CHAPITRE IV
Suzeraineté des Bourbons
LAYDES, PâAOES & AUTRBS DROITS
1242. — Le duo de Bourbon Archambaud VII aooorde des lettrei de franchise aux habitants de Montluçon. — Tarif des droits de laydes et autres. — Créations de prud'hommes. — La rue de la Lombardie. — Hort d'Arohambaud à la croisade d'Egypte. — Construotion de la ohapelle St-Nioolas, près la idaoe Notre-Dame (1250). — Réunion d'un oonoile provincial & Hontluçon (1356). -~ Nouvelle apparition des Anglais sous les murs de Montluçon ; la peste désole la ville. — Fondation d'établi8sem«ita de blenfalsanoe, hospioes, léproseries, les Sœurs de la marmite. -- La Fête des Rois & Montluçon. — Les prud'hommes échangent leur nom pour celui de consuls. — Ordonnance relative aux bouohers.
Le duo de Bourbon Archambaud TII accorde des lettres de franchise aux habitants de Montluçon. — Archambaud Vil succéda à soD père eo 1242, et le 5 décembre de cette même aonée, par un acte synallagmatique, il accorda des lettres de fraachiee aux babilaats de Montluçon, mais à la charge par ceux-ci de se reconnaître obligés à lui payer une redevance.
Cet acte fut signé par Messires Rogier de la Palice, Guillaume de la Roche-Nemon, François de Vamères, Hélie de St-Furéol (Fargeol), Rougières de Montluçon et deux sergents ; Désiré de fiourbon, Guy de la Faye, ch&telain de Montluçon et Guillaume A.ugers, ch&telain d'Hérisson.
La charte de 1242 (1) a été publiée par les éditeurs de l'histoire des
(i) Elle commençait ainii : ■ Aa nom da Père et du Fils et du St-Eaprit. Amen. Je, Archaml>aud, sire de Bourbon de Montluçon, fait scavoir à tous oeulz qui sont, qui seront et ceste lettre Yerront que je franchie ma villa de Montluçon en cesle manière : Qae chaacun borgeois de la ville me doibt rendre de franche censive chascan an, six boIs, ou cinq sols, ou quatre, ou trois, ou deux ou dixhuit deniers au moins, selon ce que chascun aéra, et ceste censive doit estre annesturée par quatre prodommes de la ville par censiement ; lesquels li communs aaseliront eotre eulx, et li quatre feront la censive, sans aclioisoir (empè' chement) de moi, ni mon chastelain, ni des borgeois. »
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28 klSTOlBE DE MONTLUÇON
ducs de Bourbons, de la Mure (t. III, 2* pBrtie,page94); elle nous fouruit la preuve que le seigneur de Montlu^ou prenait des droits de laydes sur les marchandises et denrées mises en vente leâ jours de foire et de marché, mais elle n'entre dans aucun détail à ce sujet, et, si l'on veut en savoir plus long, il est nécessaire de recourir i diverses reconnaissances placées en tête d« terriers de la châtellenie du xiv» et du xv siècle. M. A. Vayssière, ancien archiviste de l'Allier, à qui nous empruntons ces renseignements, a pubhéen 1890 une petite brochure dont nous extrayons ce qui suit :
( Reconnusstnce des laydes, péages et aulres droits que Monseignear le duc
• de Bourbonnais prend et exige en la ville el franchise de Hontiuçon (13T5-1i96).
La reconnaissance de 1375 porte qu' * en la ville de Montlucon a trois fours banniers, dont tes deux sont & Monseigneur, et le tiers & monsieur
de Norry, à cause de sa Femme ■ Elle renferme en outre un article
relatif aux boucheries.
1 Cn la ville de Honlluçon a dcox boucheries not&blcs, une appelée la grande « et l'autre la petite boucherie, et quelles monseigneur prend pour an sur chacun « bovchier cinq sols et une lon^e dehtruf. El en outre doivent lousieiulils bouchicrs f ensemble pour an qu'ils payent la veill« de Nofl, avec les longM de bœuf dessus
> dites, cinq cuisses dcbu?ufs des meilleurs bœuk qui soient vendus, au choix de t monseigneur, dcsqneaix cinq cuisses l'ane est an receveur. *
- RBCONNAISSANCB DE 4(M --
• Fait à M«Dtliiooa, l« dix-haitiesme jpur de janvier mil quatre mua (fwtren vingts et dix-sepl, par devant nous Philippes Pourestz, receveur pour monsâignaur t la duc de Bourboonaia ot d'Auvergne and. HonUifou et coaunissaire ordooné el < depput4 par messieurs lea préiî<knt et gens de comptas de mond. Seigneur le duc, t à Holins, à veriffier el renouveller les leniers des cens, rentes el anlrcs devoirs B anmuli appartenaos à mond Seigneur le duc en la chastellcnie de Honlluçon,
• honorable homme et saige 1c procureur do mond. S' le duc comparant par mablre
• Jaques de Chesanviel, licencié en Ioix,son substitud en la chasiellenie de Moniluçon « a fait convenir et appeler pardevant nous honnorables hommes Claude de Lion,
0 Rougier Bessonnat, Jehan Bciaot el Henri Blondcau, consulz ccsle présente année
• de la ville dud. Monlluçon ; Jehan de Pallier, Berthomier Camault, Colas Anii,
1 Pmnçoys Lnton, Authoine Loyson, Jehan Brignat, Pierre Honnol, Jehan Coppin, « Ligier Johannot, Stmon Kredasse, Guillaume Tfebaut, Marsaatt Pellasson, Martial ■ Serclier, Guillaume Michicl, Perrinet le Boii, Harcault Dumas, Jaques Dupauper, I Colas Chennet, Jaques Limonier, Anlhoine Prugnaull, Estiennc Lanbellîn, Fninçoys n Canomin, Phelibert Canomin, Jehan Rondeau, Jehan Naname, Jeban Sablier,
> Bsiienne des Ctoux, Phelibert Gondrin, Pierre Perrier, Phelippes Billart et Jehan 0 Glalinat, des plus notables bourgcoys marchans et habîtanade lad. ville elftanchise
Suzeraineté des Bourbons, Laydës, Péages et Autres Droits 39
t diui. UonlL et dont les ancuiu d'iceulx ont esld par cy-devsnt fermier* et adceo'
■ Mura dea laydea et sutras fermea appartenans à mond. Seigneur le duc en ladite
■ TilW et franchia«, nquamnl icellui procureur de mond. Seigneur le duc el înler- 1 roguer ta* deasua nommei et scatoir par leun advit et oppiniona, qwh droits de « laydaa, pëagea et autre» mond. Seignear le due prand et etige es lad. rilla el fran- ( cht»e de Hontluçon, à quelz jours el termes et sur quelles denrées.
* Lesquelz bourgaoya «t luiHtans deisiu nommez, aprds le sermtiit par euU fait t de dire venté, sar ca. noua ont dit tons d'une vois et chacun par soy c« qui s'en-
* nyt :
■ C'est assavoir qu'en bidile ville de Montiuçon a sept foires en l'an; la première,
■ le lundi avant U Esste de la Pnritieation Noitre-Dame, la seconde, le jeudi avant ( Pasques-flaurisa ; la tierce, le premier jour de moy ; la qutrle, le lundi avant la n fsste de la Pantbeooiute ; U quioele, le jour de la baie de la collation de gainct 1 Jehan Baptiste ; la aixiesme, le jour de roelave de Sainct Micbiel, et la aeptieame,
* le jour et feste de Sainct Thomas appœtre. El aussi en lad, viUe dud. Hontlnçon
* chacune seplmaine marchez commun à jour de samedi et mercredi ; et qnetles
* foirca et marchez ae veadent toutes nusièret de denrées qui y sont amenées el > apportées ; esquellea foires et marchez mond. Seigneur le doepraod et exige par t ses dépotes, fermiers et adceneevra Ions les devoirs des Uydes, tmaigaa et autres en
■ la manière qui s'enauyl :
« Bn lontea lea foires dessus dites, eaccpU la foire qui est le jour de la fêle de
■ la DécoUalion de Sainct Jehan Baptiste et la foire qui est le {onr de Sciact Thomas, « qui sont aui gouverneurs de l'ospilal de Nostro-Daraa de MontliiQon, mondit 8ci-
< gneur le duc prand sur lea bJez, de deux quartes à U mesure de Honilucoo demy-
■ layde, dont vingt-quatre Uydes font la quarte : el au-dessus de deux quartes, par
< la naniére dessus dil« ; et ao-de«soals de deus quartes riens ; el ce sur tes pos
* blez.
« Et sur las ■(ciotis, de quatre boisaeanlK, une couppe reze, d<mt un boisseaul
* a six coupes, et de huil boisseauli le double. Et s'il n'y en avaitqneseptboisaaanlx
■ il n'y a que une layde, pour ce qu'il n'y a point de layde i moins de quatre bois-
* aeatdx.
I Bu tons lee marchez de l'aii, la layde du blea ae liève aud. Hootlucon par la a manière deasua dite, Esquelz marchez raood. Seigneur prend la layde U première € sepuiaioe ; le Seigneur de Sainct Ualxand, A cause de sa S^gneurie dn Breulh,
* prend lesdeuiscpmainescnsuyvaos ; le cfaappiire de Sainct-Nicotas de Hontlu^on
■ prand lad. droit de layde autres trois sepmainea eaauyvana ; la aaiocte cliappelle
■ de Bourbon, pour Jehan Chasiellet, une auUre aepmaine, el le Seigneur de Gou*
■ Itère une aultre sepmaine eaauyvant ; et puia mood Seigneur l«ducreprandraulrc « première sepmaine et tous les aultrea par la manière desiaa dite, jusqaea à la Gn
* de l'année. Et se commence i lever lad. layde le jour de la feate Sainct Jehan
* Baptiste.
( De la layde deaaus dite sont exemps gens d'égliae, clercs clerjaument vivans, « gens nobles et las bour^oia de U ville de MooUuçon de tous les blez creua en leur <i heriiaige. Touteffois, s'il y avait aucun qui fcusl marcliant publîcque qui achelast
* et vendis!, il sérail tenu de payer layde par la manier dessus dite.
« Quant aucuns cbevaulx ou jiunens, ou aullres besles quelles que elles soient,
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n se vendent, soit à jour de foire ou marché en ladite ville de Monlluçon ou dans la
I franchise d'icelle, le cheval, la jument, l'asne, la sosmiere et autres besles ferrées,
( doivent chacune huit deniers de layde ; le poulain ou jument defferez chacun Illl
I doniers ; aanes et sosmieres defferez chacun IIII deniers; mullelzetmulles chacun
« Illl deniers ; bœufs et vaches, chacun 1111 deniers, porcz, pourceaulx, ouilbes et
> moutons, doivent chacun mailhe (obole).
« Tous les quelz droîs de laydea en deniers appartiennent enliéremenl ft mondit
■ Seigneur le duc, excepté csdiles devx foires de la Décollation SaincI Jehan Baptiste i> et du jour de Sainct Thomas, qui appartiennent aux gouverneurs de l'ospital Notro- • Dame.
• Toutes personnes venden sel en gros et en détail doivent chacun au chacun
■ une emyne sel, dont mond. Seigneur le duc prant la moitié, les ayans c^use du 1 Seigneur de Nourry, pour le Seigneur de Montboissicr, dont monseigneur a fr préf sent le droit, la quarte partie ; et trois des chanoines pabendiers de l'église de « SaincI- Nicolas de Hontlui;on prengnent l'autre quarte partie qu'ils despartissent « entre euk.
■ Sur tous ceulx qui conduisent sels sur besie, l'on prend une manée de sel, et
> si la charge ealsurasae ou sur sosmiere, demye manée; et se meslenlet assemblent fl lesd. manéea avec la layde dessus dite et se départent le sel qui en provient par la « manière dessus dite
■ Tous drappiers qui vendent draps de couleur, s'ih sont de la ville, ilz paient K pour ban en la halle et le peuvent et doivent choisir avant les autres drappîers ( forains. Hz doivent chacun dix-neut soIe tournois pour chacun an, et les drappiers € esIrangcB chacun vingt et ung soli tournois pour an.
■ Et si aucuns desd. marchans ne vouloient vendra drap en lad. ville que pour a une foire ou pour ung marchez l'an, il loura son ban du fermier de lad. halle ce K qui sera accordé entre eux
■ Et oullre ce que dit est dessus, doivent tous les drappiers dessus ditz à chacune
■ foire dudit Monilucon deux deniers tournois de layde.
■ Et est assavoir que pour ce que à présent il n'a point de halles en lad. ville
■ de Monlluçon, l'on a coustume d'user des devoire dessus diti comme s'ensuyt.
« C'est assavoir que les marchans drappiers estranges paient A chacune foire
> dud. Montluçon, pour le droict de halle, quelque part qu'ilz vendent, vingt déniera
■ tournois de layde à mond. Seigneur le duc, excepté esd. deux foires desd. gouvert neurs de l'ospital Noire Dame, esquelles mond. Seigneur le duc prant sur chacun ( desd. drapiers dix-huit deniers tournois, et led. gouverneur lesautresdeuideniers
■ tournois.
■ Et es jours de marchez lesd. drappiers ol marchans soyent de la ville, ealran- » giere ou fourains, ne doîvenl aucunes laydes.
« Burelliers et vendeurs de toilles et gens qui vendent grosses layncsel chaudes, K qui vendent emprës terre ou sur ban doivent par an chacun douze déniera.
( Tous aultres qui vendent bureautx de layne et loelles s'ilz portent leurs den-
■ rées au col ou sur eulx sans les mcclre à terre ne sur ban, n'en doivent point de
■ layde.
« Ceulx qui amaineni vendre en lad. ville chandelles de suif, doivent par an, a chacun (rois deniers et maille et à chacune foire ung denier de layde.
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Suzeraineté des Bourbons, Laydes, Péages et Autres Droits 31
* Tous pâaetiers qaî vendent pains en la halle doivent chacun an, chacun quatre I solz touraois, dont deux soIe i chacune feste de NogI, et aultres deux solz A la feste « Sainct Jehan Baptiste.
« Tous vendeurs de boys, comme decharrectes, fusteries, cercles, banaes, banli, « escuelles de boys, et de tontes aultres fusteries, excepta boys A chauffer, doivent a par an trois deniers et maille.
■ Tnpiniers et vendeurs de potz de terre qui ameinent leurs danrées vendre en « lad. ville A charroy ou beste, doivent A chacun marché trois potz ou tuppins, et I à chacune foire un denier de layde. Esqnels pots et tuppins de layde monseigneur « le duc ou ses commis et depputei praad chacun an le tiers, le Seigneur de Sainct- (t Haixand, A cause de sa Seigneurie du Breulh, l'autre tiers, et le Seigneur de la
■ RiviAre et Gtaude Charles l'autre tiers.
■ Tous vendeurs d'acier et de fer doivent pour an chacun cinq deniers tournois f et A chacune foire un denier tournois de layde, excepté ceulx de ta ville qui vendent I en leurs maisons n'en doivent rien.
t Vendeurs de poige blanche ou noire qui vendent au poix, doivent pour an
■ chacun trois sols tournois,
« Vendeurs de hnille en gros doivent chacun an V deniers t. ; et A chacuneToire > I d. t.
* Chacune charrecte chargée de vin qui part de Hontlucon ponr estre vandue,
< doit trois deniers et mailhe. Chacune somme de vin obole ; es queulx sommes * monseigneur a les trois quartz et Jeaimet de Sainctes le quart.
■ Vendeurs de harans et anguilhotes doivent pour an, cenlx qui vendent les
■ anguilhotes, chacun huit anguilhotes ; et ceulx qui les arans, chacun huit arans ;
■ et ceulx qui vendent arans et anguilhotes ne doivent layde que pour l'ung.
f Vendeurs d'ailletz et d'ougaons doivent pour an chacun trois deniers et
< mailhe ; et A chacune foire ung denier tournois de layde.
* Le péaige de la ville dud. Hontiuçon se Héve et exige comme s'ensuit :
■ Chacune beste qui porte avoir de poix, quelque beste que ce soit, doit chacune
■ besie I d. t,
« Bestes qui portent harans ou anguilhotes doivent chacune UII d. t.
< Merceries I d. t,
a Toutes antres bestes portant denrées quelque beste que ce soient, doivent ung
■ denier de péage chacun,
* Et toutes autres bestes qui ne portent riens, ne doivent riens.
■ En la ville dnd. Hontiuçon, a de présent deux fours banniers seulement,
■ appartenans A mond. Seigneur le duc ; et toutes manières de gens peuvent cuire
< leurs pains en quelque fourqu'ilz veulent des deux, et doivent pour chacun sestier
■ de blé qu'ilz cuisent en pain, soit froment ou soilhe, et soit en gros pain ou menu, t six deniers tournois de fournaige ; et de plus plus, et de moins moins.
Création de prud'hommes. — Uae des coaséquencea de la charte de 1242 fut la création, h MontlucoD, des prud'hommes élus par la bourgeoisie, et renouvelables tous les ans vers la Toussaint. Les prud'hommes étaient chargés de axer pour chaque habitant la contribution & lui afîéreote
3i HUTOIRB DB MONTLUÇON
due pour la prix d'atftaachtu«ni«at de la cita. Cette oocMbution variait de aix >ola k dix-huit deniers et la collecte en était &ite par ces mêmes prud'hommes. La censivo (c'est ainsi qu'on appelait celte contribution) devait être acquittée & la Saint-Michel ou k la MatlTité de chaque année.
Les prud'hommes avaient également pour mission de s'opposer aux empiétements des seigneurs sur les droits du citoyen de la ville. Ils étaient en outre chargés de prendre toutes les mesures nécessaires à la salubrité publique, & l'entretien des rues et des édifices communaux. Leur existence et leur mode de nomination ne cessèrent qu'à la hn du xvir siècle.
Les premiers prud'hommes choisis en 12i2 furent messiras Jean Roderié, Thomas de firignat, Morellus Maleli et Johaanes de Prato.
La Rue de la Lombardia. — En 1244, Ar^anobaud VII, autorisa trois marchands lombards à venir «'établir pour dix ans k MootlacoQi où ils jouirent de toutes les immunités reconnues aux francs lioui^eois, moyennant une taxe aonuelle de deux marca d'argent. De lÀ, le nom de Lombardie donné au faubourg de Montlucon oîi les Lombards s'étaient établis et où ils Caiaaient 14, comme aillenrs, leurs métiers de banquiers et de commerçants en gros pour l'exportation.
Mort d'Andiambsud i la Croisade d'Bgypte. — Archambaud VII prit part à la Croisade d'Egypte entreprise par Saint-Louis et 7 partit accompagné de sa femme Yolande de Ch&tillon.
Le châtelain de Montlnçon, qui était en même temps le cousin du comte accompagna son noble seigneur dans cette expédition.
Le Père Lemoine de la Compagnie de Jésus, dans un poème sur Saint-Louis, fait de notre sire de Montiuçon un chanteur délicieux et raconte sa mort tragique.
En parlant de la guerroyante AIroaxante, il dit :
Almaxante s'avance et d'une arme A long bois Travenc à UoqIIuçod le cooiluil da la voix. Il l'avait nellc at juste et longleinpi daai ta Franco Les tnatnuncDts, muels, ont pleuré sod absence. La Diuaique longtamp* de u mort soupira....
La Croisade ne fut pas plus fovorable au Comte Archambaud. II mourut en i248 et sa femme ramena son corps en France, en même temps que celai de son frém Gaucher de Chàlilloa.
Le comte laissait deux filles : Mahmat et Agnès qu'avant son départ, il avait fiancées aux deux HIs de Hugues IV, duc de Bourgogne.
Aicbambaud avait inieux Ut eaoore. Par tettaoïent, il avait asNgué
Suzeraineté des Bourbonb, Latdes, Péages et Autres Droits 33
& chacune d'elles ta part d'héritage. Mahaat l'aînée eut les efaAteaax de Bourbon, Souvlgny, Murât, Hérisson; quelques autres, k fa tète desquels se trouvait la chAlelleaie de MoDtlucon, formâreut l'apanage d'Agnès. C?est ce qui nous explique pourquoi Agnès prit dès cette époque, le titre de dame de Montluçon.
Elle avait été mariée au second fils du duc de Bourgogne, Jean de Bouiï:ogue, dfipuis comte du Charolais.
Des aiTangeroeota de famille survenus après la mort de sa soeur Mahaut, rendirent Agnès seule maîtresse de laeuccessioQ d' Archambaud IX..
Plusieurs événements importants signalèrent à Montlufioo cette période.
Construction de la Chapalle Saint-Nicolas, près la pUoe Notre- Dame. — Nous avons dit précédemment qu'un chapitre dont les chanoines desservaient la chapelle de Saint-Bonnet, qui se trouvait comprise dans l'enceinte du Château, avait été fondé par les sires de Bourbon. Ces chanoines remplissaient, avec les prôlres de l'Eglise Notre-Dame, les fonctions paroissiales.
Le Châtelain, au nom des Prud'hommes, demanda au Pape la permission de bitir une autre Chapelle en dehors des remparts du Château, représentant que celle de Saint-Bonnet était trop étroite pour contenir les paroissiens.
Le Pape renvoya l'affaire à l'Archevêque de Bourges, dont MontluQon dépendait alors. Ce prélat, accorda par lettre spéciale la permission
Voici la teneur de cette lettre :
■ !nnocfnt, êoéque serviteur, des terviteun de Dieu, à vénérable frère... arche-
■ vtque de Bourges; saiut et bénédiction apostolique .■
« Tous les prêtres ot clercs du Chftteau de Montluçon, qui bodI de votre diocèse, t nous ont liuinbleineDt supplié, disant : que de toute aDcienncté, leurs prédéces- > seurs avaient coutume de célébrer les offices divins en la chapelle de Saint-Bonnet
■ du Château, d'y bapUser les enfants et d'y administrer Ions autres sacrements. « Cependant, attendu qu'elle est située dans l'intérieur des fortifications du dit ( Château, et qu'une seule Chapelle ne peut suffire, pour contenir les paroissieniaux I heures réglées, ils nous auraient prié de leur accorder permission de construire une i Chapelle en dehors des dites fortifications, d'y eïcrccr les susdites choses cl d'y » avoir des dochea. Voulant donc toos en déferer comme étant le diocésain du lien,
■ nous vous nandona, mon îrën, par est ampte écrit, qvo vovs leur acaordiei ce • qu'ils d^mandeiit, ai roua croym qoa cela ae puisse aan nnire aax droits d'aatrvi.
t " Ihiutétt À f^n, l« dsttx ils eaiatuUs d« m*i, Cnn second de notre poMi- « Hcat. " (ÎO Avril 1245).
*■ Non, afaat mftremeat considéré toutes les cifcoutaooea da lieu et de La
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< demande, el ayant jugé qu'elles pouvaieni leur être aceordées, nous vous avons « octroyé toutes les choses demandées, voulant mâmc qu'ils puissent constituer des s prébendes dans le Heu dont il est parlé.
€ En foi de quoi nous avons fait apposer notre sceau aux présentes lettres, « données l'an du Seigneur liïS an mois d'avril. «
Naatis de cette permissioD de l'Ârchevôque de Bourses, Monseigneur Philippe BeiTuyer, les chapelains de Saint-Bonnet bâtirent leur demeure et leur Eglise sur un emplacement situé prés de ta place Notre-Dame, emplacement qui leur avait été concédé par un chanoine de Nevers du nom de Barthélémy Bayet, pour l'établissement d'un collège de soixante chanoines. Cette Eglise fut dédiée k Saint-Nicolas.
Mais tout n'alla pas très bien au début. L'abbé de Menât, curé et prieur de Notre-Dame s'opposa à l'exercice des fonctions paroissiales des nouveaux chanoines jusqu'à ce que ces derniers, ayant Ëiit leur denoande officiellement, purent célébrer leurs offices.
Jean de Bourgogne avait puissamment contribué à construire cette Eglise.
Le Chapitre de Saint-Nicolas reçut plusieurs donations de Guy de Bourbon, doyen de Rouen, ainsi que le témoigne un acte du mois de septembre 1266, portant donation des terres de Néris, Viliebret, Ronnet, La Petite-Marche et la Celle, fait par Guy et Jean de Bourgogne et sa femme, et dans lequel le Chapitre de Saint-Nicolas n'était pas oublié. Ce dernier prit le titre de Chapitre Royal de Saiat-Nicolas,quaQd la chàtellenie fut réunie à la couronne par François i".
L'Eglise et la demeure des chanoines qui la desservaient avaient leur foçade sur la place Notre-Dame, vis-à-vis l'Eglise paroissiale de ce aoro. Sous la Révolution, ces édifices servirent, pendant quelques années, de halle foraine, puis ils furent vendus à des particuliers au profit de l'Etat. Quelques vestiges de l'élise existent encore, mais complètement défigurés par des constructions modernes.
Une prébende préceptoriale du revenu de 300 livres, perçue par le principal du Collée de Montlucon, fut attachée au dit Chapitre à partir de la fondation de ce Collège, en vertu de quoi les chanoines avaient le droit, concurremment avec les prud'hommes de nommer au principalat.
LeConoileproTincialdeMontluçoa. — L'importance de Montlucon à cette époque le Ht choisir par les évèques de la province pour y tenir des conciles. Le prenaiereut lieu en lâdôdans les églises où s'assemblèrent sous la présidence de Jean de Sully, Archevêque de Bourges, les abbés, les prélats voisins pour s'occuper des questions d'enseignement et de discipline.
Deux ans après, le 5 mars 126S, Jean de Bourgogne mourut et quel-
Suzeraineté des Bourbons, Laydes, Fixages et Autres Droits 35
ques mois plus tard Agnès confirma la charte d'afTranchJssement de la ville de MoatIuçOB.
Mais comme il s'était élevé des contestatioas parmi les bourgeois de )a ville au sujet des limites de la franchise, Agoès, dans sa lettre détermine des limites qui furent maintenues.
EnQn, par oes mêmes lettres, elle donne quittance aux bourgeois de Uontlucon d'une somme de 400 livres qui lui avait été donnée en bons deniers comme indemnité de ce que,Bans permission, ils avaient construit des maisons sur le pont vieux et étendu de cette façon les limites de la franchise.
Agnès, exécutant en cela les dernières volontés de Jean de Bourgogne, son épQux, fit construire un hdpital sur le territoire de Souvîgny, puis en 1277 épousa Robert II, comte d'Artois. Elle mourut en 1287, en Artois, dans un des ch&teaux de son mari et fut enterrée dans l'^liae de Champaigne.
Cette même année 1287, l'évêque de Limoges, plusieurs abbés et autres dignitaires de l'élise s'y réunirent en concile à nouveau. Ce fut le second concile.
De son premier mariage, Agnès avait eu une fille, Béatrix, qui avait été élevée & la Cour et qui épousa Robert de France, sixième fils de Saint- Louis, en 13Ï6.
Le mariage se Ht à Clermont-en-Beauvoisis. Les noces, dit-on, furent d'une magnificence royale.
Du vivant de sa mère, Béatrix ne jouissait, dans le comté de Bourbon que de la çhàtellenie de Chaverocbes et de mille livres de revenus que lui payait Agnès.
Béatrix mourut en 1310, le 1*'' octobre, en son château de Uurat et y fut enterrée avec sa mère.
Robert, son époux, lui survécut quelques années et s'éteignit luimême le 7 février 1318, son corps fut porté aux Jacobins à Paris.
Trois fils et autant de filles étaient nés du mariage de Robert et de Béatrix.
Louis !<"', le fils aîné, surnommé le Grand et le Boiteux, auquel, d'ailleurs, Robert avait de son vivant, abandonné le Bourbonnais, lui succéda. Créé chevalier en 1297, Louis 1" prit part k la guerre contre les Flamands oti il se distingua eu sauvant les débris de l'armée française.
En 1310, il épousait Marie de Hainaut, et était nommé grand chambrier de France en 1320. Le 25 mars de la même année, Louis donnait des lettres patentes pour obliger tous les habitants, même les nobles et les ecclésiastiques & payer leur part d'imp6t pour les réparations des portes, fortifications, fossés, murailles, etc., etc.
En 1315, il appuie la noblesse contre le roi, & propos d'imp&ts extraor-
30 Histoire de Momtloçon
dioftirei demandés par ceiiiUoi ; il aebëte le royaume de ThesuUonique en 1320 et vend son droit de battre monnaie. Après s'être emparé de l'Agenoisen 1324, 11 Change avec Je roi le comté de Clermont contre celui de la Marche et en 1327, voit le duché de Boarbon érigé en duché pairie.
Après avoir soutenu le roi de France contre les Anfilais et s'être illustré en 1328 k la bataille de Cassel, Louis se vit rendre le oomté de Clernaont érigé en pairie comme celui de la lifarche. Il mourut à Paris h la lia du mots de Janvier 13i2.
Son épouse lui survécut douze ans et s'éteignit en 1354 au chftteau de Murât ; elle fut enterrée À Souvigny au mouastère de Champaigne.
Pierre l*' qui était né en 1313, succéda à son père, comme duc de Bourbon en 1342. De son mariageavec Isabelle, Bile de Charles de Valois, il eut Jeanne, fiancée êo 1348 au dauphin de France, le futur Charles V.
Les Anglais, & cette époque, recommencèrent leurs incursions & travers la France. Pierre, placé & la tète des provinces d'Outre-Loire, leur reprend plusieurs places fortes ; mais il (ut, dit-on, blessé & la bataille de Crécy <le 26 Août 1346), après avoir accompli des prodiges d'bérolame. Sa belle conduite et les services rendus lui valurent de faire partie de la première promotion de l'ordre de l'Etoile, Institué en 1351.
L'année 1356 voit tes bandes du prince Noir parcourir le Midi et le Centre de la France. Dans ces marches et contre-marches, les ch&teauidu Bourbonnais furent presque tous occupés, pris et repris.
Non-Tslle apparition des Anglais tous les mors de Hontluçon.
— Hontluçon vit aussi les bander anglaises descendre des htMttur» d' /fumes (1). Mais la ville tarmi ses portes, dressa ses hours et l'enDemi fut écrasé, anéanti.
Les cadavres couvrirent les marais qui entouraient Montlucon et le Cher parut ne pas suffire à charrier les corps que les soldatsdelagamison Jetaient dans ses eaux.
Et tandis que la Combraille et ses coteaux chargés de fruits, que Montluçon et sa rlsnte ceinture de vignobles voyaient tout piétiné et tout arraché, les Anglais fuyaient laissant derrière eux la mort et son hideux cortège : la famine, l'Incendie et ta peste.
Cette dernière, surtout, fit de grands ravages dans notre ville.
La Poste & Hontluçon. — Pendant que le dao Pierre, àla déplorable bataille de Poitiers, en 1366, fait de son corps un rempart au roi Jean et meurt du coup qui allait frapper son souverain, fa peste dans notre ville
(I) Quartier (lv« (Tuincberts.
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emportait ceux gui n'avalent pu accompagner leur duc et porter le nom montluconoais au milieu des bataillons anglais.
Contre ta peste, qui, dans la ville, provenait des cadavres, de l'action du soleil et des marais aux effluves morbides, nos pères eurent recours & deux remèdes.
Tandis que, d'une part, des vlei^es mootluconnaises, quittant la ville, vont, accompagnéei de nombreux pèlerins et escortâes de gens d'armes sous les ordres de pieu:( chevaliers, déposer aux pieds de Notre-Dame d'Oroival, en Auvergne, des prières et des vœux pour leur chère cité, d'autres s'occupent de fondations d'œuvret de charité.
Fondfttiona d'hMpiosa, da lèttro8«rlM. — Lm Saura de la
Marmite. -— C'est & celte époque, en effet, que remonte la fondation de nombreux asiles, hospices, léproseries et autres établisiemente de bienfaisance, l'institution de l'Hâtei-Dieu el l'institution ■ des Sœurs de la Marmite *.
Le premier de ces établissements était destiné aux malades et on sait, par ce que nous venons de dire, combien ils étaient nombreux.
Mais comme la plupart n'étaient pas riches, que foire des indigents ? On institua alors des asiles spéciaux pour eux et dei religieuMs s'en chargèrent, mettant i profit les bàtlmentl occupés précédemment par des prêtres et des chanoines.
Ces braves femmes se distinguèrent a ce point par leur lèi6 envers les déshérités de la fortune qu'on leur donna le nom de t Sœuri de la Marmite ».
A Pierre 1" succéda, en i3S6, ion fils Louis II sumommd le Orand et le Bon. Indépendamment de ses titres de duc de Bourbon et sire de MontluçOD, il possédait ceux de comte de Clermoiit et du Forez ; il était en même temps pair et chambrier de France:
Nous ne raconterons pas par le détail les diverses campagnes auxquelles prit part le Seigneur de Montlucon,nou9 bornant & mentionner ce' qui peut intéresser notre ville.
Il noua parait cependant impossible de passer sous silence certains laits qui feront connaître ce que fut Louis II.
En 1359, il fut envoyé en mission secrète à la Cour d'Angleterre, en vue d'y traiter du rachat du roi Jean, fait prisonnier à la bataille de Poitiers. Les pourparlers n'ayant pas abouti, Louis II dut repasser le détroit et lès hostilités reprirent de plus belle.
En 1360, fut signé le traité de Elrétigny et Louis II était un des quatre otages de la stricte oliservatîon de ce contrat. )1 avait à répondre d'une somme de cent mille florins et dut prendre, à la Cour d'Angleterre, la place de son Oncle Jacques de Bourbon. Il s'y montreun duc modèle et
tout en pleuraat la patrie absente, sait forcer l'estime de sea adversaires qui ne le désignent que sous le nom de f le roi d'honneur *,
Ses âdèles sujets paient le prix de sa rançon, soit cent mille norins, qui aont envoyésau roi d'Angleterre. Mais ce dernier, & peine en possession de cette somme, annonce & Louis II qu'il n'est pas libre, vu qu'il est solidaire des autres cautions.
Il peut cependant, quelques semaines plus tard, regagner, libre, la terre de France et son pays.
A la vue des braves chevaliers qui, pendant son absence, avaient combattu et pourchassé les grandes compagnies du roi de Navarre, conduites par Bernard de la Salle ' le grand eachalleur de fortereues ■ il leur dit d'une voix paternelle : # Moult à vous tui» tenu, met braves et loyaux ierviteurs. i
Il prit solennelle possession de son duché.
En 1366, Louis II prôte serment à Souvigoy, le 18 juin, en qualité de nouveau duc. La cérémonie fut magnifique, elle était présidée par le prieur Bernard de la Tour d'Auvergne, [Hus tard évéque de Langres. En voyant Eon duc, le peuple pousse le cri : ■ Noél au gentil duc de Bourbon. «
Louis II Institue l'ordre de l'Eou d'Or. — L'année suivante 1367, le bon duc institua l'ordre de l'Ecu d'or et conféra comme étrennes le cordon de ce nouvel ordre à de nombreux chevaliers. De ce nombre fut le châtelain de Montluçon.
Avant de congédier aes chevaliers, il leur &it promettre de délivrer les chftteaux de la Roche-sur-Allier, de Beauvoir, etc., que tes Anglais occupaient encore, puis il célébra la tète des rois h Moulins.
La fdte des Rois & Montluçon. — Voici en quoi consistait cette fête que le ch&telaia célébrait après l'office dans le château de Montluçon, à l'exemple de nos ducs et d'après le cérémonial qui présidait & leur exécution dans la bonne ville de Moulins.
Le matin, on allait chercher dans la ville le plus pauvre des enfanta. Il était ordinairement âgé de huit ans. C'était le roi de la journée. Depuis l'office jusqu'au soir, il jouissait de tous les honneurs et de tous les attributs de la royauté. On lui donnait des habits magnifiques et ce pauvre eofont était d'autant plus heureux de cette fortune d'un jour, aussi grande qu'imprévue, que son innocence le comprenait moins. Il siégeait au milieu de la table du festin, revêtu de ses habits royaux et le châtelain avec ses principaux officiers l'entouraient.
Le maître â'hdtel faisait ensuite la quête pendant que l'on défonçait les tonneaux sur la place et que le peuple buvait au nouveau roi. Le duc de Moulins foisait payer quarantes livres, le châtelain donnait à peu prèfl
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la mécne somma pour que l'enfant fût élevé & l'école monastique quand il aurait perdu son éphémère royauté. Les chevaliers et écuyers y allaient aussi de leur obole et le petit roi s'en allait, le soir, avec une somme qui, en ces temps-ljk, pouvait passer pour une petite fortune.
Chaque année la fête faisait de nouveaux heureux et cette touchante coutume subsista fort longtemps.
Louis II, tout en songeant h ses chevaliers qu'il récompensa, n'oublia pas sa bonne ville de Moatlucon et en 1367, il écrivait au châtelain une lettre qui se terminait ainsi : ■ Ce» préaentea ont été faites et données en notre ville de Moulitu, au mois d'avril l'an de grâce mil trois cent soixante-sept ».
Cette lettre n'était autre qu'une charte confirmant l'affranchissement donné par Archambaud IX, en 124S, Il assurait, en outre, k la commune une organisation plus complète et plus indépendante.
Les Prud'hommes échangent leur nom pour celui de Gonsula. — Les commissaires désignés dans la charte d'Archambaud IX, prirent désormais le titre de Consuls et jouirent dès lors des droits et prérogatives attachés à ce titre. La phrase les concernant était ainsi libellée : ■ Ampli' ant nos grâces, leur octroijons par ces présentes que les quatre Prud'hommes es dites lettres se puissent nommer Consuls • .
Ordonnance relative aux Bouchers. — En 1380, le duc Louis rendit & Montlucon, une ordonnance en vertu de laquelle aucune béte ne pouvait être abattue par la boucherie « qu'elle n'euat été amenée en lieu publique et qu^elle n'eust été trouvée vive, sayne, buvant et mangeant et visitée par les dix deux bouchiers jurez, i
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