CULTE ISRAÉLITE
de la ville pour la somme annuelle de cent florins d'or.
Dans sa charte d'amnistie du 10 décembre 12^8, Jacques P*^, roi d'Aragon, dit qu'il ne convient pas d'humilier les juifs, de leur faire subir de mauvais traitements, ni de leur causer aucun préjudice dans sa juridiction. Les consuls n'en continuèrent pas moins à donner carrière à leur antipathie contre les juifs, et Jacques 1^^ se vit obligé d'y mettre un terme par deux ordonnances de 1269. Cette même année, il les autorisa à avoir une boucherie à leur usage.
L'élément juif et arabe contribua à favoriser les intérêts commerciaux de Montpellier ; il alimenta aussi l'enseignement médical s'il ne le créa complètement. Au xiii*^ siècle, il existait une école « en la Juzalaria » entre la rue de la Ratte et la rue de la Vieille-Intendance.
L'école juive, si prospère à Lunel, contribua au développement de l'étude du droit, des sciences et de la médecine à Montpellier.
Pendant le règne de Jacques, les habitants de Montpellier ne manifestèrent aucune animosité contre eux et les chanoines de Maguelone les comprirent dans la faveur qu'ils accordaient aux pauvres gens qui débarquaient dans leur cité, soit dans l'espoir de les convertir, soit simplement par humanité.
Ce seigneur n'entendait nullement qu'on les persécutât une bande de pastoureaux étant venue à Montpellier dans cette intention, il fit pendre leur chef et ses partisans se dispersèrent.
Comme partout ailleurs, un quartier était assigné aux Juifs et il devait en être plus particulièrement ainsi à Montpellier, où chaque corporation était cantonnée dans une rue. Leur première station paraît indiquée dans la rue de la Barralerie, où se trouvaient leur synagogue et leurs bains. Plus tard, on dût leur donner le quartier compris entre les rues de Ratte, Castel-Moton et de la Vieille-Intendance.
C'est en cet endroit qu'ils avaient une école. En 136% le duc d'Anjou les plaça dans la rue de la Vacarié ou Vacherie près de la Saunerie. Ils vinrent ensuite à la Place des Cévenols (Place de la Préfecture), où le souvenir de leur séjour a été conservé jusqu'en ces dernières années par le nom de la rue de la Juiverie, qui a disparu lors de l'ouverture de la rue Nationale. Ils ont aussi été dans la rue de FHerberie.
Sous le règne de Charles VI, les Juifs de Montpellier obtinrent l'autorisation de construire une nouvelle synagogue ; l'évèque de Maguelonc s'y opposa tout d'abord, mais pour prix de sa condescendance il exigea des Juifs le respect de sa personne, et le paiement d'une somme de 400 livres tournois (13 mai 1389).
Leur synagogue se trouvait au n® 1 de la rue de la Barralerie ; il existe encore dans un sous-sol les vestiges d'un établissement spécial où se baignaient les femmes.
Lors de leur expulsion en 1306 par Philippe-le-Bel, on vendit tous leurs biens à l'encan ; à leur retour à Montpellier en 1319 Don Sanche les autorisa à racheter leur cimetière qui se trouvait entre le séminaire actuel et le faubourg Boutonnet. Ils ne jouirent pas longtemps de leur synagogue ; l'édit royal de 1394 les bannit à perpétuité du royaume de France.
Trois siècles plus tard, leurs descendants vinrent demander l'hospitalité à une cité à la splendeur de laquelle leurs ancêtres avaient tant contribué.