eau chaude et de grands canaux à la romaine, que l'on constatait en
Ici comme presque dans tous les thermes, se trouve un puits de César, mais quel César ? C'est ce que l'on ignore. Il en existe aussi deux autres, appelés, l'un le puits de la Ratte, puits carré, puila tempéré ; l'autre, le puits de la Croix. Ces trois puits renferment les principales sources. Il en existe aussi un quatrième dont la source est très abondante, mais qui ne date que du 1" novembre 1768, jour où Néris ressentit le contre-coup du
fameux tremblement de terre de LisboDne. A partir de ce jour, la chaleur de chaque source fut dimiauée de plusieurs degrés.
Fouilles du Pr6 des Chaudes. — Eu 1847, des fouilles opérées dans le Pré, dit des Chaudes, entre le camp et le théâtre, ont mis & découvert les restes d'un grand édifice renfermant de vastes piscines avec revêtements en marbre, les unes circuladres et les autres carrées; elles étaient accompagnées de portiques décorés de colonnes, dont une partie seulement a été décombrée ? Ces portiques entouraient une grande piscine découverte, dont le système de canalisation doit être encore à peu près complet, à en juger par les parties reconnues lors des sondages qui ont été pratiqués.
Cet établissement était sans doute affecté aux bains ordinaires, et, devait être alimenté par les grands aqueducs dont nous parlerons plusloin.
Les fouilles ont donné aussi de nombreux fragments de colonnes en marbre et en pierre, entablements, frises, corniches sculptées, d'une grande richesse d'ornementation. Ces fragments ont été déposés au lieu dit les Billoux, commune de Néris.
Le grand Aqueduo des Vi-viera. — On avait conduit à Néris par des travaux immenses toute l'eau qu'on avait pu réunir. Jusqu'en 1861, les aqueducs cités par Caylus, Baraillon, Boirot-Desserviers et autres, n'avaient été reconnus que sur quelques points : ils furent visités en détail k cette époque, dans toute leur étendue, par les soins de M. le docteur de Laurès et M. Faugière, Ingénieur des Mines, et une carte en fut dressée par M. Bourdaloue. Cette opération a donné la certitude que l'une des branches de cet aqueduc, qui se bifurque au-dessus de Néris, prenait naissance au-delà de Montaigut (Puy-de-Dôme), c'est-à-dire (en tenant compte de toutes les courbes qu'il décrit pour suivre les ondulations d'un pays fort accidenté) à une dislance d'environ trente-cinq kilomètres {aqueducs des Viviers).
L'autre branche se termine commune de Villebret, près du bois des Fontaines. Cet aqueduc, connu sous le nom des Combes, a une longueur développée de dix kilomètres, non compris les artères qui y aboutissent.
Ces aqueducs étaient construits avec soin ; dans certaines parties, le dessus était protégé par une voûte en maçonnerie de moellona de forme ogivale, dont les dimensions permettaient à un homme de s'y introduire pour les visites. Le radier était formé d'un conduit en terre cuite, un massif en béton de ciment, avec conire-mur en moellons.
L'importance de ces aqueducs donne une idée des établissements qui les avaient nécessités.
Quelques fragments transportés dans le vestibule du nouvel édifice thermal aident les visiteurs à s'en faire une idée exacte. Les cimetiôrea
de Durdat, Néris et Villebret sont' remplis de tombeaux qui ne sont que des débris d'aqueducs et l'on reconnaît Eacilement la partie supérieure et la partie iaférieitre du conduit qui résistent k l'intempérie des siècles.
Des fouilles faites en 1866, au Heu dit Cbaume, près le Péchtn, ont ^t découvrir une autre partie d'aqueduc, se dirigeant fcotnme plusieurs sondages l'ont constaté) vers l'édifice thermal. Cette direction reconnue n'exclut pas celle supposée par Gaylus, d'un autre embranchement vers l'emplacement du théâtre et peut-être vers les grandes piscines, découvertes postérieurement et situées au-dessus.
Dans la direction de cet embranchement et près des Thermes, on a trouvé en 1861, la base d'un éditlce, dont le soubassement, formé de grandes assises de 0,70 centimètres de hauteur, était entièrement couvert de sculptures ; onze bas-relieË en provenant sont disposés dans le vestibule formant le musée du nouvel établissement.
Il est permis de supposer par la direction de l'aqueduc vers ce point et la disposition de la base du monument, reposant sur des petits canaux pratiqués dans le tuf, que cet édifice renfermait le réservoir de distribu* tion des eaux froides. Ce qui pourrait appuyer cette supposition, c'est qu'un large conduit souterrain prenant cette direction , a été reconnu vers l'extrémité de l'édifice thermal ; enfin, deux inscriptions h peu près semblables, dont il sera parlé plus loin, trouvées à proximité, viendraient encore ajouter quelque chose en faveur de cette interprétation.
Un grand réservoir ayant la forme d'un trapèze de quinze à vingtcinq mètres de base, terminé par une partie demi-circulaire de treize mètres de rayon, a été découvert au-dessous du Péchin, au point culminant du coteau; il se trouve à l'extrémité supérieure delà partie d'aquedud qui a été mise à jour. Sa position, entre l'extrémité des grands aqueducs des Viviers et le départ de celui descendant vers les thermes, fait supposer qu'il servait & l'épuration des eaux.
Les temples. — 11 n'y a pas très longtemps, l'existence des temples n'était présumée, d'après plusieurs auteurs, que sur la découverte de quelques statues de divinités (l'Abondance, Diane, etc.) qui ont disparu de la localité. Mais lors des fouilles faites au Péchin, en 1867, on a été assez heureux pour trouver les fondations d'un temple à proximité du vaste réservoir recevant les eaux des aqueducs.
Ce temple, à en juger par les dispositions des fondations composées de maçonnerie scellant à distances égales des blocs de grande dimension, semblait être un de ceux formés par une enceinte de colonnes à jouft sans cella. Une fouille faite au centre de cette enceinte, et descendue jusqu'au terrain primitif, a confirmé cette prévision.
Sa position éievée, au point d'arrivée des aqueducs, ne pour*
536 Histoire de hJontloçon'
rait-elle pas faire supposer qu'il était dédié à la divinité tutélaire du lieu?
Un autre temple était consacré aux chefs du gouvemementet à leurs
épouses ; c'est ce que nous apprend l'inscription suivante, trouvée en 1876 :
NUMINIBUS
AUGUSTORUM ETJUNONIBUS
VICANI
NERIOMAGIENSeS
Le tbé&tre. — Le théâtre était adossé à une petite colline qui en forme le fond ; des fouilles partielles, faites en 1860 sur l'emplacement des gradins, mirent à découvert la naissance des arcades qui en portaient la partie inférieure I. Ces fouilles prolongées au centre du théâtre, ont donné quelques fragments de revêtements et de séparations des gradins : tout ce qui pouvait être employé comme matériaux dans les constructions particulières, a été anciennement enlevé. Mais au commencement du xvtii* siècle on en voyait encore de grands restes. Il avait la forme d'un arc et cent soixante-huit mètres de circuit en dehors, le devant qui représente la corde de l'arc avait soixante-huit mètres de longueur. Au milieu était une porte ; le demi-cercle en olTrait quatre autres, au Sud-Est, au Sud, au Nord et au Nord-Est, c'étaient les Vomitoria. Les portes correspondaient, avaient la même largeur, les unes sept, les autres treize mètres sur toute l'épaisseur de l'amphilhéàtre qui, y compris les gradins (Scaloriaj était d'environ quatorze mètres. L'arène présentait un espace vide de cinquantequatre mètres dans sa plus grande largeur, sur soixante-huit dans sa plus grande longueur.
Il exislait dans le demi-cercle dix tours carrées, à égale distance les unes des autres. Chacune avait 1<"68 centimètres en œuvre sur deux faces etl>n22 centimètres, sur les deux autres. M. Boirot, suppose qu'elles avaient une ouverture dans l'arène, et qu'elles servaientà contenir le sable dont on couvrait le lieu du combat; il s'en est trouvé dans une, plus de quatre-vingt voitures, d'après M. l'abbé Renault; on l'aurait emmagasiné par le haut de la tour et lire par le bas ; elles auraient pu servir aussi à renfermer momentanément ceux qu'on livrait aux bétes.Les fouilles de 1860 ont détruit ces hypothèses; on a déblayé une de ces tourelles adossées au mur circulaire exlérteur que M, Boirot croyait être en communication avec l'intérieur du théâtre. Celte fouille a prouvé, contrairement à cette supposition, qu'il n'existait aucune communication. Ces puits carrés n'avaient donc probablement pour destination que de recevoir les poids servant à tendre le velarium qui couvrait le théâtre, ainsi qu'on l'a déjà remarqué dans d'autres fouilles analogues. Cette disposition était ici une conséquence du peu d'élévation du mur extérieur, au-dessus du sol formant le sommet de la colline.
Étude sur Nkris SiÙ
Quant aux bétes féroces, si elles avaient des loges parliculières, on esLime que c'était dans la double enceinte, c'est-à-dire entre les murs de l'amphithéÂtre oit étaient les tours, et celui de la circonférence. Le premier avait des jambes de force à environ deux mètres l'une de l'autre.
Les fouilles de l'amphithéâtre ont procuré, en outre, quelques colonnes rondes et unies, avec bases et chapiteaux, ce qui prouve l'existence d'une galerie ; une grande quantité de morceaux de marbre, de médailles, etc. ; celles de l'arène, des ossements humains et de diflérents animaux.
De chaque partie latérale de l'amphithéâtre partait une forte muraille, épaisse d'environ deux mètres, dont on ne connaît pas le terme, quoiqu'on l'ait suivie & plus de trois cents mètres: c'était peut-être celle du rempart. Dans ce cas, l'amphithéâtre et les palais de droite et de gauche, auraient été hors la ville. On a trouvé près de cette muraille un sabre à deux tranchants dont la poignée est romaine, mais dont la longueur diffère des lames de cette époque, et aussi quatre-vingts kilos de plomb.
Il existait à deux cents mètres environ de cet amphithéâtre un édifice contenant une multitude de chambres ou de cases parallèles, dont les extrémités répondent au Midi et au Nord, séparées par une rue de trois à quatre mètres de large. Les unes ont depuis deux jusqu'à cinq mètres en oeuvre sur une face, sur cinq, six et sept de l'autre. Quelques-unes, ont des terris et des peintures à fresques. C'est ou un hèpital ou une caserne, mais on prétend avec Dubos (T. i, Liv. i, Chap. 5.J, que l'usage de mettre les troupes en garnison dans les villes n'avait pas lieu sous le haut empire, que Constantin fut le premier qui changea l'ancien usage.
Les chambres, déblayées de la terre végétale, ont encore deux et jusqu'à trois mètres d'élévation au-dessus de l'ancien sol oii sont les terris. Malgré cela, on n'a encore découvert aucune entrée, de telle sorte qu'un particulier, qui en a employé deux pour se loger, a été forcé d'ouvrir les murs pour se procurer des portes et des fenêtres. Ces chambres étaient sans doute éclairées parle haut, mais comment, et paroû y pénétrait-on?
A droite de l'amphithéâtre, en deçà de la muraille dont on a parlé et sur l'emplacement des palais, on a trouvé trois fours d'étuve accolés les uns aux autres, construits à la manière Vitruve. 11 en partait des conduits qui répandaient la chaleur dans les appartements.
Le oamp. — A l'Ouest des ruines du théâtre, on trouve la plateau indiqué par Caylus comme emplacement d'un camp romain. Ce plateau forme une espèce de promontoire élevé à la jonction de deux ravins, l'un à l'Ouest dans lequel coule le ruisseau de Cournauron ; l'autre, celui qui reçoit le ruisseau, dit des Eaux-Chaudes, alimenté par la source thermale, et se jetant dans le premier, un peu au-dessous, dans la vallée.
Il était défendu d'un côté par un ravin profond, de l'autre par une levée en terre palissadée.
Suivant l'abbé Renault, ancien curé de Néris, vers la fin du xviii* siècle, on aurait trouvé des traces de bois pourri indiquant cette palissade.
Nous avons parlé plus haut de l'établissement de bains qui était situé au pied du camp, et qui paraissent avoir été à son usage, comme le font supposer certains détails d'ornementatioo. Ces dispositions ne sembleraient-elles pas prouver que ce camp n'était pas temporaire, mais bien permanent et formant une espèce de casernement dans lequel on sait que la 8> légion a séjourné et a été occupée aux travaux de construction, comme le témoignent les tuiles ou briques estampillées à son nom.
Le camp avait près de six cents mètres de circonférenceà l'intérieur.
A soixante-dix-huit mètres de la porte orientale du camp subsista longtemps une forteresse qui présentai un rectangle de quarante-quatre mètres sur deux lïices opposées et de trente-six sur les deux autres. Le champ où elle était située, porte encore le nom de Palle ou de Pallas.
Le champ de Pallas semble annoncer un temple consacré k cette déesse, que peut-être les soldats adoraient ; mais cette déduction est très hasardée. Peut-être ce temple existait-il au milieu de la forteresse ; on sait que lorsque les généraux et les empereurs sacriliaient publiquement, ' l'armée était toujours présente, car Tite-Live nous apprend qu'elle avait en outre ses prières, ses cérémonies, ses purifications, ses processions.
Les Toies romaines. — Les nombreuses voies romaines témoignent aussi de l'importance et de la grandeur de Néris.
Un de ces chemins fort élevé, bien bombé, desix mètres de large, tendait aux Janottea et se perdait dans les vignes.
Les grandes routes qui, de La Rochelle et de Bordeaux, se réunissaient & Limoges, n'en formaient plus qu'une qui tendait à Autun, après avoir traversé Néria. On suivait cette voie jusqu'à Selles, où elle traversait le Cher sur un pont de pierre et de là jusqu'à l'arbre de Chartres, vieux tilleul placé au centre des trois chemins.
11 fallait que cette voie fut bien servie en relais, car c'est parelle seule que les puissants du lieu pouvaient se procurer cette immense quantité d'huitres, dont au temps de Férault, on trouvait encore de nombreuses traces d'écaillés.
On a découvert une troisième vote romaine qui tendait à l'ouest sud-ouest de Néris. On la suit sur un parcours de cent quarante -quatre mètres au sud du clos des Villattes.
Il en existait une quatrième, très bien marquée dans la carte de Peutinger (Édition de CHEILE, de Nanies), elle tombait sur Poitiers, tra- Vei'sait Argenton, ChÂteaumeillant ; la route passait aux Fosses, commune de Viplaix, elle traversait ensuite le Cher.
ÉTUDE SUR NÉBIS 539
Au sortir de Néris, toutes ces voies ainsi que celles de Limoges, n'en formaient qu'une ; on la voyait encore il n'y a pas très longtemps, aux Chorles ou Charles, sur une longueur de cent soixante-dix mètres, dans le bois des Forges et dans la lande Maguet, et de là jusqu'au pont de l'Œil, qu'elle traversait, et on la trouve ensuite entre Commentry et Malicorne, entre Malicorne, Colombier et Hyds, auxquelles quatre communes elle sert de limites respectives ; ce qui annonce qu'elle est beaucoup plus ancienne que ces localités.
Les villas et les palais. — De nombreux restesafBrmenll'importance des somptueuses habitations qui existaient sur les deux versants de la vallée de Néris ; les plus considérables sont ceux qui ont été découverts, au lieu dit des petits Kars, en face du camp, vers l'emplacement que M. Boirot désigne sous le nom de c Palais du Gouverneur ■ ; là, on a trouvé sur une étendue de plus de cent mètres, des substructions importantes, des fûts de colonnes cannelées, d'aulres ornées de feuilles d'eau et plus récemment dans une fouille &ite en 1869, une salle dont les parois étaient formés d'un enduit recouvert de peintures à fond de couleurs vives, avec ornements de feuillages encadrés de panneaux difTérents.
Un foyer d'hypocauste presqu'entièrement conservé avec ses supports, plateaux, conduits de chaleur en terre cuite, a été trouvé au-dessous de cette salle.
Une autre habitation d'une grande richesse a été découverte en 1858, sur le chemin de Commentry, au Ueu dit Chebernes, près des Viltattes.
Autour d'une galerie ornée de colonnes, dont le sol bétonné existait encore, les murs de nombreuses pièces d'habitation portant des traces d'enduits peints, ainsi que ceux d'une salle de bains et d'un hypocauste, ont été mis à jour. Le sol de toutes ces pièces a offert des bétons de com* posiLions et de couleurs variées. Au pied du mur d'appui de la galerie, les fûts des colonnes, entièrement couverts de sculptures, et leurs chapiteaux ont été retrouvés, ainsi que la clef d'un arc ornée d'un génie ailé.
D'après Baraillon, on voyait encore & son époque sur les parois de certains murs, des fleurs vertes, bleues et rouges parfaitement conser* vées ? La seule tour de Néron a présenté une mosaïque,
Autoqt qu'on en peut juger, chaque habitation avait une tour à son centre, autour de laquelle régnaient de petites chambres, depuis deux jusqu'à quatre mètres en tous sens ; elles étaient souvent oblongues. Ces anciens édifices paraissent ressembler, en tout, à ceux de la Villa Adrienne, dont parle Winkelmann {Hiat. de l'Art., T. ii, page 615).
Tous les fragments acquis par l'Etat ont été déposés dans le vestibule formant musée, à l'entrée du nouvel édifice thermal.
Les restes de plusieurs autres villas ont été retrouvés & différentes
époques, mais malheureusement détruits à mesure par les propriétaires. La villadu lieu dit, laCroix-Coq.a donné plusieurs fragments importaots, chapiteaux et fûts de colonnes en pierre blanche, bases de colonnes en marbre, blocs portant des traces de scellements ou de canaux recreusés, enduits avec peintures de toutes couleurs et filets encadrant des orne* ments.
Les restes de la tour du champ des Chaumes. — On a découvert dans la vigne de la Burette, une cour toute entière, pavée en pierres de taille.
Une tour dont ou voyait les restes au milieu du Champ des Grandes- Chaumes, a été bâtie, comme tous les ouvrages romains, de petites pierres carrées d'égale hauteur ; presque toutes portent à l'intérieur des trous de six centimètres et demi de profondeur, sur treize millimètres de large et douze centimètres de longueur.
On estime que c'était les restes d'un temple gaulois, mais de construction romaine, orné de marbres, de marqueteries et de mosaïques ; que des crampons en fixaient les pièces d'embelliasement ; qu'il était, en un mot, tel que celui de Wans, en Auvergne.
Les tombeaux, — Dans le champ de Pallas, que nous avons déjà cité, on a découvert des tombeaux en maçonnerie très solide et des squelettes fort bien conservés, les uns tournés vers le Sud-Ouest, les autres les pieds à l'èquinosiale. Les troupes romaines étant un mélange de différentes nations, chacun croyait, adorait et se faisait inhumer selon les lois et coutumes de sa religion.
Dans ce même enclos, on a trouvé une tête entre quatre tuiles romaines ; celle, peut-être, d'un supplicié dont le reste du cadavre a dû être la proie des bêtes féroces.
A Marcoing, qui tire sans doute son nom de Mercure, en floréal de l'an XII, nombre de petites bouteilles de même forme, en terre cuite, ont été trouvées et formaient autant d'ossuaires; ce qui prouve que l'usage de brûler les morts s'est longtemps prolongé dans cette partie des Gaules, car ces bouteilles n'ont plus la forme romaine. Cela prouve aussi que la religion romaine s'est longtemps conservée à Néris ; les chrétiens ne brûlant jamais leurs morts.
Les ioBcriptions, les bronzes, les vases et les objets en ivoire — Avant 1853,00 n'avait réuni qu'un petit nombre d'inscriptions. La plus intéressante trouvée au Péchin en 1776 est celle qui est scellée dans un mur de l'hospice et qui donne le nom de la localité : VICANI NËRIOMA- Gl ENSES, Cette inscription a été en la possession d'un propriétaire du pays. Un moulage de la dite inscription est déposé dans la galerie d'entrée de
Étude suh Nébis 541
l'établissement. D'autres fragments trop incomplets pour être expliqués d'une manière satisfaisante y sont également placés.
Ed 1853, en creusant les fondations d'une maison, k peu de distance de l'édiflce thermal (point q. q'. du plan), on a trouvé à un mètre de profondeur moyenne de nombreux fragments de tablettes en marbre blanc de forte épaisseur, portant des inscriptions en grandes majuscules de cinq à sept centimètrea-de hauteur. Ces fragments qui ont été réunis, mais qui laissent encore de nombreuses lacunes, appartenaient à trois inscriptions ditTérentes, encadrées d'une forte moulure de buit centimètres.
La moins incomplète a une certaine importance par le détail qu'elle donne sur l'érection du monument auquel elle a rapport. Elle indique que les fontaines et aqueducs ont été construits ou décorés par un duumwir du nom de Lucius Julius et par un autre personnage dont le nom n'est pas suffisamment conservé, et qui était sans doute le second des duumwir, sous les auspices desquels les monuments ont été érigés.
En 1867, une autre inscription, beiucoup plus complète a été découverte près de l'emplacement sur lequel les précédentes avaient été trouvées. Elle donne l'explication de quelques lacunes des premières, dont elle est en quelque sorte la répétition ; mais elle est surtout intéressante par la désignation probable du nom de la divinité protectrice de Néris.
Celte dernière inscription a été acquise par l'Etat, comme beaucoup d'autres ; toutes ont été relevées par estampages.
Parmi les inscriptions trouvées & Néris, il ne faut pas omettre les tuiles de la Légion VIIl Augusta, si intéressantes au point de vue de l'hialoire générale. Ces tuiles, dont il existe deux variétés (l'une se trouve au musée de Moulins) nous apprennent, non seulement que les vestiges, dits du Camp romain, sont réellement ceux de Castra Stativa, établi h Néris sous les empereurs, mais en outre apportent une vive lumière sur un épisode des plus importants du règne de Domitien.
On lit sur ces briques :
LEG Vin AVG
Soit avec plus de développement :
LEG VIIl AVC L ÀPPIOLEG
Afin de montrer qu'on pourrait obtenir d'utiles informations de ces quelques mots échappés aux ravages du temps, M. Rénier a rapidement résumé l'histoire de la tentative de l'usurpation de Lucius Antonius Satuminus, légat de la Germanie supérieure. Avant de connaître la deuxième de ces tuiles, on necomprenaitpas la roule qu'avait dùsuivrele légat qui y est nommé, pour aller au-devant des deux légions soulevées par Lucius Antonius Satuminus, la XI Claudia et la XXIRapax ; grâce à cette tuile, nous savons que le légat de la V1II° légion Augusta, Lucius- Appius-Maximus Norbanus, légat impérial propréteur de l'Aquitaine,
venait de cette province lorsqu'il battit Saturninua, dont les légions étaient établies à Viadonissa.
Le nombre des médailles trouvées dans la localité est très considérable; elles sont en général en bronze, moyen et petit module ; oaeaa cependant recueilli une certaine quantité en argent, de bas titres ou fourrées et fort peu en or. Parmi les premières, on n'en a rencontré qu'un fort petit nombre de l'époque gauloise.
Quant aux romaines, les types les plus anciens remontent à Auguste, et les plus récents & Valens. Les plus nombreux sont ceux des Antoaias, Trajan, Néron et ceux des Constantins, et plus rares ceux des Tetricus. Quelques types d'impératrices, Faustine, Julie, Lucile, ont aussi été recueillis.
MM. Baraillon etBoirotont signalé ladécoaverteau commencement du derniersièclede plusieurs statues en bronze de grandes dimensions: l'Abondance, Diane, un fragment d'une statue de Faune. Depuis, d'assez nombreuses petites statuettes également en bronze, représentait Minerve, Mercure et d'autres personnages, parmi lesquels celui d'un esclave nègre ont été trouvées. (1)
Les bronzes comprennent aussi un certain nombre de grands vases ornés, dont parle M. le docteur Boirot ; d'autres moins importants ont été découverts plus récemment, ainsi que quelques fragments bien conservés, avec de nombreux ustensiles d'usages divers. (2)
La variété des vases en terre cuite est très grande comme forme, ornementation et couleur. Vases en terre rouge avec ornements moulés en relief. Vases décorés d'ornements moulés en relief. Vases décorés d'ornements rapportés en barbotine, d'autres gravés ou à filets peints, ou encore à couverte micassée.
Assez souvent on a rencontré dans les fouilles des petites statuettes en terre blanche, semblables à celles dont de si nombreux exemplaires ont été trouvés dans les départements de l'Allier et du Puy-de-Ddme. Les types les plus fréquents sont à l'ordinaire ceux de Vénus Aoadyomène,
(1) En 1S77, eo décombrant un puits de l'ancieu N'êris, on découvrit an groupa de deuxslalues, Bsculape et Hygie ou MyK^, le dieu de la Uikleciae et iadéeasede laaanté, avec une tâte du Dieu Apis. Au milieu d'une grande aggîomératioD, où tons les cultei étaient admis, et daus laquelle & raison de l'erilcacité de et» eaux, 1» étrangers amuaient de toutes paris, rien d'étonnant que le cullo des Egyptiens fût connu et pratiqué concurremment avec les autres cultes du paganisme, étant donné surtout la présence des médecins grecs, initiés aux doctrines scientidques et religieuses des prélrea égyptiens.
(3) Récemment H. le capitaine Esperandieu, communiqua une petite bague de bronze, qu'il avait reçue de M. Bertrand, membre de ta Société d'émulation et des beaux-arts de l'Allier. Elle a été découverte à Néris dans un puits romain, avec d'autres objets et porte une légende qui n'a été ni coulée, ni gravée, mais poinçonnée sûrement lettre par lettre. Cette remarque corrobore celle que M. l'abbé Thédenat avait eu l'occasion de faire déjà et prouve que les Anciens se servaient de caractères mobiles.
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de Latone ou JunoD Lucine, portant uq ou deux enfants, appelée souvent Déesse mère ; dirTérents types de Mercure ; des représentations d'animaux ou de fruits, etc.
Les touilles ont donné également des petits objets d'uaage ordinaire ou de toilette ; couteaux à manches sculptés, pesants de fuseaux délicatement ornés, styles, épingles à cheveux, une grande quantité de petits cylindres creux, percés de trous, dans lesquels on a cru voir pendant longtemps des fragments de flûtes, que depuis on a reconnu à Pompéî, foire partie de charnières. On a trouvé également des cachets de médecins (1).
Nous avons résumé dans les notes qui précèdent, une partie des documents que l'on possède sur l'ancienne cité de Néris ; mais nous sommes loin d'avoir signalé tous ceux qu'il a été permis de réunir sur cette localité, dont l'importance, entrevue, rappelle cette parole de Pline : t Les eaux minérales ont peuplé l'Olympe de nouveaux dieux et la terre de villes nouvelles •.
Opinions diverseï sur rimportanoadeNéris. — On n'est donc pas sur si Néris offrait l'aspect d'une bouif ade ou d'une cité avant l'apparition des Romains, ce qu'il y a de certain, c'est que les Celtes avaient en grande vénération les sources en général et les thermales en particulier {Sénéque, Equit. 41, Sulpice Sévère I. Il, p. f29).
Plinâ a dit vrai, quand il assurait qu'on bâtissait des villes dans le voisinage de ces sources, c Néris aquœ Neri >, dit Piganiol de la Force : f Ville d'une ancienneté gauloise, que quelques-uns indiquent comme la Gergovia Boîorum, recommandable par plusieurs vestiges d'antiquités romaines >. M. Pajonnet présumant que Néris s'est ^evé sur les ruines de deux villes jadis existantes dans son voisinage ; l'une appartenant aux Gaulois par son exposition au Midi ; l'autre aux Romains, est dans l'erreur, croyons-nous, car à l'Est comme à l'Ouest du cirque, il est impossible de saisir la moindre dillérence dans les constructions dont les restes couvrent le sol. M- Pajonnet a dû prendre le palais du gouverneur pour une vtllegauloise ; maïs les colonnes, les luiles à rebords de trois époques distinctes auraient dû l'éclairer.
On ne croit pas que Néris ait été chef-lieu de province ; son territoire étant trop resserré par ceux des Cambiovicences, de Jorges, de Chantelle-la-Vieille.
Si l'on objecte que Néris était de l'ancien diocèse de Rourges et si
(I) Pour coDti-einarquei- les enveloppes de teui-s reroËdes.les médecins de cette époque se servaient, dit-on, d'un cachet en pierre à plâtre, de Torme rectangulaire, portant sur ses tranches des inscriptions lailoes qui se r^rér-aienl aux maladies auxquelles t'appliquaient les sp^inques.
l'on en veut conclure avec Caylus qu'il était aucienuemeat de la cité des Biturïges ; avec Coquille, avec Danville, avec l'abbé Belley, qu'il faisait partie du Berry, nous répondrons qu'il pouvait en être ainsi sous les Romains, même du temps de Tarquin l'ancien, au rapport de Tite-Live, mais qu'il en était autrement sous les anciens Celtes. Pour leur commodité, les premiers avaient divisé la Gaule en provinces, mais une même province contenait des peuples très distincts entre eux, et quand on examine les vestiges, les monuments, on est fondé à croire que tout ce que renferme le Berry, n'appartenait pas au Berry.
Quelles sont les époques des saccagements de Néria ? Il est douteux qu'il ait été sacrifié avec les autres villes du Berry que l'on brûla à l'approche de César. Quoiqu'en aient dit Malte-Brun et Tudot, il est supposable que Néris n'a pas été incendié ; rien ne l'a établi ; or, on sait que de pareilles traces sont ÎDefTacables.
D'autre part, ii est diflicile d'admettre que les Romains aient détruit Néris par politique, l'ayant édifié et rétabli ;car on reconnaît leur manière et leur art, dans les premières comme dans les dernières constructions.
Quoiqu'il en soit, Néria florisaait au ii' siècle, soit sous Antonin le Pieux, suivant Robert de Vaugondi, dans son Atlas Universel ; soit sous Marc-Aurèle, comme le prétend Schepflix. Sous Tibère, Néris ne devait être qu'une bourgade gauloise et son extension ne semble dater que du premier siècle de notre ère.
Néris existaitencore sous Constantin, dontona retrouvé des oaédaîllea à son effigie, en abondance.
Les Barbares. — Il dût être saccagé sous Constance II, vers 354 ou 355, car les Barbares firent à cette époque, une grande irruption dans les Gaules, oii ils ruinèrent de fond en comble une multitude de villes et de ch&teaux-forts.
Le second saccagement est attribué aux Goths vers la fin du iv* siècle. Plus tard il fut encore dévasté par les Germains et les Francs. Enfin, vers 855, les Normands le ravagèrent aussi, quand ils firent irruption dans le Limousin, la Marche, la Combraille, le Berry et l'Auvergne.
Malte-Brun, dans sa France Pittoresque (édition de 1835), affirme que Néris fut détruit pour la première fois sous Constance, et rétabli sous Jovien ; que les Francs le pillèrentde nouveau et le livrèrent aux flammes; qu'il était peu à peu sorti de ses ruines lorsque les Normands le dévastèrent une troisième fois. Il reçut alors, ajoute-t-il, * un coup dont il n'a pu se relever >.