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PENDANT LE RÈGNE DE CHARLES VII

Réjouissances à l'occasion du sacre du roi. — Arrivée du courrier. — Boulevard Bonnes-Nouvelles — Visites de Charles VII à Montpellier en 1419 et en 1437. — Cloche de Notre-Dame. — Jacques Cœur. — Ses Fondations à Montpellier. — Loge des Marchands. — Font Putanelle. — Son procès. — Réunion des Trois Etats de la Province (1431). — Violation de la personne et des privilèges des consuls (1459).

La nouvelle du sacre du roi à Reims, le 7 juillet 1429, causa une allégresse générale dans le riDyaume.

« Cette nouvelle fut apportée à Montpellier par un Homme, qui (ne pouvant entrer de nuit dans la ville, à cause des grandes précautions que l'on y prenoit dans ces tems de trouble) s'arrêta dans le Fauxbourg de Saint-Denis, aujourd'hui l'Esplanade, en attendant qu'on ouvrit les portes de la ville. Le lendemain nos Habitants ayant vu ses lettres, en eurent une si grande joye qu'ils prirent la résolution de bâtir une chapelle, sous le nom de Notre-Dame de Bonnes- Nouvelles, dans le lieu où le Courrier s'étoit arrêté ; c'est à dire à peu près dans le même endroit où est à présent la Croix de l'Esplanade. »

Alors que presque tout le nord de la France était aux mains des Anglais et qu'une partie du midi était au pouvoir des Bourguignons, Charles VII, du vivant de son père, vint à MontpeUier en 1419, afin de conquérir les villes méridionales.

HisT. DE Montpellier

Lorsque Charles VII se fut rendu maître de Paris, il alla, dit un historien, visiter ses provinces, pour y faire de l'argent, et en 1437, vint à Montpellier, où il confirma les privilèges de la ville.

En 1439, on fondit, à Montpellier, une cloche de quatre-vingt-dix quintaux, destinée à la grande horloge de la ville.

Jacques Cœur avait une maison importante à Montpellier. Il avait fourni les 1869 livres 13 sols et 4 deniers, nécessaires pour terminer la Loge des marchands. Il construisit une demeure des plus grandes et des plus riches de la ville. Le rez-de-chaussée était occupé par une vaste salle où les marchands pouvaient se promener. Au-dessus se trouvait une plate-forme d'où l'on découvrait la mer, ce qui pouvait procurer à Jacques Cœur le plaisir de voir de loin les vaisseaux, lorsqu'ils revenaient du Levant au port de Lattes.

Son affection pour la ville de Montpellier l'amena à faire rechercher les sources des collines voisines, et il les ramassa dans un réservoir d'où les eaux partaient pour se rendre à la Font Puianella. Cette eau était, dit-on, si bonne qu'on y allait, le matin, pendant les grandes chaleurs, la prendre comme remède.

L'odieux procès contre Jacques Cœur, qui eut lieu en 1453, ne fut qu'un prétexteet d'avoir fourni de l'argent au dauphin, dont les menées contre son père avaient irrité la cour. On l'accusa d'avoir fait battre des pièces d'argent, dites les Gros de Jacques Cœur, sur lesquelles il aurait fait de grands bénéfices. On l'accusa aussi d'avoir transporté de l'argent et de l'or hors du royaume et fourni des armes aux Turcs. Une de ses galères ayant reçu un enfant sarrazin qui voulait être chrétien, et le patron d'une i ces galères l'ayant mené à Montpellier, Jacques Cœur (comme dit la sentence), de peur que ses galères n'en souffrissent, le fit ramener en Turquie et rendre à son maître, où. il renia la foi de nouveau.

sous LE REGiNE DE LOUIS XI (1462)

Arrêté à Taillebourg, il fut condamné à cent mille écus d'amende et à trois cent mille envers le roi. La peine de mort fut commuée en celle d'une amende honorable, et à la prison jusqu'à l'entier payement des dites sommes ; après quoi il devait être banni du royaume et ses biens confisqués. Ayant tout payé, il se rendit dans le Levant.

Dans la réunion des Trois Etats de la province à Montpellier, en 143 1 on ne s'y occupa que des subsides à fournir pour aider à soutenir les dépenses de l'Etat. Ces subsides prirent, en conséquence, dans la suite le nom d'Aides.

En 1459, les consuls ayant mis, de leur propre autorité, deux malfaiteurs au carcan, se virent détenus, durant quinze jours dans les geôles du palais, par ordre du gouverneur. Ils en appelèrent au roi, mais la violation de leur personne et de leurs privilèges n'en était pas moins consommée.

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