MONTPELLIER SOUS LR RÈGNE DE LOUIS XV
Don gratuit — Arrivée de la statue de Louis XIV (17 17). — Election des consuls (1717). — Riippel de M, de Basville, intendant de Languedoc. — Passage à Montpellier de l'ambassadeur d la Porte (1721). — Démolition des barrières (1721;. — Dévouement des médecins de Montpellier lors de la peste de Marseille. Leur réception à leur retour (1723). ■ — Secte des Multipliants. — Leur exécution (1723). — Impression de VHistoire de Montpell ier de Ch. d'Aigrefeu'ille (1737^ — Aqueduc de Saint- Clément (1753). — Exécution du ministre protestant Bénézet (1752). — Promenade du Peyrou (1766). — Le prince Charles de Beauvau, gouverneur de Languedoc, accorde la liberté aux prisonniers enfermés dans la tour de Constance (1767). -~ Fin des persécutions religieuses.
Les Etats de Languedoc, réunis à Montpellier, en décembre 171 5, votèrent un don gratuit de. trois millions et un de capitation, en l'honneur de l'avènement au trône du jeune roi Louis XIV.
Ils décidèrent aussi d'ériger la statue de Louis XIV qui avait été fondue à Paris, mais que la guerre avec l'Angleterre avait empêché de faire venir par la voie de mer. Elle fut embarquée à Paris sur la Seine, et à Rouen, transbordée sur un bâtiment à destination de Bordeaux. Lors de son débarquement, elle tomba dans la Garonne ; les dépenses pour la sortir de l'eau furent assez élevées. Transportée, par le canal du Midi, le canal des Etangs et le canal du Lez, elle arriva au port Juvénal, où elle fut saluée de treize coups de canon. Le 27 février, les consuls, en robe rouge, se rendirent au port Juvénal pour lui rendre
MONTPKLLIKR
les honneurs et la haranguer, par la bouche du second consul, La dépense totale s'était élevée à 250.733 livres, 18 sols, 7 deniers (1717).
En 17 17, on procéda à l'élection des trois consuls destinés à remplacer les trois dont la charge avait été supprimée, et un ordre du régent confirma au duc de Castries, gouverneur de la ville, le pouvoir d'élire le Conseil des Vingt-Quatre, dit Conseil de ville.
La même année, M. de Basville, intendant de Languedoc, demanda son rappel à la Cour.
En 1721, l'ambassadeur de la Porte, de passage à Montpellier, reçut en présent une corbeille de confitures et une autre pleine de fruits et de fleurs.
Une ordonnance royale de l'année suivante enjoignit d'abattre toutes les barrières que l'on avait dressées pour garantir la ville de la peste, eton ouvrit toutes les portes. Les habitants eurent la liberté de sortir dans la campagne.
Lors de la peste de Marseille (1723), plusieurs médecins de Montpellier partirent pour cette ville, afin de donner leurs soins aux pestiférés. Le roi les gratifia d'une pension considérable. Il anoblit Franbois Chicoyneau, chancelier de l'Université et honora du collier de l'Ordre de Saint-Michel Jean Verny, célèbre médecin et Antoine Deidier professeur à notre Faculté. A leur retour de Marseille, ils furent reçus à Montpellier avec tant d'enthousiasme que le peuple dressa des arcs de triomphe à la porte de leurs maisons, et tous les suppôts de Faculté allèrent à leur rencontre.
En 1723, on découvrit une nouvelle secte, dite des Multipliants. On instruisit leur procès; cinq hommes et une femme, Marie Biaise, furent condamnés à faire amende honorable devant la porte de la chapelle de la Citadelle, et ensuite à être pendus à l'Esplanade.
VHi'stoire de Montpellier, par d'Aigrefeuille, fut
SOl'S LE RKGNl' DE LOUIS XV (1770) I.6c)
imprimée aux frais de la ville (1737-1739). Le conseil décida que quinze exemplaires, reliés en maroquin couleur de feu, et tranche dorée, seraient offerts aux grands dignitaires.
On commença, en 1752, à s'occuper du projet de l'aqueduc de la source de Saint-Clément. On était parvenu à faire entendre à l'archevêque Dellon, président des Etats, que l'eau n'arriverait pas au Peyrou. Ce dernier manda alors l'ingénieur et lui dit : « M. Pitot, on assure que les eaux de Saint-Clément ne monteront pas au Peyrou. Etes-vous bien sûr de vos opérations?» Je le crains beaucoup, il est vrai, Monseigneur, répondit Pitot, les eaux ne monteront pas au Peyrou, elles y descendront. Les plans de Pitot furent adoptés et on commença les travaux. L'aqueduc fut achevé en 1766. La dépense s'éleva à 9^0,000 livres, et la ville accorda à l'architecte Pitot une pension de 1,000 livres.
La dernière exécution de ministres protestants eut lieu à Montpellier, en 1752. Le sieur Bénézet, ministre, fut pendu le 27 mars. Le sieur Fléchier, dit Molines, ministre, prisonnier, depuis trois mois, dans la citadelle, obtint sa grâce en abjurant (juillet 1752).
La première pierre des travaux de la promenade du Peyrou fut posée, le 29 décembre 1766. Ces travaux furent exécutés d'après les plans de l'architecte Giral et de Donnât, son élève ; la dépense s'éleva a 250.000 livres.
Ce prince, d'un grand courage et d'un esprit très élevé, ne fut pas plus tôt arrivé à Montpellier qu'il voulut aller visiter les protestants, prisonniers à Aigues-Mortes (1767). Il trouva quatorze malheureuses femmes dans la tour de Constance et étendit à toutes les quatorze la permission qu'il avait obtenue d'en délivrer trois ou quatre. En l'année 1770, on rendit la liberté aux autres protestants, prisonniers ou envoyés aux galères, pour cause de religion.