‹ Histoire de MontpellierChapitre 118 sur 145 · ARCHÉOLOGIE I PORTES · texte numérisé non relu

ARCHÉOLOGIE I PORTES

venir de Jayme P^', l'appareil est moins haut et alterne avec des assises encore moins larges, type assez général dans un grand nombre de constructions de Montpellier. Des arcs ogivaux en encorbellement couronnent l'édifice.

Les salles intérieures sont voûtées, ce qui a permis, de temps immémorial, aux arbustes de prendre pied et de montrer leurs rameaux verdoyants au-dessus des créneaux. Une légende dit que, lorsque les pins de cette tour mourront, Montpellier périra. Or, depuis bien longtemps déjà deux cyprès ont remplacé les pins, mais la similitude du feuillage fait espérer que dans l'esprit public cette tour conservera le nom sous lequel on la désigne encore.

La tour de la Babotte. — Aujourd'hui tour de l'Observatoire. Elle a joué un rôle considérable dans l'histoire de Montpellier. Son nom très significatif indiquait une construction massive. Reconstruite en 1363, elle n'a conservé de nos jours que la partie inférieure. Quelques pierres en saillie indiquent encore les encorbellements d'arcs ogivaux.

PoRTes. — Onze portes donnaient accès dans la ville.

La porte du Pila Saint-Gély, située à l'entrée de la rue de ce nom, mettait la ville en communication avec la route de Nîmes. Son nom doit provenir de grandes piles, ou vases de pierre, qui existaient en 1740, à l'endroit où l'on allait abreuver les bestiaux. La ville de Saint-Gilles, dont les habitants arrivaient par cette porte, peut bien lui avoir donné son nom. Deux tours défendaient son approche. Cette porte fut démolie vers 18 10.

La porte de la Blanquerie, à l'entrée de la rue de l'Université ;

La porte des Carmes ou de Legassieu, au bout de la rue des Carmes ;

La porte Saint-Germain, à l'extrémité actuelle de l'ancienne rue Saint-Ruf: -

La porte Saint-Jacques, au commencement de la rue Jean-Jacques-Rousseau ; La porte du Peyrou ;

La porte Saint-Guilhem, à l'extrémité de la rue de ce nom ;

La porte de la Saunerie, au commencement de la Grand'Rue ;

La porte de Lattes, dite aussi porte d'Obilion, à peu près sur l'emplacement de l'ancienne fontaine des Trois-Gràces, qui formait un demi-cercle ayant ses points d'attache, d'un côté à la façade du théâtre de l'autre aux murs de l'hôtel du Gouvernement, et avait deux entrées distinctes, l'une vers TEsplanade, l'autre sur le faubourg ;

La porte de Montpelliéret, au bout de la rue de ce nom ;

La porte de l'Evêque, au commencement de la rue appelée aujourd'hui rue Girard.

Une deuxième ceinture de murailles, dont il ne reste aucun vestige, entrecoupée de portalières, protégeait de vastes faubourgs. Il existait un chemin de ronde en deçà et au-delà des remparts ; il avait trois mètres de largeur.

Les remparts furent démolis, après le siège de 1622, par Louis XllI. On en conserva cependant quelques parties. Des dessins du siècle dernier nous montrent la partie de l'enceinte qui s'étendait de la porte du Pila Saint-Gély à la Tour des Pins et de cette tour à la porte du Peyrou.

Les guerres de religion des xvi'^ et xvii^ siècles ont amené la destruction d'un grand nombre d'édifices religieux. Les édifices publics et privés du moyen âge ont disparu à la suite de remaniements successifs. Les châteaux des Guilhem, les maisons consulaires, la loge des marchands, les maisons de Jacques Cœur n'existent plus. 11 ne reste que des débris dont l'origine est inconnue.

A la fin du xviii^ siècle les murailles^ portes, tours,

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restes de l'ancien appareil de défense, étaient encore reconnaissables.

Les monuments de l'époque de Louis XIV et les constructions de d'Aviler donnent cependant un sujet d'études des plus intéressants, et peu de villes, en France, peuvent revendiquer des constructions aussi remarquables que la promenade du Peyrou et les escaliers de certains hôtels.

Les premières Maisons. — Dans les anciennes rues on remarque encore des portes à plein cintre des xii^ et xiii« siècles ; si elles n'offrent aucun intérêt architectural, elles permettent du moins de rappeler le souvenir de l'époque la plus florissante de Montpellier ; ce sont des jalons précieux pour l'historien.

Sur la porte d'une vieille maison de la rue Rey, quartier de la Valfère, une sculpture représentant un bœuf attaché à un arbre n'indique-t-elle pas qu'en cet endroit se trouvait une boucherie ? Et les habitants du quartier, par tradition, affirment que c'était bien là que Ton abattait ces animaux.

On remarque encore, au premier étage d'anciennes maisons, des encorbellements en pierre de taille, percés d'une petite ouverture ; c'était l'usage alors de construire ainsi les éviers.

Il existe dans un grand nombre de rues tortueuses et étroites des salles voûtées avec des clefs de voûte armées à écussons ou à lettres. La plus intéressante de toutes est la maison de la rue de la Vieille, ayant appartenu, dit-on, aux rois de Majorque, seigneurs de Montpellier. Des remaniements divers en ont changé la destination. Une porte de style Louis XIII est accolée à cette construction. Sous ces voûtes reposant sur des piliers à moitié enfoncés dans le sol, se trouvent un puits en pierre, un escalier en colimaçon, avec ses étroites ouvertures donnant sur une petite cour. On sent revivre en ces lieux le souvenir de ces époques lointaines où les plus grands

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seigneurs étaient logés bien plus à l'étroit que les riches bourgeois de nos jours.

Vis-à-vis la porte de cette demeure, on aperçoit sur la muraille plusieurs arcatures ogivales, aujourd'hui fermées, et dont les nervures antérieures ont été taillées au niveau du mur. C'étaient probablement les portes d'une galerie donnant accès à des salles voûtées dont les arcs ogivaux se voient encore dans l'intérieur de la maison.

La porte ogivale du n^ lo de la rue de l'Argenterie mérite d'être signalée ; c'était la maison des rois de Majorque.

Ce quartier est celui où se trouvent le plus grand nombre de voûtes appartenant auxxiv^ et xv^ siècles.

D'après Renouvier, les plus anciennes constructions se voyaient autrefois dans la partie comprise entre l'église Notre-Dame des Tables et la rue de la Monnaie. C'est là que s'est trouvée pendant longtemps la Part Antique et que, selon toutes probabilités, auraient été les premiers foyers de la population de la ville.

Dans la maison de M. de Lunaret, rue des Trésoriers-de-France, s'élève une tour rectangulaire, de l'époque de Charles VII, construite probablement par Jacques-Cœur.

Dans la rue Embouque-d'Or , on voit un pilier dont le chapiteau à feuillages est bien aussi de la même époque.

L'ancien monastère Saint-Germain, occupé actuellement par la Faculté de Médecine, nous présente, dans l'intérieur des cours, des fragments de l'ancien cloître. Ce ne sont que des arcatures dans les murs de la cathédrale. Les bâtiments extérieurs sont couronnés par les pendentifs des créneaux qui dominaient les murs épais dans lesquels on a, dans la suite, percé de nombreuses ouvertures.

Epoque Renaissance. — Il y a quelques années, on pouvait encore voir, dans la rue du Bayle, deux

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