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EN

Conseil politique de la Coninnine. — Il nomme lui-même les Consuls en mars 1789. — Elections aux Etats Généraux. — Associations patriotiques. — Milices bourgeoises. — Représentation de la sénéchaussée de Montpellier aux Etats-Généraux. — Te Denin en l'honneur de la prise de la Bastille. — Réjouissances. — Dons patriotiques. — Ateliersde charité. — Etablissement des boulevards de la Comédie, de l'Hôpital - Général, etc., etc. — Election à la Convention (2 septembre).

Au moment de la Révolution, l'autorité municipale se composait du conseil politique de la ville, des consuls et du bureau de police.

Le Conseil politique, nommé par le gouverneur de la ville, était composé de six consuls et de vingtquatre membres, savoir :

2 Officiers de la Cour des Aides;

2 — du Bureau des finances ;

2 — de la Sénéchaussée et du Présidial ; 2 Gentilshommes ou no- 2 notables bourgeois;

bles ; 2 procureurs ou notaires ;

2 Chanoines; i marchand;

2 anciens Consuls; 1 chirurgien ou apothicaire;

2 Avocats ; i ménager ;

2 négociants ; i artisan ;

Une Commission permanente formée du maire, du Consul lieutenant du maire et de huit membres du conseil, pris indifféremment dans chaque catégorie, mais particulièrement parmi les hommes de loi et d'affaires, était chargée de l'assiette et de la

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confection des rôles des impositions, de l'examen et de l'audition des comptes du trésorier-clavaire et de la discussion des affaires contentieuses et économiques.

Le 1^1" mars 1789, à l'époque du renouvellement du Conseil, le Conseil politique procéda directement au choix des consuls, sans présentation de liste au nouveau gouverneur, déclarant que « au cas où le dit sieur marquis de Castries (gouverneur de la ville), tenterait de poursuivre une décision du roi ou un arrêt du Conseil contraire au droit de la ville, la ville demanderait secours et assistance à la sénéchaussée de Montpellier, convoquée pour la députation aux Etats-Généraux du royaume ».

Les élections aux Etats- Généraux se firent, à Montpellier, dans un grand calme.

En mars 1789, des négociants et des capitalistes, sous la direction de Cambon père, formèrent une Association patriotique pour fournir du blé à la ville et lui prêter, sans intérêt, les sommes nécessaires.

Le 18 avril, les habitants se constituèrent en milice bourgeoise, dite aussi troupes bourgeoises. Ce fut une des premières gardes nationales établies, car la proposition de créer une garde nationale à Paris ne fut faite par Lafayette que le 12 juillet 1789. Ces troupes, formant un seul corps, nommé « Légion de Montpellier », se composaient des compagnies suivantes, pouvant être élevées jusqu'à 200 hommes ; 1" Compagnies de la ville dont 14 pour l'infanterie et 3 pour la cavalerie ; 2° Compagnies des faubourgs, formant 13 compagnies; soit en tout 30 compagnies.

Aux Etats-Généraux, la sénéchaussée de Montpellier était représentée, pour le clergé, par l'évêque Joseph-François de Malide ; pour la noblesse, par Barbeyrac, marquis de Saint-Maurice ; pour le Tiers- Etat, par Jac, propriétaire, et Berny, avocat. L'ouverture des Etats eut lieu le 5 mai. Joseph Cambon fut nommé troisième député aux Etats-Généraux, il se

rendit à Versailles ; mais, comme la loi n'accordait que deux députés à la sénéchaussée de Montpellier, il fut déclaré député suppléant en juillet 1789.

La nouvelle de la prise de la Bastille et le rappel de Necker causèrent à Montpellier la plus grande joie. On chanta un Te Deum^ et le dimanche suivant, la Compagnie des Pénitents blancs chanta aussi un Te Deum et porta sur un brancard deux statues représentant le roi appuyant sa main sur l'épaule de Necker, avec l'inscription : AUer pcr altcrum mîrahilis. On fit des réjouissances analogues lors de la réception du décret supprimant les dîmes ecclésiastiques (12 août 1789).

Les dons patriotiques furent très nombreux à Montpellier. Reynard, bourgeois, présenta en son nom et au nom de ses amis, 4600 livres, des diamants et une bague en or; Barthélémy, négociant, donna 240 livres ; la Cour des Comptes 10,000 livres ; les notaires de la ville 1000 livres ; les Trésoriers de France 3,000 livres ; les officiers de la Compagnie bourgeoise de la ville 1,500 livres ; les pensionnaires du Collège royal 153 livres.

Le même jour, Grand aîné, sur cette considération que le trésor est épuisé et que les besoins sont trèsurgents, offre, par anticipation, le paiement du quart de son revenu ; Tandon et Poutingon l'imitent aussitôt. Le Corps des Marchands offre 20,Ovjo livres ; la Faculté de droit 1,000 livres ; le directeur du Théâtre une recette de 2,627 livres 9 sols (octobre 1789). Les écoliers des écoles chrétiennes demandèrent aussi à déposer leur modeste offrande, 288 livres, dans l'auguste sanctuaire des sacrifices de la nation, et le président, pour encourager ces sentiments patriotiques, invita ces futurs citoyens à assister, avec les représentants de la commune, à la prestation de serment des troupes bourgeoises. Le 30 octobre, les dons patriotiques s'élevaient à 44,754 livres.

Dans son rapport du 7 novembre, J, Albisson proposa et fit adopter l'établissement d'ateliers de charité. Il fut décidé que l'on emploierait les fonds de ces ateliers à combler le fossé qui existait entre la Comédie et la porte de la Saunerie. Mais, comme ce travail exigeait la construction d'un aqueduc et que divers membres faisaient observer que d'employer des fonds destinés aux ateliers de charité à l'achat des matériaux c'était oublier l'objet de la souscription proposée, le président Durand offrit de fournir, à ses frais, ces matériaux. La commission, en acceptant cette offre, témoigna sa reconnaissance au fils d'un homme dont les bienfaits restaient à jamais gravés dans le cœur de tous les bons citoyens. M. de Montlaur proposa de placer auprès de cet aqueduc un bloc de marbre où serait gravé cet acte de bienfaisance et de patriotisme, ce qui fut accepté avec enthousiasme.

Le remblai de ce fossé valut à la ville le boulevard de la Comédie. Il fut suivi du remblai de l'autre fossé qui s'étendait de la porte de la Blanquerie à celle des Carmes, ce qui donna à la ville le boulevard de rHôpital-Général.

Le 2 septembre furent nommés les députés à la Convention : Cambacérès, Fabre, Cambon fils, Bonnier d'Alco, Curée, Viennet, Rouget, Brunet, Pierre Castilhon.

PENDANT LA RÉVOLUTION En 1790

Hlectiun de la nouvelle municipalité — Serments des troupes. — Durand, maire (25 janvier). — Société de l'Egalité et de la Constitution. — Délégués de la garde nationale envoyés à Paris pour la fête de la Fédération du 14 juillet. — On la célèbre à MontpeTier avec un grand éclat. — Caisse patriotique. — Greniers d'abondance.

Les élections pour la nouvelle municipalité eurent lieu le 2^ janvier 1790. En raison de la population de Montpellier (32.000 habitants), le corps municipal devait être composé de quinze membres, y compris le maire, d'un procureur et d'un substitut. Les notables à élire étaient de 30.

Après avoir assisté aux prières qui furent faites pour les élections, le maire se rendit aux quartiers des casernes pour entendre le serment qui fut prêté par quelques officiers supérieurs de l'armée. Il était en grand costume consistant en une soutane de soie noire et, par dessus, une robe de velours cramoisi avec hermine. A ses côtés marchaient les consuls en veste et culotte noires, avec robe de casimir écarlate ; le procureur du roi près la communauté de Montpellier, en bonnet carré, robe de palais, chaperon d'hermine et collet noir bordé de blanc ; enfin le greffier du conseil, en robe de palais. La suite consulaire se composait d'un capitaine du guet et d'un capitaine de santé en habit écarlate, galonné d'argent sur les coutures ; de six tambours en habit vert (livrée du gou\'erneur de la ville) ; de quatre com-

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pagnons du guet en habit écarlate ; de six escudiers en grande robe mi-partie de rouge et de bleu, et portant masse d'argent aux armes de la ville ; de six valets de ville portant hallebarde et habit écarlate ; enfin d'un trompette, à l'instrument duquel était appendu un étendard aux armes de la ville.

Ce fut le dernier acte de l'ancienne municipalité ; les .insignes de consul firent place à la cocarde tricolore.

J.-J. Durand fut élu maire le 25 janvier 1790.

11 se forma une Société des Amis de l'Egalité et de la Constitution (5 avril 1790). J. Albisson en fut nommé président.

L'Assemblée Nationale avait décidé de profiter de l'anniversaire du 14 juillet pour célébrer à Paris le pacte d'une fédération générale où seraient appelés les délégués de tous les départements et des armées de terre et de mer.

Les gardes nationaux du district se réunirent le 27 juin dans l'église de la Merci, sous la présidence du maire de Montpellier, et à raison d'un délégué par 400 hommes; ils envoyèrent 45 délégués, à chacun desquels on donna 360 francs pour frais de route et 9 francs par journée.

On célébra sur l'Esplanade cette fête patriotique et les représentants de la commune et de la garde nationale y prononcèrent les mêmes serments. Fargeon, procureur de la commune, et Durand, maire, y firent entendre des paroles de paix et de conciliation.

Le 14 juillet, à onze heures du matin, le Conseil général de la commune, assemblé dans la grande salle de la maison commune, après une convocation faite la veille par MM. les Officiers municipaux, M. le Maire annonce que les corps administratifs ayant accepté l'invitation de la municipahté, la cérémonie de la fédération recevra de leur présence un nouvel éclat. Le Conseil remercie le 'corps municipal de sa

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juste prévoyance et manifeste la plus grande satisfaction. A l'instant une compagnie de la garde nationale arrive à la maison commune. Le commandant introduit offre au Conseil de lui servir d'escorte. Le Conseil, en acceptant cette offre, en envoie faire hommage à MM. les Administrateurs du département et du district. Les corps administratifs se mettent en marche ; arrivés à l'Esplanade, où toutes les troupes en armes n'attendaient plus que leur présence, les officiers généraux viennent au-devant d'eux et les introduisent dans le bataillon carré avec tous les honneurs militaires. Le cortège s'avance d'un pas grave vers l'autel de la patrie; les drapeaux s'inchnent sur le passage du cortège, les tambours font un roulement et les soldats lui présentent les armes.

Le Procureur de la commune prononce un discours. Le Maire monte à l'autel, y place la formule du serment, la couvre d'une main, et levant l'autre vers le ciel, il s'écrie : « Français, modérons notre joie; qu'un saint recueillement suspende nos transports; la nation va signer son contrat social, etc. Recueillons-nous, Français, je vais prononcer le serment. » Midi sonne, toutes les cloches se font entendre, l'artillerie répond à ce signal si désiré ; aussitôt M. le Maire prononce le serment suivant :

« Nous jurons de rester à jamais fidèles à la nation, à la loi et au roi ; de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée Nationale et acceptée par le roi ; de protéger, conformément aux lois, la sûreté des personnes et des propriétés, la Hbre circulation des grains et subsistances dans l'intérieur du royaume et la perception des contributions publiques, sous quelque forme qu'elles existent ; de demeurer uni à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité. »

Le discrédit des assignats et surtout la circulation des faux assignats déterminèrent quelques patriotes à fonder une Caisse patriotique pour faciliter aux

habitants des campagnes l'échange des assignats au dessus de cent Hvres.

Des négociants et des propriétaires avaient aussi, au moyen d'une souscription patriotique, organisé des greniers d'abondance, et, quelques jours après, Cambon père et Curée étaient autorisés à faire frapper de la monnaie de cuivre pour faciliter les petits paiements.

MONTPELLIER PENDANT LA RÉVOLUTION

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