‹ Histoire de MontpellierChapitre 10 sur 145 · GÉOLOGIE · texte numérisé non relu

GÉOLOGIE

Montpellier mérite donc bien son nom ; c'est bien d'un mont qu'il s'agit, en effet, et la raison en est dans le simple travail des eaux; c'est un relief produit par voie d'érosion.

La géologie nous apprend qu'il est d'autres facteurs (i) des inégalités de la surface terrestre, et celles, autrement considérables, qui se dessinent à l'horizon du Peyrou, l'Aigoual à l'extrême lointain, le Saint-Loup plus près de nous, et son cortège montagneux de l'Ortus et de la Serane, sont les effets d'autres forces, qui ont, elles aussi, contribué à l'établissement de l'état actuel de notre globe. Mais l'agent dont nous avons reconnu l'action et le produit, l'eau atmosphérique, sous ses différentes formes de pluie, de torrents ou de fleuves, est entre tous, sans contredit, le plus continuellement actif, celui dont l'incessant labeur a opéré la plus décisive influence sur le modelé de notre globe. Notre modeste Mont Pellié nous met en présence de l'un des phénomènes géologiques les plus importants :

(i) Ces antres facteurs d'inégalités terrestres sont dits d'origine interne, par opposition à l'agent aqueux qui opère à la sur'ace; ils sont susceptibles, d'ailleurs, d'être ramenés tous à un simple plrénomène de contraction : la masse intérieure du globe perdant de sa chaleur première, se refroidit, se contracte; il en résulte à la surface des plis, des ruptures et des effondrements, et par suite, des creux et des reliefs. Une autre conséquence de ces retraits et de ces fractures est la sortie des matières demeurées fondues dans l'intérieur ; l'Aigoual d'une part, le mont d'Agde de l'autre, témoignent de ces épanchements de matériaux profonds, étrangers au sol qui leur a livré passage ; d'autre part les chaînes de la Gardiole et de la Serane sont en tout comparables aux rides d'une pomme qui se flétrit. Sous l'action des eaux ruisselantes à l'extérieur, ces rides s'affouillant, se ravinent, se façonnent de mille manières ; les parties maubles disparaissent, les parties plus résistantes se creusent et prennent mille formes donnant ainsi naissance aux silhoaettes parfois fantastiques de nos chaînes de montagnes. Notre Saint-Loup, en particulier, n'est qu'un feston rocheux découpé par les eaux dans un bourrelet calcaire.

la production d'inégalités par voie d'entraînement de matière.

• Examinons maintenant de plus près la nature particulière des matières minérales qui le constituent; pour cela nous n'aurons qu'à observer les matériaux de déblais que nous offrent les travaux de fondations de nos maisons; l'occasion s'en présente tous les jours; procédons des plus hauts quartiers aux plus bas; Montpellier, s'échelonnant sur les flancs d'une colline, un creusement de profondeur minime, aux différents niveaux, mettra à jour les différentes matières qui la forment; on sait, en effet, que la charpente de notre globe consiste en une série d'assises de différentes natures en recouvrement les unes sur les autres. Le Palais de Justice, la Halle et le faubourg de Boutonnet nous onriront, par leur niveau respectif, des conditions favorables a notre étude.

C'est un dépôt de limon rougeàtre, contenant des cailloux siliceux de grosseur variable, que les premiers coups de pioche mettent à jour, et cela seulement sur la partie culminante de la ville, dans le rayon du Palais de Justice.

Ce sol rouge n'est autre que le c, es des agriculteurs qui, au-delà de la vallée du Lez, sur les coteaux de Gramont, et de là vers Lunel, Arles, et dans toute la Crau, et à l'Ouest, aux différents points d'égale attitude à celle du Peyrou, s'étend Jusque dans l'arrondissement de Béziers.

Ces cailloux indiquent par leur présence, leur forme et leur nature siliceuse, qu'à ce moment de niveau uniforme, la surface de notre région était parcourue par des cours d'eau descendant des hautes Cévennes du côté de l'Ouest jusque vers Saint-Aunès, et au-delà, plus à l'Est, des hauts sommets des Alpes.

Au-dessous de cette argile caillouteuse se rencontrent des couches de marne blanche redoutées des agriculteurs, et contenant, celles-ci, des cailloux calcaires, qui dénotent une provenance différente des

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cailloux siliceux : la région de nos basses Cévennes de nature calcaire (Serane, Saint-Loup). Ces marnes renferment des coquilles d'animaux d habitat lacustre, indice irrécusable de la présence sur les mêmes points d'un régime d'eau douce, d'un véritable lac, dont on retrouve les témoins au loin, à l'horizon, vers Nîmes et au-delà, toujours sur les sols de même niveau que notre Palais de Justice.

Des ossements d'animaux s'y rencontrent aussi, dont les genres ne vivent plus dans nos régnons, ceux d'un singe en particulier.

Plus bas que le Peyrou, à la Halle-Neuve, un fait assez singulier a été observé à cette même profondeur. C'est la présence d'une assez grande abondance de mercure natif, dont on a pu dès les premiers travaux de fouille, remplir des tubes de thermomètre. Les mines de mercure natif dans ces conditions sont assez rares pour qu'on ait cru devoir, pour expliquer le fait, rappeler l'existence, à cette même place vers le moyen-âge, d'anciennes pharmacies, dont les caves profondes auraient contenu du mercure, lequel avec le temps se serait infiltré dans le sol.

On peut voir dans les collections de la Faculté des Sciences quelques échantillons de ces matériaux imprégnés de mercure.

Ces dépôts d'argile rouge et de marnes blanches sont supportés par une grande masse sableuse qu'on exploite pour les constructions dans tous les environs de la ville. Les arches de l'aqueduc sont assises dans la masse de ce dépôt sableux, dont on voit un affleurement sous le Peyrou même, à côté du gymnase municipal.

Ce sable indépendamment de son utilité industrielle offre un grand intérêt d'un ordre tout scientifique, par les ossements des grands mammifères terrestres (Mastodontes, Rhinocéros) qui s'y trouvent, et qui leur ont donné une grande notoriété.

C'est sous le nom de Sables supérieurs de MontpeU

HISTOIRE Di: MONTPELLIER

lier qu'ils sont connus en géologie; on pouvait admirer à la dernière exposition de Montpellier une mâchoire de l'un de ces animaux remarquablement restaurée ; elle a été réduite en cendres et a péri en un moment, après tant de milliards et de milliards de siècles de conservation, dans Tincendie désastreux qui a détruit toutes ces richesses.

Ces mêmes sables présentent la précieuse particularité d'être parcourus dans l'intérieur de leur masse par de riches nappes d'eau, où s'alimentent dans nos environs, plus de deux cents puits à roues, qui donnent la raison du grand développement de la culture maraîchère autour de la ville. Au coude que fait l'aqueduc, vers les réservoirs, une sablonière à mis à jour des bancs d'huîtres, dont l'espèce est aujourd'hui perdue, et dont la présence témoigne de la longue existence en ces lieux d'un régime marin auquel devait succéder plus tard, à la suite du mouvement du sol, le régime lacustre constaté tout à l'heure.

Au niveau le plus bas, au pied de la colline Montpelliéraine, dans le quartier de Boutonnet, les sables se retrouvent encore dans les fondations; mais bientôt au-dessous d'eux, l'outil heurte contre une roche d'une nature bien différente; c'est un calcaire en bancs épais, d'une dureté très variable, qui fournit les moellons de nos constructions, et a pris le nom de Calcaire Moellon.

Les débris d'êtres marins qu'ils renferment, tels que les beaux oursins rencontrés dans les fondations du Sacré-Cœur, nous apprennent qu'à ce moment déjà la mer occupait notre sol ; les débris de poissons y fourmillent, les dents de dorades y pullulent; leur forme de boutons nacrés et leur abondance dans la pierre auraient, paraît-il, valu sa dénomination de Boiiiounci au faubourg de ce nom, centre autrefois d'activés exploitations, dont les traces se retrouvent dans les dépressions sises des deux côtes de la route de Montferrier. Notre région était donc bien alors

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un fond de mer, et la mer s'étendit, au loin, jusqu'en pleine Provence d'un côté, et en pleine Aquitaine de l'autre.

L'épaisseur du calcaire moëllon, l'extrême variété de sesbancs (Vendargues, Saint-Jean-de-Védas, Montbazin) donnent la raison de la richesse et de la diversité de nos édifices; à l'encontre des régions moins pourvues de pierres calcaires, comme celle de Toulouse, où le pisé et les briques ne favorisent guère l'architecte.

Enfin un dernier dépôt, recouvert par tous les précédents, affleure partout autour delà ville, au-dessous du calcaire moëllon, et constitue la formation des marnes bleues exploitées par nos potiers; il s'étend, au loin, et constitue le sol de nos riches plaines de Pignan, Cournonterral, et, plus loin, à rO., celles du Bitterrois et du Narbonnais.

Telle est la série des matériaux dont la superposition forme la charpente minérale de notre mont; elle offre au simple naturaliste des éléments précieux d'observation, à l'industriel, à l'architecte, à l'agriculteur un nombre considérable de matières utilisables, accumulées sur un étroit espace; au naturaliste philosophe elle fournit des documents lumineux pour l'histoire de la formation de notre planète, en le mettant à même de recueillir, dans les limites d'un territoire aussi restreint, des traces irrécusables des états successifs, fonds de mer, lac, surface continentale, qu'a traversés, dans la suite des temps, une même surface, avant de revêtir sa physionomie actuelle.

Paul DE ROUVILLE.

Horizon de Montpellier

Vue prise du Peyrou.

COUPE GÉOLOGIQUE (oUEST-EST)

C. Grès rouge et cailloux quartzeux (Crau). — Mm. Marnes bla ches et cailloux calcaires. — S, Sables marins avec huitres. Cm. Calcaire moellon. — Mb. Marnes bleues.

CLIMAT

Le climat de Montpellier serait un des plus- beaux du midi de la France, si quelques changements de température ne venaient point parfois suspendre pendant quelques jours les belles saisons.

En 1614, le voyageur Stobelberger s'exprimait ainsi : « Grâce à l'excellente température et à la clémence particulière du climat, la fertilité des champs, la fécondité et la variété merveilleuse des fruits placent Montpellier au premier rang des cités. »

L'affluence des étrangers qui venaient à Montpellier avant l'annexion de Nice à la France, était due à la pureté de son ciel, presque toujours sans nuages, à sa douce température, à la salubrité de l'air qu'on y respire.

L'île de Rhodes dans les Etats-Unis, dont l'atmosphère bienfaisante attire les Américains qui cherchent la santé, a reçu le nom de Montpellier de V Amérique.

Dans les Indes-Orientales le plateau de Neelgéries porte ce nom.

L'île de Foulo Funang (du Prince de Galles), dans la Malaisie, offre une température si douce, si calme, si uniforme surtout, une atmosphère si pure qu'on l'a nommée le Montpellier des Indes.

Enfin les mêmes causes ont fait attribuer à la Nou-

velle Galles du Sud Tappellation de Montpellier du Monde.

La situation de Montpellier (i) ne permet pas d'assigner à cette ville une température moyenne bien déterminée et invariable ; bâtie sur un pli de terrain dont les deux versants regardent l'un la Méditerranée, l'autre la chaîne des Cévennes, elle a sur ses divers points une altitude qui varie de 4s mètres, au seuil de la Mairie, à 22 mètres, au dépôt des machines de la gare du chemin de fer de Palavas. L influence qu'exerce sur la température la variation d'altitude est absolument négligeable en présence de celle qui est due aux variations d'exposition.

Le versant qui regarde la mer est moins directement exposé à l'influence des vents froids et violents du Nord-Ouest ; la température moyenne y est plus élevée (14*^,7 à la gare de Palavas et 14»,=^ à la citadelle) que sur le versant Nord à l'Ecole Normale et 13^,6 au Jardin des Plantes).

Sur le versant sud, la différence entre les moyennes des maxima et des minima est environ de 11°, i, tandis qu'elle est de 12*^,7 sur le versant nord; cette différence de plus d'un degré et demi entre les deux moyennes donne au versant sud un caractère qui le rapproche des climats maritimes, et au versant Nord, de celui des climats continentaux.

La pente du sol relativement douce sur le versant sud est plus accentuée au nord ; de ce côté la limite de la ville correspond à une dépression ou à une sorte de cuvette dont le jardin des Plantes et l'Ecole Normale d'instituteurs occupent les deux points principaux, et qui se relève ensuite en pente douce vers le nord.

La température moyenne de Montpellier, prise au

il) La température à Montpellier et dans le département de l'Hérault par M. Crova (Extrait de la Géographie Générale du département de VHérault en cours de pv^blication par Société J-^nguedoçienne de Géographie).

CLIMAT

niveau moyen de la ville, et dans son voisinage immédiat, est de i4'^,i8, tandis que dans cette dépression elle est de i^^^o; cette dififérence de 0^,6 environ s'accentue davantage si l'on considère la moyenne et les minima absolus de la température.

Pendant la période de 1874 à 1888, le plus grand maximum a été de -|- 40**, et le plus faible minimum de — 12% à l'Ecole Normale, tandis qu'ils n'ont été pendant la même période que de ^-340^4 et — io%7 à l'Ecole d'Agriculture, station, dont le climat représente le mieux celui de Montpellier.

Le printemps est parfois de courte durée ; à peine s'aperçoit-on de la transition de l'hiver.

Les observateurs ont reconnu que la végétation avait une avance de quinze jours sur celle de Paris.

L'automne est la plus belle saison de l'année; une douce température se prolonge parfois jusqu'aux premiers jours du mois de décembre.

Les hivers ne sont point rigoureux, car les vents du nord n'ont pas ici une bien longue durée.

Le mois de juillet est considéré comme le mois le plus chaud et les mois de janvier et de février comme les plus froids.

Les brouillards y sont très rares et les pluies y sont peut-être plus fréquentes que dans les autres régions du département, à cause de son voisinage avec la mer.

On n'y voit plus ces alïections' épidémiques d'autrefois, alors que la ville était resserrée dans ses murs élevés. La pente considérable de la plupart de^ rues des anciens quartiers ne permet ni aux eaux de pluie, ni à celles des égoûts d'y croupir.

Si la longévité est la mesure de la salubrité de l'air et des autres circonstances dont la réunion doit rendre les habitations plus ou moins saines, la ville de Montpellier peut être considérée comme une de celles qui ont été les plus favorisées par la nature.

Situé m centre du défilé bordé par les Pyrénéçs et

les Alpes qui permet aux bourrasques de l'Atlantique de faire irruption sur la Méditerranée, dominé d'autre part par les hauteurs du plateau central et les ramifications occidentales de la chaîne desCévennes qui déversent vers le sud une nappe d'air incessamment renouvelée, Montpellier est une des stations les plus favorables à l'étude du régime des vents de la région méditerranéenne. Ce régime est caractérisé à la fois , et par l'intensité exceptionnelle qu'y prennent les vents, surtout au printemps et en hiver, et par leur orientation déterminée par le relief du sol et la trajectoire habituelle des courants d'air généraux de l'atmosphère.

Les vitesses moyennes mensuelles du vent sont susceptibles d'écarts assez considérables ; elles s'abaissent de 2 m. 44 en juillet et s'élèvent à 6 m. 67 en décembre 1887. Les vitesses moyennes mensuelles ne sont pas liées invariablement à une saison déterminée de l'année. Elles se produisent néanmoins de préférence en hiver et au printemps. L'intensité du vent, après un minimum absolu en décembre, décroît en janvier, reprend un second maximum relatif en avril, diminue régulièrement jusqu'en septembre, et enfin augmente en octobre et novembre. Les coups de vent sont fréquents en décembre, c'est l'époque 011 règne surtout le vent fixe du N.-N -O., connu sous le nom de mistral en Languedoc et en Provence ; ils abondent en hiver et au printemps, sont plus rares en été et en automne. Cette répartition de la fréquence des grands vents est du reste à peu près la même que celle des vitesses moyennes mensuelles. Les époques des vents cavaliers et vaccarions indiqués par la tradition locale à la fin de mars et d'avril, ne sont guère vérifiées que par la moyenne habituelle des coups de vent pendant la saison du printemps.

L'intensité des vents du nord exerce, au point de vue hygiénique, un très heureux effet sur la salubrité

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du littoral méditerranéen, en balayant rapidement en toute saison les émanations délétères qui se dégagent des marais littoraux. S'il n'est pas permis de faire à Montpellier l'application d'un dicton ancien, mais quelque peu injurieux pour Narbonne et Avignon : « ville trop venteuse, sans le vent vénéneuse » ; il est juste d'attribuer à l'intensité des vents du Nord, qui refroidissent et renouvellent incessamment son atmosphère, la salubrité générale du climat de Montpellier.

Direction des vents. — Si le climat d'un lieu est plus spécialement déterminé par la somme de chaleur qu'il reçoit annuellement et la température moyenne qui en résulte, si l'humidité de son atmosphère est sous la dépendance du régime de ses pluies et de l'activité de l'évaporation de son sol, il n'en est pas moins vrai que la constitution de son atmosphère dépend tout aussi essentiellement de la composition des masses d'air qu'elle emprunte aux courants généraux qui la traversent à chaque instant.

Rose des vents des années 1883 à 1888 :

Série 1883-88 N. N.-E. E. S.-E. S. S,-0. O. N.-O.

Nombre de jours ... 58,3 46,3 52,8 49,6 37,6 22,2 34,1 64,3

Les vents du Nord, tramontane, ou leurs dérivés Nord-Est, vent grec, ou Nord-Ouest, magistral ou mistral, prédominent chaque année sur les vents du Sud, vents marins. Le vent d'Est est le vent dominant pour l'année 1886; il occupe du reste la troisième place dans l'échelle de fréquence de la série 1883- 1888. Les vents se classent pendant cette série dans Tordre suivant de fréquence décroissante : Nord- Ouest, Nord, Est, Sud-Est, Nord-Est, Sud, Ouest, Sud-Ouest.

Si l'on supprime de cette série le Nord-Est et l'Ouest, on voit que les fréquences vont en décroissant assez régulièrement quand on parcourt la rose

des vents en partant du Nord-Ouest pour se diriger vers l'Est et le Sud.

Les vents du Nord, Nord-Est, Nord-Ouest dominent exclusivement en novembre, décembre, janvier et février. Les vents du Sud-Est régnent de préférence en avril, mai, août et septembre. Le vent du Nord dont l'intensité est assez grande en hiver et en automne faiblit beaucoup à la fin du printemps et en été au moment où le Sud-Est présente sa fréquence maximum.

Les vents d'Ouest et du Sud-Ouest se font remarquer en toute saison par leur faible fréquence qui passe par un minimum en été. Les vents du Sud faiblissent en automne et en hiver; les vents d'Est en novembre et en décembre.

Les vents qui régnent à Montpellier peuvent ainsi se- diviser en deux groupes, les uns, le Nord, le Nord- Est, le Sud-Ouest et l'Ouest soufflent de préférence pendant la saison froide; les autres, l'Est, le Sud-Est et le Sud régnent pendant la chaude saison. Le Nord- Ouest souffle à peu près indifféremment à toute époque de l'année.

De nombreux documents permettent de fixer la moyenne annuelle des pluies pour la station de Montpellier. Otte moyenne varie dans d'assez larges limites, suivant la période d'observations d'où elle a été déduite. Les observations recueillies par Poitevin, de 1767 à 179 1, donnent une moyenne de 820'"'"; celles de J. Castelnau, de 1835 à 1849, 669"""; la série de Ed. Roche, de 1857 à 1866, a donné 990"""; celle de Ch. xMartins, de 1852 à 1874, 800"""; celle de l'Ecole d'Agriculture, de 1873 à 1888, 745"-.

Ainsi que l'a fait voir Ch. Martins, la pluie annuelle de Montpellier est supérieure à celle relevée à la latitude égale pour les villes de Marseille et de Carcassonne.

Montpellier présente de même, bien que situé sous

CLIMAT

un climat plus sec, une supériorité sur Paris pour la valeur moyenne des pluies annuelles. De 1852 à 1874, Paris n'a reçu en moyenne que 509'""', pour 860™'" tombés annuellement à Montpellier.

Le nombre annuel des jours de pluie figure aussi comme un élément important du régime pluviometrique.

Ed. Roche estime que le nombre de jours réellement pluvieux est inférieur à 60 par an. Les jours de pluie se sont répartis de la manière suivante en 1886 :

Hiver, 12,5 ; Printemps, 14,5; Eté, 8; Automne,

Le nombre d'heures pendant lesquelles le soleil brille est encore un des éléments les plus importants d'un climat.

Depuis six années ce nombre d'heures est enregistré à Montpellier au moyen de l'héliographe de Campbell, en usage dans plusieurs stations.

Le nombre d'heures d'insolation , minima en décembre, augmente jusqu'au mois d'août ; en présentant deux minima secondaires en février et en avril ; à partir du mois d'août, ce nombre diminue avec une grande rapidité jusqu'au mois de décembre.

Les pluies de février et les bourrasques d'avril rendent compte de ces deux minima secondaires ; la longue période de sécheresse qui caractérise l'été à Montpellier explique très bien l'augmentation du nombre d'heures d'insolation après le 21 juin ; enfin le régime assez habituel des pluies d'automne rend compte de l'abaissement très brusque que l'on observe à partir du mois de septen7bre.

Les tableaux que nous donnons ci-après sont le résultat d'observations faites à l'Ecole d'Agi iculture de Montpelher.

L'intensité de la radiation solaire indiquée dans le tableau suivant est la moyenne des valeurs observées pendant une période de onze années, au milieu de la journée.

INTENSITÉ DE LA RADIATION SOLAIRE A MONTPELLIER (l

Décembre... 0,990

Janvier i)^^^

Février 1,098

Mars 1,101

Avril 1,185

Mai

Septembre. .

Octobre . . . .

Novembre . .

Hiver 1,048

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