‹ Histoire de MontpellierChapitre 25 sur 145 · LA COMMUNE SOUS JAYME II · texte numérisé non relu

LA COMMUNE SOUS JAYME II

Confirmation des privilèges de la commune. — Jayme II prête serment de fidélité au roi Philippe-le-Hardi pour la seigneurie de Montpellier (1293). — L'êvêque de Maguelone cède au roi de France Philippe-le-Bel, ses droits sur Montpelliéret, Lattes et la seigneurie de Montpellier (1292). — Etablissement par Philippe-le-Bel à Montpelliéret de la cour du petit sceau de l'Hôtel des Monnaies et d'une Bourse des marchands (1292). — Assemblée des Etats de Languedoc (1293). — Règlement du couvre-feu. — Vente par Jayme II de ses droits sur les animaux de boucherie (1294). — Droits acordés par Philippe-le-Bel aux habitants de Montpellier. — Philippe-le-Bel vient à Montpellier (1302). — Don des habitants au roi. — Confirmation de leurs privilèges (1304). — Visite du pape Clément V (1305). — Emprisonnement des Templiers (1307). — Mort de Jayme II (1311).

Dès son avènement Jayme II confirma et augmenta les privilèges de la commune, en renonçant à cer-

MONTPFXLIER

taines prétentions impopulaires. On l'appelait le bon roi. Il était rempli de prévenance et de justice à l'égard de ses vassaux et de ses sujets.

Les conventions de Jayme II avec le roi de France, Philippe-le-Hardi, allaient permettre à ce dernier de mettre un pied dans la seigneurie. Le roi de Majorque lui devait serment de fidélité. Dans les proclamations et les actes publics le nom du roi de France apparaissait, et les habitants allaient se déshabituer insensiblement de la domination étrangère (1382).

Jayme II, en hostilité avec son frère, Pierre III, à qui il avait été forcé de faire hommage de son patrimoine, et dépouillé de son royaume de Majorque par son neveu, accepta cette tutelle d'autant plus que, sans le sesours de Philippe-le-Hardi, il eût perdu même la ville de Perpignan.

Les démêlés des consuls avec les évêques de Maguelone contribuèrent à l'achat de la seigneurie par Philippe-le-Bel. Nous allons les rapporter le plus succinctement possible.

Les évêques de Maguelone réclamaient des droits sur les péages des gratis qui conduisaient à Lattes. D'un autre côté, les consuls avaient commis des exactions sur les clercs soumis à la juridiction de l'évêque. Tous ces faits amenèrent une rupture entre les deux pouvoirs, et, le 19 juillet 1291, l'official de Maguelone lança une sentence publique d'excommunication contre les consuls et les habitants.

L'année suivante Tévêque céda au roi de France, Philippe-le-Bel, tous ses droits temporels sur Montpelliéret, sur la seigneurie de Montpellier et le château de Lattes. Il reçut en échange une rente de cinq cents livres.

Le roi de France s'était fait aussi céder tous les droits que l'évêque pouvait avoir sur les Juifs résidant à Montpellier. Il enleva aux clercs, pour le confier à des laïques, l'ancien siège de la juridiction épiscopale, désigné sous le nora de Rectorie^ opposé

sous JAYME II (1302)

à celui de Baylie que portait la juridiction de Mont-

Dès que Philippe-le-Bel eut pris possession de Montpelliéret, il y établit la cour du Petit Sceau, un Hôtel des Monnaies et une Bourse de marchands (1292).

Une assemblée des Etats de Languedoc fut tenue par son ordre en 1293 à Montpelliéret, où se réunirent tous les sénéchaux, baillis, lieutenants des baillis ou juges, inquisiteurs de la foi, juges subalternes, syndics généraux, pour y traiter de la réformation des abus de la justice dans toutes les jurididictions.

De son côté, le roi de Majorque établit en 1293, à Montpellier le règlement du Couvre-feu^ et, tous les soirs, les habitants étaient avertis au son d'une cloche qui fut appelée par cette raison : Cuehre-Joc. En 1294, il vendit les droits qu'il avait sur les issues des animaux de boucherie et dont un quartier de la ville ^ a conservé, jusqu'à nos jours, la dénomination (i).

Philippe-le-Bel donnait, de son côté, aux marchands le droit d'avoir un commissaire aux foires de Champagne, de recevoir les laines de son royaume (1294), d'y répandre toutes leurs marchandises et leurs vins. Il donnait aux notaires de Montpellier le droit de faire des actes dans tout son royaume (1300). Il prenait les professeurs et les étudiants sous sa protection toute spéciale et favorisait le commerce des habitants avec les Génois.

En 1302, Philippe-le-Bel vint à Montpellier avec la reine et ses enfants. Ils furent logés dans la rue Salle-de-l'Evêque, et les consuls obtinrent la confirmation de leurs privilèges. Deux ans après, le roi leur ayant demandé un secours pour l'aider dans sa guerre des Flandres, la commune le lui accorda plus considérable qu'il ne l'avait demandé.

(i) Rues Triperie-Vieille et Triperie-Neuve, récemment dénommées rue Cabanel et Roucher,

Peu de temps après, en 1305 et 1307, Montpellier eut la visite du pape Clément V. Il y fut reçu avec les plus grands honneurs.

En 1307, les Templiers de la maison de Montpellier furent emprisonnés, sur Tordre de Philippe-le- Bel, et conduits à Aigues-Mortes,

Jayme II avait marié sa fille avec Robert, roi de Jérusalem et de Sicile, qui fut couronné par le pape à Avignon. Il mourut à Majorque, à l'âge de 68 ans.

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