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LES SEIGNEURS ; GUILLEM VII

Tortose tomba bientôt en leur pouvoir, et Guillem, après avoir rétabli son autorité dans cette ville, revint en France chargé de magnifiques présents, offerts par son ami, le comte de Barcelone, sous le gracieux prétexte qu'il ne saurait offrir de plus beaux présents à sa fiancée. Les Génois eurent en partage une magnifique émeraude unique en son genre et d'une grande valeur.

Quelques mois après, il eut le plaisir de revoir son père, venu à Montpellier pour des affaires religieuses.

A cette époque, les Templiers vinrent se fixer près la porte de la Saur^erie.

Guillem épousa Mathilde, sœur du duc de Bourgogne, Eudes 11. Son mariage eut lieu en 11^6; comme présent de noces, le seigneur de Montpellier donna à sa jeune épouse les châteaux de Montferrier et du Peyrou, avec le marché du Peyrou et les bains publics ou étîives.

Ce marché était sans doute celui de la Place de la Peillarié, marché aux grains, désigné autrefois sous le nom d'Orgerie.

Le pape Alexandre III, chassé de Rome par l'empereur Frédéric [Barberousse, aborda à Maguelone en 1162 et se rendit ensuite à Montpellier; Guillem alla à sa rencontre avec une nombreuse suite et en grand appareil. Par déférence envers le pape et voulant montrer combien il était soumis au prince de l'Eglise, il prit lui-même les rênes de la haquenée du pape et le conduisit ainsi jusqu'à Montpellier.

Alexandre III, après un séjour de plusieurs mois, partit pour aller conférer avec le roi Louis le Jeune; il revint à Montpellier pour s'embarquer à Maguelone.

Les Génois venaient fréquemment sur nos côtes faire des ravages considérables, brûlant les navires des ports de Maguelone et de Lattes, dépouillant les marchands et les passagers qu'ils emmenaient et qu'ils vendaient comme esclaves.

Montpellier entretenait alors un grand commerce avec plusieurs nations. La narration du célèbre juif Rabbi Benjamin, qui vivait dans le xii® siècle, rapporte ce fait et dit qu'on y entendait parler le langage de toutes les nations du monde.

Guillem VII fut un des plus puissants princes du Midi. En 1159, il fait, de concert avec le vicomte de Béziers, Raymond Trencavel et le roi d'Angleterre, le siège de Toulouse et s'empare ensuite, avec Raymond Béranger IV, de Cahors. Il assiste, en Espagne, aux Cortès de Huesca. On le voit ensuite se déclarer pour Alphonse II d'Aragon, dans le différend de ce monarque avec le comte de Toulouse.

Ses sympathies autant que ses intérêts personnels l'entraînaient vers l'Espagne, et, dans son testament, il met sous la haute protection du roi d'Aragon sa descendance et sa seigneurie.

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