‹ Histoire de MontpellierChapitre 9 sur 145 · DESCRIPTION DE LA VILLE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE LA VILLE

construite par Louis XIII sur l'emplacement de laquelle se trouvait autrefois un village avec son église sous le vocable de Saint-Denis; sur la droite, la façade du Lycée, ancien collège des Jésuites, auquel l'église de Notre-Dame, qui y est attenante, servait de chapelle.

En suivant la rue Girard, on arrivait à la rue Sallel'Evéque, où s'élevait un palais portant ce nom, abattu par les protestants en 1598, et où les évêques de Maguelone avaient fixé leur demeure.

La rue de l'Aiguillerie, qui passe au-devant de la place Notre-Dame, est une des plus anciennes de la vieille ville. En suivant cette rue on voit une suite d'hôtels, dûs, pour la plupart, à l'architecte d'Aviler. Madame de Staël en parle en ces termes : « Magasin de belles maisons. »

Dans une impasse, à gauche, s'élevait la tour d'En Canet, célèbre dans les fastes de Montpellier.

La porte d'entrée du n^ 31 est surmontée des attributs du travail intellectuel. C'était l'hôtel de la fameuse Société royale des Sciences de Montpellier, unie par ses statuts à l'Académie des Sciences à Paris, et qui brilla d'un si vif éclat pendant le xv!]!*-" siècle.

Dans la même rue est la place Brandille , dite aussi place Jacques-Cœur,

A l'entrée de la rue Aiguillerie se trouve la Halle aux Colonnes. C'est sur son emplacement que s'élevait primitivement l'église de Notre-Dame des Tables.

La maison attenante à la rue de la Loge et à la rue Collot servit de lieu de réunion aux derniers Etats du Languedoc. La place, autrefois dite Notre-Dame, fut longtemps témoin des exécutions par le bûcher et par la roue. Elle est désignée aujourd'hui sous le nom de place des Etats-de-Languedoc.

En descendant la rue de la Loge, sur la gauche, s'ouvre la rue des Trésoriers-de-France, où se trou-

vaient, dans Thotel du n° 5, les bureaux de cette juridiction.

L'intersection de la rue delà Loge, de la Grand'Rue et de la rue Jacques-Cœur forme un petit carrefour où les étudiants dressaient au moyen âge des tréteaux sur lesquels ils jouaient leurs farces. Ne seraitce point en cet endroit que Rabelais aurait fait représenter la comédie dont il parle dans Pantagruel : La femme muette ?

Dans la rue Jacques-Cœur, vis-à-vis la façade de l'église des Pénitents Blancs, on remarque les vestiges d'une tour, seul souvenir de Lancienne demeure de ce marchand qui fut si généreux envers Montpellier.

La Grand Rue, une des artères les plus fréquentées de la ville, possède, vers le milieu, le Tribunal de Commerce (Hôtel St-Côme) bâti en 17^6, avec les deniers légués par La Peyronic, chirurgien de Louis XIV, pour l'établissement d'une école de chirurgie. La rotonde, le portique d'entrée et l'escalier offrent des modèles hardis de coupe de pierre.

Derrière cet édifice, la place Saint-Côme occupe l'emplacement de l'un des temples des Réformés.

Par la rue Puits-du-Temple, ou la rue des Sœurs- Noires, on arrive à la rue Saint-Guilhem, une des plus anciennes rues de la ville; elle a son origine à la place de la Préfecture et se termine aux boulevards Jeu-de-Paume et Ledru-Rollin. Au n*' 31, se trouve le vieil hôtel de Castries.

Devant l'église Sainte-Anne, la place du Petit- Scel, seul souvenir de cette juridiction fondée par Philippe-le-Bel, précède la rue Dauphine. Celleci aboutit au Palais de Justice, commencé vers la fin du règne de Louis -Philippe , au lieu et place de l'hôtel de la Cour des Aides et du paliis des anciens seigneurs.

Après avoir franchi la porte de l'Arc-de-Triomphe, on se trouve de nouveau en face du Peyrou : en

DESCRIPTION DF. l.A VILl E

descendant par la place d'Aviler et le boulevard Henri-IV, on rencontre, à droite, l'ancienne rue Basse, où Jean-Jacques Rousseau h^gea pendant Tautomne de 1737 (n'^ 26); puis les bâtiments de la Faculté de médecine, ancien couvent de l'ordre des Bénédictins (1364), et la cathédrale ancienne chapelle de ce monastère.

Par la rue escarpée de Saint-Pierre, on arrive à l'extrémité du square de la Canourgue, soutenu par les fondations d'une église dont le cardinal Richelieu fit interrompre la construction.

Sur le plan de la Canourgue, on a placé la fontaine des Licornes, dite des Chevaux-Marins, œuvre du sculpteur d'Antoine (1773). Cet ouvrage fut d'abord édifié sur la place des Etats-de-Languedoc. La mailie, ancien hôtel de Richer de Belle val, est située devant ce square.

A l'extrémité de la rue du Palais, la maison dite de la Coquille, œuvre de l'architecte d'x\viler, représente, pour les hommes de l'art, une remarquable étude de la coupe de pierre.

En suivant la rue du Palais, on arrive par la rue de Ratte, à l'ancienne rue de la Blanquerie, (aujourd'hui de l'Université) où se trouvait l'hospice Saint-Eloi.

Par la rue Chrestien, à droite de la rue de l'Université, on pénètre dans la rue tortueuse Urbain V. Dans la maison portant, le n° r, qui fait angle avec la rue de l'Ecole de Pharmacie, se trouvait le collège de Mende, fondé pour douze étudiants en médecine de ce diocèse par le pape Urbain V, en 1389. Au n" 2 est une maison bâtie sur les ruines de l'ancien collège de Girone.

L'église Saint-Mathieu a servi de chapelle à un cloître de dominicains. A côté, est l'Ecole de pharmacie, installée dans le logis de la première Faculté de médecine.

Eu revenant sur nos pas, on arrive à la rue Four-

narié, où se trouvait l'hôtel du diplomate Bonnier d'Alco, assassiné à Rastadt en 1797 (n° 3).

Par la rue Henri-IV, puis par la rue Montpelliéret, on arrivait à l'hôtel où Molière joua, ainsi que l'indique une plaque de marbre placée sur le mur du Musée Fabre construit sur son emplacement.

Par la rue Fabre on arrive à l'église des Carmes, bâtie par les Augustins en 1643. En longeant cet édifice on retrouve l'Esplanade et l'on est en face du Cercle des Etudiants, du Cercle et de la Bibliothèque des Officiers et de la gare de Palavas. Depuis cet endroit jusqu'à la rue Baudin, on foule le sol du premier cimetière des Réformés, où toutes les grandes familles eurent leur sépulture de 1565 à 1628.

C'est sur l'emplacement du square de la gare de Palavas que se trouvait l'ancien Jeu de Ballon.

La rue du Faubourg de Lattes, qui commence à la place de la Comédie, était autrefois un quartier mal famé de la ville. On y vivait des produits du vol et du meurtre et les gens de loi même n'osaient y mettre les pieds. Dans cette rue se trouvait le logis du Lion d'Or, où, pendant le xviii^ siècle, la poste eut ses bureaux.

Dans la rue de l'Observance se trouve une ancienne chapelle du couvent des Cordeliers de l'Observance (no 8), où fut inhumé, en 178=), Charles Bonaparte, père de Napoléon I*''", mort à Montpellier. Lors du rétablissement du culte , l'église fut donnée aux protestants et leur servit de temple jusqu'à la construction du nouveau temple de la rue Maguelone.

GÉ O LOGI E

Montpellier, par la composition de son nom, semble se réclamer de la géologie, puisque la première des syllabes dont il est formé, rappelle un des résultats les plus sensibles des forces dont cette science a pour mission spéciale d'étudier l'action et les produits : Mont Pelier, montagne soit des jeunes filles (Mons Pucllarum)^ soit plus simplement, Mont Pelier^ Mons Pessulaniis ^ comme prénom, mais toujours Mont, c'est-à-dire, inégalité du sol, c'est-à-dire encore éminence qui saille au-dessus d'une région déprimée qu'elle commande de sa hauteur et permet à l'observateur d'embrasser d'un regard du haut de son sommet.

En etïet, le Peyrou et l'Esplanade ne constituentils pas comme deux plates-formes, sortes d'observatoires, du haut desquels le pays se découvre sur une étendue et avec une variété d'aspects qui font le charme exceptionnel de ces deux promenades, et en particulier de la première ?

Ce n'est donc pas sans raison que l'auteur d'une Histoire de Montpellier en appelle aux lumières de la géologie pour s'expliquer la situation de la ville, et en même temps la réalité et la raison de ses conditions topographiques.

Si de la terrasse supérieure du Peyrou, on jette

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les yeux du côté de l'Ouest, vers les hauteurs qui dominent l'Ecole d'Agriculture, et de l'extrémité orientale de l'Esplanade, vers la rive gauche du Lez et les coteaux de Giamont, on sera frappé de la ligne de niveau qui relie ces divers points de l'horizon, au lieu d'où on les envisage.

D'un côté la vallée du Lez se profile comme un large sillon creusé entre l'abrupt du polygone et le sommet des buttes sableuses de la Pompignanne, et de l'autre une dépression sensible, une sorte de vallon sec, s'étend entre la promenade basse du Peyrou etles buttes qu'a tranchées, pour s'y établir, le chemin de fer d'intérêt local ; de part et d'autre, même altitude.

D'autre part, si l'on observe la nature des sols ainsi séparés, on les reconnaîtra formés de part et d'autre de matériaux absolument identiques : cailloux, marnes, sables, et rangés dans le même ordre.

La déduction qui s'impose est que ces sols, aujourd'hui disjoints, étaient autrefois continus.

Qu'elle est la cause de cette solution de continuité qui ne laisse saisir aucune trace de violence ? Elle est toute entière dans l'action de la pluie longtemps continuée, formant sur l'ancien sol des sillons, à la manière des rigoles que nous voyons se produire sur les sables de nos plages; progressivement approfondis, ces sillons ont créé l'état actuel des lieux. Le Lez a creusé sa vallée; l'eau de pluie canalisée dans la rigole qu'elle s'était formée, suivant continuellement la même pente et la même direction, concentrant sa masse, élargissant ses bords, a produit finalement notre petit fleuve, encaissé ainsi entre deux berges, dont l'une n'est pas autre que le sol même de la ville.

Du côté de l'ouest, il ne s'est pas établi de cours d'eau; mais une dépression sous la même cause ne s'en est pas moins formée ; l'aqueduc a dû s'aider d'arches pour franchir le vide produit.

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