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CULTE ISRAÉLITE

Le célèbre voyageur, le rabbin Benjamin, ditTudelensis, passant à Montpellier, en 11 74, s'exprime ainsi sur ses correligionnaires :

« Il y a dans cette ville des disciples de nos sages qui se sont rendus très célèbres. Plusieurs d'entre eux sont fort riches et charitables envers les pauvres et ils secourent volontiers tous ceux qui viennent à eux. »

Platters, dans ses mémoires (xvii^ siècle), constate qu'il y a dans ce pays énormément de familles descendant de juifs ; elles sont, ajoute-t-il, venues de Mauritanie en traversant l'Espagne et se sont établies dans les villes frontières : Montpellier, Béziers, Narbonne, etc. On les désignait alors sous le nom de Maures ou Marrans.

La communauté israëlite de Montpellier était, au moyen âge, une des plus importantes du Languedoc.

Le premier document qui établit leur présence dans la ville est le testament de Guillem V (1121). Il défend à ses héritiers d'instituer dans son domaine des bayles juifs. Il fallait donc que les juifs fussent établis dans cette ville depuis un grand nombre d'années pour inspirer des craintes à Guillem V en 1121, à Guillem VII en 11 72, et à Guillem VIII en

L'article 7 de la Grande Charte du 15 août 1204 s'exprime ainsi :

« Le seigneur de Montpellier ne prend jamais de bayle parmi les juifs. »

Ce n'était point, il est vrai, une exception particulière à Montpellier ; il en était de même dans les autres villes du midi de la France.

Ils étaient soumis à des conditions humiliantes. On leur imposait un costume particulier ou une marque distinctive afin de les distinguer des chrétiens (1363).

L'évêque de Maguelone percevait sur un juif, homme ou femme, abordant dans l'île, un droit de péage de trois sous etpour une juive enceinte six sous.

Un règlement de police du 6 mai 1368, mentionné par le Petit Thalamus, dit : « Les Juifs et Juives qui habitent Montpellier ne puiseront ni ne boiront l'eau d'aucun puits, ni d'aucune maison de cette cité; ils auront l'usage d'un seul puits que nous leur assignerons, afin que les chrétiens ne boivent ni leurs souillures ni leurs scandales. »

Ils fournissaient pour la garde ou pour la défense de la ville « omnes quadrillos », toutes les flèches dont on pourrait avoir besoin pendant la durée d'un siège de la ville ou des châteaux de Chateauneuf (Castelnau) et de Lattes.

Les consuls avaient conclu (1209) avec les juifs un traité dont l'article i^'" résume les conditions générales.

« Si une armée se présente devant Montpellier ou les châteaux de Montpellier et de Lattes et y campe plus de deux jours, les Juifs fourniront dès la première heure du troisième jour, tant pour la garde que pour la défense de la ville, vingt mille flèches « vigint milia quadrillorum » de « croc » qu'ils tiendraient d'ailleurs toutes prêtes.

L'article 5 les dispensait, ainsi que leurs successeurs, de toutes les autres taxes.

Lorsque les consuls de Montpellier firent entourer les faubourgs d'une palissade pour garantir leur cité des ravages des Grandes Compagnies (1362), les juifs contribuèrent pendant deux années aux charges

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